Publié par : quebecsocialiste | 10 juin 2012

Le Grand Prix de F1 est une honte

Cette fin de semaine était celle de la Formule 1 à Montréal. Cela faisait des semaines que la bourgeoisie locale (et le gouvernement libéral qui la représente) se plaignait du fait que les manifestations « nuisent à l’image de Montréal et à son économie ». Cela pose une question : la Formule 1 est-elle vraiment « bonne » pour l’image et l’économie de Montréal ?

Parlons d’abord de l’image que F1 représente aujourd’hui : dirigée d’une main de fer par le milliardaire Bernie Ecclestone, ouvertement élitiste et anti-démocratie*, la F1 n’est aujourd’hui rien d’autre qu’un spectacle de voitures pilotées par des millionnaires qui tournent en rond pendant une heure. Bref, c’est un grand « show de boucane » pour les riches et les puissants de ce monde. Ajoutons à cela une image dégradante de la femme, la vénération de la vitesse automobile et des autorités policières devenues carrément paranoïaques pour l’occasion et nous avons là un hideux cocktail de l’élite capitaliste dans toute sa bassesse.

*En juillet 2009, il a déclaré au journal Times : « C’est terrible à dire je suppose, mais […] Hitler était en mesure de commander beaucoup de gens capables de faire le boulot », « À la fin il s’est perdu, donc il n’était pas un très bon dictateur » et « Si vous regardez la démocratie, elle n’a pas fait beaucoup de bien à de nombreux pays, y compris celui-ci (la Grande Bretagne) » (Source)

On sait que certains touristes aiment venir fêter à Montréal de manière pas très saine, pendant la fin de semaine du Grand Prix de F1. Ils se saoulent, ils vont dans les bars de danseuses et ils ont la plus grande facilité du monde à trouver des prostituées. Ces touristes là, n’importe quelle ville peut s’en passer. Qu’ils se saoulent dans les bars toute la soirée, ça passe encore, « ça fait rouler l’économie » diront certains, mais les prostituées, on sait qu’au Québec c’est surtout entre les mains des motards et de la mafia, sans parler des abus contre ces femmes, dont certaines sont des esclaves issues du trafic d’humains. Je ne parlerai même pas de la drogue pour ces jeunes gosses de riches. On ne rigole pas avec ça. C’est une image dégueulasse de la ville de Montréal et aucun citoyen honnête ne fait d’argent avec ça.

Il était facile de les reconnaître, samedi soir, à la télévision comme dans les rues de Montréal, ces riches et ces gosses de riches, paradant au volant de leurs voitures de luxe hors de prix pour le commun des mortels, n’ayant rien à cirer des manifestants et de la répression policière autour d’eux. Ils sont riches et sont donc au-dessus des problèmes de la plèbe, de ces va-nu-pieds qui ne sont pas nés dans de bonnes familles comme eux. Au mieux, c’est un spectacle pour eux. Au pire, c’est un tracas temporaire, en attendant que leurs larbins policiers matraquent les manifestants hors de la route.

Plus tôt cette année, a eu lieu le Grand Prix de Bahreïn, une monarchie absolue où l’opulence indécente côtoie la pauvreté la plus abjecte. Dans ce petit royaume du Golfe persique, une révolte populaire pacifique est écrasée depuis plusieurs mois par le gouvernement du Bahreïn, qui a été aidé en cela par l’armée de l’Arabie-Saoudite et d’autres monarchies totalitaires voisines, sans que nos grands médias moralisateurs n’y trouvent quelque chose à critiquer. Dans ce climat de répression sanglante d’un soulèvement populaire pacifique, Bernie Ecclestone a insisté pour que se tienne quand même son satané Grand Prix, devant des estrades presque vides, uniquement occupées par quelques riches et des membres de la famille royale bahreïnie.

(Bernie Ecclestone au Grand Prix de Bahreïn 2012)

Les habitants de cette région du monde sont trop pauvres pour aller voir le Grand Prix et franchement, ils n’en ont rien à cirer de ce minable show de boucane. Même dans des conditions où l’éthique de son « sport » était compromise, Ecclestone est allé de l’avant contre vents et marées pour y tenir son Grand Prix, peut-être parce qu’il s’entend bien avec les monarques totalitaires arabes, ayant lui-même peu d’affection pour la démocratie.

