Publié par : quebecsocialiste | 14 janvier 2011

Pour combattre la propagande des adorateurs de Reagan

Voici un texte de William Blum sur le non regretté criminel de guerre international connu sous le nom de Ronald Reagan, à l’approche du centenaire de la naissance de l’un des plus sombres individus du XXe siècle (la vie de Reagan s’échelonna de 1911 à 2004). Ses nombreux disciples conservateurs, fascistes et rétrogrades, se préparent à lancer une vague de propagande glorificatrice de leur divin Reagan, l’homme assoiffé de sang qui passa au moins les 2 dernières années de son mandat de terreur à la tête des États-Unis dans un état de sénilité. L’un des derniers supports internationaux de l’apartheid sud-africain avec Israël (qui en fut le dernier support), Reagan était surtout un grand ami des dictateurs fascistes sud-américains et… des Talibans et d’Al-Quaëda, que Reagan considérait publiquement comme «des combattants de la liberté exemplaires», alors même que ces derniers ravageaient l’Afghanistan parce que le gouvernement pro-soviétique de l’époque avait déclaré l’égalité entre les hommes et les femmes! C’est justement pour combattre les vieux outils de Washington que de jeunes québécois meurent inutilement en Afghanistan aujourd’hui. «Merci» à toi, Reagan, sale fasciste, pour les ordures que tu as créé et laissé en héritage aux générations futures!

Voici donc le texte de William Blum, qui est en fait la dernière partie d’un texte plus long, qui porte également sur Wikileaks, Israël et le manque de démocratie aux ÉtatsUnis. Les deux moitiés de l’article pourraient, selon moi, être prises comme deux textes à part. La première moitié de ce texte, paru en français sur Le Grand Soir, sera publiée demain sur Vision Socialiste. Pour ceux et celles qui ne sauraient attendre, le texte intégral se trouve à la source, que je place toujours en lien en bas des textes choisis :

Se préparer à la vague de propagande qui s’annonce

Le 6 février marquera le centenaire de la naissance de Ronald Reagan, président des Etats-Unis de 1981 à 1989. Les conservateurs ont déjà lancé le show. Le jour de l’an, une banderole de 20 mètres sur 10 en l’honneur de Reagan flottait au milieu de la grande Parade à Pasadena, en Californie. Pour vous aider à gérer, et peut-être même à contrer, la désinformation et les omissions qui vont inonder les médias dans les prochains mois, voici quelques informations sur ce grand homme et ses splendides réussites, en commençant par la politique étrangère.

NICARAGUA : pendant 8 longues années le peuple du Nicaragua fut soumis aux attaques de l’armée mercenaire de Ronald Reagan, la Contra. Ce fut une guerre en bonne et due forme déclenchée par Washington et qui visait à détruire les programmes sociaux et économiques progressistes du gouvernement sandiniste – en incendiant des écoles et des cliniques, en minant les ports, en bombardant et mitraillant, en violant et en torturant… Les Contras étaient ces charmants gentlemen que Reagan appelait « les combattants de la liberté » et « l’équivalent moral de nos pères fondateurs ».

EL SALVADOR : les dissidents salvadoriens ont tenté d’agir au sein du système. Mais avec le soutien des Etats-Unis, le gouvernement a rendu toute activité impossible, en recourant constamment aux fraudes électorales et au meurtre de centaines de manifestants et grévistes. Lorsque les dissidents ont pris les armes, l’administration Carter, et ensuite et surtout l’administration Reagan, ont réagi en fournissant une aide financière et militaire illimitée au gouvernement et ses escadrons de la mort et de torture, ces derniers bénéficiant eux-mêmes de l’aide de la CIA et ses manuels sur la torture. Le personnel militaire et de la CIA participaient activement. Le résultat fut 75.000 civils morts ; toute velléité de changement écrasé dans l’oeuf, une poignée de riches qui possédaient toujours le pays et les pauvres toujours aussi pauvres, et les escadrons de la mort qui menaçaient toute dissidence. Il n’y aura aucun changement au Salvador tant que Ronnie et Nancy occuperont la Maison Blanche.

GUATEMALA : en 1954, un coup d’état organisé par la CIA renversa le gouvernement démocratiquement élu de Jacobo Arbenz, déclenchant 40 ans de règne des escadrons de la mort, de torture, de disparitions, d’exécutions massives, et une cruauté inimaginable, pour un total de 200.000 victimes – sans aucun doute un des chapitres les plus inhumaines du 20ème siècle. Pendant 8 de ces 40 ans, l’administration Reagan a joué un rôle majeur.

Le pire des dictateurs militaires était peut-être le général Efrain Rios Montt, qui a mené pratiquement un holocauste contre les Indiens et les paysans, ce qui lui a valu une condamnation internationale. En décembre 1982, Reagan a rendu visite au dictateur Guatémaltèque. Lors d’une conférence de presse des deux hommes, Rios Montt a été interrogé sur sa politique de terre brûlée. Il a répondu « Nous n’avons pas de politique de terre brûlée. Nous avons une politique de communistes brûlés. » Après la réunion, en réaction aux accusations d’atteintes massives aux droits de l’homme, Reagan a déclaré que Rios Montt était « mal traité » par les médias.

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Efrain Rios Montt – Reagan

GRENADE : Reagan a envahi ce minuscule pays en octobre 1983, une invasion totalement illégale et immorale, drapée de mensonges (des étudiants américains en médecine étaient « en danger »). L’invasion a permis de placer au pouvoir des hommes plus compatibles avec la politique étrangère des Etats-Unis.

AFGHANISTAN : Après que l’administration Carter a provoqué une invasion Soviétique, Reagan est arrivé au pouvoir pour soutenir à fond les intégristes islamiques dans leur guerre contre les Soviétiques et le gouvernement laïque qui faisait respecter les droits des femmes. Au final, les Etats-Unis et les intégristes ont « gagné » et les femmes et le reste de l’Afghanistan ont perdu. Plus d’un million de morts, trois millions d’estropiés, cinq millions de réfugiés ; soit environ la moitié de la population. Et de nombreux intégristes islamiques antiaméricains formés et armés par les Etats-Unis et prêts à exercer leur terreur sur le monde.

« Voir les courageux combattants de la liberté afghans affronter un arsenal moderne avec de simples armes de poing est une source d’inspiration pour tous ceux qui aiment la liberté » a déclaré Reagan. « Leur courage nous enseigne une grande leçon – il y a des causes ici-bas qui méritent d’être défendues. Je dis, au nom de tous les Américains, que nous admirons votre bravoure, votre dévouement à la liberté, et votre lutte incessante contre vos oppresseurs. » (12)

LA GUERRE FROIDE : En ce qui concerne le rôle présumé de Reagan dans la fin de la Guerre Froide… ce n’est qu’une pure fiction. Il l’a prolongée. Lisez l’histoire dans un de mes livres. (13)

Quelques autres exemples de l’immoralité remarquable de Ronald Wilson Reagan et le cynisme décomplexé de son administration. :

Reagan, dans son célèbre discours de 1964, « L’heure des Choix », qui l’a propulsé sur la scène politique nationale : « On nous a dit il y a quatre ans que 17 millions de personnes se couchaient le ventre vide. Eh bien, c’était probablement vrai. Il faisaient tous un régime. »

« Saper la santé, la réglementation sur la sécurité et l’environnement. Reagan décréta que de telles réglementations devaient être soumises à des analyses d’impact – des analyses favorables aux entreprises et à leurs résultats, menées par le bureau Office of Management and Budget. Résultat : d’innombrables réglementations positives rejetées ou revues sur les bases de conclusions pseudo-scientifiques selon lesquelles leur coût pour les sociétés privées serait supérieur aux bénéfices pour le public. »

« Lancement de l’ère des ajustements structurels. Ce fut sous l’influence de l’administration Reagan que le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale ont commencé à imposer partout le programme politique connu sous le nom d’ajustement structurel – composé de déréglementations, de privatisations, de priorité aux exportations, de coupes claires dans les dépenses sociales – qui a plongé un pays du tiers-monde après l’autre dans un désastre économique. Le chef du FMI à l’époque était honnête sur ce qui allait se passer, déclarant en 1981 que, pour les pays à faible revenus, « l’ajustement sera particulièrement couteux en termes humains ». »

