Publié par : quebecsocialiste | 24 novembre 2011

Les indignés, Wall Street et le mirage de la sécurité

(Au Square Victoria, les indignés ont refait le portrait à la statut de la monstrueuse reine génocidaire britannique)

« Celui qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour obtenir un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre. »

-Benjamin Franklin

Depuis plusieurs mois déjà, le mouvement « Occupons Wall Street » enflamme les passions. C’est normal, puisque nous assistons au grand retour des luttes de classes au cœur de l’actualité. Ce mouvement des indignés, qui représentent la colère de 99% de la population contre le 1% des plus riches, ébranle les colonnes du temple du capitalisme, qui avait déjà perdu une part énorme de crédibilité avec la crise économique globale causée par ses prédicateurs, les banquiers des grandes bourses.

Après les grèves générales d’envergure un peu partout en Europe et l’envol du mouvement « Occupons Wall Street » à New York et ailleurs aux États-Unis, les grandes villes du Québec, puis du Canada, ont été le théâtre de mouvements d’occupation pacifique et symbolique pour dénoncer la corruption et l’arrogance des élites financières et l’inaction de nos gouvernements dans ce dossier.

Alors qu’aux États-Unis, la répression policière massive a été de mise tout au long des activités, toujours pacifiques, du mouvement citoyen, la situation au nord de la frontière a été généralement plus tranquille. Ici, au lieu d’envoyer la police anti-émeute tabasser aveuglément les manifestants après les avoir aspergé de poivre de Cayenne, les autorités y sont allées de manière beaucoup moins brutale, mais plus mesquine pour écarter les citoyens des parcs et des places qu’ils occupent. Ici, l’argument principal utilisé par les valets aux gros bras de la haute finance pour se débarrasser de ces manifestants que leurs maîtres de la haute bourgeoisie ne veulent plus voir, c’est la « sécurité ».

Tout d’un coup, une tente de camping, c’est devenu un « produit inflammable dangereux » parce qu’une chaufferette fonctionne dix mètre plus loin et placer de la paille ou du carton sous sa tente pour se protéger du froid du sol, « c’est rendu dangereux parce que ça peut prendre en feu ça aussi ». Juste pour vérifier, si j’ai une pile de papier dans mon imprimante, est-ce que la police va venir chez moi me voler mon papier, en sachant qu’on peut faire du feu avec du papier ?

À Vancouver, ils se sont servit du prétexte qu’une personne a trouvé la mort dans une tente à la suite d’une overdose d’héroïne pour démanteler la totalité du camp « pour protéger la population » (de quoi au juste ? La drogue ou la personne qui est morte ? Dans les deux cas, ça fait assez ridicule comme argument pour punir tout le monde). À Toronto et à Québec, ils ont utilisé les tribunaux pour émettre des avis d’expulsion aux indignés, prétextant des lois sur le camping. Enfin, à Montréal, ils ont décidé presque deux mois plus tard que les citoyens n’ont pas le droit de se trouver sur les lieux du Carré Victoria-la-sanguinaire entre minuit et 6h00 du matin. Le démantèlement du camp des indignés de Montréal, le dernier en Amérique du Nord, devient ainsi imminent. « Merci » à l’État policier, à « nos élus » municipaux valets de la bourgeoisie et aux grands médias complices pour avoir autant contribué à détruire un simple mouvement pacifique de contestation sociale. L’histoire s’en rappellera…

Le mouvement des indignés, bien qu’ayant ramené la contestation de la dictature financière à l’ordre du jour en Amérique du Nord, n’auront pas réussi à réunir assez de monde autour d’un catalyseur de changement, leur principale faiblesse ayant été l’absence de solutions de rechange au système actuel, bien que ce ne soit pas les solutions de rechange qui manquent, loin de là. L’anticapitalisme, c’est bien, même logique pour 99% de la population aujourd’hui, mais pour faire une révolution, il faut être « pro » quelque chose…

Tout n’est pas fini pour autant, la contestation sociale et la lutte de classes ne faisant que commencer. Les indignés expulsés, d’autres groupes de citoyens toujours plus larges s’inspireront de leur détermination et trouveront de nouvelles manières pour faire entendre leur mécontentement général devant la situation politique, économique et sociale dans cet opprimant système capitaliste, beaucoup plus oligarchique (le pouvoir aux riches) que démocratique (le pouvoir au peuple). Tôt ou tard, la solution de rechange logique au système actuel en décomposition apparaîtra au peuple, ce qui est précisément la raison pour laquelle les forces bourgeoises répressives se sont empressées d’étouffer la contestation de leur pouvoir, comme dans toute dictature. En fait la seule sécurité dont la police anti-émeute se préoccupe, c’est celle de leurs maîtres !

Les grands banquiers, les bourgeois et leurs valets corrompus feraient mieux de s’habituer à la contestation de leur régime, puisque cette contestation n’ira qu’en grandissant jusqu’à leur chute et notre victoire finale !

Échec à la répression !

Vive la révolution socialiste !

-Gabriel Proulx

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