Publié par : quebecsocialiste | 22 février 2012

Grèce : le peuple grec connaît aujourd’hui le vrai visage du capitalisme

Une affiche montrant le peuple grec résistant à la chancelière allemande Angela Merkel (en haut) et à la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde (en bas)

-Gabriel Proulx

En Grèce, pays ravagé par la crise capitaliste mondiale, la presse dominante ne parle que des émeutes de la semaine dernière, prétendant avec mépris que la colère des grecs serait futile et que le gouvernement grec n’aurait qu’à suivre les plans d’austérité dessinés pour lui par les puissances financières européennes.

En réalité, les plans d’austérités successifs (sept jusqu’à maintenant) n’ont fait qu’empirer le problème, en détruisant l’économie réelle du pays par la destruction brutale du système public grec et par des coupes de salaires de la population qui atteint aujourd’hui en moyenne 50%, quand cela ne se rend pas jusqu’à 70% pour certains. L’Union Européenne (UE), l’Allemagne de Merkel et la France de Sarkozy en tête, demandent toujours plus au gouvernement grec, qui doit « serrer la ceinture » d’un peuple qui n’a déjà plus rien à perdre. Le peuple grec n’est jamais consulté sur ces politiques d’austérité draconienne, pour une simple raison : en période de crise, les élites financières capitalistes, une infime minorité qui détient le pouvoir réel en Occident, se donnent la priorité avant la grande majorité des peuples.

C’est ainsi que le peuple grec à découvert le vrai visage du capitalisme : en faisant l’expérience de ce que le néolibéralisme capitaliste impose comme « conditions de vie » aux peuples des états soumis du tiers-monde. Au nom de la survie du « modèle » capitaliste, le FMI et les grandes banques européennes ont décrété que le peuple grec devait être réduit à la misère pour des générations à venir.

Avec un taux de chômage officiel à plus de 20% (45% chez les jeunes de moins de 25 ans), des salaires minables et une économie détruite par les plans d’austérité qui ne font qu’aggraver le problème en coupant entièrement la participation de l’État dans l’économie du pays, sans parler des pénuries de toutes sortes, les perspectives d’avenir en Grèce sont aujourd’hui nulles… Tant que le pays suivra les directives des pouvoirs financiers capitalistes.

Alors que pendant la Deuxième Guerre Mondiale, l’Allemagne occupait la Grèce avec des tanks, c’est aujourd’hui avec l’Euro qu’elle occupe une nouvelle fois la Grèce. Il n’y a qu’à voir la rapidité avec laquelle l’ex-PM grec Georges Papandréou a été forcé vers la démission à partir du moment où il a exprimé l’idée de consulter le peuple grec par référendum sur le prochain plan d’austérité : les gouvernements allemands et français, furieux, l’ont pressé de démissionner avant de le faire remplacer par Lucas Papadémos, un homme qui n’a jamais été élu démocratiquement, mais bien nommé et imposé au peuple grec par les grandes banques européennes. Lucas Papadémos est l’ancien gouverneur de la banque centrale grecque, un membre de la commission trilatérale des Rockefeller et l’ex-vice président de la Banque Centrale Européenne. En d’autres termes, c’est un banquier, nommé pour représenter les banques.

« Le 12 Février, le premier ministre nommé, dont le travail consiste à délivrer la Grèce soit aux banques soit à Bruxelles, n’a pas vu l’ironie de sa déclaration qui disait que “la violence n’a pas sa place dans la démocratie”. Il n’a pas vu non plus l’ironie du fait que 40 parlementaires élus du parlement grec, qui rejetèrent les termes du sauvetage ont été expulsés par les partis de la coalition régnante. La violence amène la violence. La violence dans la rue est une réponse à la violence économique qui est commise contre le peuple grec. » (Paul Craig Roberts dans son article La démocratie occidentale : réelle ou façade ?)

La Grèce doit changer de régime

Aujourd’hui, le peuple grec n’a plus le choix : il doit se débarrasser du capitalisme, avant que la haute bourgeoisie capitaliste européenne ne l’ait complètement réduit en esclavage. La seule et unique solution pour les grecs, c’est le socialisme et le rejet des dettes créées artificiellement par les grandes banques (les grands médias capitalistes n’en parlent pas, mais l’Islande refuse de payer les dettes contractées injustement à cause des erreurs de grandes banques privées qui ont eu les yeux plus gros que le ventre).

La centrale syndicale PAME, la grande organisation syndicale du Parti communiste Grec (KKE), est à l’avant-garde de la résistance pacifique aux plans d’asservissement du peuple grec par les traîtres néolibéraux à la solde de l’UE, du FMI et des grandes banques européennes, depuis le tout début. Les grecs, dans leur grande majorité, ont déjà démontré qu’ils ne veulent rien savoir des plans d’austérité qui leur sont imposés de force par la bourgeoisie et la police « anti-émeute » (plutôt anti-peuple). Puisqu’ils savent parfaitement que les partis capitalistes traditionnels sont tous en faveur de leur serrer la ceinture, le choix du socialisme devient logique, le KKE étant le seul parti politique à prendre la défense du peuple contre la dictature financière de l’UE et du FMI.

Aussi, en sachant qu’en sept plans d’austérité successifs, le dernier en date est le seul qui prévoit des coupures dans le budget militaire inutilement élevé de la Grèce, un gouvernement socialiste grec devrait avoir comme première préoccupation de se désengager de l’OTAN et de mettre fin aux contrats d’armements de luxe qui prévoient, entre autres dépenses déconnectées de la réalité en temps de récession économique : l’achat de sous-marins allemands et de fusils allemands, l’achat d’avions de guerre français et l’achat d’hélicoptères de combat aux États-Unis. Ces contrats sont imposés à la Grèce dans le cadre de son « alliance » dans l’OTAN. Ces contrats d’armements sont ridicules puisque les seuls pays « rivaux » de la Grèce dans la région sont la Turquie (un membre stratégique de l’OTAN) et la Macédoine (un petit État issu de l’ex-Yougoslavie, qui désire devenir membre de l’OTAN tout en revendiquant des territoires appartenant à un autre membre de l’OTAN, la Grèce).

Des leçons de l’histoire

On se rappellera qu’en Argentine, une crise économique de grande envergure et une récession semblable, causées par la gestion néolibérale du pays durant les années 1990, telle que prescrite par le FMI, a déjà conduit le pays à la faillite, de la fin des années 1990 au début des années 2000. Ce qui par la suite sauvé le pays a été le refus du nouveau gouvernement de Nestor Kirchner de faire affaire avec le FMI, dont les conseils étaient directement responsables de la ruine économique du pays. En initiant une politique économique indépendante des dictats colonialistes du FMI, l’Argentine a finalement pu se remettre sur pieds et connaît aujourd’hui une situation économique beaucoup plus enviable. La Grèce pourrait facilement prendre exemple sur ce modèle, à condition bien sûr de se tenir debout devant la « troïka » fasciste composée du FMI, de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de l’UE.

Après la révolution de 1917 en Russie, Lénine désengagea son pays de la boucherie de la Première Guerre Mondiale et annula la dette monstrueuse que le régime tsariste avait obtenue principalement à cause de sa participation aux guerres européennes. Après que la Russie et son armée Rouge ait défait les troupes hostiles de 14 nations impérialistes étrangères qui venaient supporter les monarchistes de l’armée Blanche durant la guerre civile, la Russie (qui était un État en faillite sous le régime monarchique des Tsars) devint le centre de la nouvelle URSS, qui devint plus tard la deuxième puissance mondiale.

Je ne dis pas que la Grèce socialiste se rendrait aussi loin que la Russie socialiste, mais je démontre tout simplement qu’une Grèce socialiste et indépendante du joug de l’UE pourrait faire beaucoup mieux que cette tragédie en pleine crise humanitaire qu’est devenue la Grèce à cause du capitalisme. L’UE ne veut pas perdre sa colonie grec, mais le peuple grec en a vu d’autres. Les travailleurs grec doivent maintenant prendre le contrôle de leurs lieux de travail et montrer à leur gouvernement de banquiers corrompus qu’une autre Grèce est possible et que le peuple peut parfaitement se débrouiller sans eux.

Les travailleurs n’ont pas à payer pour les erreurs des banques et des milliardaires, c’est injuste, dénué de tout fondement démocratique et carrément inhumain. Un beau résumé de ce qu’est devenu le monde sous le capitalisme et le néolibéralisme, des idéologies ennemies du peuple et des travailleurs !

Le peuple grec n’a plus rien d’autre à perdre que ses chaînes !

À bas la dictature financière capitaliste ! Vive la révolution communiste !

Voir aussi :

Crise humanitaire sans précédent en Grèce par Sonia Mitralia

L’Allemagne et le FMI : une armée d’occupation en Europe par Alfredo Zaiat

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