Publié par : quebecsocialiste | 30 novembre 2011

Projet de loi C-10 : un autre pas vers l’injustice et la dictature

Cela fait déjà un bon moment que les conservateurs nous menacent avec leur fameux projet de loi C-10 sur la criminalité. Étant majoritaires, ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils imposent le bâillon, mesure antidémocratique s’il en est une, pour faire adopter « leur loi », c’est-à-dire la « law and order » selon le système « républicain » des États-Unis, qui bafouent les fondements mêmes du concept de « justice » à chaque occasion.

Après l’ensemble de leur « œuvre » depuis que le Canada anglais leur a donné une majorité inférieure à 40% du total de votes émis, voilà maintenant que les conservateurs veulent s’attaquer aux jeunes délinquants, à l’État de droit et à nos droits humains en général. Envoyer des jeunes délinquants à l’école du crime par excellence (la prison) plus facilement et plus longtemps ? On se demande bien ce qui pourrait si mal aller pour la classe de citoyens dont les conservateurs et leurs maîtres bourgeois se soucient le moins : les générations futures.

C-10, ce projet de loi « omnibus » qui joint ensemble plusieurs projets de loi ayant comme thème principal « la justice » (sous l’angle déformé des conservateurs), constitue un parfait exemple de l’autoritarisme croissant du gouvernement de Stephen Harper, un gouvernement qui ne respecte ni les droits humains, ni aucune des valeurs du peuple québécois.

Encore Pierre-Hugues Boisvenu et son hypocrisie…

Bien qu’étant majoritaires au Canada anglais et n’ayant démontré aucune retenue dans la mise en place de leurs politiques ouvertement hostiles aux intérêts de la nation québécoise, les conservateurs semblent avoir décidé qu’avant de nous imposer la loi C-10 en bons dictateurs qu’ils sont, il fallait d’abord nous laver le cerveau un peu plus, cette fois en appelant en renfort leur sénateur croisé de la « law and order », Pierre-Hugues Boisvenu.

Le sénateur Boisvenu, qui a enduré la terrible épreuve qu’est la mort de sa fille aux mains d’un psychopathe, est aujourd’hui obsédé par son objectif de rendre le système de justice « plus dur » envers les criminels et « respectueux » envers les familles des victimes, dont il s’autoproclame le seul représentant légitime. Malheureusement, cette obsession a fait en sorte qu’il a aujourd’hui perdu tout contact avec la réalité, s’obstinant à vivre dans un univers parallèle où le crime est « en hausse constante partout au Canada » (ce qui est totalement faux selon les différentes statistiques sur le sujet), où toute personne accusée d’un crime est automatiquement « coupable jusqu’à preuve du contraire » (en démocratie, c’est l’opposé en fait) et où le Québec « ne respecte pas les familles des victimes de crimes violents » et est « moins bon que le reste du Canada pour combattre le crime et réhabiliter ses criminels ». Comme vous le voyez, quand on veut « débattre » avec monsieur Boisvenu, on se retrouve en face de pures lubies jetées à votre visage par un homme enragé qui va automatiquement vous accuser de « non respect des familles des victimes » si vous n’êtes pas en accord avec lui, ou pire encore : si vous osez critiquer ouvertement ses positions en public.

Le problème, c’est que c’est ainsi que la majorité de la classe médiatique bourgeoise l’a érigé : en intouchable. Les « arguments » de ce sénateur non élu ont beau n’avoir aucune influence sur quiconque prend ses sources dans le monde réel, mais le problème est que la majorité de la population n’écoute que la chaîne conservatrice TVA/LCN, qui aime présenter des faits divers et les généraliser à outrance pour faire plus sensationnaliste. Pourtant, si on prend la peine d’utiliser notre esprit critique et de poser les bonnes questions, on réalise qu’en plus d’être un menteur, le sénateur Boisvenu est un grand hypocrite :

Monsieur Boisvenu s’autoproclame « représentant des familles de victimes », mais il n’a rien à dire sur l’action prochaine de son gouvernement conservateur, qui se prépare à carrément détruire le registre national des armes à feu, par pur caprice idéologique pro-armes à feu. Les familles des victimes de fusillades non seulement au Québec, mais également à travers tout le Canada, sont outrées par cette action réactionnaire, qui ne fera rien pour rendre nos villes plus sûres, bien au contraire. Aux États-Unis, le modèle des conservateurs, une politique de « law and order » extrêmement sévère supposée « dissuader les criminels », combinée au zéro absolu en matière de réglementation sur les armes à feu, présente comme résultat la société la plus violente et la plus gangrenée par le crime de tout l’Occident, sans parler du taux annuel d’homicides par armes à feu aux USA, l’un des pires au monde ! Monsieur Boisvenu veut-il vraiment créer un système où la population serait « plus en sécurité », ou bien recherche-t-il un système qui ferait plus de victimes, afin d’avoir toujours plus de familles à « défendre » ?

Le sénateur Boisvenu ne se gêne jamais pour vociférer que ceux qui ne sont pas d’accord avec lui « manquent de respect pour les familles des victimes de crimes violents », mais où est-il quand vient le temps de condamner les dizaines de milliers de victimes des crimes de guerre auxquels participe le gouvernement canadien à l’étranger, dans le cadre de ses « missions » pour l’OTAN ? Il s’en sacre, parce que s’il était assez cohérent pour critiquer les crimes de guerre du gouvernement Harper, il n’aurait pas été nommé sénateur, avec le salaire et l’influence qui viennent avec ce poste non élu !

Pourquoi monsieur Boisvenu a-t-il choisi de se faire nommer au poste non élu de sénateur, au lieu de participer à un scrutin pour se faire élire et avoir ainsi encore plus de crédibilité ? Parce qu’il ne veut pas débattre de ses idées, il veut juste les imposer.

Le sénateur Boisvenu nous dit que ce projet de loi omnibus n’est là que pour « durcir le système contre les criminels violents », mais pourtant, à la lecture de ce projet de loi, on découvre que les conservateurs veulent imposer un système de peines de prison minimum et maximum, qui serait plus dur envers les cultivateurs de cannabis qu’envers les agresseurs d’enfants ! Voilà que la plus simple notion logique de ce qu’est un « crime majeur » est jetée aux ordures par ce projet de loi omnibus sans queue ni tête ! Nous aimerions maintenant que le porte parole du projet de loi C-10, le sénateur Boisvenu, s’avance et nous explique, toujours en s’autoproclamant « défenseur des familles des victimes de crimes violents », comment cultiver du cannabis (du pot) est plus grave qu’agresser sexuellement un enfant…

Enfin, depuis plus d’une semaine déjà, le sénateur Boisvenu nous montre jusqu’à quel point il est déconnecté de la réalité, en défendant publiquement un argumentaire dans lequel il est clairement insinué que toute personne faisant appel à un avocat pour se défendre contre des accusations devant une cour de justice, serait automatiquement un criminel. Telle était la nature de son attaque mesquine contre le barreau du Québec, qui a osé dénoncer les exagérations grossières et les autres mensonges que le sénateur Boisvenu a présenté à la population du Québec pour tenter de la retourner contre ses propres valeurs et intérêts. Pour couronner le tout, la petite montée de lait anti-Québec du sénateur Boisvenu, qui ne s’est pas non plus gêné pour recourir au dénigrement du Québec quand il a été frustré de constater que la majorité de la population du Québec ne voulait rien savoir de sa vision rétrograde de l’administration de la justice, devrait à elle seule suffire à discréditer le principal porte parole du projet de loi C-10.

Le peuple québécois n’a pas à subir cette situation d’injustice

Pourquoi continuer à endurer qu’une culture étrangère nous impose sa manière de vivre ? Les valeurs de la majorité des québécois et des québécoises sont clairement incompatibles avec les dictats idéologiques réactionnaires du gouvernement Harper, alors pourquoi se forcer à donner d’autres chances à cette fédération centralisatrice qui se moque de la volonté de ses minorités (observez les conditions de vie pitoyables avec lesquelles doivent composer les autochtones, gracieuseté d’Ottawa). En sachant que les conservateurs font tout pour nuire aux intérêts du peuple québécois de toutes les manières possibles (financement du projet hydroélectrique du Bas-Churchill de Terre-Neure-et-Labrador qui vient concurrencer directement Hydro-Québec; financement fédéral à coups de centaines de milliards de dollars pour l’industrie ontarienne, mais pas un sou de nos taxes ne revient aider l’économie québécoise; politiques environnementales fédérales à l’opposé absolu des politiques environnementales québécoises qui visent à garantir un Québec viable pour les générations futures, etc.), il devient évident que le gouvernement conservateur canadien est hostile aux intérêts québécois. Nous, le peuple québécois, devrons donc rapidement proclamer notre indépendance nationale et notre rupture avec les structures de pouvoir canadiennes, ou nous regretteront inévitablement les conséquences de notre inaction et de notre cynisme suicidaire.

Le rétrograde projet de loi C-10 n’est que le dernier épisode en date du piétinement du Québec par le gouvernement fédéral conservateur. Quittons vite la fédération canadienne avant de sombrer avec elle dans l’autoritarisme !

Vive la justice sociale, libre de l’influence des réactionnaires !

Vive le Québec libre et socialiste !

-Gabriel Proulx

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