Publié par : quebecsocialiste | 4 avril 2011

Côte d’Ivoire: une autre ingérence criminelle de l’Occident impérialiste

(Sur l’image : la France colonialiste utilise la guerre, la corruption et les dictatures «amies» pour pomper les richesses de l’Afrique)

Alors qu’aujourd’hui, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, les pro-Gbagbo et les pro-Ouattara se livrent une bataille féroce pour le contrôle du pays et alors que des rapports de l’ONU et de la Croix-Rouge font état de centaines de morts dans l’ouest du pays dans les derniers jours seulement (ce qui vient s’additionner aux plus de 300 morts déjà répertoriés depuis l’élection de novembre dernier, avant l’offensive dévastatrice des pro-Ouattara qui a débuté il y a une semaine)… C’est à ce moment que l’ONU et les forces françaises de l’opération «Licorne» se décident à faire quelque chose… soit bombarder ce qui reste des forces pro-Gbagbo pour mettre fin à l’enlisement de l’offensive des pro-Ouattara à Abidjan, le tout sans mandat international, après que ces derniers aient été pointé du doigt pour le massacre de centaines de civils dans l’ouest du pays!

Donc, l’ONU, «dans son infinie bonté» à deux vitesses, s’implique sans le moindre mandat dans la guerre civile en cours en Côte d’Ivoire, en bombardant le camp qui se trouve acculé au mur, parce que, disent-ils, il faut aider le «président élu» Ouattara (élu par qui exactement?), qui se trouve à être l’ex #2 du FMI dans ce pays, donc concrètement, un outil important du système néo-colonial occidental de domination de l’Afrique, soit un mercenaire du néo-libéralisme.

Remarquez que de nos jours, un candidat à la présidence dans un état du tiers-monde n’a plus besoin de preuve pour crier à la «tricherie» dans une élecion, en autant qu’il a le soutien de l’autoproclamée «communauté internationale» (l’Occident).

Le «président» génocidaire Ouattara parle de fraudes dans le sud du pays et proclame, sans la moindre preuve à l’appui, qu’il a gagné «par 8 points» l’élection présidentielle de novembre dernier. D’accord, supposons, mais alors, qui parle des fraudes toute aussi massives dans le nord du pays, contrôlé par les milices de Ouattara? Vous allez me faire croire que les mercenaires pro-Ouattara n’ont intimidé personne, qu’ils n’ont bourré aucune urne, bref, qu’ils n’ont absolument rien à se reprocher, dans ce climat de guerre civile et d’esprit de revanche entretenu par l’argent sale de la France de Sarkozy?

Si Alassane Ouattara n’a effectivement rien à se reprocher, alors pourquoi diable a-t-il refusé le recomptage des votes, la dernière idée pour une sortie de crise pacifique en date? Peut-être que les moralisateurs de salon de l’Occident devraient prendre cette occasion pour examiner sérieusement la possibilité que le camp Ouattara ait triché en sa faveur dans la moitié du pays qu’ils contrôlaient lors de l’élection.

Le fait que Ouattara soit supporté militairement et diplomatiquement par le dictateur du Burkina Faso, Blaise Compaoré, une autre marionnette de l’impérialisme français en Afrique et assassin de son populaire prédécesseur, Thomas Sankara, est également assez louche…

Carte montrant les positions des forces étrangères en Côte d’Ivoire

Le conflit en Côte d’Ivoire est une autre de ces histoires géopolitiques compliquées où rien n’est complètement noir ou blanc et qui nécessiterait sans doute plusieurs livres pour bien l’expliquer. Cependant, cet état de faits ne peut pas servir d’excuse pour la pathétique couverture à sens unique, totalement pro-Ouattara des grands médias occidentaux. Leur obsession à toujours rajouter le titre «le président élu reconnu par la communauté internationale» devant le nom d’Alassane Ouattara à chaque occasion dans leur couverture des événements fait de ces grands médias capitalistes, des complices dans le massacre qui se produit en ce moment en Côte d’Ivoire, au nom des dictats meurtriers du FMI!

Certains sont même allés, aujourd’hui, jusqu’à commettre l’odieux de donner leur appui au bombardement des pro-Gbagbo, retranchés dans des cartiers résidentiels, par les forces de l’ONU menées par la France, en évoquant le souvenir du Rwanda! Les «militaristes humanitaires» parlent encore de protection des civils, se targuant cette fois de protéger la population des «exactions» des pro-Gbagbo à Abidjan… en bombardant Abidjan…

Où était cette force de l’ONU, «si miséricordieuse», quand les miliciens de Ouattara massacraient des centaines de personnes dans l’ouest du pays, à Duékoué, il y a quelques jours? Pourquoi aider militairement les forces de Ouattara maintenant, alors qu’ils viennent de se rendre coupables de crimes contre l’humanité? Quel genre de message est-ce que cela envoie ailleurs? Le message de l’impunité pour les «alliés» de la «communauté internationale» autoproclamée (l’Occident), voilà lequel!

Cette nouvelle intervention militaire de la France de Sarkozy dans un conflit qui ne la concerne aucunement, prouve une nouvelle fois la folie mégalomane de ce président français ennemi de l’Afrique, qui n’en finit plus d’être une nuisance et une honte pour son peuple, qui vient de le punir à l’occasion des dernières élections cantonales.

Comprenez bien que Gbagbo n’est pas mieux et qu’on parle ici d’un combat entre deux dictateurs, deux corrompus, mais cette action de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) et de la force française «Licorne» n’est, au regard du droit international et de la défense des droits humains, qu’une pure mascarade!

Pour s’être autant ingéré, sans le moindre mandat, dans les affaires internes de la Côte d’Ivoire, en plaçant clairement l’ONU (appelée «Onuci» en Côte d’Ivoire) du côté d’un belligérant contre un autre, faisant ainsi le bonheur de ceux, comme la France de Nicholas Sarkozy, qui souhaitaient précipiter une «solution» militaire en Côte d’Ivoire, ce qui ne fera qu’aggraver les souffrances du peuple ivoirien… Ban Ki-moon devrait être démis de ses fonctions de secrétaire général de l’ONU, qu’il a contribué à corrompre et à rendre encore moins démocratique sous son mandat. Au final, on se rappellera de Ban Ki-moon comme d’un individu «sans charisme, sans colonne vertébrale» (pour citer des employés et officiels de l’ONU ayant démissionné à cause de lui) et, sans l’ombre d’un doute, on se rappellera de Ban Ki-moon comme rien de plus qu’un vulgaire valet de l’impérialisme occidental.

Pour finir, le coup d’état qui vient d’avoir lieu en Côte d’Ivoire, avec le support militaire direct de la France, ou encore, l’intervention des monarchies pétrolières arabes au Bahreïn pour y écraser la révolte populaire pacifique, dans l’impunité la plus totale, prouve que malgré le départ de W. Bush et «l’espoir de changement» que cela était censé apporté au monde, force est de constater que les choses n’ont pas tellement changé depuis le départ de Bush de la maison blanche. Ce que nous vivons aujourd’hui n’est que la continuité de la période des interventions impérialistes occidentales dans des conflits qui ne les regardent pas, pour quelques ressources naturelles au nom desquelles les oligarques feront volontiers courir l’humanité toute entière à sa perte.

-Gabriel Proulx

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