Publié par : quebecsocialiste | 16 mai 2012

Sur la démission de Line Beauchamp… et la succession de Michelle Courchesne

(Michelle Courchesne a laissé le ministère de l’éducation à Line Beauchamp en 2010, avant de le reprendre en 2012)

-Gabriel Proulx

Coup de théâtre lundi après-midi à Québec : la ministre responsable du pire ministère de l’éducation de l’histoire du Québec, Line Beauchamp, a donné sa démission ! Non seulement elle n’exercera plus aucune responsabilité ministérielle, elle a également démissionné de son poste de députée, ce qui l’efface complètement de la vie politique. Bon débarras !

Line Beauchamp, maintenant ancienne vice-première ministre du Québec, fera-t-elle comme sa prédécesseur Nathalie Normandeau, qui s’est recyclée en conseillère pour entreprises privées quelques mois seulement après sa démission du même poste ? Il est encore trop tôt pour le savoir…

Bien qu’il soit malheureux que cela n’apporte aucun gain immédiat pour les étudiants québécois, il fallait décoder le point de presse entourant cette démission, qui a été marqué par un esprit revanchard mesquin et des menaces de Jean Charest de judiciariser toujours plus le conflit en adoptant la « ligne dure » (comme si la brutalité policière systématique n’était pas déjà une ligne dure…) et en répétant la cassette libérale de la la « résistance à la violence et à l’intimidation » (c’est toujours aussi insultant pour les véritables victimes d’intimidation, cette récupération politique écœurante par les ministres libéraux d’un phénomène de société aussi dramatique). La démission dans l’indignité (en blâmant tout le monde sauf elle-même) de la ministre Beauchamp, suivie immédiatement des nouvelles menaces d’un Charest a l’air dramatique qui annonça seulement deux heures plus tard le remplacement de Line Beauchamp par sa prédécesseur à l’éducation, Michelle Courchesne, démontre un certain mouvement de panique du gouvernement libéral.

En effet, la reprise du ministère de l’éducation par Michelle Courchesne, actuellement patronne du Conseil du trésor québécois, n’a rien d’original et laisse paraître la faiblesse évidente des cartes restantes de Jean Charest, dont les chances de réélection frôlent le zéro. Michelle Courchesne est elle-même une experte dans le domaine de la mal gérance du ministère de l’éducation, alors que je l’appelait moi-même à démissionner de son poste à l’époque, aussitôt que le 28 février 2010. Quelques mois plus tard, c’est en fait une promotion qu’elle a reçu en étant placée à la tête du Conseil du trésor, rappelant encore une fois le mépris du gouvernement Charest pour la volonté populaire, qui était majoritairement de mon avis sur cette question à cette époque.

Voici la demande de démission que j’adressais à l’époque publiquement à la ministre de l’éducation Michelle Courchesne, toujours d’actualité le 14 mai 2012, plus de deux ans après, date de la fin de l’intermède Beauchamp  :

Appel pour la démission de Michelle Courchesne

-Gabriel Proulx, le 28 février 2010 :

Comme vous le savez probablement tous, Michelle Courchesne, l’actuelle ministre libérale de l’éducation du Québec, est en train de mener notre système d’éducation vers le gouffre. On n’a qu’à penser à la réforme scolaire, aux écoles religieuses illégales tolérées sans aucune raison, à la déconfiture du français chez les jeunes et à un imminent nouveau dégel des frais de scolarité (universitaires) au Québec.

Donc, pour avoir :

  • -laissé le système scolaire québécois sombrer dans la médiocrité, mettant ainsi en péril la qualité de vie des générations futures;
  • -encouragé l’enseignement de l’anglais dès la première année du primaire, alors que le français, la langue maternelle de la majorité des québécois et des québécoises, n’est même pas encore maîtrisé à ce stade, ajoutant ainsi aux problèmes liés à l’apprentissage du français chez nos jeunes;
  • -gaspillé les fonds publics en confiant au secteur privé le contrat pour la correction de l’épreuve nationale de français de 5e secondaire, alors que le secteur public charge moins cher;
  • -fait des modifications au calendrier scolaire de tout le Québec pour accommoder deux écoles juives orthodoxes, considérées comme illégales pour leur non-respect des normes québécoises en matière d’enseignement;
  • -permis le dégel des frais de scolarité des étudiants québécois, creusant ainsi davantage l’écart entre les «gosses de riches» et les jeunes de la classe moyenne…

Enfin, pour avoir tenu les propos antidémocratiques suivants :

“Je pense qu’il y a un consensus qui est en train de se mettre en place au Québec. Quand je parle de consensus, j’exclus les étudiants. Mais on voit que, de plus en plus, l’importance d’augmenter les droits de scolarité se fait sentir.”

J’aime bien quand elle dit “Quand je parle de consensus, j’exclus les étudiants“, ça sert à nous rappeler ce qu’est un “consensus” selon la définition capitaliste, en plus de montrer tout le mépris des libéraux pour les électeurs, en particulier envers les jeunes…

Enfin bref, pour toutes ces raisons, moi, Gabriel Proulx, citoyen québécois concerné et exclu de ce fameux “consensus” sorti tout droit de l’imaginaire des “lucides”, j’appelle Michelle Courchesne, ministre de l’éducation du Québec, à remettre sa démission.

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