Publié par : quebecsocialiste | 19 juillet 2011

Shell et IQT, ou la sauvagerie du capitalisme

Même si le monde possède déjà, à travers l’histoire, d’innombrables preuves démontrant la sauvagerie et la cupidité sans bornes du capitalisme, ce système ne cesse jamais de nous amener de nouvelles preuves de ses méfaits, qu’il commet en toute impunité, au mépris des travailleurs et des travailleuses qui doivent en subir les conséquences. Des cas récents de sauvagerie capitaliste ont secoué la société québécoise. La solution à ces problèmes n’est pas si lointaine, contrairement à ce que certains représentants capitalistes, comme des économistes et des journaleux corrompus des grands médias, aimeraient nous le faire croire.

Commençons par aborder le cas le plus récent, soit celui d’IQT, cette entreprise étasunienne de communication qui a brutalement mis à la porte des centaines d’employés québécois et ontariens, vendredi dernier. À Trois-Rivières, Laval et Oshawa (Ontario), des employés ont été mis à la porte sans préavis et beaucoup d’entre eux n’ont pas été payés depuis une période allant de deux semaines à un mois complet. Travailler sans salaire sans que ce soit du bénévolat volontaire, on appelle ça de l’esclavage ! Se faire jeter dehors ainsi, sans avertissement, «comme des chiens», par un beau matin d’été alors que ces honnêtes travailleurs se rendaient sur le lieu de travail en espérant pouvoir recevoir leur paie et continuer de gagner leur vie, cela ne serait pas possible dans une société où les travailleurs auraient un minimum de pouvoir ! Le pire, c’est qu’IQT tente de nous faire avaler ces mesures cruelles en prétextant être «au bord de la faillite», alors même que cette firme new-yorkaise était sur le point d’ouvrir de nouveaux bureaux à Nashville, au Tennessee (États-Unis), ce qui aurait, selon l’entreprise elle-même, «créé 900 emplois». Voilà. En fait, IQT n’a pas vraiment mis ses employés québécois et canadiens à la porte parce qu’en «faillite», mais plutôt pour déménager leurs emplois à Nashville, aux États-Unis, où ils pourront sans doute payer leurs employés moins cher encore.

Pour ces raisons, la seule «indignation» des ministres libéraux ne sera pas suffisante dans cette affaire. Cette entreprise étrangère doit être poursuivie et forcée de payer les salaires de ses employés floués, en plus de dommages punitifs et moraux pour la manière inhumaine utilisée par IQT pour mettre ses employés dehors… et le gouvernement du Québec doit participer activement aux procédures, puisqu’il n’y a aucune raison moralement acceptable pour que des employés floués doivent payer eux-mêmes les avocats qui seront chargés d’aller chercher leurs salaires perdus. Ce serait exactement ce qu’IQT voudrait qu’il se passe, puisque beaucoup de travailleurs n’auront pas la capacité de débourser pour des mois de procédures juridiques pour deux à quatre semaines de salaire. L’État québécois doit s’investir dans la protection de ses travailleurs et de ses citoyens dans le besoin, sinon l’État ne sert à rien.

Cela pourrait éventuellement servir d’exemple, au cas où d’autres compagnies songeraient à traiter leurs travailleurs et leurs travailleuses de cette même manière totalement irrespectueuse. Les présentateurs des grands médias se demandent, l’air hébété, s’il y a une solution à une telle situation. La solution est simple, mais ce n’est pas dans les grands médias qu’elle sera proposée : la population doit massivement faire pression sur ses élus pour que ces derniers votent et adoptent des lois qui puniraient sévèrement un tel comportement de la part d’une entreprise, qu’elle soit québécoise ou étrangère.

Les conservateurs n’ont pour le moment encore rien dit sur le sujet, alors qu’on parle quand même d’environ 1200 emplois disparus du jour au lendemain. Pour ces aveugles fanatiques de l’idéologie capitaliste, «tout va bien» tant qu’ils ont accès à leur pétrole le plus sale de la planète en Alberta. De toute façon, le gouvernement conservateur n’a pas hésité à violer les lois québécoises sur les normes du travail dans le dossier de Postes Canada, en imposant aux employés une discrimination salariale qui fera en sorte que les nouveaux employés seront payés moins cher que les employés actuels pour le même travail effectué. Il n’y a rien à attendre de la part d’un gouvernement fédéral qui ne respecte même pas les droits les plus élémentaires des travailleurs.

Du côté de Shell, la situation est différente, mais toute aussi sauvage à sa manière. Ici, nous avons une multinationale étasunienne multimilliardaire, qui a eu le loisir de faire tout ce qu’elle voulait à Montréal pendant des décennies, contaminant une bonne partie du territoire à l’est de Montréal. Cela a créé des emplois et une manne économique certaine, personne ne le niera, argument habituellement utilisé par ces grandes multinationales pour recevoir des subventions généreuses de l’État où elles s’installent, en échange desquelles les grandes corporations seraient censées «créer des emplois durables et de la richesse, ainsi que développer les infrastructures de la communauté hôte», par exemple. Certains ont sans doute encore un mauvais goût dans la gorge en se rappelant comment GM a accepté les subventions de l’État québécois pour ensuite sauvagement fermer les portes de son usine de Boisbriand, qui fut plus tard démolie par GM elle-même, sans doute avec une partie de l’argent des contribuables floués, dans un geste d’arrogance ultime de la part de la multinationale étasunienne de l’automobile, dont les méthodes de gestion l’ont conduite en 2008 au bord de la faillite…

Dans le cas plus récent de Shell, c’est sans raison apparente que la multinationale a fermé les portes de son usine de Montréal, en refusant obstinément toute offre d’achat pour sauver l’usine (par ailleurs, où était le puissant fonds de solidarité de la FTQ, quand les travailleurs en avaient besoin? Sans doute trop occupé à investir dans le hockey…). Shell avait bien l’intention depuis le départ de fermer son usine de Montréal et de la démolir, pour que personne d’autre ne puisse en profiter. Bref, c’est un peu le scénario de GM qui se répète, mais en pire. On a pu reconstruire autre chose sur le terrain de l’ancienne usine GM. Shell laissera derrière elle un énorme terrain vague toxique et inflammable, inutilisable pour les générations futures.

La ministre Normandeau, du gouvernement libéral hautement pro-corporatiste du Québec, a bien démontré le peu de zèle de son gouvernement pour défendre les intérêts du Québec lorsqu’elle a approuvé le démantèlement de l’usine par Shell. Quelle honte !

Sous un gouvernement socialiste, jamais une telle chose ne se serait produite ! Un gouvernement socialiste québécois, une fois rendu évident le fait que Shell se foutait bien du Québec et de Montréal et qu’elle allait démanteler sa raffinerie uniquement pour transférer ses opérations ailleurs, aurait tôt fait de nationaliser la dite raffinerie, afin d’empêcher une opération de démantèlement qui nuira aux intérêts du Québec et de son peuple. Il s’agit d’un autre cas où la population devrait se lever et exercer une grande pression sur son gouvernement, ne serait-ce que pour que ce dernier fasse le minimum et «mette ses culottes». Malheureusement, tant que le peuple ne se lèvera pas pour faire connaître ses problèmes et proposer fermement ses solutions à ses élus et tant que le Québec sera gouverné par des partis d’affairistes et d’opportunistes idéologiquement corrompus à droite, ces actes sauvages capitalistes se reproduiront, puisque c’est ce qui arrive à ceux qui ne se tiennent pas debout, ceux qui ne résistent pas et se laissent facilement berner par les grandes corporations et leurs belles promesses vides de «création d’emplois et de richesses». En fait, le peuple ne devrait pas s’en surprendre, puisque l’idéologie capitaliste ne prévoit pas que les richesses ainsi créées puissent profiter au peuple et aux travailleurs, réduits à une simple marchandise sous le régime capitaliste.

Pour mettre fin aux actes sauvages du capitalisme, le peuple doit mettre fin à l’hégémonie du capitalisme ! Vive la révolution pour un Québec libre et socialiste !

-Gabriel Proulx

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