Publié par : quebecsocialiste | 28 juin 2010

G20 : sommet de la honte

Le G20 de Toronto est finalement terminé. Après avoir flambé 1 milliard de dollars pour la répression du peuple, le seul «objectif concret» du sommet de Toronto aura été celui de «réduire leurs déficits de moitié»… Bien entendu, n’attendez pas des pays comme les États-Unis et le Canada qu’ils réduisent leurs dépenses militaires (en hausse). Ce sera, une fois de plus, la classe ouvrière qui devra vider ses poches et écoper de la réduction, de plus en plus alarmante, de nos services publics. Parlant de dépenses et de déficits : pour ce qui est de la visite de la monarque parasitaire et inutile d’Angleterre, les loyalistes canadiens pourront dormir sur leurs deux oreilles : entre les coups de canons, les cérémonies protocolaires, les spectacles d’artistes vendus et la sécurité, le gouvernement fédéral de «la colonie préférée de la reine» ne comptera pas les dépenses. Revenus prévus de cette petite sauterie aristocratique : ZÉRO.

 Bilan de la répression du peuple par les forces policières :

Matraques, policiers sur chevaux, bicyclettes, balles en caoutchouc, canons à eau, canons soniques, gaz lacrymogène et arrestations arbitraires : les forces de répressions avaient carte blanche pour écraser les mouvements de contestation dans les rues de Toronto. Avec un bilan d’arrestations situé entre 900 et 1000 personnes, on parle ici de la plus grande vague d’arrestations arbitraires depuis octobre 1970. Alors que les tribunaux (probablement sur commande du gouvernement conservateur) ont autorisé les forces de répressions à procéder à l’arrestation de quiconque se tenant à moins de 5 mètres du «périmètre de sécurité» et «refusant de s’identifier», ce qui est plus que suffisant comme prétexte pour que la police puisse arrêter de façon arbitraire toute personne se tenant à moins de 5 mètres du dit périmètre (une entorse flagrante à la démocratie et au droit de manifester), il est à noter que plusieurs québécois se sont fait arrêter alors qu’ils ne manifestaient même pas, au moment où ils étaient logés dans un campus, la police prétextant avoir trouvé des briques dans leurs sacs à dos. Il y a plusieurs problèmes avec cette histoire :

Premièrement : priver de liberté un groupe d’individus sur le seul motif qu’ils prévoient participer à une manifestation est totalement opposé au concept de la démocratie. Deuxièmement : aucune image de ces «briques» n’a été rendue publique, ce qui fait que jusqu’à maintenant, la seule «preuve» de l’existence de ces briques ne réside que dans la version de la police, ce qui est loin d’être suffisant, en particulier dans ce contexte. Troisièmement : comment les policiers auraient-ils pu être au courant de la présence de ces briques dans les sacs à dos des manifestants et qu’est-ce qui est censé nous prouver, advenant une preuve crédible de la présence de ces briques dans les sacs à dos des manifestants, que les policiers ne les y auraient pas placé après les arrestations? Le «simple citoyen» se doit de poser ces questions, puisque les grands médias capitalistes ne les posent pas, eux qui ont pris l’habitude de considérer toute déclaration des autorités comme la vérité absolue. Enfin, pour en finir avec ce cas précis : même en supposant que quelques individus étaient en possession de briques (ce qui laisserait encore plusieurs questions sans réponses, comme la possible présence de policiers infiltrateurs en possession de briques sur le campus pour «justifier» l’intervention policière), cela n’est en rien une justification pour l’arrestation de tout le groupe. Nous pouvons donc parler ici d’un cas flagrant d’arrestations arbitraires, une attaque contre l’esprit d’une démocratie.

Pendant que la ploutocratie internationales (l’aristocratie des temps modernes) tenait des «discussions sérieuses» sur les moyens de mieux serrer la ceinture de leurs peuples, les médias nous faisaient découvrir avec grand outrage que 4 voitures de police avaient été incendiées. Un autre développement étrange que ces incendits de voitures : avec 1 milliard de dépenses, on aurait pu être en droit d’attendre rien de moins que la perfection du corps policier… Pourtant, ces voitures ont été abandonnées là, comme ça, au milieu de la rue, alors que ces mêmes policiers, à moins d’être dénués d’intelligence et de tout moyen de communications avec leurs collègues, savaient parfaitement que des manifestants anti-G20, probablement suivis par des anarchistes, allaient passer par là. Cette situation fait penser à une bonne vieille mise en scène. Après tout, le Canada et ses gendarmes n’y sont pas étrangers : c’est comme quand la GRC faisait sauter des granges en ’70 pour faire ensuite porter le chapeau au FLQ.

Ceci ammène le sujet favoris des grands médias bourgeois : la casse. Bien que je ne supporte d’aucune manière le «fracassage de vitrines» comme étant un moyen efficace de faire entendre son opinion, je ne le condamnerai pas non plus, dans ce cas précis, puisque les forces de répressions, combinées à l’arrogance antidémocratique de ce genre de sommet, ont amplement provoqué les masses pour que certains en viennent logiquement à ce type d’actions… Et quand on entend les grands médias capitalistes nous dire qu’il s’agit là de «violence gratuite, assez gratuite même», on se dit que les présentatrices de RDI et de TVA ont la mémoire courte, assez courte même. De la violence gratuite, c’est quand des partisans saouls pillent des boutiques parce que leur équipe a remporté un match important. Pour ce qui est du projet de faire «tomber la clôture» érigée autour du lieu du sommet, les forces de répression et leurs porte-parole des grands médias pourront le décrier tant qu’ils le veulent, Stephen Harper pourra qualifier les protestataires de «voyous» à longueur de journées s’il trouve de telles insultes appropriées pour définir la société civile, il reste que l’idée de faire tomber cette clôture n’a rien de moralement condamnable. La «clôture de sécurité» étant un obstacle au peuple voulant faire entendre sa voix à ses élus et aux leaders des grandes puissances, la clôture se pose ainsi en obstacle à la démocratie, et le peuple possède donc toute légitimité du monde pour se débarrasser de cet obstacle à ses droits démocratiques.

Parlons maintenant des «Black Bloc» les coqueluches des grands médias : une bande d’anarchistes désorganisés qui foutent le trouble et sont reconnus pour se faire facilement infiltrer par les policiers, qui eux foutent encore plus le trouble, invitant leurs collègues casqués et armés jusqu’aux dents à venir tabasser les manifestants pacifiques. Les forces répressives que les anarchistes du Black Bloc se targuent de «combattre» sont, au mieux, amusés par leur existence, qui semble leur rendre la vie plus facile qu’autre chose. Par ailleurs, comme il est écrit plus haut, il n’est pas exclu que des policiers déguisés en Black Bloc aient mis le feu à leurs propres voitures pour justifier une escalade de répression. Il n’y a rien de plus à dire sur le Black Bloc, il est évident que les grands médias se focalisent sur leur présence au G20 uniquement pour mieux passer sous silence les revendications des manifestants, qui se trouvent ainsi diabolisés par une couverture médiatique aussi médiocre et unilatérale.

Alors que Toronto a créé un «tribunal spécial» pour juger les victimes de la brutalité policière du G20, mesure hautement antidémocratique rappelant les «tribunaux d’exception» du camp de concentration U.S. de Guantanamo, il est à souligner que les médias internationaux n’ont presque uniquement eu que des mauvais commentaires pour le G20 de Toronto et son organisation.

Alors que certains se moquent des coups démesurés d’un milliard de dollars, qui a tout de même échoué à empêcher des «casseurs» de brûler des autopatrouilles de police en pleine rue (à moins que la perte de ces voitures n’ait été compté d’avance dans le budget pour pouvoir justifier le reste, on ne sait jamais…), nous avons également appris que les «preuves accablantes» (masques à gaz, briques, marteaux, etc.) présentées par la police de Toronto comme des trophées, ne venaient pas toutes des manifestants, mais avaient été ajoutées là pour faire plus «sensationnel»…

