Publié par : quebecsocialiste | 2 mars 2011

La ville de Québec, Quebecor et l’arnaque du nouveau Colisée

200 millions de dollars directement volés des poches des contribuables québécois, 189 millions de la seule ville de Québec, pour un grand total de 389 millions de dollars de fonds publics, dans le seul but d’accéder aux caprices du dictateur de la cité-état de Québec. Pourquoi on doit se serrer la ceinture déjà?

Sans parler de l’opportunisme du traître Charest dans cette affaire, d’importantes questions doivent être posées sur l’avenir de la ville de Québec. Si le maire Labeaume peut se permettre une telle flambée de l’argent public, cela devrait donc vouloir dire que la ville de Québec n’a aucun problème de transport en commun, aucun problème avec ses services publics, aucun problème de pauvreté… bref, cela voudrait dire que la ville de Québec, sous l’administration de Régis Labeaume est parfaite et n’a pas de problèmes sociaux, ni la moindre préoccupation publique où des fonds seraient nécessaires avant de dépenser 189 millions de dollars pour la construction d’un amphithéâtre pour les riches et les puissants. C’est bien le cas? Bien-sûr que non! Le même constat s’applique au gouvernement illégitime de Jean Charest: il serait temps qu’ils arrêtent de se foutre de notre gueule!

Le PQ ne fait pas mieux, se contentant de blâmer le fédéral pour ne pas avoir investi de l’argent public supplémentaire pour les caprices du maire Labeaume. Un rappel au PQ, ainsi qu’au maire Labeaume, s’impose: cet investissement public supplémentaire serait venu des impôts de la population de Quelle province, selon vous? Des poches des québécois, à l’évidence. Heureusement qu’Amir Khadir, du parti Québec Solidaire, est présent pour ramener un peu d’esprit critique dans le débat public. En entrevue, monsieur Khadir s’est demandé «comment est-il possible qu’une entreprise privée, qui ne versera que le cinquième des sommes investies par le secteur public, recevra 85% des revenus de ce projet». Une excellente question d’Amir, qui se démarque du monolithisme médiatique dans cette affaire.

Quand Péladeau dit que le nouveau Colisée restera la propriété des habitants de la ville de Québec, les grandes lignes de cette entente évoquent une toute autre réalité: Quebecor, pour un maigre 33 millions de dollars (contre près de 400 millions de dollars d’investissements publics), aura le droit de nommer le bâtiment, qui s’appellera probablement «Colisée Quebecor» selon la plupart des observateurs. Ensuite, pour son investissement pratiquement dépourvu de tout risque, Quebecor aura le plein contrôle des événements présentés au futur Colisée. Parions que la convergence sera au rendez-vous, ce qui veut dire que l’édifice deviendra sans doute, à l’avenir, la principale scène pour les amis de Quebecor et ses sous produits de la pseudo culture yankee à la «Scrap Académie». Le maire Labeaume se trompe de manière monumentale s’il pense vraiment que le nouveau «Colisée Quebecor» servira à mettre en valeur les talents de «sa» région, à moins que ces gens aient un contrat avec Quebecor. S’il voulait s’assurer de faire de la place pour le talent local, il n’avait qu’à ne pas céder les activités de la bâtisse à des intérêts privés. Enfin, rien qu’en sachant que la ville de Québec ne recevra qu’un minable 10% des revenus des activités du nouveau Colisée sur 25 ans, alors que Quebecor engrangera au moins 85% de ces mêmes revenus, pas besoin de se creuser la tête pour comprendre qui sera, dans ce «partenariat», les grands gagnants (Quebecor et Péladeau) et les grands perdants (les habitants de la ville de Québec).

Régis Labeaume, le gros minable despotique qui sert de maire à la ville de Québec, lance des poursuites pour «diffamation» (des poursuites bâillon en fait) à droite et à gauche, ces jours-ci. Le roi de l’insulte de Québec City se prend ainsi pour un intouchable parce qu’il va finalement avoir son nouveau Colisée. Quelqu’un devrait lui rappeler qu’en tant que maire d’une ville, il est redevable envers la population et que d’autres personnes ont le droit de le remettre en question. On appelle cela «la démocratie». C’est qu’il fallait voir le maire en conférence de presse avec le patron de Quebecor, hier: il a bien failli piquer une colère, outré qu’il était lorsqu’un journaliste de la Presse Canadienne a questionné Péladeau sur la nature véritable de son «partenariat» dans la gestion d’un Colisée pour lequel ni lui, ni son entreprise multimilliardaire ne vont verser le moindre sous dans la construction. Péladeau, l’ennemi #1 de la liberté de presse au Québec, doit être bien heureux d’avoir autant de gens «élus» pour cirer ses bottes…

