Publié par : quebecsocialiste | 27 janvier 2011

Boycott d’Israël : un droit démocratique du peuple

Devant l’oppression sans cesse croissante subie aux mains de l’armée terroriste israélienne, 172 organisations de la société civile palestinienne ont lancé, en 2005, une campagne internationale de « Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) », pour forcer Israel à mettre un terme à son système d’apartheid. Supporté par l’ONU, le boycott est le moyen pacifique pouvant faire le plus de pression sur un gouvernement criminel, comme celui d’Israël, qui opprime un peuple, soit les palestiniens (et les autochtones bédouins de Palestine). On reconnaît parfois les collaborateurs et les admirateurs d’un régime voyou lorsque ces derniers s’opposent catégoriquement aux moyens pacifiques permettant de mettre fin aux actes répressifs et criminels de l’état voyou.

Quebecor compte parmi les plus fidèles soutiens du régime d’apartheid d’Israël au Québec. Depuis novembre, soit depuis que le député solidaire Amir Khadir a apporté son appui public aux manifestants revendiquant à la boutique «Le Marcheur» l’arrêt de la vente de chaussures israéliennes (chaussures en provenance des colonies israéliennes, considérées comme illégales par le droit international), l’un des principaux sujets abordés dans le «Journal des briseurs de grève de Montréal» (JDM) a été les manifestations devant la boutique «Le Marcheur». Cette nouvelle obsession du JDM a un but anti-démocratique bien précis : la diabolisation du concept populaire de boycott de l’apartheid israélien, ainsi qu’une diabolisation bien plus virulente encore d’Amir Khadir et du parti Québec Solidaire, dont l’existence irrite Quebecor au plus haut point.

Dans cette optique, les sbires, chroniqueurs mercenaires et pseudo journalistes briseurs de grève de Quebecor ont été appelé à salir la réputation de toute personne supportant le boycott pacifique des produits en provenance de l’apartheid israélien (autrement dit, Quebecor et ses sbires donnent un coup de pouce au financement de la machine de guerre terroriste d’Israël). C’est ici qu’arrive la plus récente chronique de Richard Martineau, démagogue professionnel, parti dans une nouvelle croisade contre Amir Khadir, les communistes et les «radicaux gauchistes»…

Dans sa chronique du 25 janvier 2011, intitulée «le dossier n’est pas clos», Richard Martineau atteint le sommet de son pseudo art démagogue : mentir effrontément sur un sujet qu’il ne connaît pas ou presque pas. D’entrée de jeu, Martineau dérive du sujet en s’attaquant au Parti communiste du Québec (PCQ), non pas parce que le PCQ soutient lui aussi le boycott des produits israéliens dans le but de soutenir le peuple palestiniens contre ses oppresseurs israéliens, mais plutôt parce que le PCQ, qui est à l’origine du mouvement de boycott des vins israéliens vendus à la SAQ, entreprise étatique Québécoise qui n’a pas le mandat de faire des affaires avec un régime d’apartheid militaire, ose défendre des idées… socialistes!

Insultes gratuites et infantiles à l’appui, Martineau y va de ce commentaire : «Et pendant qu’on y est, qu’attendent les chefs de Québec solidaire pour prendre leurs distances avec ces bozos qui veulent mettre les caisses pop sous tutelle, nationaliser les entreprises oeuvrant dans le domaine de la haute technologie, placer Internet sous contrôle étatique et établir un gouvernement socialiste ?»

Pourquoi ne pas mettre les «caisses pop» sous tutelle, quand ces dernières n’ont rien de «populaires» et contribuent en fait à l’endettement et à l’appauvrissement des travailleurs québécois? Pourquoi la nationalisation des grandes entreprises serait-elle si mauvaise, lorsque l’on considère que cela démocratise les lieux de travail (en rendant les travailleurs propriétaires de leurs moyens de productions) et empêche les entreprises étrangères de plier bagages en laissant, sans le moindre remord, des centaines de travailleurs locaux à la merci du chômage? Quant au domaine spécifique de la haute technologie, pourquoi la population du Québec ne pourrait-elle pas être propriétaire d’une industrie qui, à terme, pourrait améliorer la qualité de vie de tous? Qu’attend le patron de Quebecor pour prendre ses distances avec Richard Martineau, un individu haineux, irresponsable et menteur, qui pourrait autant déclarer, par son rejet de ces propositions, son support à l’appauvrissement et à l’abrutissement de la population Québécoise.

Enfin, l’affirmation de Martineau selon laquelle le PCQ souhaiterait «placer Internet sous contrôle étatique» n’est que pure mensonge! Martineau devrait plutôt orienter ses condamnations hypocrites vers des états capitalistes comme la France, les États-Unis et le Canada de Stephen Harper, qui visent réellement à censurer Internet en se servant de l’excuse fourre-tout du «terrorisme».

Juste avant de s’attaquer au projet socialiste du PCQ, Martineau se demande si notre campagne de boycott des vins israéliens (qu’il semble considérer comme un crime innommable) est appuyée par Québec Solidaire… Martineau n’est-il pas au courant de la pétition, inspirée de notre prise de position, demandant le retrait des vins israéliens des tablettes de la SAQ, parrainée à l’Assemblée nationale par le député Amir Khadir? L’interrogation de Martineau répond à cette question…

Martineau termine cette phase pathétique de son attaque en comparant Québec Solidaire et le PCQ au Parti de la loi naturelle, un vieux parti qui prônait la pratique du yoga comme solution à tout problème. Par cette comparaison, Martineau pourrait difficilement faire moins sérieux. Et pourtant…

N’ayant jamais peur du ridicule, Martineau s’enfonce encore plus bas en affirmant que la campagne de boycott des produits israéliens équivaudrait à vouloir détruire Israël. Rien de moins! En regardant du côté de l’Afrique du Sud, on peut bien voir que le boycott du non regretté apartheid blanc n’a pas détruit le pays, loin de là!

Pour supporter la thèse loufoque selon laquelle Amir Khadir et les militants du PAJU (Palestiniens et juifs unis) viseraient à «supprimer Israël», Martineau s’en va recueillir les propos de Stephen Scheinberg, ex-dirigeant du B’Nai Brith et sioniste reconnu, tout en affirmant une demi-vérité sur Amir Khadir : «Afin de valider sa position, Amir Khadir s’est souvent basé sur les propos du professeur Stephen Scheinberg. Or, l’ex-dirigeant de l’organisme B’Nai Brith rejette complètement les idées défendues par le député de Québec solidaire ! « Monsieur Khadir cherche à m’impliquer dans sa défense boiteuse de son rôle dans le boycottage de la boutique Le Marcheur, a-t-il écrit dans une lettre publiée sur le blogue de David Ouellette, directeur de recherche au Comité Québec-Israël.»

Tout d’abord, il faudrait remercier Martineau pour avoir avoué que sa source d’argumentaire dans cette affaire n’est autre que le Comité Québec-Israël, le lobby sioniste du gouvernement israélien au Québec. Tout comme le site «Point de bascule», un site de propagande sioniste raciste, islamophobe et anti-palestinien, que Martineau vante souvent comme une «source d’information crédible» dans ses chroniques, les fous furieux du Comité Québec Israël ont défendu avec un zèle fanatique l’opération «plomb durci», l’agression israélienne de décembre 2008 à janvier 2009 qui a fait 1417 victimes chez les palestiniens de la bande de Gaza, la majorité des victimes étant des civils, dont des centaines d’enfants.

Vidéo du CJPMO présentant des statistiques sur les conséquences de l’opération «plomb durci» sur la population de Gaza :

Ensuite, il est faut de dire qu’Amir Khadir «s’est souvent basé» sur les propos de Scheinberg pour défendre sa position. Amir a cité Scheinberg dans un texte datant du 20 janvier dernier, disponible sur le site de Québec Solidaire. Voici l’extrait intégral où il cite Scheinberg : «Le professeur Stephen Scheinberg, ancien dirigeant du B’nai Brith, confiait en mai dernier à la revue l’Actualité sa désapprobation envers les tactiques employées par certains lobbys pro-israéliens : utilisation sélective des faits, atteinte à la réputation et culpabilité par association. « Je suis juif et sioniste », expliquait-il. « Mais un sioniste n’est pas tenu de soutenir toutes les politiques et actions du gouvernement d’Israël. Israël est un pays sujet à la critique, comme tous les autres. Or, ici, à Montréal, je pourrais difficilement m’exprimer en ce sens sans me faire reprocher d’attaquer Israël. »»

C’est tout. Remarquez qu’il n’est fait mention nulle part dans ce paragraphe du boycott d’Israël. Scheinberg n’est en fait cité que parce qu’il est un juif sioniste de premier plan qui rejette la thèse sioniste selon laquelle «critiquer Israël = antisémitisme». Pour le reste, les propos de Scheinberg selon lesquels «le boycott d’Israël n’est qu’un mouvement radical visant à supprimer Israël» pourraient être facilement réfutés par Bruce Katz, membre fondateur juif du PAJU. Selon lui, le sionisme est une idéologie fasciste.

La défense de l’apartheid israélien : une position indéfendable

Martineau poursuit sur sa lancée en lançant une nouvelle question ridicule et une autre affirmation fausse : «Est-ce ce que Amir Khadir et Françoise David veulent éradiquer l’État d’Israël ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi appuient-ils un mouvement qui a été mis sur pied par des radicaux pro-palestiniens qui luttent contre la solution des deux États (solution qui, rappelons-le, a reçu l’aval de l’ONU) ?»

Québec Solidaire est un parti pacifiste, tout comme le boycott est un moyen de pression pacifiste. La «question» de Martineau ne sert qu’à insérer dans la tête de ses lecteurs la propagande selon laquelle la gauche se dangereuse. Voici une question que Martineau ne posera jamais : Entre appeler à ne plus acheter de produits servant à financer une armée fasciste étrangère d’un côté et supporter aveuglément les guerres d’Irak et d’Afghanistan de l’autre, qui est la plus dangereuse : la gauche ou la droite?

Aussi, Martineau a commis une erreur monumentale en parlant de l’ONU dans sa chronique : tout d’abord, dire que le mouvement BDS «a été mis sur pied par des radicaux pro-palestiniens» n’est qu’un vulgaire mensonge. Comme cela a été indiqué dans le premier paragraphe de ce texte, c’est bien la société civile palestinienne, soit des gens ordinaires et honnêtes comme vous et moi, qui ont appelé à ce boycott, seul moyen pacifique pouvant faire une réelle pression sur l’état terroriste israélien pour que ce dernier abandonne ses plans de colonisation, de nettoyage ethnique lent et calculé et sa stratégie de confrontation sans fin avec le peuple sans défense de Palestine. Dans cette société civile palestiniennes, il y en pour tous les goûts : des musulmans, des laïcs, des chrétiens, des gens de gauche, des gens de droite… et même des juifs. Ces représentants de la société civile palestinienne ne luttent pas contre la solution à deux états (comme Martineau le colporte sans la moindre preuve), ils demandent simplement la fin du système d’apartheid israélien, ainsi que la liberté et l’indépendance pour leur peuple. Martineau, lui, lutte contre la liberté du peuple palestinien. À chacun ses combats, mais cela ne veut pas dire que la justice est du côté de tous…

Pour finir avec la question de l’ONU, Martineau devrait faire ses recherches : il découvrirait ainsi qu’Israël a défié ou ignoré des centaines de décisions de l’ONU en rapport avec les droits humains, ou n’a rien fait pour empêcher son armée terroriste de commettre d’innombrables crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dénoncés par l’ONU, mais restés sans conséquences pour Israël à cause du veto anti-démocratique des USA au Conseil de sécurité. Martineau dit que le boycott d’Israël est «une idée indéfendable», mais en réalité, c’est bel et bien sa position de défenseur de l’état israélien dans sa formule actuelle qui est indéfendable.

Ces juifs, par leur opposition à l’état d’apartheid sioniste d’Israël, sont-ils tous antisémites?

Martineau termine ainsi son torchon avec ces quelques ordres, choisissant de conclure avec une menace : «pour moi, tant que Monsieur Khadir continuera d’appuyer ouvertement le boycottage des produits israéliens, tant qu’il ne dénoncera pas haut et fort les actions de ses amis cocos et tant qu’il n’aura pas présenté officiellement ses excuses au commerçant, le dossier restera toujours ouvert.»

