Publié par : quebecsocialiste | 10 décembre 2010

Wikileaks : l’hypocrisie de l’Occident sur la liberté de presse

«Parfois, la transparence est une forme de totalitarisme.»

-Brice Hortefeux (photo), ministre de l’intérieur français

Cette citation de Brice Hortefeux sur le dernier coup d’éclat de Wikileaks résume assez bien la position hypocrite de l’Occident en matière de liberté de presse et d’expression : illogisme et hypocrisie au service d’un capitalisme élitiste qui n’a plus honte de cracher sur la démocratie. Brice Hortefeux, l’homme qui donne ici des «leçons sur le totalitarisme» à une organisations qui expose au grand jour les secrets diplomatiques du gouvernement (peu transparent) des États-Unis, c’est ce même ministre de l’intérieur français qui se trouve à être le principal responsable (avec Sarkozy) de l’expulsion illégale, il y a quelques mois, de centaines de roms sur la seule base qu’ils étaient roms. Dans les fameuses «démocraties libérales» occidentales, ce sont donc des racistes et des fascistes qui définissent les limites de la liberté d’expression…

Les accusations qui pèsent sur le fondateur et porte-parole de wikileaks, Julian Assange, qu’elles soient fondées ou non, sont loins de constituer le véritable débat. Quand les représentants des états occidentaux impérialistes passent des semaines à diaboliser un individu et que, soudainement, il se fait arrêter, le public a le droit de porter un regard critique sur cette affaire. Aux États-Unis, le sentiment de lèse-majesté impérial est palpable chez l’extrême droite des républicains. En écoutant ces élus républicains affirmer le plus sérieusement du monde que la CIA devrait envoyer un drone «predator» bombarder Julian Assange, donc assassiner un citoyen étranger pour avoir exprimé sa liberté d’expression, «au nom de la liberté et de la sécurité des États-Unis», il y a de quoi être inquiet sur l’avenir que les élites de cet empire en déclin réservent au reste de l’humanité.

À Cuba, la poignée de mercenaires anti-cubains à la solde de Washington qui se font passer pour des « dissidents politiques»  attirent contre le gouvernement de la république de Cuba les aboiements et les condamnations hypocrites des mêmes pseudo journalistes et politiciens bourgeois qui diabolisent à outrance wikileaks et son porte-parole depuis des semaines, même des mois si l’on prend le temps de se souvenir des réactions à peu près identiques à ses dernières révélations sur, par exemple, la torture en Irak. Une fois encore, alors que le «méchant» socialisme cubain laisse des mercenaires engagés par une puissance hostile crier dans les rues de La Havane et au monde entier que leur gouvernement est démoniaque et que Cuba est un enfer (sans preuve ni argument à l’appui, bien entendu), les «bons» des élites néo-libérales occidentales condamnent et réclament la tête du messager d’une organisation qui accompli ce que les grands médias traditionnels de la «presse libre» autoproclamée sont devenus trop paresseux et idéologiquement corrompus pour faire : révéler ce que nos gouvernements cherchent à nous cacher. Vous savez, comme du bon vieux journalisme…

Malheureusement, à la lumière de la façon dont les politiciens et les grands médias capitalistes en font usage, il est aujourd’hui évident que le terme «démocratie» est devenu aussi vide de sens dans la bouche de «nos élites» que d’autres termes pervertis comme par exemple : populisme, presse libre, terrorisme, justice et antisémitisme. Poursuivre Julian Assange pour «espionnage», alors que nous n’avons ici rien de plus qu’un cas de liberté d’expression, est anticonstitutionnel en vertu du premier amendement de la constitution des États-Unis? Eh bien, euh… «Sécurité nationale»! «Terrorisme»!

D’ici peu, les peuples d’Occident devront se réveiller et combattre ces élites bourgeoise, cette aristocratie moderne et ses sbires, qui se sentent invulnérables devant des travailleurs et des travailleuses qui tardent à répondre adéquatement aux abus de ses dirigeants. Si le peuple a le malheur de laisser les conservateurs et l’extrême droite continuer de nous écraser sans craindre de représailles populaires appropriées, il se peut que l’aristocratie moderne ne se sente plus obligée de maintenir une illusion de régime démocratique pour se maintenir au pouvoir. Si les peuples d’Occident ne résistent pas assez pour causer un retour brutal à la réalité pour la classe exploitante, il se peut bien que ce soit elle, inquiète par le déclin de l’empire étasunien, qui nous sonne un réveil brutal en nous privant des derniers droits que la bourgeoisie veut bien nous laisser pour mieux nous garder endormis.

Regardez, en France, en Espagne ou en Grèce : les gouvernements capitalistes n’hésitent pas à envoyer l’armée pour réprimer les travailleurs lorsque ces derniers, fatigués de voir leurs revendications être systématiquement ignorées et balayées du revers de la main par leurs gouvernements «démocratiques», ont le «culot» de désobéir à l’état capitaliste. Les masquent tombent : nous vivons dans une dictature de la bourgeoisie, la classe exploitante, sur le prolétariat, la classe exploitée.

En fait, wikileaks a bien peu d’importance, si on fait la comparaison avec l’image symbolique des élites arrogantes qui ont du mal à dissimuler leur envie de censure à l’endroit de cette organisation qui dérange l’aristocratie des États-Unis et de leurs alliés et sbires.

Il est temps que les travailleurs et les travailleuses de partout s’unissent pour utiliser leur force économique contre les élites qui piétinent nos droits avec mépris!

La révolution, seule solution!

Gabriel Proulx

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