Pour finir, je vous propose ce texte, paru le 15 février dernier sur le site «Presse-toi à gauche!», qui traite justement de l’arnaque du nouveau Colisée, alors que la participation de Quebecor n’était encore qu’une rumeur:

L’arnaque du nouveau Colisée

Mardi, 15 février 2011, par Yves Bergeron

Le maire Labeaume, accompagné de l’impopulaire Jean Charest, a annoncé la semaine dernière que la Ville de Québec et le gouvernement du Québec assumeront seuls les coûts de construction d’un nouveau Colisée à Québec. C’est le Plan B que conservait le maire populiste dans ses tiroirs afin de pallier à l’absence d’investisseurs privés qui, pas fous, savaient qu’un tel investissement n’a aucune chance d’être rentable. Bref, on remet sur les rails la vieille stratégie de tous les risques au secteur public, tous les profits au privé.

Ainsi, le gouvernement du Québec a réitéré son intention de contribuer jusqu’à concurrence de 200M$ dans une proportion de 50% des coûts de construction du nouvel édifice. Pour sa part, la Ville de Québec fournira 187M$, la différence pour atteindre les 400M$ prévus sera fournit pas l’argent amassé par l’organisme J’ai ma place, une peccadille de 13M$ qui provient d’individus et de quelques entreprises de la région qui tenaient à réserver leurs sièges. Alors que le prochain budget du gouvernement Charest prévoit d’importante coupures de services, l’introduction de nouveaux tarifs et de hausses de taxes, d’importants secteurs de la population risquent de mal avaler cet intérêt précipité pour le sport professionnel et les olympiques de la part du gouvernement Charest.

N’ayant pas encore le pouvoir de faire apparaître de l’argent neuf, le maire Labeaume a dû expliquer les moyens qu’il entend prendre pour réunir une telle somme. En entrevue à RDI le 10 février, il a déployé tout l’arsenal de poudre aux yeux disponible pour enfin avouer qu’il paiera ses immobilisations en espèces sonnantes plutôt que par emprunts. Une telle approche privera la Ville des moyens nécessaires pour financer des projets importants comme par exemple la mise en place d’un système de transport en commun électrique et un tramway. Les travaux de cet ampleur ne peuvent être payés ‘cash’ comme semble le prétendre le maire. Le maire met tous les oeufs dans le même panier du sport professionnel au risque de ne plus pouvoir faire autre chose. Il a d’ailleurs abandonné l’organisation du Forum International de la Culture qu’il vantait tant quelques mois auparavant.

De plus, il est clair que ses intentions sont de réduire encore davantage les salaires et les conditions de travail des employéEs municipaux, notamment en ne remplaçant qu’un départ sur deux. Compte tenu des coupures de services que le maire a réalisé depuis son arrivée au pouvoir, la population de la Ville de Québec peut craindre une autre dégradation des services. Rapellons qu’il y 2 ans, le maire avait décidé de ne déneiger qu’un côté de rue sur deux, une décision sur laquelle il a dû revenir suite aux protestation de la population. Le problème n’est toutefois pas réglé car un rapide tour de ville nous montre toutes les lacunes en cette matière. C’est sans oublier la fusion des arrondissements de La Cité et de Limoilou qui n’a satisfait personne, sauf le maire et ses sbires. Dernier exploit en date : la privatisation de la cueillette des ordures ménagères au profit du privé, notamment la firme Gaudreau de Victoriaville.

Par ailleurs, un économiste de Desjardins a récemment émis l’hypothèse que pour rencontrer ses objectifs, la Ville devra connaître une croissance de l’ordre de 4% annuellement pour les 20 prochaines années. Nous aimerions connaître l’économiste qui peut garantir une telle croissance sur une si longue période. Aucun économiste n’a été en mesure de voir venir la plus récente crise financière, alors pour des projections sur 20 ans, il faudrait se garder une petite gêne.

Le culte du secret et des entourloupettes

Le maire met tous ses oeufs dans le même panier en espérant qu’une équipe de la LNH sera achetée par un magnat, Québecor a-t-on suggéré, et que cette équipe s’installera dans le nouvel édifice. Les gens de Québec et du Québec doivent savoir toutefois que cette organisation, la Ligue Nationale de Hockey est passée maître dans l’art du subterfuge et du mensonge pour faire grimper la valeur des concessions où elles se trouvent actuellement. Les cas de Phoenix et de Buffalo sont là pour le prouver, la LNH ne déménage pas ses concessions.

Un autre exemple qui doit être porté à l’attention des gens est celui de Kansas City. La National Basketball Association (NBA) avait laissé entendre que si la ville construisait un édifice moderne, la NBA pourrait considérer le transfert d’une concession ou bien une nouvelle concession. Depuis ce temps, Kansas City attend toujours et la NBA a autorisé un transfert dans l’Oklahoma, l’État voisin. Winnipeg est un autre cas d’exemple. Jusqu’à tout récemment, la ville pouvait se vanter que son nouvel aréna (bâti en 2004) pouvait accueillir une équipe de la LNH. Or, récemment des porte-paroles de la LNH ont affirmé qu’avec sa capacité d’accueil limitée à 15 000 sièges et son nombre limité de loges corporatives, Winnipeg ne rencontre plus les critères de la ligue. Hamilton a aussi bâtit un édifice moderne capable d’accueillir le hockey de la LNH mais le promoteur a oublié de s’incliner bien bas devant les dirigeants de la LNH et il est depuis tombé en disgrâce.

Au-delà de ces faits, il y la culture du secret entretenue par le maire Labeaume. Se réfugiant derrière le secret commercial, il refuse de dévoiler les ententes que la Ville a négocié avec différents promoteurs. Or, dans un projet impliquant des investissement publics, il serait pour le moins nécessaire de bien connaître le dossier. Derrière les portes closes, les ententes se trament sans que la population ne soit consciente des risques d’un tel projet. Le maire se garde bien d’ailleurs d’expliquer l’impact qu’auront ces investissements sur les projets jugés prioritaires par la population comme l’amélioration du transport en commun.

Un économiste a calculé que le coût de revient par siège de la construction du nouveau Colisée s’élevait à 22 000$ par siège. Seul le nouveau Yankees Stadium a coûté plus cher. Il apparaît clairement que le maire est en pleine mégalomanie dans ce projet et que cette folie risque d’emporter avec elle une multitude d’acquis de la région en matière de services municipaux.

Consulter la population ? Trop cher ! répond le maire

Selon un sondage mené par Le Soleil, 49% de la population de la Ville de Québec désire être consultée sur la construction d’un nouveau Colisée. Le maire n’en a que faire et il refuse d’aller de l’avant avec un référendum déclarant qu’une telle procédure coûterait trop cher. Pour certains, il serait plutôt sage de forcer une consultation qui bloquerait le projet car le risque de gaspillage est dans le projet lui-même. Labeaume se targue d’avoir été élu à plus de 80%. Or, lors de l’élection, il était prévu que la Ville investisse 50M$ dans la construction d’un édifice multi-fonctionnel, non pas 187M$. Le maire joue avec la démocratie selon ses propres règles.

Par ailleurs, aux coûts annoncés pour la construction du Colisée, il faut ajouter l’ensemble des investissements que devra faire le gouvernement du Québec et la Ville pour réaménager l’ensemble de la zone comprise autour du site Expo-Cité, soit l’autoroute Laurentienne, le boulevard Hamel et les autres artères desservant ce secteur. On estime les coûts de ces travaux à plus d’un milliard de $. De plus, les plans de développement du transport en commun devront nécessairement être orientés de façon à desservir ce secteur adéquatement. On voit qu’il s’agit d’une dépense importante et il est dangereux de l’orienter en fonction d’un édifice dont l’utilisation n’est pas encore définie.

Suite au dévoilement des plans du maire Labaume, un sondage publié par le journal Le Soleil du 13 février révélait que 69% de la population de la région estime que le plan du maire n’est pas crédible quant au risque de hausse de taxes. Et si un citoyen sur deux approuve la contribution de 187M$ de la Ville, cela signifie que 50% le désapprouve. Nous sommes loin de la belle unanimité proclamée par le maire et relayée par les médias sportifs partout au Québec.

Bref, on assiste à un gaspillage de ressources financières qui manquent cruellement lorsque vient le temps de lutter contre l’itinérance, pour le développement du transport collectif, pour la construction de logements sociaux. Le maire n’en a cure, il veut son jouet pour lui et ses amis des grosses corporations (Québecor ou Bell ou Telus ou Labbatt, etc.). S’ils sont assez prévoyants pour éviter d’investir dans ce complexe sans rentabilité et se concentreront à amasser les juteux profits de l’exploitation du sport et du spectacle.

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