Publié par : quebecsocialiste | 6 juin 2012

Amir Khadir, nouvelle victime de la loi fasciste 78

« Quand les bandits sont au pouvoir, la place d’un honnête homme est en prison. »

-Michel Chartrand

Ça y est, ce n’était qu’une question de temps, après les arrestations massives, la police politique québécoise a arrêté un député démocratiquement élu membre de l’opposition, soit le député Solidaire de Mercier, Amir Khadir. Le Service de Police de la Ville de Québec (SPVQ) a encore une fois essayé par tout les moyens de provoquer les manifestants pacifiques (l’autre soir, les policiers « gardiens de la paix » ont brisé des bouteilles dans les rues pour faire peur aux manifestants, une forme évidente d’intimidation). Puisque leurs provocations puériles ne marchent jamais, les petits fasciste du SPVQ ont eu recours une nouvelle fois à la fameuse technique de « la souricière », une technique d’arrestations massives reconnue par plusieurs organismes internationaux, dont les Nations Unies* (on parle bien de l’ONU ici) comme étant une méthode policière abusive, criminelle et non conforme aux principes élémentaires de respect de la liberté d’expression dans une société respectueuse de la démocratie et des droits humains.

Le député Amir Khadir ne faisait que participer à une manifestation pacifique avec ses concitoyens, un rassemblement publique de plus de 50 personnes qui n’avait eu la permission de la police, donc illégale selon la loi fasciste 78. C’est de la désobéissance civile pacifique 101. Les policiers du SPVQ, tristement célèbres pour le racisme et les préjugés politiques répandus dans leurs rangs (c’est ça que ça donne, l’exposition prolongée d’un abruti aux radio-poubelles de Québec), utilisent aussi depuis plusieurs soirs une stratégie commençant par la déclaration unilatérale d’illégalité de la manifestation en vertu de la loi 78, avant d’arrêter tout le monde et de leur remettre des amendes salées de 494$ en vertu d’une loi municipale sur la sécurité routière. Le SPVQ prend vraiment les citoyens québécois pour des cons.

Les responsables libéraux nous répètent depuis plusieurs semaines déjà que « les manifestations nuisent à l’image du Québec ». Ils mentent. L’image du Québec n’est en rien affectée négativement par le simple fait que ses citoyens descendent pacifiquement dans les rues pour exprimer leur opposition au gouvernement en place. Des manifestations, il y en a dans presque tout les pays du monde et ça ne dérange pas les touristes. Comment se fait-il alors qu’il y ait encore des touristes à Montréal et à Vancouver après les tristement célèbres émeutes des séries éliminatoires de hockey ? Par contre, s’il y a bien quelque chose qui puisse nuire considérablement à l’image internationale du Québec, c’est bien des images de brutalité policière, des arrestations massives d’opposants politiques et la crainte de se faire tomber dessus sans raison par les services de police des villes de Montréal et de Québec, qui ont la réputation méritée de former, puis de lâcher dans les rues, des polices politiques et racistes. Se faire dénoncer publiquement par des experts indépendants des Nations Unies, ça n’aide pas non plus…

Le gouvernement Charest a beau essayer de se défendre en envoyant sa ministre Monique Gagnon-Tremblay dire aux Nations Unies de s’occuper de « dossiers plus important », on voit bien qu’il est en train de se débattre comme un diable dans l’eau bénite. Se rabaisser à ce genre de réponses, c’est comme dire : « agresser mon voisin, ce n’est pas grave, l’autre gars a tué le sien ». Yves Francoeur, de la fraternité des policiers, avait eu recours à une « défense » similaire lorsqu’il disait que la brutalité policière de ses membres n’était « pas grave parce qu’on n’est pas dans un pays latino où la police torture des gens ». Ce genre d’attitude doit cesser au Québec. Nos ancêtres ne sont pas morts pendus, brûlés et fusillés, ou déportés de l’autre côté de la planète, pour que leurs descendants se rabaissent en 2012 à se laisser écraser sans broncher par un traître corrompu et fasciste en puissance qui veut finir le boulot de Lord Durham : l’assimilation des « nègres blancs d’Amérique » dans le moule de la « culture supérieure anglaise ».

Les libéraux et leurs sbires des grands médias se sont encore une fois beaucoup appuyés sur ce qui se fait ailleurs dans le monde, surtout en Occident, en démontrant que les lois anti-manifestations en vigueur aux États-Unis, en Angleterre ou en France par exemple, sont plus sévères que la loi 78 de Charest. Encore une fois, est-ce que la comparaison avec l’autre excuse ce qui se fait ici ? Non, c’est un argument faible et démagogique.

Là où cela devient intéressant, c’est quand les représentants des grands médias s’offusquent du fait qu’Amir Khadir compare la loi 78 à la nouvelle loi anti-manifestations récemment promulguée en Russie par le gouvernement de Vladimir Poutine. Les grands médias s’offusquent que Khadir ose comparer le gouvernement québécois à celui des « méchants russes antidémocratiques ». Pourtant, cette comparaison en particulier devrait être poussée plus loin par le député Khadir et les autres représentants de la société civile opposés à la loi 78, puisque la loi anti-manifestations des « méchants russes » est en réalité beaucoup moins sévère que celle du Québec, sans parler de comparaison avec les lois similaires des autres chancelleries occidentales. En effet, là où la loi 78 du gouvernement Charest prévoit des amendes maximales pouvant aller jusqu’à 125 000$ canadiens, la nouvelle loi russe ne prévoit en comparaison que des amendes maximales de 30 000$ canadiens.

Les journaleux québécois et occidentaux qui s’offusquent devant la nouvelle loi russe ne sont donc rien d’autre que de vulgaires hypocrites qui devraient commencer par condamner les lois liberticides bien pires en vigueur chez eux (au lieu de chercher à les défendre quand cela fait leur affaire). Si on veut jouer à comparer avec A, chers médias capitalistes, il faut aussi être prêt à la comparaison avec B. Voilà donc le faux argument de la comparaison avec le reste de l’Occident (A), démoli par une comparaison avec la Russie (B).

Pour ce qui est de la nouvelle arrestation de la fille d’Amir Khadir, quand on sait que la police de Montréal semble s’être acharnée sur elle depuis le début du mouvement étudiant. On ne peut qu’espérer que les autorités libérales ne sont pas descendues dans de telles bassesses qu’elles en sont rendues à cibler les familles de leurs opposants politiques. Ce serait carrément ignoble.

Le député Amir Khadir n’est qu’une victime parmi des milliers d’autres d’une loi fasciste promulguée par un gouvernement libéral corrompu en fin de course, issu d’un système bourgeois profondément antidémocratique où tout les moyens sont bons pour protéger les intérêts de classe du 1% des plus riches et de leurs valets contre les demandes légitimes du reste de la population. Le peuple québécois devra toujours se souvenir de la trahison des libéraux.

La prison pour le traître Charest ! Vive la révolution !

-Gabriel Proulx

*«Le montant des amendes prévues par la loi pouvant aller jusqu’à 125 000$ est disproportionné et est de nature à dissuader les étudiants d’exercer leur droit à la liberté de réunion pacifique» et «les individus doivent avoir la possibilité de porter, au cours de tels évènements, les habits de leur choix, pour autant que cela n’affecte pas les droits des autres ou que ce ne soit un moyen de se soustraire aux obligations relatives aux réunions pacifiques», ont, entre autres choses, fait savoir deux experts indépendants des Nations Unies le 30 mai 2012.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :