Publié par : quebecsocialiste | 4 mars 2011

La croisade de Jean Tremblay

Dire que l’on parle au nom de «tout le monde», dans le sens de la totalité des individus d’une municipalité, soit, dans le ca qui nous concerne, la 7e ville du Québec, Saguenay, c’est un peu comme dire que l’on est «parfait», ce qui est impossible. Certains croyaient l’affaire close lorsqu’un tribunal a tranché que la prière obligatoire au conseil de ville de Saguenay devait cesser et que les statuettes du p’tit Jésus, ça n’avait pas d’affaire dans une institution publique censée être laïque. Ce serait peut-être le cas si, justement, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, n’était pas un fanatique religieux chrétien.

C’est donc en proclamant «Je sens que c’est l’ensemble des citoyens qui est derrière moi» que le devin Jean Tremblay s’est lancé dans sa folle croisade, qui risque de coûter cher aux contribuables de la ville de Saguenay. Le problème, c’est que c’est loin d’être «l’ensemble» des citoyens de Saguenay qui est d’accord pour que leur maire parle en leur nom en matière de religion. Un autre problème, c’est que le maire Jean Tremblay, plutôt que d’accomplir la tâche pour laquelle il a été élu, c’est-à-dire gérer la ville de Saguenay, préfère utiliser son temps et les ressources humaines de la ville pour collecter l’argent nécessaire pour sa campagne obscurantiste. Qu’est-ce que son «combat» apporte à la société et à sa collectivité, au juste? Le retour sur la table d’une question qui a été réglée il y a un demi-siècle de cela avec la révolution tranquille: la séparation entre la religion et la gestion des affaires publiques. Voilà donc, en résumé, ce que représente pour le Québec le combat de Jean Tremblay: un anachronisme.

Dans les faits, la croisade de Jean Tremblay n’est rien de plus qu’un pathétique réflexe de colonisé, qui va se réfugier dans la religion et le révisionnisme historique pour refuser aux autres les droits humains dont il se réclame, en l’occurrence ici, la liberté de culte, ce qui inclut également la liberté de ne croire en aucun culte!

Il serait hasardeux de déterminer ce qui est pire: lancer une croisade au coût de plusieurs dizaines de milliers de dollars pour préserver le «droit» d’imposer la prière catholique dans une institution publique au 21e siècle… ou dépenser 400 000$ combinés de fonds publics municipaux et provinciaux pour construire un amphithéâtre qui sera ensuite refilé à l’un des hommes les plus riches et les plus puissants du Québec: Pierre-Karl Péladeau. Une chose, par contre, peut être considérée comme une certitude: ni l’une, ni l’autre de ces actions ne devrait être considérée comme une saine méthode de gestion municipale!

Pour défendre sa position obscurantiste, Jean Tremblay utilise souvent l’argument de «l’héritage catholique québécois», de la «tradition» et des «valeurs chrétiennes». Eh bien, les croisades et les guerres religieuses, ça lui dit quelque chose? L’inquisition et les chasses aux sorcières, ça lui dit quelque chose? Jean Tremblay est-il à ce point ignorant de l’histoire, ou bien est-il de ceux qui font exprès d’en oublier des passages pour mieux prêcher les mérites de sa secte? Pleins de gens religieux sont des personnes généreuses et aimables, mais les Jean Tremblay de ce monde qui veulent imposer de force leur culte à la société, ceux là font honte aux autres! S’il ne l’est pas déjà, Jean Tremblay devrait être mis au courant de la grande complaisance historique du clergé catholique avec le colonialisme, contre le peuple québécois et contre ses patriotes de 1837-1838. L’élite catholique a fait preuve de la même complaisance criminelle avec le régime fasciste de Maurice Duplessis, jusqu’à ce que le peuple québécois, par sa révolution tranquille, montre définitivement la porte de l’assemblée nationale aux curés et aux évêques réactionnaires! En parlant de «l’héritage catholique québécois» sans évoquer le côté sombre de ce même héritage, Jean Tremblay patauge dangereusement près des eaux nauséabondes du révisionnisme historique. Le révisionnisme historique et «l’héritage» des croisades et des chasses aux sorcières, la nation Québécoise s’y oppose!

Il faut être clair et ferme avec le maire Jean Tremblay: la séparation entre la religion et l’état, c’est un principe non négociable en démocratie!

Pour finir, voici la vidéo faite par les opposants à la croisade anachronique du maire de Saguenay. Les gens sur cette vidéo sont tous citoyens de Saguenay et pourtant, Jean Tremblay ne parle pas en leur nom:

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