Publié par : quebecsocialiste | 18 juin 2011

Libye : la guerre, la sale guerre

Avez-vous remarqué que la «mission» en Libye avait d’abord été lancée pour soit disant «protéger les civils libyens» et qu’aujourd’hui, alors que cet objectif s’est transformé en «il faut assassiner Kadhafi et/ou le remplacer par nos alliés islamistes du CNT autoproclamé de Benghazi», les médias ne nous parlent presque plus de la fameuse résolution de l’ONU censée autoriser l’agression occidentale de ce pays ? Où sont ces «6000 civils morts par bombardements de l’aviation de Kadhafi», dont «3000 à Tripoli, 2000 à Benghazi et 1000 ailleurs dans le pays», chiffres balancés aux médias depuis Paris, par un militant anti-Khadafi basé depuis des années à Washington et financé par la CIA ? Où les gouvernements occidentaux puisent-ils leur «légitimité» pour aller en guerre en notre nom, avec notre argent, pour ensuite reconnaître comme «seul force légitime» l’émirat du «Conseil National de Transition» (CNT) des anciens ministres de Khadafi maintenant basés à Benghazi ? Tellement de questions, si peu de réponses dans les grands médias de notre «presse libre» autoproclamée…

Voici un texte de Guy Roy, co-porte parole du Parti communiste du Québec (PCQ), sur la guerre en Libye et l’hypocrisie de ses promoteurs impérialistes :

La guerre, la sale guerre

Par Guy Roy, co-porte parole du PCQ :

Dans les sociétés modernes où tant de potentiel se manifeste pour offrir au monde des solutions à ses problèmes, qu’y a-t-il de plus loin du début de la réalisation de cette noble tâche que la guerre ?

De l’éloge de cette violence lancée au visage de l’humanité meurtrie par la propagande à la glorification des actes de guerre comme des gestes de civilisation par les politiques qui en décident et en orientent la marche triomphale, toute la justification de cette barbarie est indigne de ce que pourrait être des missions humanitaires.

La prolongation des frappes en Lybie illustre toute la mauvaise foi et la perversion du pouvoir canadien qui se fait une fierté de fournir aux armées de l’OTAN une lâche collaboration qui perpétue encore une agression d’un pays du Tiers-Monde. Comme si ce pays devait payer une dette déjà lourde à un avenir dont l’horizon d’une solution pacifique s’éloigne. Le Canada impérial se place bien loin  dans les rangs de ceux qui aspirent à un dénouement harmonieux. Toujours, et à répétition, on invoque le salut d’un peuple pour l’agresser. Comme si une mission divine nous obligeait à propager la haine des peuples sous la forme de nouvelles toujours biaisées en faveur des armées conquérantes de l’OTAN nouvelle mouture.

Au lieu de retirer la quincaillerie guerrière et de la remplacer par une nécessaire diplomatie, celle-ci se mue en arme d’une agression toujours motivée par les mêmes vieux mensonges de libérer les peuples de leurs tyrans. Qu’en reste-t-il donc de ces despotes, choisis méticuleusement par les chancelleries, après le passage des tanks ? Tout simplement un autre plus docile à l’Occident et à ses impératifs.

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ! » Le Canada s’est donc ainsi ramené au rang des barbares non-civilisés que tout un appareil de relations publics tente de légitimer. Ce Canada devra donc un jour lui aussi faire ses comptes. Mais se trouvera-t-il vraiment quelqu’un parmi ses citoyens outrés pour l’excuser de s’être aventuré sur ce terrain dégénéré des luttes néocoloniales ?

Si on retient qu’une opinion publique québécoise reste défavorable, malgré la tempête de désinformation, à ce type d’intervention de l’armée canadienne, on ne pourra pas toujours invoquer que le NPD a été élu presque par hasard alors qu’il a ouvertement, avant bien d’autres, exprimé sa volonté du retrait des troupes de l’Afghanistan agressée. Il lui faudrait maintenant, pour être conséquent, rappeler aux Communes que la solution commence par le retrait de toutes les troupes canadiennes à l’étranger et le renoncement à préparer l’armée à des déploiements ultérieurs en se magasinant des bases militaires dans d’autres pays.

Assez de ces sales guerres qui ne préparent que les prochaines vagues de terreur ! Car au point où nous en sommes, rien ne sert de prétexter la menace, puisqu’elle serait éradiquée avec la mort de Ben Laden. Derrière les agressions à répétition, il n’y a plus maintenant qu’une stratégie de conquête qu’on explique par une fatale nécessité pour le Canada de sauver le monde des reculs de civilisation par des gestes qui pourtant restent fort agressifs et se déroulant entièrement à l’étranger en mode d’occupation la plupart du temps. Cela n’a plus rien à voir avec la défense. C’est ce que l’on reconnaît habituellement dans les normes internationales comme les actes de belligérance illégitimes justement parce que leur prétexte ne tient plus la route.

Le réarmement, on a déjà vu au XX ième siècle. Et ça n’a apporté au monde que « nuit et brouillard » et toute l’insécurité qu’une guerre généralisée peut provoquer. En effet, la guerre nous place dans une situation coûteuse en fonds publics et toujours plus précaire car il n’est pas dit que la réplique ne nous rapprochera pas des leçons dont nous abreuvons le Tiers-Monde sur la paix soi-disant recherchée.

Source

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :