Publié par : quebecsocialiste | 27 octobre 2012

Prendre le temps de voir ce qui peut nous unir …

Par André Parizeau,
Chef du PCQ

L’assemblée, tenue samedi dernier, 20 octobre, au centre ville de Montréal, par les organisateurs des États-Généraux de la souveraineté, fut l’occasion de faire ressortir certains faits assez importants pour l’avenir des choses au Québec.  Il y eut aussi des moments très intéressants, comme le fait de voir Pierre Dubuc, du groupe SPQ Libre, aller au micro réenchérir sur ce que le député de Québec solidaire, Amir Khadir, venait juste d’affirmer, et souligner comment il était aussi d’accord avec Amir Khadir.

J’aimerais à ce sujet apporter mon propre grain de sel et aussi revenir sur ma propre intervention, lors de cette même assemblée.  Pour moi, cela renforce d’abord et avant tout l’idée de plus en plus répandue, à savoir le fait qu’une alliance entre les différents partis souverainistes non seulement s’impose, mais que cela devient aussi et de plus en plus un incontournable.  Cela nous donne aussi un peu plus de pistes de réflexion par rapport à la manière dont tout cela pourrait finir par déboucher.

Officiellement, la rencontre devait porter uniquement sur les blocages actuels, du côté fédéral, allant dans le sens de la nécessité de l’indépendance pour le Québec.  Une des interventions les plus percutantes qui eurent lieu à ce sujet, fut sans nulle doute celle du nouveau ministre de l’Environnement, Daniel Breton, dans le gouvernement de Pauline Marois.  Sauf que le débat tourna assez rapidemment sur les manières dont on pourrait relancer ce combat pour l’indépendance et, notamment, aller au delà des difficultés posées par l’actuelle division entre les différents partis souverainistes.  Bon nombre des intervenants ne voulaient pas attendre jusqu’au déclenchement de la phase No 2 de la tournée pré-États-Généraux, prévue en 2013, pour parler de tout cela, ce qui démontre bien l’importance de cette préoccupation chez un nombre grandissant de militants et de militantes souverainistes.

Un des moments importants de cette rencontre se produisit lorsqu’un des commissaires présents, Renaud Lapierre, rappela à l’audience le fait que les positions des différents partis ne sont pas forcément si éloignés que cela, en rappelant le fait que le PQ s’est déjà prononcé, il y a plusieurs années, sur l’utilité d’entreprendre une vaste consultation populaire visant à mieux définir les contours d’un futur Québec indépendant grace à l’élaboration d’un Constitution proprement québécoise.  Cette intervention, dela part de monsieur Renaud Lapierre, orienta par la suite tout le reste des débats.

Précisons, d’entrée de jeu, le fait que le projet du PQ n’utilisait alors pas, à proprement parler, le terme d’une « assemblée constituante« , tel qu’utilisé par Québec solidaire, ainsi que par Option Nationale, dans certaines de ses interventions.  Une fois cela dit, et quand on prend la peine de relire le détail de ce qui est inclus dans le projet de loi 195, qui fut déposé par la chef du PQ, Pauline Marois, en 2007, on ne peut faire autrement, comme le soulignait avec jutesse Renaud Lapierre, combien de nombreux points de convergence existent toujours entre les différents partis souverainistes, y compris en ce qui concerne les questions de stratégie pour l’accession à l’indépendance pour le Québec.

À preuve ce qui suit, qui est extrait du projet de loi 195, et qui détaillait alors ce que proposait en 2007 le PQ (et qui jusqu’à nouvel ordre constitue toujours une position officielle au sein de ce parti) :

« Article No 2 : L’Assemblée nationale doit pourvoir à l’élaboration d’un projet de Constitution québécoise énonçant notamment les valeurs fondamentales sur lesquelles est fondée la nation québécoise, instituant une citoyenneté québécoise, présentant les symboles nationaux, enchâssant les droits et libertés de la personne et les droits linguistiques fondamentaux, décrivant les institutions parlementaires, gouvernementales et judiciaires du Québec, prévoyant sa révision et assurant sa suprématie.  »

« Article No 3 : Est instituée, sous l’autorité de l’Assemblée nationale, une commission parlementaire spéciale désignée sous le nom de « Commission spéciale sur la Constitution québécoise ». La Commission est instituée au plus tard trois mois après l’entrée en vigueur de la présente loi.  »

« …Article No 5 : La Commission compte 32 membres ainsi répartis :

  1. 16 députés désignés par les groupes parlementaires reconnus au prorata de leur représentation à l’Assemblée nationale ;
  2. 16 personnalités de la société civile désignées par les groupes parlementaires en un nombre égal au nombre de députés désignés en application du paragraphe 1°. »

Le projet de loi 195, déposé en 2007, ne fut jamais adopté, par manque d’appuis à l’Assemblée nationale.  Comme on peut le voir, ce que le PQ propose, va en même temps bien au delà d’une simple commission parlementaire, puisque la moitié des commissaires viendrait de la société civile et ne serait donc pas des députés en tant que tels, et pourrait encore servir de base de départ pour d’éventuelles négotiations, dans le cadre d’un projet d’alliance.

On peut toujours discuter de la manière dont on pourrait voir la composition d’un tel organisme, ainsi que la pertinence ou non de prévoir que tous les membres devraient être au préalable élus (plutôt que nommés par l’Assemblée nationale).  Je trouve pour ma part que toute élection pour déterminer le choix de ceux et de celles qui élaboreraient une nouvelle constitution pour le Québec, devrait se faire sur la  base de la proportionnelle.  En soi, cela fait une raison de plus pour que toute la question de la proportionnelle demeure aussi en tête de liste des sujets à aborder durant ces négociations; j’irais encore plus loin en disant que cette question devrait être essentielle (ou si vous voulez non négotiable).

L’idée voulant qu’une partie des sièges pourraient être réservés à des représentants de la société civile, au delà des candidatures que chaque parti pourraient présenter et qui pourraient ensuite siéger sur cet organisme, est une autre idée qui a du sens.  Cela rejoint ce que nous-mêmes disons dans notre propre programme politique.

On pourrait aussi parler de comment cet organisme devrait s’appeler, si on devrait plutôt appeler cela une assemblée constituante ou non, etc.  Une telle démarche est quelque peu différente de ce que propose Québec solidaire.  C’est aussi assez différent, à plusieurs niveaux,  de ce que nous-mêmes, au PCQ, proposons (et qui est aussi différent de ce que met de l’avant Québec solidaire, même si nous appartenons à ce même regroupement).

Pour ce qui est d’Option Nationale, le problème de fonds est que la position de cette autre formation, à ce propos, reste très générale, quant à la mécanique suggérée.  Mais l’important est de constater à quel point il y a de fait des points de convergence entre le PQ, Québec solidaire, et Option nationale, bien au delà des simples questions de bonne gouvernance.

Cela est d’autant plus vrai qu’autant Québec solidaire, que le PQ, considèrent tous deux une telle mécanique comme devant être enclenchée aussitôt que faire se peut et ne devrait donc d’aucune manière être subordonnée au déclenchement effectif d’un processus d’accession à l’indépendance.

Tous deux semblent aussi s’entendre sur le fait qu’il sera important de mettre plus de chair autour du projet de souveraineté pour le Québec, de manière à maximiser les appuis à un tel projet, et que cela passe notamment par la rédaction d’une constitution proprement québécoise.

À ce sujet, il serait également de bon aloi de clarifier une chose.  Contrairement à ce qui circule en maints endroits, au sein de la mouvance souverainiste, ce n’est pas la position de Québec solidaire qui est la plus nébuleuse quant au déclenchement du processus d’accession à l’indépendance proprement dit, à cause de son insistance à propos de l’importance de mettre en place une assemblée constituante, mais bien plus le PQ puisque ce dernier subordonne ouvertement ce même processus à l’établissement a) de conditions gagnantes toujours pas clairement définies, b) à l’exercice pour une période tout aussi vague (en terme de sa durée) de bonne gouvernance, c) qu’un référendum gagnant ait aussi eu lieu et qu’il ait été remporté.

Inutile d’insister sur le caractère assez aléatoire et incertain — pour ne pas dire plus — d’une telle démarche.  À bien y regarder, la position officielle de Québec solidaire, a elle aussi certains problèmes, au niveau de la mécanique et de la séquence des étapes proposées, mais une telle approche demeure néanmoins moins hasardeuse, de manière plus globale, que celle du PQ.  À tout prendre, c’est très certainement la position d’Option Nationale qui reste, et de loin, la meilleure (en même temps que la plus proche de nos propres positions, au niveau du PCQ), même si celle-ci demeure assez générale (ce qui est sûrement sa plus grande faiblesse).

Une fois tout cela dit, je voudrais, ici, répéter une fois de plus ce que j’ai moi-même tenu à dire au micro, lors de cette fameuse assemblée des États-Généraux de la souveraineté, samedi dernier, soit le fait qu’on devrait beaucoup plus, à partir de maintenant, s’attarder à ce qui peut nous unir, en bout de piste, que de passer notre temps à monter en épingle ce qui peut nous désunir.  On ne répétera cela jamais assez.

C’est d’autant plus vrai qu’il existe déjà, sur plusieurs autres aspects, notamment en ce qui concerne  les aspects plus économiques des programmes politiques de chacun de ces trois (3) grands partis politiques, plusieurs autres points de convergence, avec évidemment certaines nuances, ce qui est en même temps tout à fait normal, puisqu’il s’agit de partis distincts.

Dès l’hivers dernier, le commissaire Renaud Lapierre, qui est lui-même un ancien sous-ministre au Ministère des Ressources naturelles, avait souligné ce fait important.

Bien sûr, diront certains, la direction du PQ ne semble toujours pas — au moins pour le moment — être très intéressée à parler d’une éventuelle alliance.  Même l’utilisation du terme « d’asemblée constituante » semble toujours être bannie, au sein du PQ.

Un fait demeure : le PQ ne peut espérer, dans l’état actuel des choses obtenir plus tard, à l’Asemblée nationale, une majorité de sièges.  Les limitations causées par la loi électorale actuelle, doublé au fait qu’il existe maintenant plusieurs partis politiques d’importance, au sein de la mouvance souverainistes, et que cet état de fait est là pour continuer, font en sorte que c’est mathématiquement impossible pour le PQ de pouvoir espérer une telle majorité, à moins qu’il y ait effectivement une alliance.

Au delà de toutes les excuses et de toutes les envolées oratoires possibles et impossibles, le PQ n’aura pas d’autres choix, à terme, et à défaut de se retrouver ultimement, et à nouveau, avec une très grave crise interne sur les bras, de s’asseoir pour discuter d’une telle alliance.

En regardant tout cela, certaines personnes pourraient en même temps se demander ce qu’il adviendra des efforts, jusqu’à présent déployés, pour aller chercher le maximum d’appuis au sein de la population, bien au delà du clivage gauche-droite qui semble prendre de plus en plus de place, puisque Québec solidaire et Option Nationale sont déjà largement identifiées aux idées de gauche, ainsi qu’aux franges plus radicales du mouvement souverainiste.

En sous-entendu, la question qui est soulevée ici est la suivante : une alliance entre les trois partis ne risque-t-elle pas à terme de nuire à l’ensemble du mouvement souverainiste, en restreignant le niveau d’appuis que ce même mouvement pourrait ensuite aller chercher, notamment auprès des franges plus associées à la droite poltitique.  Elle fut d’ailleurs carrément posée à l’audience par un des commissaires présent le 20 octobre.

Trois personnes, toutes issues de franges assez différentes du mouvement souverainistes, ont alors donné des réponses très intéressantes à cette question.  Il y a d’abord eu Gilbert Paquette, le président du mouvement IPSO, et un ex-péquiste, qui a tenu à souligner le fait que ce n’est pas parce que le mouvement souverainiste semble de plus en plus s’orienter à gauche qu’on devrait pour autant abandonner ceux et celles qui continueraient encore à être influencées par des idées de droite; il faut, dira-t-il, trouver une manière d’aller les chercher aussi.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, insista ensuite sur le fait que toute la stratégie élaborée par le PQ, pendant des années, et consistant à s’éloigner de son héritage plus à gauche, pour se réorienter de plus en plus à droite, avait clairement fait faillite, et qu’il fallait donc arrêter d’être gené d’être à gauche.  Pendant longtemps, de rajouter Amir Khadir, la gauche s’est auto-censurée, acceptant même de prendre son trou, soit disant pour ne pas nuire au projet de souveraineté, avec les résultats qu’on connaît.

Là, où cela devint vraiment intéressant, fut de voir, tout de suite après, le porte parole du SPQ Libre et toujours membre du PQ, Pierre Dubuc, rajouter qu’Amir Khadir avait raison, que la remontée du PQ, dans l’opinion publique, était d’abord et avant tout lié à un recentrage de ce parti plus à gauche — ce qui devrait facilier encore plus les efforts pour en venir à une alliance –, qu’il fallait conséquemment continuer dans cette lignée, et qu’il fallait aussi prendre acte du fait que la plupart des grands ténors des mouvements de la droite politique sont de plus en plus plus enlignés sur des positions anti-souveraineté, y compris chez ceux qui pouvaient auparavant se dire eux-mêmes souverainistes.

Comme devait le souligner en même temps Gilbert Paquette, il importe de souligner ici comment tout projet d’alliance devra obligatoirement inclure un accord politique, y compris sur la fameuse question de l’accession à l’indépendance, tout au moins au niveau de ce qui peut faire consensus au sein de ces trois formations.

J’ai moi-même tenu à souligner, toujours durant l’assemblée du 20 octobre, comment aucune des plate-formes politiques de ces trois grandes formations n’est parfaite, surtout au niveau de la stratégie d’acession à l’indépendance pour le Québec, qu’elles ont toutes leurs faiblesses, mais qu’elles ont toutes aussi des éléments intéressants, qu’il serait dommage de ne pas tenir compte plus tard, simplement à cause de considérations purement partisannes.

Je concluerai ce propos, en commentant ce que le président de la Société St-Jean Baptiste de Montréal (SSJBM), Mario Beaulieu, a de son côté tenu à dire lors de cette assemblée du 20 octobre.  Son intervention ne portait pas directement sur le débat à propos de la meilleure approche à suivre pour relancer le combat pour l’indépendance du Québec.  Son propos portait plus sur la manière dont une bonne partie du mouvement souverainiste pouvait parfois faire preuve de culpabilité dans la manière dont il pouvait défendre ses positions.  À preuve : la manière de traiter tout le dossier de la défense du français.  On a parfois tendance, de dire Mario Beaulieu, de s’excuser quand il s’agit de défendre nos positions, comme si on n’était pas sûr de nos propres positions.

Ce n’est pas comme cela qu’on pourra ultimement convaincre une majorité claire de la population à nous suivre, de rajouter le président de la SSJBM.  La manière avec laquelle le PQ a finalement plié si rapidemment devant le bluff des partis d’opposition de droite, dans le dossier de la taxe santé, nous démontre à quel point une telle approche ne peut mener nulle part.  Même après avoir plié, voilà maintenant les libéraux et la CAQ qui dénoncent le gouvernement du PQ pour … avoir justement fait marche arrière par rapport à leurs propres promesses électorales et avoir trahi leur électorat.  Quelle ironie !  Dans le fonds, c’est même assez triste.

La même chose pourrait s’appliquer à la peur de toute une partie de la mouvenance souverainiste, face à la possibilité de poser des gestes de ruptures face au pouvoir fédéral, ou pire encore, à faire voter par l’Assemblée nationale une déclaration d’indépendance, sans d’abord passer par un référendum, alors que la plupart des nations du monde sont devenues indépendantes sans conditionner une telle indépendance à la tenue d’un référendum.  Cherchez la faute !  Pourquoi devrions-nous nous sentir coupables de faire ce que presque tout le monde, ailleurs sur la planète, a déjà fait ?…

***

Note: le chef du PCQ, André Parizeau, fait partie de la trentaine de personnes qui représenteront la région de Montréal, lors de la grande assemblée nationale du mouvement souverainiste, qui aura lieu, à Québec, en 2013, et qui se tiendra juste avant qu’on passe à la phase No 2 des États-Généraux de la souveraineté.

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-Claude ZEREZ

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République Française et à son Ministre des Affaires Etrangères.

Merci de bien vouloir diffuser.

Monsieur le Président de la République Française,
Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères,

A l’image de nombreux syriens, je me retrouve père d’une victime de la guerre qui se déroule dans notre pays. Pascale avait vingt ans lorsque le 9 octobre dernier, le bus public qui la conduisait fut l’objet d’une attaque dans laquelle elle périt, assassinée par une bande armée reconnue comme faisant partie de l’Armée Syrienne « Libre » que vous soutenez, encouragez et alimentez depuis le début du mouvement.

Des raisons d’Etat vous poussent peut-être à prendre position en faveur de l’Armée Syrienne « Libre » (ASL) mais ne clamez surtout pas que c’est pour libérer le peuple syrien de la dictature. Le régime syrien actuel et son appareil politique n’est pas tendre, nous le savons depuis longtemps, mais les « bandes » de l’ASL associent également l’arbitraire à la brutalité ; ce mouvement porte en lui les germes d’une nouvelle dictature qui nous fera certainement regretter la précédente.

Sous des slogans généreux de liberté, de démocratie et de participation au pouvoir, vous avez, avec vos alliés, encouragé l’introduction sur notre territoire de groupes extrémistes, salafistes et autres éléments de la mouvance d’Al Qaïda qui viennent tuer et se faire tuer chez nous en détruisant ce qu’ils peuvent sur leur chemin ; pourquoi donc nous les avoir envoyés ? Les Occidentaux n’auraient-ils plus assez de courage pour les affronter eux-mêmes ? Si votre but est d’anéantir la Syrie pour protéger Israël, croyez vous vraiment que réduire le peuple syrien à la ruine et la misère va le pacifier et sécuriser Israël ?

Vos prédécesseurs, y compris les révolutionnaires de 1789 ont toujours apporté soutien et protection aux minorités chrétiennes de Syrie et d’Orient. Aujourd’hui vos prises de position ont un effet contraire et aboutissent à leur éradication. Croyez-vous en éradiquant les chrétiens apporter la civilisation ?

Qu’il est étonnant de constater comment en peu de temps, la politique française a réussi à nous faire douter du sens de sa révolution et de son emblème : « liberté, égalité, fraternité » ! En Syrie, votre politique, au sens de la pratique du pouvoir, a introduit l’arbitraire ; nous pouvons la résumer par un autre slogan : liberté et égalité en Syrie, oligarchie et privilèges au Qatar. Quant à la fraternité, elle régnait chez nous au sein du peuple et voilà que vous avez encouragé la guerre confessionnelle fermant les yeux sur les discriminations flagrantes qui se pratiquent dans d’autres pays arabes notamment en Arabie-Saoudite.

On nous dit que le Christianisme n’a plus cours dans votre pays, mais l’on ne voit guère apparaître une philosophie plus généreuse et plus cultivée que la religion qui a bâtit les cathédrales. En quelques mois, vous êtes parvenus avec vos alliés à transformer la fraternité islamo-chrétienne syrienne, que l’on doit à ces deux religions, en une guerre presque confessionnelle. Et pourtant, cette entente, est la garante d’un islam tolérant qui aurait pu se répandre dans le monde.

En échange, la guerre que nous vivons, par la volonté de l’ASL et de ses alliés semble transformer la coexistence en hostilité qui se répandra dans le monde avec une plus grande élasticité que l’entente. Soyez-en presque certains, les troubles que nous vivons actuellement, vous allez les vivre bientôt. Qu’entend-on dans les rues d‘Alep ? « Après la Syrie, l’Europe ».

L’islam modéré est très fragile car le prophète met en garde les musulmans contre une alliance avec des non-musulmans pour s’opposer à des musulmans. En laissant proliférer l’islam intégriste vous fragilisez encore plus, les musulmans modérés. Vous jouez même contre-eux. L’islam intégriste a toujours le dernier mot car les modérés sont faibles et paralysés par les versets du coran dans la lutte contre les extrémistes.

Le proverbe arabe dit : « Qui prépare un repas vénéneux est le premier à mourir car il doit le goûter » ; le proverbe français ne dit-il pas « Bien mal acquis ne profite jamais » ? Les Etats-Unis ont créé Ben Laden, ils ont eu le 11 Septembre.

Certes, bien des raisons inviteraient les chrétiens syriens à se distancer de l’appareil du régime syrien actuel, mais je puis vous dire que nous, syriens chrétiens, nous ne voyons guère de raisons de détruire notre pays et de laisser tuer nos enfants pour passer d’une corruption à une autre qui serait tout simplement au service d’autres intérêts.

Mieux vaut garder la politique que nous tenons plutôt que d’en suivre une autre que nous ne pressentons guère meilleure. Votre politique n’est rien d’autre qu’un encouragement à l’installation d’un Etat confessionnel en Syrie avec adoption de la loi coranique. Le Président Mursi, membre des frères musulmans, à l’instar de ceux qui sont promis en Syrie, n’a-t-il pas exprimé son intention d’imposer la « Charia » même aux Chrétiens d’Egypte ? Lorsque nous l’aurons chez nous, grâce à vous, il n’y aura plus qu’à vous la souhaiter et la souhaiter à vos femmes.

Pourquoi cette lettre ouverte d’un père atteint dans ce qu’il a de plus cher ? Est-ce pour exprimer un cœur meurtri par le chagrin ou bien pour que cette meurtrissure clame tout haut ce qu’un cœur tiède et indifférent est incapable de suggérer ?

Monsieur le Président de la République Française, Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, admettez que je vous invite à une réorientation de votre politique pour en déployer une plus courageuse et plus virile.

Admettez que mon invitation soit une supplication mais ne restez pas plus longtemps des suppliés. Au nom de la liberté et de ce qu’il en reste, au nom de l’égalité et de ce qu’on en a fait et au nom de la fraternité humaine réduite en miettes, je vous supplie, avec des milliers de proches, d’arrêter de soutenir et de financer ces bandes armées qui proclament que votre tour arrive après le nôtre.

Ayez pitié de familles blessées et désarmées, des familles en deuil, des familles qui n’ont plus de toits, des jeunes par centaines de milliers qui n’ont plus d’espoir.

Avez-vous vu comment Alep, la cité ancienne est devenue une ville fantôme ? Vous êtes-vous seulement imaginé Paris, ville fantôme, où des centaines de milliers de familles françaises cherchent refuge pour éviter les tirs et les obus de l’arbitraire, du fanatisme et de la brutalité ?

Vos alliés sur place se sont acharnés sur Alep avec ses bazars qui ont alimenté l’Europe durant des siècles ; ils se sont attaqués à des ruines. La basilique Saint-Siméon entourant la colonne du célèbre stylite l’ancien, est désormais une ruine de ruines. Des dizaines d’Eglises, des Mosquées, des usines, des écoles, des universités ont été la cible de leurs tirs et que dire des trésors archéologiques qui sont volés et dispersés pour nous apporter la démocratie !

Nous vous en supplions, Monsieur le Président de la République Française, Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères de la République Française, cessez votre soutien aux éléments armés qui n’obéissent à aucune loi et revenez à ce qui a fait la gloire de la France.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République Française, Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères de la République Française, l’expression de ma très haute considération.

Claude ZEREZ

dimanche 14 octobre 2012

Père de Pascale décédée à Homs à l’âge de 20 ans le 9 octobre 2012.

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(Le premier ministre islamiste de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a mis son gouvernement et l’économie de son pays dans le pétrin en s’aventurant dans sa quête néo-ottomane de conquête de la Syrie par « rebelles » terroristes interposés, avec des garanties douteuses de ses alliés de l’OTAN…)

-Russia Today (RT) :

Le mortier utilisé pour attaquer la ville turque de Akcakale est un modèle spécifique à l’OTAN et a été donné aux rebelles syriens par Ankara selon le journal turc Yurt. Le mortier a tué un adulte et quatre enfants de la même famille mercredi dernier.

Merdan Yanardag, le rédacteur en chef du journal, affirme dans l’éditorial, que le journal a reçu d’une source sûre l’information selon laquelle la Turquie elle-même avait envoyé les mortiers aux rebelles de la soi-disant « armée libre. »

« La Turquie est membre de l’OTAN depuis longtemps et elle agit en étroite coordination avec les autres puissances de l’OTAN et par conséquent il n’est pas surprenant que cela se soit produit. » a dit Abayomi Azikiwe, le rédacteur en chef du de la chaîne d’information Pan-African à RT.

L’OTAN a jusqu’à présent évité de s’impliquer militairement dans le conflit mais selon Azikiwe l’Alliance est entièrement partie prenante de toutes les décisions de la Turquie.

Pour lui : « Ankara ne prend aucune décision militaire et n’envisage aucune action stratégique en dehors des forces de l’OTAN avec qui la coopération est totale. »

Lundi, la Turquie a lancé des représailles contre la Syrie pour le 6ième jour consécutif, après qu’un mortier en provenance de la Syrie se soit écrasé dans la province de Hatay en Turquie.

Le président de la Turquie a déclaré que l’armée prendrait toutes les mesures nécessaires pour défendre les villes des frontières du pays.

« Des évènements terribles se déroulent actuellement en Syrie… Notre gouvernement est en contact permanent avec l’armée turque. Vous voyez que nous faisons tout de suite ce qu’il faut faire et nous continuerons à le faire, » a déclaré le président Abdullah Gul lundi dernier.

Mais il n’y a pas que les leaders turcs qui donnent leur avis sur le conflit.

Lundi dernier, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a parlé des graves conséquences sur la région que le conflit pouvait avoir.

« L’escalade du conflit sur la frontière turco-syrienne et l’impact de la crise sur le Liban sont extrêmement dangereux » a dit Ban à l’ouverture du Forum Mondial pour la Démocratie à Strasbourg en France.

Les échanges de feu ont commencé mercredi dernier quand des éclats de mortier syriens ont tué une femme et quatre enfants de la même famille à Akcakale.

Beaucoup de personnes craignent que la situation ne dégénère en un conflit régional ; Selon l’analyste politique Dan Glazebrook, Ankara essaie d’attirer l’OTAN dans une guerre contre la Syrie.

« Les [Turcs] qui savent que les rebelles sont en train de perdre la bataille essaient de les aider à maintenir leurs positions en bombardant la Syrie pour qu’ils continuent à se battre  » a dit Glazebrook à RT. « Mais selon moi, ils espèrent aussi pousser l’OTAN à agir et à déclencher une sorte de blitzkrieg, ce qui serait la seule manière d’assurer la victoire des rebelles dans l’état actuel des choses. »

Pour consulter l’original : http://rt.com/news/nato-mortar-syria-turkey-954/

Traduction : Dominique Muselet

A propos du même article : http://cochonsurterre.blogspot.fr/2012/10/turquie-syrie-qui-…

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Publié par : quebecsocialiste | 8 octobre 2012

Venezuela : victoire d’Hugo Chavez et du socialisme

Victoire ! Malgré les mensonges médiatiques massivement répandus dans les médias privés vénézuéliens (majoritairement acquis d’avance à l’opposition au gouvernement Chavez) et malgré les millions envoyés par les impérialistes yankees de Washington à leurs mercenaires de l’autoproclamée « opposition nationale vénézuélienne » (une bande de bourgeois avec leurs sbires frustrés), Hugo Chavez et son parti socialiste unifié (PSUV), appuyé entre autres par le Parti communiste du Venezuela (PCV), a encore une fois remporté la victoire, dans une élection déclarée sans faille par le monde entier.

Ses politiques progressistes et socialistes, qui ont amené santé, éducation et logements décents aux plus démunis du Venezuela, autrefois laissés à eux-même par les gouvernements capitalistes colonisés d’avant Chavez, ont sans doute joué gros dans la balance populaire.

Au nombre de scrutins propres et victorieux à plus de 50% auxquels Hugo Chavez s’est soumis afin de faire participer au maximum son peuple à la révolution bolivarienne, on peut affirmer, sans l’ombre d’un doute possible, que le gouvernement dirigé par Hugo Chavez est, de loin, le gouvernement souverain le plus démocratiquement légitime du monde entier.

Nos médias bourgeois nationaux ne sont peut-être pas d’accord, mais qui s’en soucie encore de leurs mensonges maintes fois colportés et recyclés jusqu’au vulgaire ?

Les États-Unis se sont ensuite une fois de plus rendus coupables d’ingérence flagrante dans les affaires internes du Venezuela, une nation souveraine, en demandant à son gouvernement « d’écouter l’opposition » (lire : faire des concessions inutiles à l’opposition bourgeoise perdante malgré les millions en « aide financière démocratique » de Washington). Les États-Unis tiennent-ils le même discours à l’égard de leurs alliés, comme en Europe où les politiques dites « d’austérité » s’accumulent sans qu’aucun gouvernement ne consulte sa population sur le sujet* ? Il semblerait que non, alors l’hypocrisie de Washington est ici bien en évidence. L’ère malheureuse où les États-Unis dictaient leur volonté aux peuples d’Amérique du Sud tire heureusement à sa fin.

Encore une fois bravo au peuple frère du Venezuela pour son éclatante victoire démocratique et sa marche continue vers la révolution socialiste !

*En Islande, le gouvernement a consulté son peuple sur le remboursement public de la dette nationale contractée à cause des banques privées et de leurs investissements dangereux en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. La réponse populaire a été un « NON » retentissant. Vous n’en entendez pas souvent parler aux nouvelles, parce que ça pourrait donner des idées aux gens d’ici…

-Gabriel Proulx

-Mark Weisbrot

Le Venezuela s’apprête à tenir des élections parfaitement libres et régulières, et pourtant les Etats-Unis le traitent de dictature :

Le 30 mai, Dan Rather, un des journalistes les plus célèbres des Etats-Unis, annonça que le président vénézuélien, Hugo Chavez, allait mourir « d’ici deux mois, au plus tard ». Quatre mois plus tard, Chavez est non seulement en vie et mène campagne, mais est largement considéré comme le futur vainqueur de l’élection dimanche prochain.

La distorsion sur le Venezuela est telle – c’est probablement le pays qui subit le plus de désinformation au monde – qu’un journaliste peut raconter pratiquement n’importe quoi sur Chavez ou son gouvernement sans être contredit, pourvu que ce soit quelque chose de négatif. Pire encore, Rather a qualifié Chavez de « dictateur » – un terme que peu d’analystes politiques, pour ne pas dire aucun, qui connaissent le pays emploieraient.

Voici ce que Jimmy Carter a déclaré sur la « dictature » vénézuélienne il y a quelques semaines : « en fait, sur les 92 élections que j’ai observées, je dirais que le processus électoral au Venezuela est le meilleur au monde. »

Carter a eu le Prix Nobel de la Paix pour son travail d’observation des élections via le Centre Carter, qui a observé et validé les précédentes élections vénézuéliennes. Mais parce que Washington cherche depuis plus de dix ans à délégitimer le gouvernement vénézuélien, son opinion est rarement répercutée. Ses derniers commentaires ont été ignorés par la quasi totalité des médias US.

Au Venezuela, les électeurs effleurent un écran d’ordinateur pour voter et reçoivent un reçu sur papier qu’ils vérifient et déposent dans l’urne. La plupart des bulletins papier sont comparés au résultats électroniques. Ce système rend le trucage pratiquement impossible : pour voler une élection il faut pirater les ordinateurs et ensuite bourrer les urnes pour faire coïncider les résultats.

Contrairement aux Etats-Unis, où lors d’une élection serrée nous n’avons aucune idée du véritable vainqueur (voir Bush vs Gore), les Vénézuéliens sont certains que leur vote sera compté. Et contrairement aux Etats-Unis, où près de 90 millions d’électeurs potentiels ne voteront pas en Novembre, le gouvernement vénézuélien a tout fait pour augmenter le nombre d’inscrits sur les listes électorales (qui atteint un niveau record de 97%) et la participation.

Et pourtant tout l’appareil de la politique étrangère des Etats-Unis (qui comprend la plupart des médias américains et occidentaux) n’affiche que mépris envers le processus démocratique vénézuélien. Dans un rapport publié à point-nommé, le soi-disant Comité pour la Protection des Journalistes a déclaré que le gouvernement contrôle « un empire médiatique », en omettant d’informer ses lecteurs que la télévision d’état vénézuélienne n’a qu’environ 5 à 8 % d’audience dans le pays. Bien sûr, Chavez peut interrompre les programmes avec ses discours (grâce à une loi qui date d’avant son accession au pouvoir), et il le fait régulièrement. Mais l’opposition contrôle encore la majorité des médias, y compris la radio et la presse écrite – sans parler de la majorité des richesses et des revenus du pays.

L’opposition va probablement perdre cette élection non pas à cause des avantages du pouvoir du gouvernement – dont on abuse partout en occident – y compris aux Etats-Unis, mais parce que les conditions de vie de la majorité des Vénézuéliens se sont nettement améliorées sous Chavez. Depuis 2004, lorsque le gouvernement a pris le contrôle de l’industrie pétrolière et que l’économie s’est redressée après les tentatives dévastatrices et illégales de le renverser (dont la tentative de coup d’état militaire de 2002 soutenue par les Etats-Unis et la gréve du secteur pétrolier de 2002-2003), la pauvreté a été réduite de moitié et l’extrême pauvreté de 70%. Et ceci en ne prenant en compte que les revenus. Des millions de personnes ont pour la première fois accès à la santé et le nombre d’étudiants à l’université a doublé, dont beaucoup bénéficient de la gratuité de leurs études. Les inégalités ont été considérablement réduites. Par contraste, les deux décennies qui ont précédé Chavez ont été marquées par l’un des pires échecs économiques de l’Amérique latine, lorsque le niveau de revenu par habitant a chuté de 14% entre 1980 et 1998.

A Washington, la définition de la démocratie est simple : c’est lorsqu’un gouvernement obéit au Département d’Etat. Et bien-sûr, ici, l’idée que les politiciens puissent tenir leurs promesses électorales est un concept qui nous est étranger. Alors ce n’est pas uniquement le Venezuela qui se retrouve régulièrement dans la ligne de mire de la classe dirigeante à Washington : tous les gouvernements progressistes et récemment indépendants de l’Amérique du sud, dont l’Argentine, l’Équateur et la Bolivie, sont dans cette ligne de mire (le Brésil est considéré comme trop gros pour recevoir le même traitement, sauf par la droite). Le Département d’Etat tente de garder un œil sur le prix convoité : le Venezuela possède des réserves de pétrole qui s’élèvent à 500 milliards de barils, et ne se plie pas à la politique étrangère des Etats-Unis. C’est pour cela qu’il est devenu l’ennemi public numéro un, et la principale cible des médias.

Mais le Venezuela fait partie du « printemps latino américain » qui a produit le groupe de gouvernements le plus démocratique, progressiste et indépendant que la région n’a jamais connu. Ils coopèrent, et le Venezuela est fermement soutenu par ses voisins. Voici ce qu’a déclaré l’ancien président du Brésil, Lula da Silva, le mois dernier : « La victoire de Chavez ne sera pas seulement celle du peuple vénézuélien mais aussi la victoire de tous les peuples d’Amérique latine… cette victoire portera un coup supplémentaire à l’impérialisme. »

Le soutien de l’Amérique du sud est la meilleure garantie du Venezuela contre les tentatives incessantes de Washington, qui dépense toujours des millions de dollars dans le pays – sans compter les fonds clandestins – pour saper, délégitimer et déstabiliser la démocratie au Venezuela.

Mark Weisbrot

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/oct/03/why-us-d…

Traduction « entre une démocratie sans capitalisme et un capitalisme sans démocratie, les élites occidentales choisissent toujours le dernier » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

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Publié par : quebecsocialiste | 4 octobre 2012

Intervention de Cuba à l’Assemblée générale des Nations Unies

Déclaration de M. Bruno Rodríguez Parrilla, Ministre des Relations Extérieures de la République de Cuba, au Débat Général de la Soixante-Septième Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, New York, le 1er Octobre 2012 :

Je félicite M. Vuk Jeremic pour son élection à la présidence de cette assemblée.

Monsieur le Président,

L’Amérique latine et les Caraïbes ne se sont jamais exprimées avec autant de force et d’unité qu’au prétendu Sommet des Amériques, qui s’est tenu en avril de cette année-ci à Cartagena de Indias et qui a exclu une nouvelle fois Cuba sur pressions de l’administration étasunienne.

La souveraineté de l’Argentine sur les îles Malvinas, que notre pays appuie avec ferveur, et la levée du blocus imposé à Cuba y avaient été les axes d’une Déclaration qui prouvait que la Patrie américaine de Bolívar, « Notre Amérique » de José Martí, est entrée dans une nouvelle ère, dans le siècle de son indépendance définitive.

Juste quelques mois avant, Caracas avait vu la constitution de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC). « Aucun autre fait institutionnel de notre sous-continent durant ce dernier siècle n’a une telle transcendance », a écrit à cet égard le leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz.

S’il est vrai que la CELAC a encore à se construire dans les faits pour que nos peuples puissent « aller en carré serré comme l’argent à la racine des Andes », il n’en reste pas moins que l’Amérique latine et les Caraïbes ont définitivement changé et qu’elles se proposent de faire une contribution majeure à l’ « équilibre du monde ».

Mais on ne saurait néanmoins sous-estimer les menaces, les dangers et les obstacles.

La politique des États-Unis envers notre région, que l’administration soit démocrate ou républicaine, est dans son essence la même. Les promesses faites en 2009 par le président actuel sont restées lettre morte. La voracité vis-à-vis de nos richesses, la volonté d’imposer leurs modèles, leur culture et leur pensée, l’ingérence dans nos affaires intérieures continuent.

On a beau parler de « pouvoir intelligent » et recourir à de nouvelles et fabuleuses technologies, c’est l’approche de la sécurité et le déploiement militaire qui priment plutôt que des relations démocratiques et mutuellement avantageuses entre États souverains et égaux.