« Le Silence devant l’épidémie de SIDA. Reagan n’a mentionné le SIDA en public qu’en 1987, alors que le SIDA avait déjà tué 19.000 personnes aux Etats-Unis. » – Russell Mokhiber and Robert Weissman (14)

« L’élection de Reagan a changé la réalité politique. Son programme supprimait les aides sociales de l’état, et ses budgets imposaient une grande variété de coupes claires dans les programmes sociaux. Il était par ailleurs très stratégique dans sa démarche. Une de ses premières cibles fut l’assistance juridique. Ce service, qui fournissait une assistance juridique aux personnes à faibles revenus, était composé en majorité d’avocats progressistes qui s’en servaient pour mener des batailles juridiques victorieuses contre le gouvernement. Reagan a coupé le financement du programme. Il a aussi explicitement interdit à ce service de mener des actions collectives (Class Action Suits) contre le gouvernement – des actions qui avaient remporté de grandes victoires en faveur des familles les plus démunies. »

« L’affaiblissement des syndicats était aussi une priorité pour l’administration Reagan. Les personnes nommées au National Labor Relations Board (agence indépendante fédérale créée en 1935 pour contrôler l’application du droit du travail – NDT) étaient plus favorables au patronat que ceux nommés par toutes les administrations précédentes, Démocrates ou Républicaines. Cela a permis au patronat d’ignorer le code du travail en toute impunité. Reagan a aussi fait entrer dans les moeurs le licenciement des grévistes lorsqu’il a licencié les contrôleurs aériens en 1981. De nombreuses grandes sociétés lui ont rapidement emboité le pas… Il en résulta une nette diminution du taux de syndicalisation, qui est passé de près de 20 pour cent dans le secteur privé en 1980 à un peu plus de 7 pour cent en 2006. » – Dean Baker (15)

Reaganomics : une politique fiscale basée sur l’idée que « les riches ne travaillent pas parce qu’ils n’ont pas assez d’argent tandis que les pauvres ne travaillent pas parce qu’ils en ont trop. » – John Kenneth Galbraith

« Selon les mantras de l’Amérique de l’ère Reagan, le système chinois actuel – à la fois capitaliste et autoritaire – ne pouvait pas exister. Le Capitalisme apportait la démocratie, répétaient ad nauseam les apologistes du libre-commerce, les conservateurs, les fonctionnaires du gouvernement et les compagnies américaines qui faisaient des affaires en Chine. Avec un nombre suffisant de Starbucks (chaîne de cafés – NdT) et de McDonalds, et un choix suffisamment large pour les consommateurs, la Chine allait sûrement devenir une démocratie. » – Harold Meyerson (16)

Tout au long du début et jusqu’au milieu des années 80, l’administration Reagan déclarait que les Russes répandaient des produits chimiques partout sur le Laos, le Cambodge et l’Afghanistan – la soi-disant « pluie jaune » – et avaient provoqué plus de 10.000 morts rien qu’en 1982, (dont, en Afghanistan, 3.042 morts attribués à 47 incidents distincts entre l’été de 1979 et l’été de 1981, pour vous dire si l’information était précise…). Le Président Reagan dénonça en personne l’Union Soviétique à plus de 15 reprises dans des documents et des discours. La « pluie jaune », en réalité, n’était que des déjections chargées de pollen produites par d’énormes essaims d’abeilles qui volaient en altitude. (17)

Les célèbres déclarations de Reagan, bis : l’affaire Contragate (un scandale de vente illégale d’armes à l’Iran pour permettre le financement de la guerre des Contras contre le gouvernement Nicaraguayen après que le Congrès US a coupé le financement des Contras) peut se résumer ainsi :

– je n’étais pas au courant
– si j’étais au courant, je n’en savais pas assez
– si j’en savais assez, je l’ai su trop tard
– si je l’ai su à temps, ce n’était pas illégal
– si c’était illégal, la loi ne s’appliquait pas dans mon cas
– si la loi s’appliquait dans mon cas, je n’étais pas au courant

William Blum

Source

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