Publié par : quebecsocialiste | 28 février 2012

Le Canada de Harper est un État autoritaire

Regardez cette image et lisez ce qui est écrit dessus… Voici là quelques exemples du glissement du Canada vers l’autoritarisme, phénomène qui a commencé en 2006 après la première élection minoritaire des conservateurs de Stephen Harper à Ottawa et qui s’est concrétisé tout de suite après son élection « majoritaire » du 2 mai dernier. Après cette élection, ma prédiction pour le Québec était une catastrophe qui devait réveiller le peuple québécois et lui montrer le chemin logique vers l’indépendance, puisque le gouvernement Harper, maintenant libre de faire ce qu’il veut, sans la moindre trace d’une quelconque opposition organisée pour lui faire face au Québec comme au Canada anglais, allait nous en faire. Depuis plusieurs mois déjà, Stephen Harper et son équipe de ministres enragés et de sénateurs non élus, nous ont bien démontré qu’ils n’ont absolument rien à foutre des préoccupations et des valeurs du peuple québécois, tout comme ils se fichent pas mal des droits humains chez eux.

Le gouvernement conservateur du Canada ne représente pas la majorité de la population, loin de là :

Les traîtres qui défendent ce gouvernement, une bande de chroniqueurs mercenaires démagogues qui haïssent les valeurs québécoises communément reconnues, n’ont comme principal argument que le rappel que ce gouvernement serait « majoritaire » et aurait donc la légitimité pour faire ce qu’il veut. Une telle affirmation est aberrante pour deux raisons précises :

La première raison est que cela réduit à néant le concept d’imputabilité des députés et du gouvernement envers la majorité du peuple, comme si on pouvait en même temps se prétendre « démocrate défenseur de la liberté » et envoyer promener 60% de la population qui s’est déplacée pour aller voter. La deuxième raison est que la prétendue « majorité » conservatrice au Canada n’est qu’une vulgaire arnaque, gracieuseté de l’archaïque système électoral à la britannique. En réalité, en sachant déjà que 39,6% ne représente en rien une majorité, c’est encore pire quand on tient compte des annulations de vote et du taux d’abstention : cela ramène « l’appui populaire » à Stephen Harper à sa taille réelle, soit un peu moins de 25% de la population adulte totale du Canada.

Rendu là, disons qu’il n’y a plus beaucoup de dirigeants dans le monde qui pourraient recevoir des « leçons de morale démocratique » du gouvernement du Canada, à part peut-être Michel Martelly d’Haïti, « l’élu » des puissances coloniales en Haïti, à la suite d’une élection avec un taux de participation ridicule de 22%, pour un grand total de 15% des citoyens d’Haïti… soit assez pour que cette farce d’élection soit saluée comme « des résultats enviables » et « une majorité clairement exprimée » par l’ex journaliste et ex gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean.

Les enragés antidémocratiques du gouvernement Harper :

Tout d’abord, du côté des sénateurs, la volonté de Pierre-Hugues Boisvenu de ramener la peine de mort au Canada est aujourd’hui un secret de polichinelle. Cet homme se fiche de la démocratie et des droits humains comme de sa dernière chemise. On le sait, pour lui, être accusé d’un crime, c’est la même chose qu’être coupable (il l’a clairement fait savoir dans plusieurs entrevues depuis le début de l’année, dans le cadre de son « argumentaire » en faveur du rétrograde projet de loi C-10), donc on pourrait penser qu’en suivant sa logique, après sa déclaration récente selon laquelle il désirait que des cordes soient « distribuées aux meurtriers reconnus coupables pour qu’ils se pendent », on devrait distribuer des cordes aux gens accusés de meurtre. C’est généralement ce qui arrive quand on donne des postes d’influence à des fous furieux traumatisés qui se croient investis d’une sorte de mission de vengeance contre une imaginaire criminalité en hausse… Il ne faut jamais oublier de rappeler au passage que la peine de mort est indigne d’un État démocratique digne de ce nom.

Monsieur Boisvenu ose se cacher derrière son titre autoproclamé de « défenseur des familles des victimes de crimes » alors qu’il est en fait le porte parole d’un gouvernement qui ne s’est pas gêné pour organiser une soirée festive privée, aux frais des contribuables, pour célébrer l’abolition du registre des armes à feu, complet avec sa destruction pour empêcher le Québec d’avoir son propre registre, comme le souhaite le peuple québécois par une majorité écrasante. Pierre-Hugues Boisvenu se rend ainsi complice d’un manque de respect flagrant pour les familles des victimes de meurtres par arme à feu, dont les familles des victimes du pire massacre de l’histoire récente du Québec, celui de la polytechnique, perpétré à l’époque par un conservateur misogyne.

On en vient maintenant au ministre de la sécurité publique, l’ultra-conservateur Vic Toews. Un fanatique religieux obsédé par « la morale et l’ordre » qui a déjà proposé, il y a quelques années seulement, de faire monter l’âge légal du consentement sexuel au Canada à 21 ans. Maintenant que les conservateurs sont « majoritaires », ils se sont permis de le ressortir du placard des ministres honteux, comme pour Maxime Bernier. Aujourd’hui, Toews revient à la charge avec le projet de loi C-30, le projet de « loi et ordre » rêvé de tout État policier qui se respecte. Sous couvert de la lutte aux cyberprédateurs, cette loi donnerait des pouvoirs démesurés aux forces de police pour espionner n’importe quel citoyen canadien sans avoir besoin de la moindre autorisation supérieure. En gros, cela signifierait la mort du concept de vie privée au Canada, un beau paradoxe de la part d’un gouvernement conservateur ultra-capitaliste qui fait de la défense de la propriété privée (des grandes banques et de la bourgeoisie) une de ses principales priorités.

Il est également possible que cette loi constitue le premier assaut au Canada du projet de « législation mondiale » d’Internet, l’ACTA, un projet négocié en privé entre les gouvernements pro-occidentaux et les grandes corporations pour censurer Internet, sous couvert de la protection de la propriété intellectuelle. L’ACTA, une menace sérieuse à la liberté d’expression sur Internet à travers le monde, disposerait sensiblement des mêmes pouvoirs surdimensionnés et antidémocratiques d’espionnage de la population, sauf qu’en plus des forces de répression, les grandes corporations pourraient faire usage des mêmes pouvoirs pour faire fermer manu militari les sites qu’elles n’aiment pas.

Il y a aussi la ministre fédérale du travail, Lisa Raitt, qui a démontré que pour le gouvernement conservateur du Canada, les droits des travailleurs ne veulent rien dire. Depuis la grève chez Postes Canada l’année dernière, il est clair que le gouvernement canadien prend systématiquement la défense des employeurs en blâmant toute situation d’arrêt de travail sur les employés syndiqués, même en cas de lock-out, ce qui est complètement injuste. Le gouvernement conservateur a même créé un précédent en imposant aux employés de Postes Canada, des employés de l’État mis en situation de lock-out contre leur gré, un retour au travail forcé assorti de conditions de travail et de baisses salariales encore plus draconiennes et injustes que ce que proposait la dernière offre patronale avant le déclenchement du conflit. Les compagnies opérant en sol canadien savent maintenant qu’elles peuvent imposer ce qu’elles veulent à leurs employés, puisque le gouvernement de Stephen Harper sera toujours de leur côté, contre les intérêts du peuple et de la classe ouvrière.

La ministre Raitt a récemment poussé l’odieux jusqu’à insinuer qu’une grève qui affecterait l’économie au Canada pourrait être considérée comme une « menace pour la santé et la sécurité des canadiens » et que cela justifierait une loi du gouvernement fédéral pour forcer le retour au travail des employés visés, sous des conditions de travail dictées par le gouvernement, sans aucune négociation. Après tout, « on ne négocie pas avec les menaces à la sécurité nationale », pas vrai ? Sauf que dans la réalité, en faisant ce genre d’amalgames répugnants, en comparant par la bande, d’honnêtes travailleurs à des terroristes, le gouvernement conservateur nous prouve une fois de plus son dédain pour la santé et la sécurité des travailleurs et des travailleuses, du Canada comme du Québec. De plus, placer ainsi l’économie avant les droits les plus élémentaires des travailleurs constitue clairement une atteinte aux droits humains.

Le rapport de force employés/employeur n’a pas été aussi nul depuis longtemps, à l’époque où on laissait les minières engager des mercenaires pour fusiller des travailleurs affamés qui faisaient la grève pour des meilleurs salaires et des conditions de travail humaines.

De l’argent dans le militaire… pour pouvoir mieux opprimer le peuple ?

