Publié par : quebecsocialiste | 26 août 2011

Message au gouvernement du Canada : la monarchie est incompatible avec un état démocratique

Ainsi, le gouvernement conservateur réactionnaire de Stephen Harper a décidé de redonner leur nom rétrograde et passéiste de « royal » à la marine et à l’aviation militaire du Canada, comme pour nous rappeler que le Canada n’est en fait rien d’autre qu’une grosse colonie britannique sans culture ni identité propre, alors que cela ne fait même pas six mois qu’il a obtenu sa « majorité absolue » de 39,6% des gens qui se sont déplacés pour aller voter lors des dernières élections fédérales canadiennes (en tenant compte des annulations de vote, des abstentions et de ceux qui « sont restés chez eux et se sont ouvert une bière », le score réel des conservateur dégringole à 25%). Franchement, est-ce qu’il y en a vraiment qui sont si étonnés que ça ? L’attitude écœurante des grands médias devant la monarchie, la visite du couple princier en juillet, le remplacement des tableaux de Pellan par une photo de la reine faisant penser au culte de la personnalité et le fait que le Canada est depuis toujours une monarchie constitutionnelle qui reconnaît techniquement la reine d’Angleterre comme notre « souveraine » et son représentant dans sa « colonie du Canada », le gouverneur général, comme chef du gouvernement et des armées… Tout cela n’est-il pas déjà suffisant pour prévoir qu’un gouvernement conservateur vivant idéologiquement dans les années 1800 voudrait asseoir sa poigne de fer sur l’état en utilisant le reliquat barbare de la monarchie ?

La monarchie (pouvoir absolu d’un individu par droit « divin » héréditaire) est incompatible avec la démocratie (pouvoir du peuple), c’est un fait indéniable. Si les grands médias ne censuraient pas avec acharnement cette idée claire et simple, nous ne serions pas bloqués là où nous sommes aujourd’hui. Là encore, le culte à la monarchie des grands médias canadiens et québécois les rend incapables d’informer la population avec neutralité et professionnalisme, comme cela devrait être le cas dans un système démocratique qui aurait à cœur que le peuple soit réellement instruit sur le monde qui nous entoure.

Bientôt, nous assisterons, impuissants, au spectacle d’un gouvernement Harper triomphant qui clamera « mission accomplie » pour la « royal air force » en Libye, où le pays le plus prospère et affichant la meilleure qualité de vie de toute l’Afrique*, a été réduit en quelques mois seulement à un champs de ruines par les bombes de l’OTAN et ses mercenaires « rebelles » opportunistes, racistes, islamistes et monarchistes. En fait, remplacez « islamistes » par « fondamentalistes chrétiens » et voilà une description assez réaliste de la composition idéologique du gouvernement Harper.

*L’indice de développement humain (IDH) de la Libye (52e sur 169) était proche du niveau de plusieurs pays occidentaux. Malheureusement, la guerre « humanitaire » de l’OTAN et des monarchies absolues arabes a détruit cette réalité…

Qu’a donc accompli là-bas cette armée de l’air qui est censée nous rendre si « fiers » que nous serions forcés de « corriger une erreur historique » en lui redonnant ses « lettres de noblesse » monarchistes ? Elle bombarde des hôpitaux, des écoles et des maisons, participant à une boucherie de l’OTAN qui aura réussi le sombre exploit de tuer plus de personnes en Libye en moins de six mois, que Kadhafi en près de 42 ans. Au fond, qu’on leur donne, à la marine et à l’armée de l’air canadienne, leurs titres monarchistes, c’est tout ce que ces forces impérialistes et colonialistes méritent. Une armée au service d’une monarchie, donc opposée à la volonté populaire. Je suis heureux que les québécois et les québécoises qui ont à cœur la démocratie, la justice sociale et le pacifisme, ne puissent plus jamais s’identifier, de près ou de loin, à cette armée criminelle et maintenant redevenue officiellement monarchiste. Merci Harper, pour ce grand service. Cela nous rappelle pourquoi il est si important de nous opposer à vous et à votre gouvernement criminel.

Selon Harper et son sinistre ministère de la défense, redonner son nom monarchiste (donc anti-démocratique) à l’armée canadienne viendrait du fait que nous devrions, tous en cœur, « honorer nos soldats et leurs sacrifices dans les nobles guerres auxquelles ils ont participé aujourd’hui et dans le passé ». Voici donc une liste que j’avais dressé à l’occasion du jour du souvenir 2009, dénombrant les guerres et opérations militaires d’envergure auxquelles le Canada a participé depuis sa création en 1867, avec une courte description. J’y ai ajouté la Libye à la fin :

1885 : La jeune armée fédérale et la police montée de sa majesté écrasent la « rébellion du Nord-Ouest » des métis de Louis Riel. À Batoche, l’armée extermine une faible résistance composée principalement de vieillards. Louis Riel est capturé, puis pendu au terme d’un procès bidon pour trahison. La population québécoise s’est trouvée profondément choquée par l’exécution de Riel, un francophone. Des émeutes éclatent à Montréal.

Guerre des Boers, début du siècle dernier : Des québécois sont envoyés de force combattre les Boers en Afrique du Sud, aux côtés de l’armée canadienne sous commandement britannique. Les britanniques commettront d’innombrables atrocités durant cette guerre, massacrant des civils et plaçant à peu près le quart de la population, soit 116 572 Boers, plus environ 120 000 africains noirs, dans des camps de concentration dignes d’Auschwitz. Un rapport postérieur à la guerre estima à 27 927 le nombre de Boers morts dans les camps (dont 22 074 enfants de moins de 16 ans) et environ 20 000 noirs. La famine, provoquée par les geôliers anglais, et les maladies furent les principales causes de ces décès, soit environ 25% des internés Boers et 12% des noirs. Leur crime : S’être opposé à l’impérialisme britannique et sa soif de ressources naturelles et de pierres précieuses. L’armée de la colonie du Canada a participé à ce massacre.

Première guerre mondiale, 1914-1918 : Envoi massif de québécois à la boucherie en Europe malgré les manifestations d’opposition à la conscription dans les grandes villes du Québec. Les récalcitrants sont jetés en prison et humiliés par les officiers anglais. Le 1er avril 1918, au bout de cinq jours d’émeutes contre la conscription, un régiment de Toronto dépêché par Ottawa charge la foule, sabres à la main, et tire à la mitrailleuse. Quatre morts et plus de 70 blessés chez les manifestants. Le 4 avril, le gouvernement du salopard sur nos billets de 100$ proclame la loi martiale à Québec et la suppression de toutes les libertés civiles. Tout ça au nom de la défense des intérêts de l’impérialisme britannique.

Deuxième guerre mondiale, 1939-1945 : Le Canada entre en guerre contre l’Allemagne nazie en support aux britanniques. Malgré le courage reconnu de l’armée canadienne et des soldats québécois contre la machine de guerre nazie, il faut se souvenir du débarquement raté de Dieppe, où les « alliés » ne se sont pas gênés pour nous utiliser comme chair à canon dans ce que le premier ministre britannique Churchill décrivait comme « une opération de portée limitée » (lire: perdue d’avance). Au Canada, en 1939, le premier ministre canadien Mackenzie King (profondément antisémite) promet au Québec de ne pas recourir à la conscription pendant la guerre. Il brise sa promesse en 1942. De nombreux opposants à la conscription, en grande majorité des québécois, seront jetés en prison sans procès pour la durée de la guerre. Également, il ne faut pas oublier l’internement des citoyens canado-japonais dans des camps de concentration.

Guerre de Corée, 1950-1953 : Le gouvernement libéral du Canada, issu de la « gang » du non regretté Mackenzie King (décédé avant la guerre), lance l’armée canadienne à l’assaut de la Corée du Nord « en support du Sud », aux côtés de la nouvelle puissance anglo-saxonne dominante : les États-Unis. Une guerre sanglante appuyée par l’ONU, largement dominée par les occidentaux à cette date, voit le jour. L’URSS n’a pu imposer son veto à cause de sa politique du « siège vide » (boycott), en protestation au refus de l’ONU de reconnaître la Chine continentale « communiste » de Mao comme un état officiel. Durant la guerre, alors que la Chine de Mao entre de façon non officielle dans le conflit, le général étasunien Douglas MacArthur suggère au président Truman rien de moins que le bombardement nucléaire de la Chine et de la Corée du Nord. Cette guerre a fait plus d’un million de morts, principalement à cause des bombardements occidentaux (au napalm et autres) de civils coréens. À part les objectifs militaires coréens, les cibles variaient entre les hôpitaux Nord-coréens et les vieux quartiers résidentiels de Pyongyang. Pour les faits d’arme de l’armée canadienne, faites vos propres recherches. De toute façon, ce fut une autre guerre illégitime motivée par l’impérialisme.

-Crise d’octobre, 1970 : L’armée canadienne agresse le Québec sur ordre du gouvernement Trudeau, qui déclare la loi sur les mesures de guerre et suspend les libertés individuelles des québécois et des québécoises, pour la seule raison que le FLQ a enlevé un ministre libéral provincial. La GRC, de son côté, s’affaira à faire sauter maisons et granges en région pour faire porter le chapeau au FLQ.

Époque moderne :

Crise d’Oka, 1990: Lors de la crise d’octobre ’70, le gouvernement canadien n’a pas hésité à envoyer son armée et sa police montée pour mater un petit groupe de résistants sans ressources et pratiquement sans armes. Lors de la crise d’Oka, vingt ans plus tard, les « Warriors » de la réserve de Kanesatake, armés d’AK-47, font plier le gouvernement sans tirer un coup de feu. La célèbre image d’un jeune « warrior » défiant un soldat canadien en le fixant à deux pouces de son visage, arme au poing, a fait le tour du monde en tant que symbole de la décomposition de l’armée canadienne.

Première guerre du Golfe, 1991 : Le premier ministre conservateur Brian Mulroney insiste pour participer à la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein, dont la défaite est déjà assurée devant les États-Unis (315 000 hommes), l’Arabie-Saoudite (118 000 hommes) et les britanniques (43 000 hommes), entre autres pays impliqués contre Saddam et l’Irak. Pendant que les USA bombardent par milliers des soldats irakiens en retraite et agitant des drapeaux blancs, le Canada devient la risée de l’occident en envoyant 2700 canadiens sur trois « navires de guerre » désuets dans le golfe Persique.

Intervention en Yougoslavie : Canadiens et québécois sont déployés en tant que casques bleus de l’ONU en ex-Yougoslavie, notamment en Bosnie. Les atrocités qu’ils y virent en traumatisèrent plusieurs, dont bon nombre sont aujourd’hui recyclés en Afghanistan malgré leur état de santé mentale critique. « Honorons nos anciens combattants » qu’ils disent…

Génocide au Rwanda, 1994 : Les Tutsis se font massacrer par les Hutus au Rwanda pendant que le gouvernement canadien les considère (les Tutsis) comme des « terroristes ». Les casques bleus canadiens du général Roméo Dallaire sont forcés d’assister à l’horreur à Kigali sans pouvoir intervenir, rendus impuissants par l’inaction des grandes puissances comme les États-Unis et la France, qui ne voient pas où sont leurs intérêts dans ce conflit.

Occupation de l’Afghanistan, 2001-? : Le Canada se joint à l’offensive de l’OTAN contre les anciens alliés de Washington, les talibans, en novembre 2001. Depuis, sont au programme la défense du nouveau dictateur catapulté par les États-Unis et appuyé par les seigneurs (criminels) de guerre islamistes de l’Alliance du Nord (rivaux isolés des talibans avant 2001), l’entraînement d’une « armée afghane » composée essentiellement de bandits qui terrorisent et volent l’argent des paysans pour pouvoir se payer leur opium, le don de bonbons et de sacs d’école (au lieu de nourriture) aux enfants locaux, exploitation du peuple afghan par des multinationales occidentales comme Coca-Cola, mort de soldats québécois et canadiens sur des mines artisanales (I.E.D.), « combats » contre une guérilla fantôme et extension de la « mission » de février 2009 à février 2011 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Agression du Liban par Israël, été 2006 : Durant la guerre, Tsahal, l’armée israélienne, massacre une famille québécoise d’origine libanaise et bombarde un poste d’observation des casques bleus de l’ONU, tuant un autrichien, un finlandais, un chinois et un canadien. La réponse du gouvernement conservateur a été : « Israël a le droit de se défendre ». Aussi, alors que d’autres pays occidentaux ont envoyé des navires militaires chercher leurs ressortissants coincés au Liban, le Canada s’est contenté de louer un petit bateau de croisière à capacité réduite pour aller « sauver » ses citoyens des bombes de l’aviation israélienne « alliée ». Pire : les conditions sur le bateau étaient insalubres selon les rescapés.

-Agression de la Libye, 2011 : Le Canada s’embarque avec l’OTAN et les monarchies arabes sanguinaires du Golfe, pour aller bombarder la Libye et remplacer son gouvernement, en violation totale de la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui appelait à « protéger la population civile » contre des bombardements imaginaires de l’armée libyenne contre son peuple, une intoxication médiatique dont la seule source était un libyen vivant depuis des années à Washington, qui a procédé au lancement de son média-mensonge à Paris, capitale de la France du petit impérialiste Nicholas Sarkozy. La Libye est ainsi passée d’une nation africaine fière et prospère avec des infrastructures modernes pouvant fournir des services essentiels gratuits et universels à la population… à un tas de ruines fumantes, menacée par les monarchistes et les islamistes fanatiques proches d’Al-Quaëda, les « rebelles » rassemblés autour du CNT de Moustapha Abdeljalil, président du CNT qui se trouve à être un ancien ministre de Kadhafi. Lorsqu’il était ministre, Abdeljalil était reconnu pour être un ministre cruel et corrompu, au point où Kadhafi voulait le démettre de ses fonctions. C’est donc cet homme, réputé cruel et corrompu, que l’OTAN, dont le Canada de Stephen Harper est un membre actif, veut placer à la tête de la Libye.

Oui, au fond, je lui laisse, son titre « royal », à cette armée qui a tout de la barbarie et du colonialisme d’une armée au service d’un roi ou d’une reine, qui sont par définition des dictateurs totalitaires. C’est sur ces vieilles et désuètes bases coloniales que Stephen Harper cherche à bâtir une sorte de « nationalisme anglo-canadien du XXIème siècle », avec l’argent du peuple québécois, entre autres. Tôt ou tard, le peuple québécois devra se réveiller et quitter cette maison de fous qu’est la fédération canadienne, qui régresse à l’heure où le monde se doit d’avancer et d’évoluer.

À bas la monarchie et l’impérialisme ! Vive le Québec libre !

-Gabriel Proulx

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