Publié par : quebecsocialiste | 9 juin 2010

Les États-Unis ont raison de la volonté populaire japonaise

(Le nouveau premier ministre japonais, Naoto Kan)

C’est maintenant officiel : le Japon n’aura pas droit à son « change we can believe in ». Yukio Hatoyama, le premier ministre japonais qui avait été élu avec la promesse de réformer le Japon et de revoir les relations Japon-USA dans le but d’être respecté dans sa souveraineté nationale par l’empire en tant que nation égale. Sa principale promesse consistait à faire déménager la très impopulaire base U.S. d’Okinawa, où les soldats yankees transgressent sur une base régulière les lois nippones, s’étant rendus coupable d’innombrables agressions contre les civils japonais locaux, lors de leurs sorties de la base.

Les USA s’étant montrés intransigeants sur toute la ligne, avec l’arrogance impériale qu’on leur connait, le PM Hatoyama a dû annoncer à son peuple qu’il ne pouvait remplir la principale promesse de son mandat. L’homme en qui le peuple japonais a placé ses espoirs de changements, le premier social-démocrate à avoir jamais dirigé le pays, a par la suite vu sa popularité chuter drastiquement sous la barre des 20%, à un point tel où il n’eu d’autre choix que de démissionner pour avoir failli à sa tâche, ainsi que pour sauver son parti. On apprécierait bien un pareil sens de l’honneur chez nos élus au Québec…

Maintenant qu’Hatoyama n’est plus dans le décor, c’est Naoto Kan, un faucon du parti, qui a pris le pouvoir. Alors que son prédécesseur a quitté ses fonctions pour ne pas avoir tenu ses promesses, le nouveau PM Kan s’est empressé d’annoncer que les promesses de son parti étaient bien mortes, et que « l’ère de changement » est terminée. Naoto Kan a ainsi cyniquement annoncé à son peuple qu’il allait remettre l’alliance à sens unique de son pays avec les USA à sa place d’importance, au centre d’une politique étrangère nippone axée sur ce que Washington attend d’elle. Du même souffle, Kan a annoncé à son peuple qu’il allait, lui aussi, devoir « se serrer la ceinture » pour racheter les erreurs des bourgeois du pays. Il est maintenant légitime de s’attendre à une baisse importante du taux de participation aux prochaines élections japonaises, ce qui devrait occasionner une poussée du parti Communiste du Japon, lui donnant une meilleure tribune pour exposer ses alternatives à la population.

Au final, toute cette histoire ne sert qu’à montrer qu’une fois de plus, les États-Unis refusent de respecter la démocratie lorsque celle-ci va à l’encontre de ses intérêts impérialistes. Il est malheureux de constater que le Japon, une nation possédant pourtant culture aussi magnifique que variée, devra encore, pour l’instant, voir sa politique étrangère être inféodée aux USA, qui ont, l’histoire nous le rappelle, massacré des millions de civils japonais durant la 2e Guerre Mondiale, en plus d’y avoir procédé aux deux seuls bombardements nucléaires de l’histoire, ceux d’Hiroshima et de Nagasaki, les deux crimes de guerre les plus odieux de l’histoire de l’humanité…

Pendant qu’ici, au Québec (et de manière plus générale, en occident), les politiciens libéraux s’obstinent à se moquer de la volonté populaire avec arrogance et mépris, après nous avoir menti, notamment, sur l’état de l’économie et de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec, et après nous avoir ruiné avec leur corruption à peine voilée, il faudrait saluer l’ex PM japonais, pour avoir au moins eu la décence de démissionner après avoir brisé les promesses de son mandat.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :