Publié par : quebecsocialiste | 13 juin 2013

Syrie : la dangereuse hypocrisie impérialiste

Par Gabriel Proulx, coporte-parole du PCQ :

La nouvelle est devenue officielle cette semaine : en Syrie, un pays où une guerre impérialiste par procuration terroriste est menée depuis plus de deux ans contre le gouvernement de cet État souverain, l’Armée arabe syrienne (AAS, les forces armées régulières de l’État syrien), aidée des miliciens du mouvement de résistance libanais Hezbollah (allié militaire et idéologique contre la machine de guerre coloniale israélienne), a libéré la ville stratégique de Qousseir.

Ceci constitue une victoire stratégique et symbolique importante pour les forces loyales à la souveraineté de l’État syrien et une défaite écrasante pour les mercenaires terroristes islamistes coupeurs de têtes, affiliés à Al-Qaïda (le support financier de ses actions meurtrières en Syrie provient de la monarchie arabe du Qatar) et à l’autoproclamée « Armée syrienne libre » (ASL, force mercenaire « rebelle » financée et armée par les principaux États membres de l’OTAN, Israël et l’Arabie Saoudite).

La place centrale de Qousseir, après sa libération par l’Armée arabe syrienne

Une victoire stratégique d’abord, puisque la route principale entre Damas et les côtes syriennes est maintenant ouverte, après plus d’un an de blocage par les terroristes, qui avaient déjà fait fuir la grande majorité de la population civile de Qousseir, après leurs exactions contre les populations de confession chrétienne et chiite. Cela veut dire un approvisionnement plus facile pour le gouvernement syrien et plus compliqué pour les mercenaires dépendants de l’aide militaire de leurs sponsors étrangers. Suite à cette victoire, au moment d’écrire ces lignes, l’AAS reprend le contrôle des villages au nord de Qousseir, un par un, profitant de l’effondrement stratégique et moral des mercenaires terroristes en déroute. Le dernier village officiellement repris aux mercenaires est celui de Boueida al-Charqiya, ce qui veut dire que toute la campagne environnante de Qousseir est maintenant libre des terroristes étrangers.

Inspirés, les kurdes ont repris les armes contre les islamistes totalitaires qui occupent une partie du territoire du Kurdistan syrien, dans le nord-est du pays. Des combats ont également éclaté à Alep, toujours entre miliciens kurdes et terroristes étrangers, dont beaucoup sont supportés par l’ennemi juré du peuple kurde, le gouvernement de la Turquie.

Une victoire symbolique ensuite, étant donné l’importance conférée à l’occupation de cette ville par les groupes terroristes. Les chancelleries de la France, du Qatar, de la Turquie, de la Grande-Bretagne, de l’Arabie Saoudite, d’Israël et des États-Unis, les principaux sponsors des terroristes, s’en trouvent humiliées. Leurs réactions sur la scène internationale parlent d’elles-mêmes.

Sur le front du Conseil des « droits de l’Homme », à Genève, les occidentaux ont fait voter une résolution condamnant « l’intervention de “combattants étrangers ” aux côtés des forces de Damas à Qousseir », une référence à peine voilée au Hezbollah. Le niveau d’hypocrisie de la « diplomatie » occidentale atteint ici des sommets, connaissant le support indéfectible d’une bonne partie des membres de l’OTAN envers les mercenaires étrangers qui sévissent actuellement contre l’État syrien et sa population. Combien d’armes, combien d’argent de nos impôts, les pays occidentaux impliqués en Syrie ont-ils déjà envoyé à leurs mercenaires en Syrie pour supporter leurs sombres lubies néocolonialistes ? Il est maintenant de notoriété publique que les terroristes impliqués contre le gouvernement syrien sont en grande majorité des étrangers. Ils viennent principalement de la Libye « nouvellement démocratisée par les bombes humanitaires occidentales », de l’Arabie Saoudite et de la Tunisie. Des milliers sont ensuite issus des différentes branches d’Al-Qaïda au Yémen, en Tchétchénie, en Irak, au Soudan ou viennent d’aussi loin que la région du Xinjiang chinois, où Al-Qaïda recrute dans la population ouïghour musulmane.

Ceci est sans parler des islamistes venus accomplir leur « saint djihad » depuis l’Europe, où les autorités occidentales, habituellement si rapides à enfermer ces mêmes islamistes, quand ceux-ci projettent d’aller combattre les forces yankees en Irak par exemple, laissent leurs citoyens extrémistes aller tuer des civils syriens en toute connaissance des faits depuis deux ans. Une fois de plus, quand on considère les causes officielles des opérations militaires françaises au Mali, pour soi-disant combattre la « menace islamiste à nos portes », l’hypocrisie est à son paroxysme.

« Le représentant de la délégation syrienne à Genève a dénoncé une “parodie”. “Le bourreau pleure et c’est une victime”, a-t-il dit. » (Citation retrouvée dans la couverture de la réunion par plusieurs médias, dont euronews, lien que vous pouvez consulter pour une vidéo où vous pouvez voir le tableau affichant les résultats du vote, contre lequel seul le Venezuela s’est opposé, en plus de quelques abstentions, cette assemblée tournante étant presque exclusivement composée d’alliés de Washington).

Une petite partie de la population civile de la ville de Qousseir, qui avait massivement fui la ville des semaines plus tôt, en plus d’une majorité de résidents qui avaient été expulsés par les terroristes anti-gouvernementaux, a commencé à revenir du Liban, où la population s’est réfugiée, pour retourner chez eux et constater les dégâts. Les pillages de leurs maisons par les mercenaires, puis les bombardements de la récente bataille, font que beaucoup de maisons et de logements ont été détruits. Ces faits contredisent la version occidentale des événements, où à un moment donné, certains sont allés jusqu’à prétendre que l’armée syrienne avait massacré plus de civils à Qousseir qu’il n’y avait d’habitants dans cette ville avant le début des troubles. Même les images filmées par les mercenaires, seules diffusées par la grande majorité des médias occidentaux, ne peuvent montrer la moindre trace de vie civile dans les rues de Qousseir, devenue ville fantôme parce que vidée de sa population civile, bien avant le début de la bataille.

Voici, à ce sujet, une citation d’un article du site Al-Manar, la chaîne d’information du mouvement libanais Hezbollah : « A chaque fois qu’ils [les soldats Syriens] ont progressé dans la ville, il n’y avait pas de civils, ni dans les maisons, ni dans les rues ou les quartiers qu’ils ont pris aux rebelles, ce qui amène l’armée à supposer et à conclure qu’il ne reste plus de civils. Notez qu’Abdallah, quelque soit son vrai nom, le journaliste citoyen/militant a annoncé sur al Jazeera que 40 000 civils sur place allaient être massacrés. Sur la BBC, le général Idriss a déploré que 50.000 civils dans Qusayr allaient être passés au fil de l’épée par le Hezbollah, mais personne ne lui a objecté le fait que la population entière de Qusayr se situe entre 30 000 et 40 000 personnes au plus, et que nous savons que la majorité d’entre eux sont partis avant l’offensive, et l’année dernière quand les rebelles ont pris la ville et que plusieurs milliers, 5.000 au total environ, ont quitté la ville au début de l’offensive (ainsi que l’a signalé un organisme de l’ONU qui a rendu visite à ces familles déplacées non loin de là), alors comment peut-il y avoir de 40 à 50 000 personnes dans la ville comme le prétend l’opposition ? Ce sont ces chiffres [ceux de l’opposition] que la BBC a choisi de citer dans son reportage en ligne ! »

Les grands médias français, impliqués dans le conflit à un tel point que plusieurs d’entre eux pourraient facilement être accusés d’assistance au terrorisme, affirment exactement le contraire des experts de l’ONU, en allant affirmer dans leurs articles biaisés, que « le régime » utilise des armes chimiques… sur les quartiers résidentiels de sa propre capitale, en parlant de « quelques morts ». Pour citer approximativement Bachar Al-Assad en entrevue, « les armes chimiques sont des armes de destruction massives et pourtant ils affirment que j’en ai utilisé sur des zones civiles un jour et qu’il y a eu une vingtaine de morts, alors devrons-nous les croire quand ils diront qu’une bombe nucléaire a explosé en banlieue de Damas et qu’il n’y a eu que 15 à 16 morts ? ». Heureusement que le ridicule, lui, ne tue pas, contrairement aux voitures piégées des petits amis des journaleux propagandistes, comme ceux du journal bourgeois français « Le Monde ».

