Publié par : quebecsocialiste | 10 août 2011

Du Québec à l’Écosse, la similitude du discours de peur anti-indépendantiste

(END LONDON RULE) (… et vive l’Écosse libre!)

(Vive le Québec libre!)

En visionnant des reportages sur le site youtube, en lien avec les mouvements de révolte en Angleterre (dans le cadre du «Royaume-Uni» autoproclamé, on peut constater sur une carte que les émeutes sont jusqu’à maintenant exclusives au territoire de l’Angleterre), j’ai été agacé par les commentaires d’internautes racistes sous plusieurs vidéos et j’ai laissé un commentaire, sous l’un de ces vidéos, où je disais, en anglais, que je souhaitais à mes amis écossais de vite déclarer leur indépendance de cette Angleterre monarchiste dont les politiques inégalitaires ont créé les conditions nécessaires à ces émeutes. Un internaute raciste et monarchiste me répondit alors, entre deux insultes : «Ne savais-tu pas que si l’Écosse devenait un pays indépendant, elle serait plus pauvre?» Étant québécois, cet argument m’est assez familier…

En fait, on ne peut que constater qu’au Québec comme en Écosse, le discours de peur des fédéralistes et/ou monarchistes se concentre sur le présage de grands désordres économiques. Dans les deux cas, les peuples québécois et écossais en ont franchement ras-le-bol des aventures militaires colonialistes dans lesquelles les gouvernements du Canada et de Grande-Bretagne s’engagent et s’enlisent sans poser de question à l’OTAN ou aux États-Unis. Les arguments de «fierté» par rapport au prestige militaire de leurs gouvernements centraux ont donc heureusement fort peu d’impact dans le débat indépendantiste. C’est donc sur l’économie que les fédéralistes et les monarchistes doivent constamment se rabattre, étant donné que dans l’opinion populaire, c’est le seul argument qui possède encore un quelconque poids, en dehors du cynisme inspiré par les grands médias, qui sont tous fédéralistes.

Dans les faits, les arguments économiques ne sont rien de plus qu’un énorme épouvantail que les fédéralistes agitent pour faire peur aux québécois et aux écossais qui souhaiteraient prendre leur envol vers la liberté et le contrôle de nos destinées nationales. Au Québec, lors du référendum de 1995, la propagande de peur des fédéralistes était telle qu’en les écoutants, on aurait pu croire qu’au Québec, advenant l’indépendance, nos ponts allaient s’effondrer, nos villes tomber en ruine, un exode massif de la population aurait lieu des villes vers les campagnes et notre économie allait tout simplement s’effondrer sur elle-même en l’espace de quelques mois. Ridicule, c’est le cas de le dire!

Malheureusement (et même en oubliant pour un instant les fraudes dont le camp fédéralistes s’est rendu coupable), la propagande de peur a fait son chemin chez certains d’entre nous, mais qu’est-il arrivé au Québec, durant les 16 dernières années, qui montre que nous ayons fait le bon choix? 16 ans plus tard, il faudrait vivre sous un rocher pour ne pas voir que les ponts québécois sous juridiction fédérale, des infrastructures vitales, sont dans un tel état de décrépitude que les experts les considèrent comme dangereux. Le premier coupable de cette inquiétante situation, c’est le sous-financement des infrastructures sous juridiction fédérale. On ne peut également que réaliser que le reste du réseau routier québécois n’est généralement pas en meilleure forme, même si nous sommes demeurés une «province canadienne» qui n’est toujours pas signataire de la constitution canadienne. Si la logique s’appliquait à nous, les jugements de la cours suprême du Canada ne devraient avoir aucune valeur sur notre territoire, mais il semblerait qu’au fond, nous ne sommes demeurés dans le Canada que pour nous faire donner des ordres par Ottawa.

Aussi, pour ce qui est de l’idée selon laquelle «le Québec serait plus pauvre sans le Canada», on peut fortement en douter, étant donné que les politiciens fédéralistes laissent les entreprises canadiennes et étasuniennes exploiter nos richesses naturelles pour un minimum de dividendes inacceptable, ce qui nous donne l’image d’une république de bananes que toute entreprise étrangère peut venir polluer et vider de ses richesses pour presque rien! Si c’est ça, «être riche avec le Canada», je préfère autant ne pas imaginer ce que c’est d’être pauvre!

En fait, les politiques des fédéralistes laissent croire à un sabotage planifié de l’économie québécoise. Le constant renvoi aux calendes grecques du projet québécois de voiture électrique et le laisser-faire devant l’exploitation à coûts ridiculement bas de nos ressources naturelles en sont de bons exemples. Du sabotage donc, mais du vol aussi, puisque nous sommes en droit de penser que dans un Québec indépendant, nous récolterions beaucoup plus que des miettes pour l’exploitation de nos ressources naturelles.

Le nivellement par le bas dans l’éducation constitue de son côté un excellent exemple des politiques fédéralistes visant à faire du peuple québécois une masse de main-d’œuvre bon marché peu éduquée, donc ignorante de son histoire et dépendante économiquement des autres. Voilà ce que nous réserve l’avenir dans le système fédéraliste canadien!

Pour finir, quand on se rappelle l’hypocrite «love-in» de 1995, où des canadiens du reste du Canada s’étaient fait payer le transport vers Montréal par le gouvernement fédéral pour aller rendre visite à leurs familles gratuitement à la condition qu’ils participent à la mascarade du «love-in», on pourrait dire aujourd’hui que les canadiens nous aiment surtout pour nos richesses naturelles et les importants surplus d’électricité d’Hydro-Québec (surplus vitaux pour l’Ontario et une partie des Maritimes), notre société d’état, que l’extrême droite fédéraliste souhaiterait bien pouvoir un jour vendre à rabais au secteur privé, question d’achever leur mission de sabotage et de pillage de nos ressources nationales. Non, il n’y a vraiment aucun intérêt économique valable pour demeurer dans le Canada. C’est tout le contraire même.

Quand leur moment viendra, les écossais devront faire attention aux monarchistes britanniques, qui leur opposeront sans doute la même propagande de peur économique et émotionnelle éculée pour tenter de décourager la population écossaise de choisir l’indépendance. Ils peuvent apprendre de nos erreurs en sachant à l’avance ce qui les attend réellement.

J’ai hâte au jour où les représentants des républiques libres du Québec et de l’Écosse pourront se rencontrer et discuter des intérêts communs entre nos deux peuples. Peut-être qu’alors, nous pourront en profiter pour discuter un peu du passé et rire ensemble des stupidités que le Canada et l’Angleterre ont utilisé dans leur propagande pour essayer de nous convaincre de rester sous leur tutelle colonialiste, contre nos propres intérêts nationaux.

-Gabriel Proulx

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