Il peut continuer de rêver, ça n’arrivera pas! Québec Solidaire, étant la seule véritable alliance politique progressiste au Québec, ne cèdera pas au chantage des réactionnaires anti-intellectuels et anti-peuple comme Richard Martineau, ou de ses amis libertariens comme Daniel Audet et Éric Duhaime (les amis de ce dernier ont appelé publiquement à l’assassinat de Julian Assange, de Wikileaks, pour dire à quel point on parle ici d’une joyeuse bande d’ennemis de la liberté), ou encore, aux accusations gratuites d’antisémitisme de la sioniste Lysianne Gagnon, de La Presse.

D’un côté, il y a cette bande de réactionnaires québécois de petite pointure pour défendre l’apartheid israélien, de l’autre, il y a des gens comme Nelson Mandela et Desmond Tutu, qui ont vécu les horreurs de l’apartheid blanc sud-africain, ou l’ex-président étasunien Jimmy Carter, qui qualifient tous le régime israélien actuel par son nom : un apartheid. C’est ce que le peuple palestinien endure chaque jour, les humiliations et les agressions qui leurs sont infligées par l’armée israélienne au service de l’état d’apartheid israélien, que l’on pourrait également nommer ainsi : du terrorisme d’état.

Il est donc de notre devoir de répondre à l’endoctrinement médiatique pro-sioniste pratiqué par les grands médias occidentaux comme ceux de Quebecor, avec leur armée mercenaire de chroniqueurs véreux se permettant tous les abus et toutes les bassesses, se fendant de tirades moralisatrices hypocrites, depuis leurs salons confortables dans leur tour d’ivoire.

Quand c’est rendu que le JDM présente, dans son premier texte, une attaque contre les militants pro-palestiniens, en présentant comme des «héros démocrates» une bande de contre-manifestants pro-sionistes cachés derrière une pancarte où il est écrit «Appuyons l’apartheid israéliens», c’est qu’il est temps de se questionner sérieusement sur les effets pervers des journaux de Quebecor sur leurs lecteurs convaincus. Savent-ils au moins ce que signifie un apartheid? Sont-ils au courant qu’il y a quelques semaines de cela, l’armée israélienne a récidivé en rasant un village bédouin en Palestine occupée, faisant 300 sans-abris? Que pouvons nous faire pour supporter ces familles démunies et humiliées, à part de boycotter l’économie israélienne? Demander gentiment à l’armée israélienne de ne plus recommencer!?

Le boycott est un droit démocratique inaliénable et tout gouvernement qui rendrait illégal ce droit de résistance démocratique et pacifique (comme c’est le cas dans la France de Sarkozy) doit être considéré comme un ennemi de la démocratie!

Les véritables ennemis de la liberté d’expression au Québec, ce sont les faux journaux de Quebecor et leurs sbires et chroniqueurs libertariens briseurs de grève!

Si vous en avez assez de la boutique Le Marcheur, qui refuse d’arrêter de vendre les souliers israéliens qui ne composent qu’un maigre 2% de son chiffre d’affaire par pur entêtement politique, bref, si vous en avez assez de ce menu fretin, voici un lien vers une courte liste de grandes compagnies multinationales qui font des affaires avec Israël et enrichissent l’armée israélienne de lâches tueurs d’enfants : pour consulter cette liste, cliquez ici.

Je laisserai le mot de la fin au député Amir Khadir : «Critiquer Israël est une question épineuse. Or le propre de la démocratie c’est de débattre. Les critiques et désaccords sont normaux et souhaitables. En démocrates, nous défendrons de tout cœur cette liberté de débattre. Mais l’enjeu réel de tout ce débat est l’apartheid subi par le peuple palestinien. Les raccourcis intellectuels qui masquent cet enjeu pour le porter sur un marchand de chaussures, font reculer l’idéal démocratique. Pire, les mensonges et les demi-vérités qui tiennent lieu d’arguments pour certains, nourrissent la méfiance, l’ignorance ou la haine. Les peuples d’Israël et de la Palestine ont besoin de tout le contraire.»

Gabriel Proulx, membre du CEC du PCQ

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :