Publié par : quebecsocialiste | 18 mars 2012

La jeunesse québécoise contre l’État policier

Dans le cadre de la grève étudiante contre la hausse des frais de scolarité du gouvernement libéral de Jean Charest, un message très clair a été passé à la population du Québec par les forces policières autoproclamées « anti-émeute ». Ce message peut facilement être interprété comme un « vous vous opposez au pouvoir, nous vous ferons souffrir ». Après tout, ce n’était pas tout les jours que l’on pouvait voir (et surtout entendre) des grenades assourdissantes « flashbang » être utilisées contre des foules à Montréal. Depuis le début du mois de mars en revanche, la police anti-émeute bombarde littéralement les étudiants et les jeunes, l’avenir du Québec, avec ces saloperies de grenades, presque à chaque manifestation. C’est à croire que ces fiers à bras n’ont jamais entendu parlé de l’expression « protéger et servir » et qu’ils ne se sont enrôlés dans les forces policières que pour le pouvoir de s’en prendre légalement à d’autres citoyens.

Pour une fois, dans la dernière décennie, que les jeunes québécois commencent à participer massivement à la vie politique et démocratique de notre nation, voilà que le gouvernement libéral leur envoie ses gorilles pour les réprimer à grands coups de grenades et de matraques. Ça se pavane ensuite en se prétendant « donneur de leçons en démocratie »…

En tout cas, quand on voit un jeune qui joue de l’harmonica se faire balancer une grenade devant les yeux, pour ensuite se faire refuser de l’aide par un policier (refuser d’aider une personne blessée ou en danger quand on est en mesure de le faire, c’est un crime en passant), nous sommes en droit de nous demander si l’État de droit au Québec n’a pas été remplacé par l’État policier. En fait, il est douteux de croire qu’un État de droit digne de ce nom ait déjà existé au Québec ou au Canada, puisque nous sommes techniquement de simples sujets de la reine d’Angleterre, un fait douloureux que le gouvernement conservateur « loi et ordre » du Canada se fait une joie de nous enfoncer dans la gorge…

Donc, tabasser des manifestants pacifiques avec des matraques, ce n’était pas suffisant comme défouloir ? Ou peut-être que ces brutes paresseuses de l’anti-émeute trouvaient que c’était trop fatiguant ? Peu importe la raison, un fait demeure : il est inadmissible pour la police d’utiliser des grenades « flashbang » contre des foules de manifestants pacifiques. C’est un peu comme si on électrocutait une foule entière au pistolet taser. Cela devrait être condamné dans les termes les plus durs par notre classe politique. Malheureusement, puisque la classe politique actuellement au pouvoir, autant au niveau provincial que municipal, défend les mêmes intérêts capitalistes qui sont défendus par les gros bras de l’anti-émeute, nous avons plutôt droit à ces scènes pathétiques où nos « élus » n’ont absolument rien à redire sur le travail des policiers et vont presque jusqu’à condamner les manifestants pacifiques parce qu’ils ont osé exercer leur droit de manifester pacifiquement.

En fait, ils donnent carte blanche aux forces policières pour faire ce qu’elles veulent pour écraser le mouvement étudiant, y compris se déguiser en anarchistes cagoulés et infiltrer les manifestations pour ensuite détruire leurs propres voitures de patrouilles (payées à même l’argent de nos taxes), toujours abandonnées « au mauvais endroit au mauvais moment ». Cette fable est particulièrement loufoque lorsque les voitures de patrouilles sont abandonnées au milieu d’une manifestation dont les policiers connaissent l’itinéraire à l’avance. Ensuite, il n’y a plus qu’à envoyer quelques infiltrés déguisés pour casser les vitres des voitures sacrifiées devant les caméras, question de donner une excuse pour déchainer les forces de la répression sur la manifestation pacifique.

La tactique est toujours la même : une grande manifestation de jeunes se met en marche, les gars en noir infiltrent la manif, une voiture de police est abandonnée au beau milieu de l’itinéraire de la manif, les gars en noir trouvent la voiture de police et brisent ses vitres devant les caméras des médias bourgeois, une altercation a lieu entre les gars en noir et les jeunes qui les ont démasqué, la police anti-émeute emploie un ou plusieurs des moyens de répression mis à sa disposition pour terroriser les manifestants et plus tard, au bulletin de nouvelles de la presse bourgeoise, on parlera du nombre de manifestants arrêtés sans spécifier pourquoi (ça a l’air fou quand il n’y a pas de raison) et si les manifestants ont paniqué et se sont dispersés en se sauvant pendant la répression policière aveugle, alors les journaleux qui sont bien cachés derrière le cordon de sécurité de la police nous diront que les manifestants « ont joué au chat et à la souris » avec les policiers, pendant que le chef du service de police impliqué nous repasse son disque selon lequel « les policiers ont fait un travail impeccable dans les circonstance ». Avouez que ce schéma, vous l’avez vu souvent si vous suivez les infos (intox) bourgeoises.

Récemment, une variante a été ajoutée au schéma habituel : le chef du SPVM a le culot de nous raconter que les grenades « flashbang » sont lancées « à 5 mètres au dessus des manifestants » alors que même les grands médias bourgeois n’ont pas eu le choix de nous montrer des images de grenades qui explosent à quelques centimètres de la tête des manifestants, parce qu’il n’y a que ça à montrer pour mettre en images l’usage de ces grenades par l’escouade anti-émeute de Montréal !

On a beaucoup parlé d’intimidation l’année dernière. Ayant moi-même été victime d’intimidation quand j’étais plus jeune, c’est un sujet qui me touche à cœur. Je trouve donc assez naïf ces personnes qui jurent aux victimes d’intimidation, la main sur le cœur, que les intimidateurs, les brutes, les caïds, finiront tous en perdants de la société. La vérité, c’est qu’être un psychopathe, c’est un peu comme un pré-requis pour tabasser ou réprimer sans remords des gens pacifiques qui ne nous ont rien fait. Les intimidateurs, il y en a qui finissent en gros perdants, c’est pour eux. Il y en a aussi qui deviennent des criminels, poussés plus loin par leur instinct de brute qui ne comprend que la violence pour arriver à leurs fins de vie facile bâtie sur le dos de gens plus faibles qu’eux. Enfin, il y en a qui veulent continuer de se défouler sur les plus faibles tout en étant cette fois protégés par la loi. Ces derniers deviennent « policiers anti-émeute »… Si on ne tolère pas l’intimidation à l’école et qu’on tolère encore moins les criminels violents, on doit logiquement condamner dans les mêmes termes l’intimidation violente des étudiants québécois par la police politique « anti-émeute » de Gérald Tremblay et de Jean Charest !

Pour dénoncer les récents abus de la police anti-émeute québécoise*, majoritairement acquise à la cause de la défense des intérêts capitalistes, colonialistes et fédéralistes hostiles au peuple québécois, nul besoin d’être étudiant et encore moins d’être anarchiste. Il suffit d’être un citoyen qui se sent concerné par l’injustice qui est infligée aux jeunes québécois par le gouvernement libéral et ses mercenaires, payés grassement à même nos taxes et celles des étudiants pour intimider ces derniers et leur envoyer des grenades au visage !

*Tout comme les plus anciens, comme ces policiers baveux qui volent littéralement des drapeaux québécois dans des marches indépendantistes avant d’aller jeter le drapeau national du Québec aux poubelles, devant les manifestants, dans le but évident d’essayer de provoquer une réaction qui justifierait ensuite une charge de l’anti-émeute.

Un gouvernement financièrement responsable n’aurait pas à chercher bien loin pour faire des coupes budgétaires efficaces sans serrer la ceinture de la classe moyenne et des classes les plus vulnérables de la société : un gouvernement de gauche indépendantiste n’aurait qu’à couper drastiquement dans le budget des escouades « anti-émeute » du Québec. Pensez-y : il y aurait des dizaines de millions de dollars en économies que l’on pourrait se faire en abolissant ce faux service qui n’est en réalité rien de plus qu’un choix de carrière légal pour les brutes, les traitres et autres parasites nuisibles de la société. Un gouvernement réellement démocratique n’a pas besoin de gros bras pour intimider et agresser ses citoyens opposants. Il débat avec eux.

Ce printemps, le peuple doit descendre massivement dans les rues pour faire comprendre à nos « élites » et à leurs fiers à bras que le temps de la rigolade est terminé !

Non à l’État policier ! Vive la révolution !

-Gabriel Proulx

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