En Inde, le journal Hindu a parlé d’une ville ressemblant à un État policier, pendant que le journal britannique The Guardian faisait des événements violents la principale nouvelle internationale de son site internet et commentait l’arrestation de Jesse Rosenfeld, un journaliste canadien collaborateur du journal. Selon des témoins, ce dernier aurait été frappé à coups de poing par la police. Voilà «les bénéfices médiatiques» annoncés par le gouvernement Harper. En effet, les touristes devraient «affluer»… ailleurs…

Bref, les journalistes ont des raisons d’être indignés de la violence, aussi extrême qu’aveugle, des policiers de Toronto et de la GRC lors du sommet, désormais une véritable honte pour le Canada. Notez bien que pendant que des journalistes indépendants se faisaient tabasser par les forces de répressions de Toronto, des médias canadiens de droite, mais aussi des médias québécois fédéralistes, félicitaient le «professionnalisme» des policiers, le minable Maxime Landry (de Quebecor) disant des manifestants arrêtés sans motifs valables (arrestations arbitraires) qu’ils «font face à la justice» en montrant au public des images sorties de leur contexte et des policiers tirant du gaz lacrymogène sur des manifestants, que le public saurait qu’ils étaient pacifistes s’il avait eu accès à toute l’histoire (disponible sur youtube, par exemple), que des médias comme ceux de Quebecor se refusent à montrer à la population. «Et vive la presse libre!»…

Enfin, pour ce qui est des policiers à bicyclettes, présentés comme «plus sympathiques» par les grands médias complaisants, on en reparlera quand ces mêmes policiers à vélos arrêterons de se servir de leurs bicyclettes comme des armes…

Sur le sommet lui-même :

Le président français, Nicholas Sarkozy, qui est loin d’être un allié du peuple, a pourtant confirmé tout haut ce que tout le monde pense tout bas : le G20 de Toronto n’avait pas de réelle importance, puisqu’il n’a été organisé que sur la seule demande du gouvernement du Canada, qui ne pouvait se contenter du G8. Le président qui s’est retrouvé à la tête de la France grâce au soutien de l’extrême droite en deuxième ronde, est même allé jusqu’à se vanter, avant même la fin du sommet, que la France pourra accueillir, l’année prochaine, les mêmes deux sommets du G8 et du G20 pour dix fois moins cher. Même les alliés du gouvernement Harper ne peuvent s’empêcher de se moquer de son incompétence, c’est tout dire…

Note sur le G8 :

En connaissant la situation économique du monde actuel, l’un ne peut que s’apercevoir assez rapidement de l’inutilité du G8, la mafia de l’ONU. Il est probable que ce groupe n’existe encore que pour ne pas froisser l’Italie (état le plus endetté d’occident) et le Canada (plus faible population du G8), qui économiquement, sont aujourd’hui bien loins derrière des pays dits «émergeants» comme la Chine, l’Inde et le Brésil. Le monde change, et le Canada régresse sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Vivement un nouveau pays dans ce monde en plein changement : le Québec.

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Responses

  1. Voici le choquant témoignage de Lacy MacAuley, une jeune pacifiste en provenance de Washington D.C., qui a été agressée, étranglée et humiliée par deux policiers noirs de plus de 6 pieds, lors du G20 de Toronto, qui l’ont ensuite accusé « d’assaut contre des policiers » alors qu’elle était menotée et violentée par les gorilles fascistes et vulgaires, habillés en civils, il faut le noter.

    L’histoire ne s’arrête pas là et, même si ce témoignage n’est disponible qu’en anglais, je recommande à ceux qui le peuvent de la lire, afin de se faire encore une meilleure idée des violations massives des droits de l’homme qui ont eu lieu durant le G20 de Toronto, sommet de la honte pour le Canada de Stephen Harper et l’Ontario de Dalton McGuinty. Plusieurs vidéos sont également disponibles sur youtube. Voici donc le lien vers le témoignage écrit de Lacy MacAuley :

    http://toronto.mediacoop.ca/story/story-my-arrest-detainment/3997

    Le Canada est-il sur le point de se transformer en état policier fasciste? Le seul moyen d’être certains de s’en prémunir, ici, c’est l’indépendance du Québec.


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