De l’argent, les pays occidentaux en manquent tous… sauf quand il s’agit d’en injecter massivement dans le complexe militaro-industriel. Aux États-Unis, la structure économique réelle est en train de s’effondrer, ce qui n’empêche pas la fuite en avant des dirigeants du pays dans des dépenses militaires astronomiques, au nom d’une hypothétique guerre contre l’Iran afin de se saisir des vastes ressources pétrolières de ce pays. Le Canada, en bon petit caniche, s’enfonce dans les mêmes erreurs que ses maîtres de Washington, en se préparant à flamber des dizaines de milliards de l’argent public pour acheter des avions de guerre F-35 à la compagnie d’armement américaine Lockheed Martin. En passant, il a été confirmé que cet avion a échoué les tests de sécurité et de fiabilité du Pentagone. C’est donc dire si nous sommes en train de nous en faire « passer une vite » par le gouvernement Harper et son ministre de la défense Peter Mackay.

En fait, comme ces dépenses ne servent à rien, on pourrait croire qu’elles ne servent à rien d’autre qu’à créer de toutes pièces une sorte de patriotisme militariste aveugle, dans le but de faire oublier au peuple ses problèmes et de convaincre les citoyens d’accepter la répression de leurs semblables qui résistent pacifiquement aux politiques réactionnaires du gouvernement. Si ça ne marche pas, dans le futur, un gouvernement conservateur de plus en plus autoritaire pourra toujours tester ses engins de mort sur sa propre population récalcitrante…

Des médias privés qui ressemblent à des médias d’États totalitaires :

À une autre époque, on avait l’habitude de dire que la presse libre agissait comme un contre-pouvoir en informant les citoyens des dérives de toutes sortes de leurs gouvernements. Cette époque est révolue depuis longtemps. À part pour de rares occasions, les grands médias privés occidentaux agissent aujourd’hui comme des haut-parleurs de leurs gouvernements nationaux respectifs. Notre gouvernement prépare une guerre contre un État étranger inoffensif ? « L’unanimité derrière le gouvernement est de mise et ceux qui ne sont pas d’accord seront congédiés ! » Notre gouvernement applique de manière méthodique un agenda moralement rétrograde qui vise à faire reculer sur tous les fronts nos libertés civiles durement acquises après des décennies de luttes sociales ? « Nos chroniqueurs vous rappellent que ce gouvernement est majoritaire de ses 39,6% et que si vous vous opposez à ses politiques, vous n’êtes qu’un marginal qui ne respecte pas les choix du reste du Canada ! »

On dit qu’une démocratie peut être évaluée sur la diversité de ses médias. Dans ce cas, la démocratie est en piteux état au Canada, comme c’est le cas partout en Occident. L’unanimité forcenée de certains médias pour se ranger derrière les mensonges parfois évidents du gouvernement, en particulier quand il est question de politique étrangère, n’est pas sans rappeler les prétentions à la vérité absolue des médias d’États totalitaires. La « presse libre » autoproclamée de l’Occident n’est plus qu’un mythe. La véritable presse libre et diversifiée, l’information alternative, est marginalisée dans un coin, parce qu’elle n’a pas accès aux subventions d’un quelconque milliardaire en quête d’influencer la prochaine campagne électorale dans son pays…

Ces dérives autoritaires ne doivent pas être tolérées

Il est faux de dire que le peuple n’a aucun pouvoir. Même en cas de perte de pouvoirs démocratiques, il aura toujours le pouvoir de sa force de travail, soit le pouvoir économique suprême. Un gouvernement autoritaire qui cherche à museler sa population peut facilement écraser un mouvement de grève ou de protestation isolé, mais il ne peut pas faire la même chose contre une population unie dans la grève générale ! Cela vaut aussi pour toi, Jean Charest ! Dans le cas du Québec, la solution la plus simple et la plus viable restera toujours l’indépendance face à la fédération monarchiste canadienne. Nous, québécois, avons plusieurs motifs historiques, culturels, économiques et idéologiques valables pour sortir de cette fédération colonialiste. Aujourd’hui, Stephen Harper ne cesse de nous en fournir d’autres à chaque semaine.

À bas l’État policier de Stephen Harper ! Vive la liberté et la révolution !

-Gabriel Proulx

P.S. : bien qu’étant en anglais, cette liste effrayante vous fait-elle aussi penser à la politique globale du gouvernement Harper ?

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :