Publié par : quebecsocialiste | 15 mai 2012

Grève étudiante : affreux bilan professionnel pour les médias bourgeois québécois

Alors que la répression politique infligée par la police « anti-émeute » aux étudiants et autres opposants à l’ordre bourgeois néo-libéral va en augmentant et en empirant dans les méthodes brutales et arbitraires, il doit commencer à être évident pour le québécois moyen équipé d’un esprit critique, que la liberté de presse n’existe pas au Québec. Une situation aussi révoltante appelle à des questionnements importants.

Pendant que la base militante étudiante rejette en bloc « l’entente » de la supercherie du gouvernement libéral et de ses sponsors bourgeois (dont les riches recteurs d’universités), voici un petit bilan du « travail » des « journalistes » québécois dans ce conflit :

TVA/LCN et les journaux de Quebecor :

Si les médias de Quebecor n’ont jamais été reconnus pour leur neutralité, leurs chroniqueurs d’extrême droite ont abandonné tout semblant de subtilité dans leur hostilité envers le mouvement étudiant des derniers mois. Ici, on ne parle plus seulement de désinformation sur un sujet, nous voyons carrément une propagande de guerre se déployer sous nos yeux contre la jeunesse québécoise, qu’on blâme pour ses protestations alors que dans les mêmes journaux, depuis plusieurs années, on déplorait le cynisme de la jeunesse face à la scène politique.

Jean-Jacques Samson, du Journal de Québec (mes ses textes nauséabonds paraissent aussi dans le Journal de Montréal), avait déjà menacé, dès le premier mois du conflit actuel, que s’il devait y avoir un mort parmi les étudiants, ces derniers n’auraient « qu’eux-même à blâmer »… Dégueulasse !

De son côté, le « lucide » Joseph Facal, carpette de Lucien Bouchard et de l’Institut Économique de Montréal (IEDM), qui symbolise la décadence du Parti Québécois depuis 1996, s’est récemment converti à la « cause » libérale, donnant tout son support au gouvernement Charest pour qu’il tienne tête au mouvement étudiant parce que, selon Facal, « le gouvernement n’a pas besoin de négocier avec des groupes de pressions pour imposer ses politiques ». Cette prise de position de Joseph Facal est d’une hypocrisie sans nom, quand on sait qu’il ne voit aucun problème à ce que ses amis de l’IEDM, du conseil du patronat et des lobbys sionistes fassent justement pression sur le gouvernement québécois dans le but de faire appliquer leurs agendas particuliers ou étrangers.

Toujours chez Quebecor, Richard Martineau a inventé pour lui tout seul le « mouvement des jaunes » supposé neutre, mais en réalité exclusivement hostile contre les rouges, les étudiants en grève. Il est comique de savoir que dans plusieurs sports, dont le hockey, « un jaune » est une expression désignant un individu lâche ou qui est réputé pour donner des coups bas, donc des méprisables sans honneur. En plus de cela, le gros de la pathétique excuse pour un « argumentaire » de Martineau durant ce conflit a consisté à lancer des tonnes d’insultes aux étudiants en grève, de crier « Honte à vous » sur tout les toits (surtout sur son « blogue » censuré), puis de se plaindre partout, dans ses chroniques du JdM comme à son émission de télévision à LCN (donc sur son temps de travail avec son salaire de bourgeois), que des étudiants lui envoient des messages d’insultes. Il proclame ensuite que c’est ainsi qu’il désire encourager « le débat d’idées » au Québec… Encore une fois, Richard Martineau nous prouve qu’il mérite parfaitement son titre d’individu qui « vit intellectuellement au dessus de ses moyens ».

Les démagogues de droite parlent beaucoup de l’aide financière apportée aux associations étudiantes par les centrales syndicales, comme si c’était mal, alors que ce n’est en réalité que de la simple solidarité. De l’autre côté, personne dans les médias dominants ne s’est questionné sur la provenance du financement des verts pour aller devant les tribunaux demander des injonctions de manière systématique. Qui finance ces recours juridiques ? Des parents riches ? Des libéraux ? Il y aurait de quoi creuser de ce côté, si seulement nous avions des grands médias réellement neutres.

Dans les médias de Quebecor, on a récemment commencé à voir circuler l’idée de demander rien de moins que l’intervention de l’armée pour écraser le mouvement étudiant, une position qui ne pourrait être assimilée à autre chose qu’à du pur fascisme. Les étudiants en grève, dans leur majorité écrasante, sont totalement pacifiques et ne posent de danger à personne, ne faisant que se revendiquer d’une cause qui pourrait être bénéfique pour les générations futures de québécoises et de québécois, alors qu’est-ce que l’armée vient faire dans ce débat !? Certains des enragés de Quebecor travaillent fort pour décrocher la palme de la plus grande trahison de l’année…

Radio-Canada et La Presse :

Sur les ondes de Radio-Canada, depuis plusieurs semaines déjà, la présentatrice Anne-Marie Dussault est chargée d’engueuler les leaders étudiants étudiants qui ont la gentillesse de se présenter à son émission à chaque semaine malgré l’hostilité évidente de la tête d’affiche de Radio-Cadenas. Dussault hausse la voix, infantilise parfois comme si elle grondait des petits enfants, accuse les étudiants « d’entêtement » alors qu’elle même s’entête à citer des données faussées ou incomplètes pour les rabaisser. Par là, je veux parler du fameux argument « les étudiants en grève sont une minorité et même parmi eux, il y en a qui sont contre la grève ». Cet « argument », utilisé coup sur coup par les opposants à la grève, est malhonnête et démagogique, puisqu’il ignore complètement le fait que dans beaucoup d’établissement scolaires qui ne sont présentement pas en grève, la décision a été prise lors de votes parfois aussi serrés que le référendum sur la souveraineté de 1995. Dans un cas, la décision de ne pas aller en grève a été remportée par seulement deux votes… Il faut avouer que les étudiants en faveur de la grève font moins parler d’eux lorsqu’ils perdent un vote démocratique, ce qui doit être lié au fait que ces derniers respectent le choix de la majorité et ne passent pas leur temps a essayer de contourner la démocratie en passant par les tribunaux, comme le font maintenant systématiquement les « verts » (les étudiants égoïstes et socialement irresponsables du Québec) à chaque fois qu’ils perdent un vote démocratique…

Du côté de La Presse et des journaux de Gesca (compagnie de propagande privée de la famille Desmarais), l’équivalent sur papier de la société d’état fédérale Radio-Canada, les chroniqueurs Alain Dubuc, André Pratte, Lysianne Gagnon et Mario Roy, pour ne nommer que ceux-là, ont passé les derniers mois de leur existence parasitaire à cracher sur les étudiants et la jeunesse québécoise en général, en se servant des chiffres biaisés du gouvernement libéral (leur maître à penser) et du pire ministère de l’éducation de l’histoire du Québec. Ces petits intellos de salons, vétérans de la collaboration et du mensonge, devraient une fois de plus avoir honte, mais ce ne serait que la énième fois que l’on pourrait reprocher leur manque de neutralité aux chroniqueurs de La Paresse, qui sont bien heureux d’obéir à la dictature de la ligne éditoriale de leur patron.

V-télé :

Sur les ondes de V-télé, version télévisuelle des radio-poubelles de Québec (on se rappellera de la catastrophique émission d’André Arthur, qui avait attiré un record de plaintes, notamment après qu’Arthur se soit permis de cracher son fiel sur Opération Enfant-Soleil), la clique de l’extrême droite se déchaîne. L’émission « face à face » animé par le maire Stéphane Gendron et Caroline Proulx, où les deux animateurs sont payés pour exhiber leur arrogance, leur étroitesse d’esprit et leur mépris pour les idées qui ne font pas leur affaire, a elle aussi réussi à s’attirer des milliers de plaintes en mars et en avril dernier pour des émissions particulièrement haineuses contre les étudiants en grève :

Gendron et Proulx ont d’abord invité Gabriel Nadeau-Dubois, porte parole de la CLASSE, pour une entrevue téléphonique, lors de laquelle les deux clowns n’ont pas arrêté d’interrompre leur invité et de faire des grimaces pendant qu’il parlait, en plus de l’insulter (« étudiants tout-nu » et « lamentable » ont été répété à plusieurs reprises en moins de dix minutes) et d’insinuer qu’il est responsable d’actes violents, terminant leur leçon de morale à deux sous par un appel à capituler et à retourner en classe, au nom du bénéfice de « Québec Inc. »…

Lors d’une émission subséquente, après l’avalanche de plaintes et de lettres d’insultes que ces deux fascistes se sont mérités, Gendron a répondu en s’essuyant les souliers avec un carré rouge, pendant que Proulx s’étonnait d’être qualifiée de droitiste et faisait une allusion particulièrement mal placée au récent film « Hunger Games », dans lequel des adolescents, en tant que « tributs », sont forcés par une force colonisatrice à participer à une version moderne des bains de sang du Colisée de Rome, où les jeunes doivent s’entretuer pour le plus grand plaisir des conquérants. Le commentaire ironique de Caroline Proulx dans un tel contexte avait de quoi donner froid dans le dos. Cela prouve que ces deux personnages sont absolument indignes d’occuper un poste à la télévision. Il y a des légions de gens 100 fois plus honnêtes et responsables qui sont prêts à occuper un poste à la télévision n’importe quand !

Stéphane Gendron s’est plus tard justifié de tout cela en maintenant que c’était pour « encourager le débat parce que les autres médias complaisants sont trop doux avec les étudiants »… et Martineau, avec ses amis libertariens de Quebecor, qui disent aussi que « les autres médias complaisants » n’encouragent pas le débat, sans oublier la condescendance de Radio-Cadenas et de La Paresse contre les étudiants et les futures générations québécoises, Gendron ne s’en préoccupe pas, dans ses lubies d’extrême droite de théoricien du complot ? Le mot « débat » a-t-il encore un sens dans notre société ? Ces gens nous mentent en plein visage et transgressent l’esprit du débat de toutes les façons possibles et imaginables… et ils osent prétendre à la profession de « journalistes » ?

Enfin, toujours sur V-poubelle, Mario Dumont s’est permis une attaque contre un imaginaire « complot de la gauche bien pensante » en insinuant que la violence dans les manifestations, « c’est la faute des communistes ». À ses côtés, le député PQ de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Martin Lemay, opérait une véritable trahison des positions de son propre parti, en dénonçant des menaces imaginaires dans le mouvement étudiant. Des sanctions auraient dû être prises contre ce député complètement déconnecté de la réalité en public. Vraiment mature, cette belle classe médiatique autoproclamée « libre » qui est censée nous informer…

En passant, les médias restent pas mal silencieux sur le travail des policiers infiltrés dans les mouvements étudiants et les milieux anarchistes, dans le cadre par exemple de la police politique du SPVM, l’escouade GAMMA, ou la surveillance effectuée en permanence par les espions mafieux du SCRS et de la GRC. Que font ces policiers infiltrés ? À quoi servent leurs salaires ? Ont-ils permis de faire avorter les actions des fameux « casseurs professionnels » ? Ont-ils laissé faire des actes de vandalisme pour faire pencher l’opinion publique d’un certain côté ? Enfin, ont-ils infiltré les manifestations dans le but de causer eux-mêmes de la provocation et de la casse, afin de « justifier » la brutalité policière ? L’absence de questions de la classe médiatique à ce sujet prouve que le débat est profondément biaisé en faveur de tout ce que font les forces policières.

Pourquoi endurer cela ?

Avec la totalité des grands médias concentrés sous l’emprise de deux empires privés néo-libéraux, la démocratie au Québec est en grand danger, sans parler de la menace posée par le gouvernement fédéral conservateur. Le 4 mai dernier, la jeunesse québécoise a été brutalisée par la SQ sur commande de Jean Charest. L’unanimité de nos médias placés derrière la brutalité policière laisse envisager que ce faux « quatrième pouvoir » n’aurait pas beaucoup de critiques à formuler si demain, le maire de Montréal en fin de course, Gérald Tremblay, ainsi que Jean Charest au provincial et Stephen Harper au fédéral, appelaient l’armée et la loi sur les mesures de guerre pour infliger un nouvel « octobre ’70 » à la jeunesse québécoise et aux contestataires politiques de l’ordre établi, pour des raisons bidons de « terrorisme par pétard fumigène »…

Nous en sommes rendus au point où les mêmes médias qui supportent et appellent à lancer des guerres contre des nations étrangères qui ne posent aucune menace à personne (et surtout pas contre le Québec), virent aujourd’hui leur « veste printanière » de bord pour prêcher la loi et l’ordre comme seule réponse face à une contestation étudiante sans précédent. C’est du mercenariat intellectuel de bas niveau, indigne de la profession de journaliste et une preuve importante de l’absence de démocratie véritable, puisque la santé d’une démocratie est mesurable par la diversité de ses médias. Nul besoin de souligner à ce point-ci qu’avec deux empires capitalistes qui contrôlent ensemble la vaste majorité des médias importants, même le système moribond de « parlementarisme par représentation » est assez mal en point.

La situation actuelle de concentration des médias par des intérêts bourgeois néo-libéraux hostiles au peuple est extrêmement inquiétante et le Parti communiste du Québec tient à la dénoncer. Le peuple doit se réveiller et fonder ses propres médias indépendants et populaires, avant qu’il ne soit trop tard pour le faire.

Une idée s’est mise à circuler, au cours des derniers jours, concernant la tenue possible d’une manifestation pour dénoncer le traitement malhonnête de l’actualité par les grands médias du Québec, en particulier ceux de Quebecor et Power Corporation, en particulier dans le cas de la grève étudiante. Le Parti communiste du Québec (PCQ) considère que puisqu’ils agissent comme des courroies de la propagande libérale, les grands médias bourgeois sont nuisibles pour les intérêts du peuple et doivent être dénoncés et profondément réformés. Par conséquent, le PCQ appui cette initiative.

Au fond, si nos grands médias bourgeois s’acharnent à ne comparer le Québec qu’au reste de l’Amérique du Nord, plutôt qu’à l’Europe, à la Scandinavie ou à l’Amérique latine, c’est peut-être justement parce qu’ils ont peur que le le peuple québécois cherche à se gouverner avec intelligence et justice sociale, en prenant exemple sur autre chose que sur le mauvais modèle des États-Unis et du Canada anglais.

Honte à ceux qui crachent leur venin sur la jeunesse et qui défendent l’indéfendable. Vive les générations futures !

-Gabriel Proulx

Traduction de l’image en haut : « Vous  écrivez ce qu’on vous dit d’écrire! Merci, médias corporatistes! Nous ne pourrions pas contrôler le peuple sans vous (un message du ministère de la sécurité intérieure) »

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Responses

  1. Je n’ai rien d’autre à dire que bravo, bravo, bravo! Tu devrais envoyer ton article aux médias! Ne t’arrête jamais d’écrire et de dénoncer pour que bientôt, peut-être, s’ouvre un monde meilleur.


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