Publié par : quebecsocialiste | 24 février 2012

Anglais en 6e année : la FCPQ leurre les parents avec des chiffres tronqués

« 87 % des parents sont d’accord avec l’anglais intensif », selon ce qu’affirme le communiqué de la Fédération des comités de parents du Québec diffusé et repris par les médias. 87 % ? Vraiment ? Gare à cette nouvelle tronquée qui leurre les parents pour leur faire avaler une grosse couleuvre. Un simple appel à la FCPQ suffit à dégonfler cette nouvelle de taille à démoraliser et démobiliser les plus dévoués défenseurs du français au Québec, tétanisés par un tel score.

Voici la « vraie » vérité : 48 des 55 délégués présents au conseil général de la FCPQ les 12 et 13 février ont voté pour un programme d’anglais intensif, se faisant le relais uniquement des parents présents aux conseils d’établissements. Cinquante-cinq délégués porte-voix de centaines de milliers de parents : côté représentativité, on repassera ! Seuls ceux membres de conseils d’établissements ont été consultés, et par un sondage complaisant et biaisé de la FCPQ. Première de ses 10 questions : Cochez les deux éléments qui, selon vous, pourraient représenter les plus grands avantages, pour votre enfant, de bénéficier de l’enseignement intensif de l’anglais langue seconde. Est-ce nécessaire de souligner ici « grands avantages » et « bénéficier » ? La 8e question allait jusqu’à demander des conseils aux parents pour s’assurer de la mise en œuvre « harmonieuse » du programme. Bref, les parents ont été dès le départ placés devant un fait accompli, le rejet pur et simple du programme étant exclu. En d’autres termes, pour que la couleuvre passe, on pousse l’odieux jusqu’à demander aux parents comme l’apprêter pour mieux les aider à l’avaler et la digérer !

Voici quelques éléments de réflexion que la FCPQ aurait dû présenter, ce qu’elle n’a pas fait pour des raisons obscures.

• Les francophones du Québec sont cinq fois plus bilingues que les anglophones du Canada.

• Souhaitez-vous contribuer à créer plus de 1200 postes de professeurs d’anglais en 6e année dans tout le Québec et éliminer autant de postes de professeurs titulaires ?

• Savez-vous que dans aucune autre province au Canada l’immersion en français ou le français intensif n’est obligatoire ?

• Désirez-vous que vos enfants en viennent à employer l’une et l’autre langue indistinctement, comme s’ils avaient deux langues maternelles ?

• Savez-vous que le système actuel dispense déjà de 800 à 1 000 heures à nos enfants, ce qui les rend déjà très fonctionnels en anglais dès la fin du secondaire, sinon à la sortie du cégep ? Et que ce n’est pas un drame national que cette maitrise « tarde » jusqu’à cet âge ?

• Souhaitez-vous, à long terme, une société québécoise bilingue mur à mur, où chacun saura switcher à l’anglais partout en présence du moindre anglophone ?

Et pourquoi la FCPQ n’a-t-elle pas envisagé un caractère optionnel, en désignant par exemple quelques écoles par région pour les parents qui le souhaitent vraiment ?

A-t-on songé un instant que nos enfants sont déjà subjugués et mentalement conquis par l’anglais et trop souvent carrément acculturés ?

A-t-on pensé à ce qui motivera tous les Cunneyworth et les Jonh B. Cieslak du monde à faire le moindre effort pour apprendre le français si tout le monde parle aussi bien l’anglais qu’eux ? Ils continueront à s’entourer de sous-fifres et d’employés bilingues ou anglophones, ça leur suffira. La FCPQ ne voulait pas s’aventurer sur ce terrain et a préféré se faire le bras servile et partisan du gouvernement. Son président, Gaston Rioux, a beau jeu de se bomber le torse, lui dont le stratagème a permis de transformer comme par magie un appui populaire au renforcement de l’enseignement de l’anglais en appui faussement solide à un programme bâclé et nuisible. M. Rioux doit refaire ses devoirs et présenter aux parents les vrais enjeux du débat. Jusqu’à maintenant, ils n’ont pas pu se prononcer en connaissance de cause.

Sinon, dès 2015, dès qu’un enfant québécois aura la conscience d’exister, il aura la conscience aiguë que l’anglais existe. L’anglais deviendra très tôt consubstantiel à son identité, lui sera chevillé au cœur, privilèges normalement réservés à la langue maternelle. Les exemples de la Louisisane et du Nouveau-Brunswick sont-ils si enviables ?

Vient un moment où les parents doivent se lever et dire : « Enough is enough » !

***

Jean-François Vallée

Porte-parole du Mouvement Québec français dans le Bas-Saint-Laurent Parent membre du Conseil d’établissement des écoles Saint-Philippe, Saint-Denis et Mont-Carmel.

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