Publié par : quebecsocialiste | 30 mars 2012

Air Canada n’est pas essentielle

(la ministre fédéral du travail (et représentante du grand patronat canadien), Lisa Raitt)

Depuis plusieurs semaines déjà (des années si on a la mémoire longue), la compagnie Air Canada fait surtout parler d’elle pour le traitement disgracieux de ses employés et son « service à la clientèle » qui inspire avant tout la frustration. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper, à travers la bouche de la déshonorable ministre Lisa Raitt, a désigné Air Canada comme une entreprise « vitale pour l’économie canadienne, ainsi que pour la santé et la sécurité des canadiens » et se sert depuis de ce prétexte pour aligner les injonctions contre les travailleurs des différents services d’Air Canada, allant jusqu’à envoyer la police anti-émeute réprimer les travailleurs à peine licenciés d’Aveos, une compagnie affiliée à Air Canada, parce que ces honnêtes travailleurs, victimes d’une injustice flagrante, osaient bloquer l’entrée de leur lieu de travail aux cadres d’Air Canada.

Vous vous rappelez de General Motors à Boisbriand ? Vous vous rappelez Shell à Montréal ? Avez-vous remarqué qu’il y a une tendance malsaine ici ? Des grandes compagnies capitalistes sont mal gérées et perdent de l’argent, elles demandent de l’argent aux contribuables pour « sauver les emplois et créer de la richesse », on leur donne l’argent sous les menaces, puis elles mettent leurs employés à la porte de toute façon, avant d’octroyer des bonus ridiculement élevés (plusieurs millions de dollars) aux administrateurs qui ont mal gérer l’entreprise et lui ont fait perdre de l’argent en premier lieu. C’est aussi exactement ce qui s’est produit lors de la crise des banques de 2008 aux États-Unis. C’est aujourd’hui exactement ce qui se passe avec Air Canada. En désignant Air Canada comme « service vital » pour l’économie canadienne, le gouvernement conservateur du Canada ne fait que nous démontrer de manière évidente que les actions de ses membres dans Air Canada passent avant ceux des travailleurs et des travailleuses du Québec et du Canada.

Ajoutez cela au passage de l’âge de la retraite de 65 à 67 ans « parce que les autres le font aussi » et vous obtenez la réelle ambition des fascistes conservateurs : calquer la situation aux États-Unis, en faisant en sorte que les travailleurs québécois et canadiens soient forcés de travailler jusqu’à ce qu’ils crèvent ! Après ça, les conservateurs veulent se forger une « identité nationale canadienne » à partir du militaire, parce que pour le reste, leur « identité nationale » les ramène constamment à Washington ! S’ils adorent tant le modèle de gestion des États-Unis, avec ces grandes entreprises privées milliardaires qui demandent de l’argent au gouvernement et de la répression pour les travailleurs, juste pour pouvoir continuer de donner des bonus carrément indécents à leurs administrateurs, alors ils n’ont qu’à y émigrer en masse, ce sera bon débarras !

La réalité est que le marché de l’aviation est bourré de compétition et que plutôt que d’essayer de garder sa clientèle en essayant de lui donner un minimum de services qui inspireraient autre chose que de la frustration, Air Canada préfère demander toujours plus de concessions à des employés qui n’ont plus de ceintures à serrer, parce que c’est ça le chemin facile sous un système capitaliste ! Air Canada n’est pas un service essentiel, mais bien un service de luxe, et même si Air Canada était effectivement essentiel, comme Hydro-Québec par exemple, nous n’aurions toujours aucune raison pour nous prosterner devant elle et accéder à ses moindres caprices, comme le fait le gouvernement conservateur en ayant le culot de prétendre parler en notre nom !

La nature à horreur du vide, alors la prochaine fois que vous prévoyez aller en vacances outre-mer, pensez à un compétiteur d’Air Canada, parce que c’est tout ce que cette compagnie mérite ! Air Canada veut faire son arrogante et jeter nos travailleurs à la rue comme de vulgaires marchandises usées ? La réponse populaire appropriée est de faire en sorte qu’Air Canada ne puisse plus se permettre de donner impunément des bonus de cinq (5) millions de dollars à son directeur général Calin Rovinescu. On verra ensuite si cette compagnie est aussi essentielle que ce que prétend la ministre canadienne du grand patronat, Lisa Raitt…

-Gabriel Proulx

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