Publié par : quebecsocialiste | 29 avril 2010

L’état de l’enseignement au Québec en 2010

En ces temps où les travailleurs et les travailleuses revendiquent plus fort que jamais de meilleures conditions de travail, et alors que le gouvernement libéral de Jean Charest demande à ces mêmes travailleurs de « se serrer la ceinture », il serait temps de recentrer notre regard sur un secteur où les travailleurs sont habitués depuis un bon moment à se serrer la ceinture : l’enseignement.

Depuis déjà plusieurs années, il est de notoriété publique que le secteur de l’enseignement au Québec est mal en point. Cela fait des années que les enseignants, ces travailleurs essentiels à l’épanouissement de nos enfants, qui formeront les générations futures, tirent la sonnette d’alarme. La fameuse « réforme » du système scolaire, amorcée sous le gouvernement péquiste et poursuivie avec entêtement par le gouvernement libéral, est un échec patent. Pour ce qui est des professeurs, leur constat ne laisse aucune place au doute, surtout au primaire : les écoles manquent de financement, l’apprentissage du français est de plus en plus bâclée, les classes sont surpeuplées, et les professeurs qui tiennent réellement à l’épanouissement de leurs jeunes élèves doivent souvent débourser de leurs propres poches pour pouvoir offrir des sorties et des activités dignes de ce nom à leurs élèves, entre autres problèmes… Et dire qu’il y en a pour dire qu’il faudrait couper et « dégraisser » dans ces services… Ont-ils si peu d’estime pour les enfants des autres? Ce sont eux qui devront vivre avec les décisions de « l’élite » d’aujourd’hui. Il serait peut-être temps qu’on leur donne du support.

Le gouvernement libéral, dans le cadre de son dernier budget (le pire de l’histoire récente du Québec), a eu l’occasion de corriger le tir et d’aider les travailleurs du secteur de l’enseignement à mieux faire leur travail. Voici quelques chiffres révélateurs sur les alternatives qui étaient possibles pour le budget 2010 du Québec, mais que le gouvernement libéral et son favoritisme pour le secteur privé (secteur que le gouvernement continue de subventionner en ces « temps difficiles » malgré qu’il n’en n’ait aucunement besoin), a refusé obstinément d’examiner :

« Finances publiques

Le Québec a les moyens d’investir en éducation

Le gouvernement Charest nous dit qu’il n’a pas le choix :

Il affirme qu’il lui manque 5 milliards de dollars pour boucler son budget; que la population du Québec doit faire des sacrifices; (…)

Le gouvernement Charest a fait son choix :

Il a réduit les impôts des plus fortunés; il veut hausser la taxe de vente (TVQ) et les tarifs et introduire des tickets modérateurs; (…)

Le gouvernement Charest n’expose pas tous les choix!

Il pourrait, par exemple :

–      1) augmenter l’impôt des plus fortunés : 1,2 milliard $ de revenus;

–      2) Hausser de 3 % l’impôt des sociétés : 1,1 milliard $ de revenus;

–      3) Rétablir la taxe sur le capital pour les institutions financières : 706 $ millions $ de revenus;

–      4) Augmenter les tarifs préférentiels d’électricité des grandes entreprises de 1 cent le kilowattheure : 700 millions $ de revenus;

–      5) Percevoir les redevances minières auxquelles il a droit : 340 millions $ de revenus.

Revenus additionnels : 4,286 milliards $

( Il pourrait aussi : )

–      1) Ramener les subventions directes aux entreprises privées au niveau de celles de l’Ontario : 3 milliards $ d’économies;

–      2) Réduire la surfacturation des grands travaux publics : 1,2 milliards d’économies;

–      3) Abolir les subventions aux Écoles privées : 86 millions $ d’économies.

Économies annuelles : 4,286 milliards $

Marge de manœuvre possible, au moins : 8,332 milliards $

Le gouvernement ment : il veut démanteler les services publics. Il favorise les intérêts du secteur privé.

Maintenir les services publics, c’est un choix qui s’impose!

Le Québec doit investir en éducation. »

Source : Fédération autonome de l’enseignement (FAE), dans un article paru dans « Le Devoir » du 28 mars dernier.

La grève des chargés de cours de l’UDM

Il n’y a pas si longtemps avait lieu une grève des chargés de cours de l’Université de Montréal. La presse dominante a beaucoup parlé des étudiants et de leur session en péril, finalement sauvée. Il faut dire que c’est la direction, le patronat, qui avait pris les étudiants en otage pour faire pression sur ses employés, qui étaient loin d’être heureux de devoir se retrouver en grève, mais qui ont dû tout de même le faire par nécessité, dans le cadre du renouvellement de leur convention collective. Encore une fois, Michelle Courchesne, la ministre de l’éducation, n’a pas brillé par son leadership. Au fond, il ne serait pas mal placé d’affirmer que la mauvaise situation dans laquelle se trouve l’enseignement au Québec en 2010 pourrait être dû au fait que le système scolaire se trouve sous la juridiction de l’une des pires ministres du gouvernement Charest.

Beaucoup s’entendent pour dire que le gouvernement Charest devrait donner sa démission pour tous les scandales dans lesquels il s’est empêtré, ne serait-ce que par respect pour la population québécoise… Mais s’il fallait y aller en ordre, en fonction des priorités, la ministre Courchesne devrait être la première à démissionner, non seulement pour son mépris envers les étudiants dans le dossier des frais de scolarité (entre autres reproches qu’il serait légitime de lui adresser), mais surtout, pour le bien de l’éducation des québécois et des québécoises.

-Gabriel Proulx

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