Après ce triste spectacle, ce fut au tour de l’Union Européenne de se couvrir de honte, en adoptant la levée officielle de l’interdiction des exportations d’armes à destination des « rebelles syriens ». Étant déjà connu que la France, la Grande-Bretagne et la Croatie contournaient l’embargo européen assez ouvertement depuis longtemps déjà, cette mesure n’a qu’un caractère symbolique, en rendant officiel ce qui était déjà officieux. Les conséquences n’ont pas tardé, la première étant le retrait par l’Autriche de tout son contingent de supervision du cessez-le-feu entre la Syrie et Israël sur la région du Golan. L’Autriche avait au préalable sonné l’alarme sur le fait que les groupes terroristes menaçaient déjà suffisamment ses casques bleus sans avoir besoin d’armes européennes. Après le retrait des casques bleus autrichiens, il ne reste plus que les deux contingents réduits de l’Inde et des Philippines. La Russie a proposé d’envoyer ses propres casques bleus remplacer l’absence remarquée des autrichiens, mais les occidentaux semblent pour le moment hostiles à cette idée. C’est comme s’ils mettaient tranquillement en place les ingrédients nécessaires à une invasion de la Syrie par l’armée de l’apartheid sioniste israélien…

Il ne faudrait pas oublier qu’au milieu de toutes ces menaces contre la paix mondiale et la sécurité d’États souverains, le Canada a imposé un nouveau train de sanctions unilatérales totalement injustifiées contre l’Iran. Tout envoi d’argent ou de quelconques ressources commerciales ou industrielles « non humanitaires » vers l’Iran pourraient bientôt devenir un acte illégal au Canada. On atteint les pires niveaux de restrictions du blocus yankee contre Cuba. De la même manière, ces nouvelles sanctions unilatérales canadiennes contre un autre État souverain membre de l’ONU, sont complètement illégales selon le droit international. Le Canada de Stephen Harper continue sur son chemin de plus en plus voyou et rétrograde en matière de relations internationales. Il est à noter que ceci intervient après la rupture complète par le Canada, de ses relations diplomatiques avec l’Iran. Enfin, nous sommes en droit de nous demander si les « bombes humanitaires » larguées par le Canada sur la Libye sont aussi « humanitaires » ailleurs dans le monde, toujours selon les inconséquents leaders absolutistes du Canada…

Comment réagirait le Canada, au juste, si la Russie ou la Chine décidaient, par exemple, de lui appliquer un embargo commercial complet ? Impossible que cela puisse « soutenir la population contre le régime » ici, alors la même logique devrait être valable pour l’Iran, sauf que voilà, le véritable problème, c’est que John Baird se contrefiche du sort de la population iranienne comme de sa première chemise. Il ne fait que ce que le lobby sioniste lui commande de faire. La « diplomatie » canadienne, sous John Baird et les conservateurs, se limite à des missions de valets serviles, rien de plus.

Il semble être minuit moins une pour la paix mondiale, ne manquant plus qu’une étincelle au mauvais endroit pour provoquer des conséquences catastrophiques pour l’Humanité. Pourtant, notre « presse libre » autoproclamée traite ces événements tantôt comme des faits divers, tantôt en « cheerleaders » convaincues de la justification morale ou « démocratique » des boucheries que nos impôts financent à l’étranger. Les propagandistes complices s’attendent-ils vraiment à être épargnés lorsque les vrais criminels et les vrais terroristes seront jugés ?

Enfin, la plus récente affiche de propagande diffusée par le gouvernement syrien de Bachar Al-Assad, laisse entendre qu’une fois les terroristes définitivement écrasés et la Syrie reconstruite, l’Armée arabe syrienne se vengera des monarchies du golfe qui ont financé les mercenaires terroristes à coups de milliards (en plus de permettre la libre circulation de leurs citoyens lourdement armés vers la Syrie). Le nouveau slogan syrien dit, une fois traduit de l’arabe au français : « L’Armée syrienne relève le défi… Nous allons venir » et les gratte-ciels représentent clairement les capitales des émirats arabes comme le Qatar.

Une fois de plus, il semble malheureusement que ma devise internationaliste soit au goût du jour : Un monde forgé dans le sang et les conquêtes ne peut que mener à plus de guerres.

Cet article est dédié aux civils morts dans la région de Qousseir, dont la journaliste syrienne Yara Abbas, lâchement assassinée il y a quelques jours par un tir de sniper terroriste, alors qu’elle rapportait les développements à Qousseir avec son équipe, tous bien identifiés comme équipe journalistique, avec le mot « PRESS » bien écrit en grosses lettres sur leurs gilets. On attend encore les condamnations de la « presse libre » autoproclamée, sans doute trop occupée à promouvoir « l’idéal démocratique » de ses amis terroristes takfiris, cette idéologie sectaire moyenâgeuse similaire au wahhabisme appliqué en Arabie Saoudite et au Qatar, ces « régimes amis amoureux de la liberté » totalitaires que personne dans la « presse libre » n’ose critiquer.

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