Dans des circonstances de crise économique mondiale, d’épuisement des ressources et de nouvelle répartition du monde, l’OTAN continue de percevoir notre région comme une périphérie euro-atlantique où elle peut intervenir pour garantir ses intérêts, pour aussi illégitimes qu’ils soient.

Les toute proches élections dans la fraternelle République bolivarienne de Venezuela seront décisives pour la destinée commune de notre région. Nous exprimons toute notre solidarité au peuple vénézuélien et à son leader, le président Chávez, face aux tentatives de déstabilisation en cours.

Les pouvoirs en place aux États-Unis commettraient une très grave erreur, aux conséquences imprévisibles, s’ils encourageaient la destruction par la force des conquêtes sociales de nos peuples.

Cuba a toujours contribué, avec discrétion et modestie, à la paix en Colombie, a fermement appuyé les conversations exploratoires réalisées confidentiellement au long de cette année à La Havane et elle continuera de le faire comme garante et siège du dialogue qui va bientôt s’engager entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie.

« Notre Amérique » restera toujours mutilée tant que Porto Rico, nation latino-américaine et caribéenne, ne sera pas indépendante, cette cause recevant notre plus grand appui.

Monsieur le Président,

Le monde d’aujourd’hui ne ressemble pas à celui que prévoyaient, sur les cendres de la deuxième guerre mondiale, les rédacteurs de la Charte des Nations Unies quand ils décidaient de préserver nos générations du fléau de la guerre, de protéger les droits fondamentaux de l’être humain et l’égalité entre les nations, grandes et petites, de favoriser la justice, la dignité et le progrès social.

Ce que l’on favorise aujourd’hui, et sans dissimulation, c’est le renversement de gouvernements par la force et la violence, c’est « le changement de régimes » décidé depuis Washington et d’autres capitales de pays de l’OTAN, ce sont des guerres de conquête pour le contrôle de ressources naturelles et de zones d’importance stratégique.

Le gouvernement des États-Unis et certains d’Europe ont décidé de renverser le gouvernement syrien, en vue de quoi ils arment, financent et entraînent des groupes d’opposants, y compris des mercenaires.

C’est, fondamentalement, l’opposition résolue de la Russie et de la Chine qui a empêché que le Conseil de sécurité ne soit manipulé pour pouvoir imposer la formule interventionniste utilisée dans d’autres équipées militaires récentes.

Cuba réaffirme le droit du peuple syrien au plein exercice de son autodétermination et de sa souveraineté, sans ingérence ni intervention étrangères, de quelque nature qu’elles soient. Il faut donc que cessent la violence, les massacres et les actes terroristes qui causé la perte de tant de vie innocentes. Il faut aussi cesser l’envoi d’armes et d’argent aux groupes insurgés et la honteuse manipulation médiatique de la réalité.

Il incombe à l’Assemblée générale de recourir à toutes ses facultés afin de promouvoir un règlement pacifique de la situation qui déchire cette nation arabe et d’empêcher le déclenchement d’une agression militaire étrangère qui aurait de graves conséquences pour tout le Moyen-Orient.

L’Assemblée générale doit agir résolument pour reconnaître l’État palestinien comme membre de plein droit de l’Organisation des Nations Unies, dans ses frontières antérieures à 1967 et avec Jérusalem-Est comme sa capitale, et elle doit le faire d’ores et déjà, avec ou sans Conseil de sécurité, avec ou sans veto étasunien, avec ou sans nouvelles négociations de paix.

Monsieur le Président,

La crise économique mondiale, qui frappe aujourd’hui l’Europe avec une violence particulière, reflète l’incapacité des gouvernements et des institutions à résoudre un problème qui exige que nous reposions les bases mêmes du système de relations économique internationales actuel qui ne sert qu’au pillage des pays sous-développés.

Les dures conséquences de la crise dans le monde développé et des politiques erronées adoptées à ce jour pour tenter de la contrôler continuent de retomber sur les travailleurs, sur la masse croissante de chômeurs, sur les immigrants et les pauvres dont on réprime brutalement les protestations.

L’annonce d’une nouvelle flambée des cours des aliments par suite de la sécheresse qui touche une grande partie de l’Amérique du Nord menace d’empirer l’insécurité alimentaire mondiale.

La destruction de l’environnement se poursuit, la perte de la diversité et de l’équilibre naturel des écosystèmes s’accélère, tandis que l’aggravation des modèles de production et de consommation irrationnels, la marginalisation de plus de la moitié de la population mondiale et la carence de mesures globales pour freiner l’avancée des changements climatiques impliquent un risque encore plus grave pour l’intégrité de nations entières, en particulier des petits États insulaires.

Face à ces problèmes colossaux, on a du mal à s’expliquer que, vingt ans après la fin de la « Guerre froide », les dépenses militaires aient quasiment doublé pour atteindre le chiffre astronomique de 1,74 billion de dollars. Comme l’a averti le président Raúl Castro Ruz, contre quel ennemi ces armes seront-elles employées ? Serviront-elles à éliminer les masses de pauvres qui ne supportent plus leur pauvreté ou à contrer d’irrépressibles migrations de survivants ?

Dans de telles circonstances, il est urgent de sauver l’Organisation des Nations Unies, tout en la soumettant à une profonde réforme qui la mette au service de tous les États également souverains et l’arrache aux actes arbitraires et au deux poids deux mesures de quelques pays industrialisés et puissants.

Il faut résolument faire primer le droit international et les buts et principes de la Charte de l’ONU, restaurer le rôle central de l’Assemblée générale et refonder un Conseil de sécurité démocratique, transparent et vraiment représentatif.

Le Sommet du Mouvement des pays non alignés, qui s’est tenu avec succès à Téhéran, a réaffirmé ses positions de défense de la paix, de l’indépendance et de l’égalité souveraine des États, de la justice, du droit au développement, de la souveraineté sur les ressources naturelles, du désarmement général et complet, notamment du désarmement nucléaire, et il a réaffirmé le droit à l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Nous apporterons tout notre concours à la présidence du Mouvement.

Monsieur le Président,

Le département d’État des États-Unis a de nouveau, le 31 juillet dernier, inclus Cuba sur sa liste unilatérale et arbitraire des États parrainant le terrorisme international.

Le véritable objectif de ce maintien de Cuba sur cette liste illégitime est de fabriquer des prétextes pour durcir la traque de nos transactions financières et justifier la politique de blocus, qui a provoqué des préjudices humains et économique évalués à un billion de dollars aux cours de l’or actuels.

Les États-Unis n’ont absolument aucune autorité morale ni politique pour juger Cuba.

Il est de notoriété publique que le terrorisme d’État, utilisé par les administrations étasuniennes comme arme politique contre Cuba, a causé la mort de 3 478 Cubains et l’invalidité de 2 099 autres, que Washington a protégé des dizaines de terroristes, dont certains vivent encore en toute liberté dans ce pays, et qu’il maintient dans un emprisonnement prolongé et inhumain ou retient d’une manière cruelle et arbitraire aux USA cinq militants antiterroristes cubains.

Cuba repousse énergiquement l’utilisation d’un thème aussi sensible que le terrorisme à des fins politiques et demande à l’administration étasunienne de cesser de mentir et de renoncer à cette pratique éhontée qui offense le peuple cubain et la communauté internationale et discrédite la cause même de la lutte contre le terrorisme.

Nous réitérons aux États-Unis, à la veille de leurs élections, notre ferme volonté de paix et notre intérêt d’avancer vers la normalisation des relations par le dialogue, mais sur un pied d’égalité et dans le respect absolu de notre indépendance.

Quoiqu’il advienne, notre peuple poursuivra assurément, « avec tous et pour le bien de tous », sur la voie qu’il a choisie jusqu’à « la conquête de toute la justice ».

Je vous remercie.

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Publié par : quebecsocialiste | 2 octobre 2012

La ligne noire de Netanyahu (Il Manifesto)

-Manlio Dinucci

Nous savons maintenant comment sera la bombe nucléaire iranienne : une boule avec la mèche allumée, comme celle des bandes dessinées pour enfants. Le premier ministre israélien Netanyahu l’a montrée avec un dessin, à l’Assemblée générale de l’Onu et, comme un maître d’école maternelle, il a sorti un feutre et il a tracé sur la bombe une belle ligne rouge. Ici, a-t-il expliqué, doit être arrêté « le plus dangereux régime terroriste du monde », l’iranien, « avant qu’il ne porte à terme l’enrichissement nucléaire nécessaire pour fabriquer une bombe ». Un tout autre cadre aurait dû être présenté à l’ONU : celui du puissant arsenal nucléaire israélien, entouré de la ligne noire du secret et de l’omertà. Selon Jane’s Defense Weekly, Israël – la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient – possède de 100 à 300 têtes nucléaires, prêtes au lancement sur des missiles balistiques qui, avec le Jericho 3, atteignent une portée de 8-9mille km. L’Allemagne a fourni à Israël (sous forme de don ou à prix réduits) quatre sous-marins Dolphin modifiés : dans chacun d’eux, aux six tubes de lancement de missiles de croisière à courte portée en ont été ajoutés quatre pour les Popeye Turbo, des missiles nucléaires de 1.500 km de portée. Les sous-marins israéliens made in Germany, silencieux et pouvant rester en immersion pendant une semaine, croisent en Méditerranée orientale, en Mer Rouge et dans le Golfe Persique, prêts 24 heures sur 24 à l’attaque nucléaire. Les Etats-Unis, qui ont déjà fourni à Israël plus de 350 chasseurs-bombardiers F-16 et F-15, se sont engagés à leur fournir au moins 75 chasseurs F-35, eux aussi à double capacité nucléaire et conventionnelle. Le Pentagone, qui garde secrets les codes d’accès au software du F-35 même avec les pays (comme l’Italie) qui participent à sa construction, les fournira par contre à Israël pour qu’il puisse intégrer le F-35 dans ses propres systèmes de guerre électronique. Il donnera en outre la priorité à l’entraînement des pilotes israéliens, en les préparant à l’attaque nucléaire avec ces chasseurs de cinquième génération.

Israël, qui à la différence de l’Iran refuse le Traité de non-prolifération, n’admet pas qu’il possède un arsenal nucléaire (dont l’existence est reconnue par l’Agence internationale pour l’énergie atomique), mais laisse entendre de façon menaçante qu’il l’a et qu’il peut s’en servir. Il refuse ainsi de participer à la Conférence pour la création au Moyen-Orient d’une zone sans armes nucléaires, ordonnée par l’Onu, à laquelle l’Iran a par contre adhéré. Pendant ce temps Israël, qui selon le Sipri a produit jusqu’en 2011 690-950 kgs de plutonium, continue à en produire en quantité suffisante pour fabriquer chaque année 10-15 bombes de la puissance de celle de Nagasaki. Il produit certainement aussi du tritium, un gaz radioactif avec lequel il fabrique des armes nucléaires de nouvelle génération. Parmi lesquelles des mini-nukes, à utiliser dans un théâtre guerrier réduit, et des armes neutroniques, qui provoquent une contamination radioactive mineure, mais une létalité plus élevée à cause de leur forte émission de neutrons rapides : les plus adaptées contre des objectifs peu distants d’Israël.

Les états arabes de l’Aiea, qui avaient préparé une résolution sur « Les capacités nucléaires israéliennes », en ont, sous la pression des Usa, renvoyé la présentation en 2013.

Tandis que la mèche de la bombe, pas l’iranienne de la bande dessinée mais la vraie d’Israël, peut être allumée à tout moment.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 2 octobre 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/…

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Publié par : quebecsocialiste | 30 septembre 2012

L’OTSC pourra déployer des « chapkas bleues » sur mandat de l’ONU

Le secrétaire général de l’Organisation du Traité de sécurité Collective (OTCS), Nikolay Bordyuzha, et le sous-secrétaire général de l’ONU chargé des Opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, ont signé un Mémorandum, le 28 septembre 2012 à New York.

Ce document fixe les conditions de déploiement de troupes de l’OTSC dans le cadre d’opérations onusiennes de maintien de la paix.

L’OTCS a procédé à des études sur l’éventuel déploiement de troupes de maintien de la paix au Haut-Karabagh, en Ossétie du Sud, en Piednestrovie et en Syrie.

Jusqu’à présent l’OTAN était le seul pacte militaire apte à déployer des casques bleus sur mandat de l’ONU. Il faudra désormais aussi compter avec les « chapkas bleues » (Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Russie).

La veille de la signature, les ministres des Affaires étrangères de l’OTSC ont tenu une réunion en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Ils ont examiné les possibilités qu’offrent le Mémorandum.

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Publié par : quebecsocialiste | 18 septembre 2012

Harper aux commandes du Canada, c’est la guerre !

Par Guy Roy,
Co-porte parole du PCQ

Stephen Harper commande à ses armées de tirer pour tuer. Peu importe les coûts, il adopte les dépenses militaires sans prendre en considération que celles-ci, comme les autres, sont issues de nos taxes et impôts. Peu importe les victimes de la guerre, Harper les justifie avec les arguments fallacieux de la lutte au terrorisme alors qu’il s’agit de stratégies géopolitiques et d’hégémonie sur le monde aux côtés des États-Unis. Et pourtant, ce pays est la seule puissance à nous avoir jamais attaqués dans le passé. L’obsession de Harper à célébrer les batailles de 1812 est contradictoire avec la conception même du pays indépendant que les Conservateurs prétendent gouverner en ce sens.

Harper n’a que faire des oppositions aux orientations militaristes qu’il impose au Canada. Rien ne l’arrête. Il magasine même des bases militaires dans le reste du monde et veut équiper l’armée canadienne de plusieurs F-35 pour participer ainsi à la tuerie générale. Peut-on vraiment se prétendre en faveur de la paix alors même qu’on commande à une armée partie à la conquête du monde ? Sommes-nous de retour en 1936 où il fallait abattre le fascisme ? Le prétexte serait pour le moins très gros et exigerait une analyse politique plus convaincante. Car c’est sous le gouvernement conservateur que le Musée de la Guerre à Ottawa a fait disparaître toute mention aux Brigades Internationales envoyées en Espagne par le parti communiste canadien et au sacrifice de sa vie par Norman Béthune justement en faveur de cette cause de la lutte antifasciste. En Europe, on a honoré les brigadistes comme combattants antifascistes alors que le pitoyable Canada les laisse mourir de vieillesse sans souligner d’aucune manière leur contribution.

Finalement, toutes les guerres ont été plus ou moins déclarées pour sauvegarder une paix bien précaire qu’un autre que nous ne voulait pas. Soi-disant. Elles ont provoqué par la suite une autre sorte d’appel à la vengeance et à un niveau plus élevé et plus sophistiqué de militarisation. Ainsi, l’escalade succède aux attaques et la guerre s’amplifie.

Pauvre Harper qui tente de se montrer en acteur de la paix universelle. Ça empeste le ridicule et le mensonge qui tente de nous faire croire que la guerre n’a que les coûts modestes d’une défense efficace. Pourtant s’accumulent les budgets militaires outranciers tout en renonçant aux investissements en santé et en éducation qui créeraient beaucoup plus d’emplois.  C’est maintenant connu. En réalité la guerre ne vient qu’avec son lot de morts, de destructions et de gaspillage financier que la paix pourrait nous éviter.

Les soldats canadiens et québécois, pour ne pas parler des victimes chez l’ennemi,  se font tuer pour rien car pour chaque guerre déclarée suit la riposte comme si la paix était un obstacle aux relations harmonieuses entre les peuples. En effet, quels qu’en soient les motifs, le souci de règlement des conflits par la diplomatie ou la négociation pacifique est exclut depuis longtemps des prétentions impérialistes du Canada à s’ériger en maîtres dans le monde avec les autres pays bellicistes. Et le Canada est de ce camp depuis fort longtemps, depuis les tous premiers gouvernements qui se sont succédés à la suite de la Confédération.

Tous ces gouvernements se sont montrés réactionnaires devant les progrès autres que ceux de l’augmentation des rentes aux actionnaires et de l’oreille tendue au complexe militaro-industriel. Les Conservateurs canadiens n’ont plus comme perspective que le « choc des civilisations » pour lequel ils se sentent la mission divine d’engager nos armées qui ont pourtant très bien servi, sur une courte période historique, comme casques bleus.

La rente capitaliste a ses exigences et on ne compte plus les coups fourrés des Conservateurs pour la faire payer par d’autres que par les membres de leur parti et par les lobby militaires en appétit de ces profits mirobolants. Comment ne pas rêver à nouveau d’un Québec indépendant et pacifiste débarrassé des institutions militaristes d’un Canada qui prétend encore s’attribuer un rôle de colonisateur ici et de par le monde ?

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Publié par : quebecsocialiste | 15 septembre 2012

L’esprit du temps ou l’islamophobie radicale

L’esprit du temps ou l’islamophobie radicale

-Guillaume de Rouville

La grande question du XXIème siècle est et sera celle de l’islamophobie. L’islamophobie est en effet le mal du siècle présent, à l’image de ce que fut l’antisémitisme au cours du siècle précédent. Si la haine a changé de cible, elle n’a pas changé de méthode. La ‘bête infâme’ est toujours là et rôde autour de sa proie avec le même appétit prédateur. Les loups sont entrés dans Paris, Washington, Londres ou Jérusalem. Aujourd’hui, ce sont les Musulmans qui sont les principaux bouc-émissaires de la haine ordinaire des peuples occidentaux et de leurs élites et qui risquent de payer très cher le peu de cas que nous autres, citoyens des Lumières et enfants gâtés de la démocratie, faisons de leur sort peu enviable.

L’Occident, une fois le cadavre du communisme jeté dans les bas-fonds de l’histoire, a su faire de l’Islam le mal absolu, l’ennemi à combattre, le nouveau totalitarisme qui menacerait nos libertés, nos terres, nos identités. Moyen astucieux pour détourner les colères légitimes des peuples occidentaux contre les prédations répétées de leurs élites qui, pour s’enrichir à outrance, n’ont pas trouvé de meilleure solution que d’expédier les emplois de leurs concitoyens dans des contrées lointaines après avoir ouvert les vannes de l’immigration économique pour faire pression sur les salaires de leurs travailleurs nationaux. Face à la faillite d’un système libéral dominé par la finance et l’esprit de lucre, il fallait brandir une menace qui puisse canaliser toutes les vieilles rancoeurs des peuples, fruits des échecs successifs de nos sociétés capitalistes.

L’islamophobie a ses théoriciens respectés et reconnus dans le cercle étroit de nos élites atlantistes : tel un Samuel Huntington avec son “choc des civilisations” qui est, en quelques sortes, une invitation à la guerre éternelle, un bréviaire de la haine de l’autre au nom des intérêts géostratégiques d’une poignée d’Occidentaux ; ou une Bat Ye’or avec son concept “d’Eurabia” (“Eurabia : l’axe euro-arabe”), qui voudrait étendre à l’Europe le modèle d’apartheid et de discrimination à l’œuvre en Israël afin de résister à l’invasion des nouveaux ‘barbares’.

Nos élites islamophobes n’ont pas seulement leurs théoriciens, elles ont aussi leurs guerriers qui sont allés porter la guerre en terres musulmanes pour prouver leurs théories nauséeuses. Il leur fallait donner de la substance à leur paranoïa, du prestige à leur volonté de nuisance et pratiquer la physique des crimes après avoir épuisé toutes les ressources de la métaphysique des peurs. Leurs chefs de guerre sont revenus de leur croisade afghane, irakienne, libyenne, bouffis d’héroïsme sanglant, après avoir massacré des innocents, torturé des enfants qui défendaient leur village avec une pierre ou un bout de bois, après avoir ravagé les campagnes et les villes avec des armes interdites par les conventions internationales, après s’être accaparé les richesses des pays agressés, ils sont revenus donc, pour proclamer sans nuance : “ils nous détestent”, “ils nous haïssent”, “ils nous maudissent”. Ils ont osé justifier leurs guerres par cette haine prétendue que les peuples lointains nourriraient à notre égard, en feignant d’ignorer que cette haine, lorsqu’elle existe, n’est que la conséquence directe des guerres que nous menons au nom de la démocratie contre ces peuples sans défense [i].

L’ensemble des intellectuels atlantistes [ii], autrement dit, ceux que nous entendons dans les médias occidentaux, partagent, avec plus ou moins de virulence, plus ou moins de nuance, les présupposés islamophobes et guerriers de ces ‘théories du complot islamiste’. Celui qui ne suit pas à la lettre la doctrine atlantiste et ne participe pas au lynchage intellectuel et médiatique des Musulmans tombe vite dans la catégorie des suspects d’antisémitisme.

Par une sorte de tragique ironie de l’histoire, l’antisémitisme supposé des uns est devenu l’alibi de l’islamophobie avérée des autres : c’est ainsi que pour cacher son islamophobie radicale, tel ou tel intellectuel atlantiste ira de sa dénonciation de l’antisémitisme ambiant, soulignera avec effroi la dangereuse progression de l’antisémitisme dans nos sociétés toujours habitées par les démons du passé. Qu’importe que les faits et les chiffres invalident ces propos et que, si l’antisémitisme n’a pas disparu, pas plus que le racisme ou le sexisme, il est aujourd’hui marginal à l’échelle de nos sociétés (évidemment pas à l’échelle des personnes qui peuvent le subir). Qu’importe que l’antisémitisme soit l’allié naturel du sionisme qui a besoin de son contraire pour exister et se justifier, ce qui compte c’est de noyer l’islamophobie sous les paroles généreuses de celui qui combattrait l’antisémitisme. On peut s’acheter ainsi une vertu médiatique à bon compte et espérer monter dans la hiérarchie atlantiste.

Les islamophobes radicaux vont encore plus loin : ils cherchent des têtes à couper en permanence, et comme le Père Duchène ou l’Ami du Peuple qui, sous la Terreur, réclamaient toujours plus de sang pour épurer le corps politique de ses excroissances incongrues, ils dénoncent comme antisémites (avec le courage inouï de ceux qui ne risquent que l’approbation de leur maîtres) tous ceux qui prendraient la défense des Musulmans ou ne seraient pas assez agressifs à leur égard, ou encore, quiconque oserait émettre une critique envers l’Occident sans y aller de son couplet sur les mœurs dénaturés de l’Islam [iii]. Toute critique de l’Occident passe, en effet, pour un manque d’islamophobie, et, par conséquent, pour un acte antisémite. D’une manière générale, toute personne qui se pose des questions sur le monde qui l’entoure devient suspect et est immédiatement mis à l’index de la pensée dominante. On l’aura compris, les atlantistes accusent leurs adversaires d’antisémitisme pour ne pas se voir accusés eux-mêmes d’être des islamophobes radicaux.

Pour parvenir à leurs fins, ils utilisent toute une panoplie de procédés dignes des procès de Moscou : amalgame, confusionnisme, rhétorique de disqualification, accusations en miroir, etc. Rien ne les arrête pour dénicher l’anti-atlantiste, le faire sortir de l’ombre et l’abattre en place publique pour édifier les peuples. Et le plus surprenant, c’est qu’ils réussissent, malgré l’indigence de leur raisonnement et la haine radicale qui les anime. Les victimes de leur vindictes sont en retrait, elles demeurent sur la défensive et passent leur temps à essayer de se justifier d’un brin d’humanité. Elles ne savent ni n’osent répliquer.

Or, il impérieux de réagir, pour être fidèle aux principes des Lumières, pour être les bons élèves du devoir de mémoire ou, enfin, pour garder le respect de soi-même. Il ne faut plus baisser la tête devant les islamophobes radicaux qui vous accusent d’être antisémites parce qu’ils sont à court d’arguments rationnels. Il faut combattre avec vigueur leurs méthodes inquisitoriales au nom des valeurs des Lumières qu’ils mettent en danger. Il convient de démonter méthodiquement leur paranoïa maladive qui voit des complots et des haines antisémites partout pour se dispenser d’affronter leur propre islamophobie.

Ainsi, au nom de l’islamophobie tout leur semble aujourd’hui permis à l’encontre des Musulmans dans les médias atlantistes : les dérapages verbaux, les insultes directes ou indirectes, les stigmatisations en tous genres, le mépris, les caricatures outrancières, les moqueries condescendantes. « Tous des terroristes », « tous des délinquants », « tous antisémites » ; « des délinquants qui deviendront des terroristes ; « des profiteurs du système » ; « des parasites » : ce sont là quelques uns des messages que les islamophobes distillent quotidiennement dans nos médias. Jusqu’à la fameuse affirmation que « le peuple Palestinien n’existe pas », condensé de tout le reste qui peut se comprendre comme une manière de nier le droit à l’existence d’un peuple pour s’autoriser à l’anéantir à petit feu comme un Slow Motion Holocaust. Apres cela il ne faudra pas s’étonner que la mort d’un Musulman sous les bombes occidentales ne soit jamais considéré autrement que comme un dommage collatéral, un détail sans importance dans la glorieuse histoire de l’Occident, rempart de la civilisation face au néant de ‘l’autre’.

“L’islam ne pouvait naître que dans un désert stupide, au milieu de bédouins crasseux qui n’avaient rien d’autre à faire – pardonnez-moi – que d’enculer leurs chameaux.” Plateforme, Michel Houellebecq, éd. Flammarion, 2001, p. 261

Qu’importe que les principaux crimes de masse dans le monde, depuis la chute du mur de Berlin, soient l’œuvre des Occidentaux. Qu’importe que le terrorisme islamiste soit le résultat d’une instrumentalisation sordide réalisée par les Occidentaux et leurs alliés wahhabites (comme on l’a vu le 11-Seprembre aux États-Unis, ensuite en Libye et en Syrie). Ce qui importe est d’affirmer avec conviction son islamophobie tout en la déguisant sous les habits de la laïcité, de l’humanisme, du féminisme, de la lutte contre les extrémismes, des Lumières mêmes, puisqu’on n’est plus à une contradiction ou à un reniement près.

Nous sommes descendus si loin dans le trou noir de l’irrationalité que, par une étrange logique, il n’est pas besoin de prouver un complot ou un attentat qui impliquerait des Musulmans ; quelques soupçons suffisent pour établir la liste des coupables et faire de la conviction des accusateurs des vérités officielles qu’on ne peut contredire sans risquer de se voir soumis à l’opprobre de ses contemporains. Si des Musulmans ont pu participer à un attentat, c’est qu’ils en sont les responsables et que les faits sont incontestables. À l’opposé, il devient impossible de prouver un complot qui serait l’œuvre des Occidentaux ; toute preuve, tout faisceau d’indices, tout soupçon étayé ne sont jamais suffisants pour les tenants de l’innocence fondamentale des hommes blancs ; il leur faut toujours plus.

Ainsi, s’interroger sur le 11-Septembre et l’implication des Occidentaux dans leur réalisation c’est refuser la diabolisation systématique et immédiate des Musulmans et rejeter la théorie officielle du complot qui est, d’une certaine manière, une théorie du bouc émissaire se fondant dans le carcan du choc des civilisations. La théorie officielle du complot sur le 11-Septembre est, en effet, une théorie raciste et fondamentaliste qui veut mettre les grands crimes contemporains sur le dos des ‘autres’, sans preuve, sans examen critique et afin de dédouaner les ‘siens’, a priori et sans recours intellectuels possibles, de tout crime et de toute culpabilité.

“On est dans un moment épouvantable. Le milieu intellectuel parisien est dans une dérive parareligieuse, dans une islamophobie latente. Il existe une forme de crispation identitaire, une angoisse à la désoccidentalisation du monde, une rupture entre le clan des dominants et le monde multipolaire. Cette doctrine occidentaliste, qui veut que l’Occident soit riche et dominateur éternellement, m’inquiète”. Emmanuel Todd – El Watan. 3 novembre 2008.

Cette logique du ‘Musulman coupable par nature’, parce que Musulman, est à la base de l’institutionnalisation de la torture par les États-Unis qui peuvent ainsi soumettre à des traitements inhumains des milliers de personnes à travers le monde (Guantanamo n’étant que l’un de ces camps de torture dirigés par l’administration américaine) sur la base d’un simple soupçon de ‘terrorisme’, soupçon qui ne fait l’objet d’aucun contrôle judiciaire. La culpabilité d’un Musulman n’a pas besoin d’être prouvée, elle se déduit de son être même. Il s’agit là d’une forme d’essentialisme, qui est lui-même une forme radicale de racisme.

Les démocraties occidentales, et tout particulièrement les États-Unis, qui se définissent comme des États de droit, ont peu à peu créé, au nom de la lutte contre le terrorisme islamique, des zones de non-droit, des no man’s land juridiques destinés à rejeter hors de leur espace légal les ‘terroristes’, les ‘nouveaux barbares’, les ‘autres’, essentiellement les Musulmans, pour les soumettre à des régimes d’exception où les condamnations sans preuve, la torture, les humiliations en tous genres sont admis et encouragés[iv]. Le rejet de groupes humains dans un espace para-légal, au sein même des sociétés démocratiques ou dans des lieux soumis à leur souveraineté, est la traduction politique et administrative d’un essentialisme dont le ressort principal est la peur frénétique de l’autre.

« Les individus incarcérés à Guantanamo – n’étant ni des prisonniers ni des accusés, mais de simples détenus – se trouvent dès lors sous le joug d’une autorité sans réalité légale. Comme leur détention échappe entièrement à la loi et à toute autorité juridique, elle est illimitée dans le temps et de nature indéterminée. La seule chose à laquelle on peut comparer ce phénomène est la situation des Juifs dans les camps nazis qui, en plus de leur citoyenneté, avaient perdu tout statut légal, sinon qu’ils conservaient encore leur identité de juifs »[v]. Giorgio Agamben, Sovereign Power and Bare Life, Stanford University Press, 1998.

Cet essentialisme, on le retrouve, pour prendre un exemple médiatique, dans les caricatures de Mahomet, publiées en France dans le journal Charlie Hebdo en février 2006. Dans le contexte actuel de stigmatisation des Musulmans, ces caricatures correspondent à celles des Juifs des années 30 dans la presse antisémite. Et c’est au nom de la liberté d’expression qu’on nous fait tolérer cette presse de caniveau dont les dirigeants sont des partisans déclarés de l’atlantisme et du choc des civilisations[vi]. Bel exemple également de transmutation des valeurs.

(a) : « Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût » ; « Les Musulmans se multiplient comme des rats » ; « Au lieu de contribuer au progrès de l’humanité, [les fils d’Allah] passent leur temps avec le derrière en l’air à prier cinq fois par jour », Oriana Fallaci, La Rage et l’Orgueil, Plon, 2002. (b) : « Fallaci vise juste, même si elle peut choquer par certaines formules », Pierre-André Taguieff, Actualité juive, 20 juin 2002. (c) : « Oriana Fallaci a l’insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s’efforce de regarder la réalité en face », Alain Finkielkraute, Le Point, 24 mai 2003.

L’islamophobie radicale prend peu à peu le dessus sur toutes les autres haines. C’est la nouvelle peste du siècle, la nouvelle passion grégaire d’une humanité occidentale à la recherche du mépris des autres pour tenter de comprendre le sien. On observe ainsi que l’ensemble des extrêmes droites européennes se rallient peu à peu à l’islamophobie radicale tout en abandonnant leur antisémitisme traditionnel (ce que l’on peut saluer) et prennent pour modèle le sionisme. Car les extrêmes droites voient dans le sionisme tous les éléments de leur philosophie : rejet de l’autre, discriminations raciales, nationalisme, apartheid. C’est ainsi que l’on peut comprendre le geste fou de Breivik en Norvège : c’est, en partie, au nom du sionisme qu’il a commis son acte atroce, si l’on se réfère au manifeste qu’il a lui-même écrit. Ses victimes étaient des jeunes militants préparant des actes de boycott d’Israël afin de dénoncer le sort réservés aux Palestiniens. Le meurtrier était un islamophobe radical, lecteur et admirateur de Samuel Huntington et de Bat Ye’or. Dire cela, c’est s’exposer à être traité d’antisémite, même si l’on est Juif soi-même.

*

Cette islamophobie ambiante est radicale en ce sens qu’elle permet de légitimer l’usage, à une échelle globale, par les Occidentaux, de la violence la plus extrême (guerres, tortures, dommages collatéraux, terrorisme d’État) contre des populations musulmanes qui sont présentées comme coupables des crimes qu’elles subissent. Torturer un Musulman est considéré comme un acte de recherche de la vérité et non pas comme un acte barbare, cruel et inhumain. D’une certaine manière, l’islamophobie radicale implique la mise à mort de ‘l’autre’ Musulman au nom de la bonne conscience à toute épreuve de l’homme blanc occidental.

L’islamophobie radicale est également une idéologie totalitaire parce qu’elle prétend offrir une compréhension du monde totalisante et unique, un prisme universel à travers lequel tout devrait recevoir une explication simple, logique, définitive et qui donne systématiquement raison aux Occidentaux et à leurs crimes. Elle vise tout Musulman, d’ici ou d’ailleurs et est diffusée à travers l’ensemble des moyens médiatiques de masse qui reflètent et façonnent la représentation du monde des Occidentaux (dans les écrits des intellectuels de tous bords, les films ou séries télévisées).

Cette idéologie totalitaire est, enfin, un instrument de la géopolitique de la peur développée par les élites occidentales afin de continuer leurs prédations (coloniales) antérieures. Elle construit un ennemi imaginaire (le méchant musulman qui veut tuer le gentil blanc) à qui elle donne corps et substance à force de le désirer et, avec cet épouvantail, obtient, par la peur et l’effroi, le consentement (volontaire ou tacite) de ses populations à ses aventures capitalistes guerrières.

Le paradoxe apparent de l’islamophobie radicale, c’est que ses promoteurs s’allient volontiers avec l’Islam, lui aussi radical, d’inspiration wahhabito-salafiste, pour mettre en œuvre le choc des civilisations. Cela relève d’un faux paradoxe et d’une ambiguïté propre à servir les intérêts géopolitiques des Occidentaux et des Wahhabites.

Du côté de l’Occident, on développe le mal que l’on prétend combattre pour lui donner une réalité qu’il n’aurait pas autrement. En effet, sans l’appui apporté par l’Occident au terrorisme islamique wahhabite de l’Arabie saoudite et du Qatar (en Afghanistan, Serbie, Tchétchénie, Libye, Syrie ou lors du 11-Septembre, etc), ce terrorisme serait resté localisé et n’aurait jamais pu avoir l’envergure internationale qu’il a aujourd’hui. Sans ce terrorisme islamique globalisé, les guerres de conquête de l’Occident, sous couvert de lutte contre le terrorisme, n’auraient pas pu aussi facilement trouver les pretexes nécessaires à leur lancement tous azimuts. Du côté des salafistes, l’islamophobie occidentale justifie la mobilisation de l’islam radical face à l’Occident meutrier des Musulmans et donne le change aux populations musulmanes (principalement sunnites) opprimées par leurs dirigeants décadents qui font leurs emplettes à Paris, Londres ou New-York.

*

Il faudra beaucoup de courage aux citoyens de tous horizons religieux ou politiques pour oser défendre les Musulmans après tout les monceaux de haines et de calomnies qui auront été déversés sur eux. Il leur en faudra beaucoup aussi pour rester fidèles aux valeurs des Lumières qui font de tous les êtres des semblables, des égaux, des frères humains.

Aucun peuple ne mérite de critiques excessives, ni aucun peuple de louages exagérées. Ni haine ni angélisme, juste prendre ‘l’autre’ pour ce qu’il est : une part de nous-mêmes, ni meilleure, ni pire, juste le miroir de notre humanité.

Aujourd’hui l’inhumanité qui habite l’Occident s’en prend aux Musulmans comme hier elle s’en prenait aux Juifs. C’est cela qu’il faut avoir le courage de dire et de dénoncer. Parce que dénoncer les puissants, ce n’est pas de la délation, mais du civisme. Pour que cesse cette infamie des temps présents et que l’esprit des Lumières reprenne le dessus sur le soleil noir de l’Occident ; pour qu’un jour il ne soit pas interdit et considéré comme criminel de tendre la main à un Musulman.

Guillaume de Rouville

auteur de La Démocratie ambiguë, Éditions Cheap, juillet 2012.

http://lidiotduvillage.org/2012/09/12/lesprit-du-temps-ou-li…

[i] “La haine de l’Occident”, Jean Ziegler, chez Albin Michel, 2008.

[ii] Pour ce qui est du monde francophone, et sans vouloir être exhaustif, on peut citer les personnalités et groupes d’influence principaux qui se revendiquent de l’atlantisme/néoconservatisme et qui expriment des idées islamophobes, le plus souvent sous couvert de discours universitaires, géopolitiques, sociologiques, anthropologiques, etc. ; Alain Finkielkraut, André Glucksmann, Bernard Kouchner, Bernard-Heni Lévy, Alexandre Adler, Caroline Fourest, Frédéric Encel, Philippe Val, Francois Heisbourg, Mohamed Sifaoui, Jean-Claude Casanova, Pierre Rosanvallon, Alain Minc, Jean Daniel, Pierre-André Taguieff ; la revue Commentaire, la Fondation Saint Simon (dissoute en 1999), le Cercle de l’Oratoire, l’Institut Turgot, l’Atlantis Institute, les revues Le Meilleur des Mondes, La Règle du Jeu, etc.

[iii] Deux exemples frappants : (i) le licenciement de Richard Labévière de RFI en 2008 en raison de ses positions trop critiques envers Israël ; (ii) le livre de Stéphane Hessel “Indignez-vous” qui a valu à ce dernier d’être traité d’antisémite pour avoir dit dans son ouvrage que Gaza était la plus grande prison à ciel ouvert du monde.

[iv] Voir sur ce sujet, pour le monde anglo-saxon, le livre de Sherene Razack, “La chasse aux Musulmans”, Futur Proche, 2011.

[v] Citation reprise de “La chasse aux Musulmans”, op. cit, page 39.

[vi] “Les intellectuels faussaires”, Pascal Boniface, Éditions Gawsewitch, 2011.

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