Pourtant, à Montréal, il faut toujours en faire plus pour qu’il y maintienne l’un des Grand Prix les plus populaires du monde. En pleine période d’austérité, alors que le peuple est toujours appelé à se serrer la ceinture et que nos étudiants sont dans les rues pour revendiquer une éducation universelle et accessible pour tous, pendant que le gouvernement libéral ne peut plus s’arrêter d’insulter les victimes réelles d’intimidation en disant qu’il ne cèdera pas devant « l’intimidation » imaginaire des étudiants à son endroit, ce même gouvernement libéral a cédé au chantage de Bernie Ecclestone et a subventionné son show de boucane à hauteur de 75 millions de dollars. « Pas d’argent » pour les démunis, les programmes sociaux et la gratuité scolaire, mais les coffres sont pleins pour faire plaisir au milliardaire anglais patron du show de boucane de la F1, sans parler des 200 millions de dollars pour l’amphithéâtre du maire Redbull de Québec. Une vraie honte.

Le ministre des finances du Québec, le déshonorable traître Raymond Bachand, est encore sorti lors du Grand Prix pour proclamer devant les caméra qu’il « ne cèdera pas devant l’intimidation, parce que le jour où on cède devant l’intimidation, c’est la mort de la démocratie ». Est-ce qu’il s’entend parler des fois ? Les libéraux vont-ils bientôt cesser d’insulter les victimes réelles de l’intimidation avec leurs déclarations stupides ? Jacques Villeneuve qui reçoit des réponses hostiles parce qu’il s’est permis, sans avoir la moindre connaissance du conflit en cours, d’insulter les étudiants en grève en les qualifiant de « fainéants » alors que le seul « travail » que ce petit millionnaires de Monaco a jamais eu à effectuer de toute sa vie, c’est tourner en rond dans une voiture pendant une heure (et il était vraiment pas si bon que ça selon ce que j’entends), c’est ça « de l’intimidation » selon les libéraux ?

En tout cas, de la vraie intimidation, on pouvait en observer toute la journée à l’entrée du site du Grand Prix et même un peu partout dans le métro de Montréal, où des légions de policiers faisaient du profilage contre des citoyens en fonction de leur âge, de leur manière de s’habiller et même de la grosseur de leurs sac à dos. Si par exemple, quelqu’un refusait de retirer son carré rouge dans les environs du site du Grand Prix, il était arrêté et conduit dans un autobus policier où il séchait au soleil pendant des heures avant de se faire finalement interroger et remettre une amende… pour avoir porté le carré rouge ? ÇA, c’est de l’intimidation, de la vraie. Que les riches moralisateurs libéraux en prennent note, eux qui n’ont visiblement jamais subi d’intimidation de leurs vies. C’est même de l’intimidation politique, en fonction du port d’un morceau de tissu symbolique représentant une idée politique d’un mouvement d’opposition pacifique important. Ce n’est même plus de l’intimidation, mais bien du terrorisme d’État. C’est rendu grave.

Au final, le Grand Prix n’est encore qu’un autre exemple démontrant que les libéraux ne sont que les vulgaires valets de la haute bourgeoisie, le 1%, l’aristocratie moderne. Pendant la fin de semaine du sacro-saint Grand Prix de Formule 1, l’égalité hommes-femmes en prend un coup, la sensibilisation contre la vitesse excessive au volant en prend un coup, l’environnement en prend un coup et notre honneur national en prend un sacré coup quand notre gouvernement s’écrase devant l’intimidation faite par Bernie Ecclestone. « Ça mérite 75 millions $ ça. » Du grand gaspillage de fonds publics pour le plaisir des riches et des puissants, pendant que le peuple a désespérément besoin d’air, étouffé par une ceinture plusieurs fois trop serrée.

Monsieur le ministre Bachand, la démocratie véritable est déjà morte, justement à cause de gens comme vous. Quand c’est rendu que la police québécoise fait ouvertement du profilage politique « à la demande du Grand Prix », où monsieur Ecclestone peut transformer un lieu publique en propriété privé simplement en sifflant ses larbins libéraux, alors c’est que nous avons déjà un pied enfoncé bien profondément dans la merde qu’est la logique d’un État policier. Il revient au peuple de résister à votre intimidation libérale et de ressusciter sa démocratie, en commençant par battre votre parti corrompu de valets bourgeois aux prochaines élections.

Vive le Québec libre et socialiste ! Nous vaincrons !

-Gabriel Proulx

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