Publié par : quebecsocialiste | 25 mars 2010

Interview avec René Gonzalez, un des 5 prisonniers politiques cubains aux États-Unis

René González, un des cinq prisonniers politiques cubains aux États-Unis, interviewé par la BBC

René González, fait partie des « Cinq », un groupe d’agents envoyés aux Etats-Unis par Cuba, pour infiltrer les groupes d’exilés cubains qui, selon La Havane, préparaient des attentats terroristes contre le gouvernement de Fidel Castro.

Les Cinq ont été arrêtés à Miami en 1998, et ils ont été jugés coupables de s’être infiltrés dans les bases militaires des Etats-Unis et dans des groupes d’exilés cubains, et d’avoir passé des informations à Cuba.

M. Gonzalez a été condamné à 15 ans de prison. La Havane déclare que les Cinq sont des prisonniers politiques et demande à l’administration d’Obama de les libérer.

Or, la Cour Suprême des Etats-Unis a refusé de revoir l’affaire l’an dernier, mettant un terme ainsi à leurs espoirs de révision.

M. González a parlé avec un journaliste de la BBC, depuis sa cellule de la prison de Marianna, en Floride, lors d’une rare interview.

Extrait de son interview avec Matt Frei, de la BBC

Je suis entré en contact avec certaines des organisations à Miami qui, depuis des années, ont mené des actions violentes contre le gouvernement de Cuba. J’ai contacté Brothers to the Rescue (Frères à la rescousse, une organisation extrémiste située aux Etats-Unis, opposée au gouvernement de Fidel Castro) et d’autres organisations avec des noms magnifiques, mais qui en réalité se consacrent à commettre des actions violentes contre Cuba […] Mon travail était d’informer le gouvernement cubain de leurs activités.

Nous n’apprécions pas l’utilisation du terme « espionner », car ce terme est facilement manipulable. En Droit, « espionner » signifie rechercher les renseignements secrets d’un gouvernement […] Je n’espionnais pas un gouvernement. Je dirais que je travaillais sous couverture dans certaines organisations criminelles.

Il est injuste de maintenir quelqu’un en prison pour avoir lutté contre le terrorisme. J’ai informé mon gouvernement sur des activités terroristes, et je me retrouve condamné à… 15 ans de prison. Ce serait de la folie si cette condamnation n’était pas hautement politique.

Refus à son épouse du visa pour lui rendre visite.

Mon épouse ne m’a pas vu depuis 8 ans, et celle de Gerardo Hernandez ne l’a pas vu depuis 12 ans. C’est une des manœuvres les plus cruelles que le gouvernement des Etats-Unis a utilisées contre nous. Je ne sais pas : peut-être tentent-ils de détruire nos couples pour nous briser le moral. C’est très cruel. La dernière fois que j’ai vu Olga, c’était pour mon anniversaire, en 2000, et Gerardo, la dernière fois qu’il a vu Adriana, c’était en 1997 ou 1998.

Elle a sollicité le visa 8 fois et 8 fois, on le lui a refusé. Les raisons varient, mais en gros, ils lui disent qu’elle est une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis.

La vie en prison au début et aujourd’hui

Après notre arrestation, nous avons été placés en cellule d’isolement […] le traitement était très dur. C’était un des moyens utilisés pour nous diviser. Cela a duré 17 mois, mais cela fait partie du passé maintenant. Je suppose que c’était leur façon de concevoir leur travail afin de nous faire céder avant le procès. Ensuite, nous sommes allés dans des prisons « normales ».

Je traite tout le monde avec impartialité et je reçois le même traitement en retour.

Certains prisonniers sont plus au courant que d’autres des problèmes politiques, ils me posent des questions et essaient de comprendre mon point de vue.

Obama et les relations entre Cuba et les États-Unis

A une époque, j’ai eu quelques espoirs, pour sa façon de s’exprimer et de se présenter. Mais à mon avis, il a été un peu trop sensible à l’aile droite de son pays. Et en ce moment, je ne vois aucune amélioration.

Ils demandent des concessions au gouvernement cubain que nous ne pouvons pas accepter […] nous n’imposons aucune condition à leur gouvernement pour améliorer les relations. Ce que nous voulons c’est maintenir des relations normales, dans le respect du système de chacun. Nous n’essayons pas de renverser leur gouvernement, nous ne faisons aucune pression pour un changement de régime aux États-Unis. Nous avons notre propre gouvernement et ils devraient respecter cela.

Ma génération a vécu pendant des années sous les agressions des Etats-Unis contre Cuba – nous parlons de terrorisme, de bombardements, de fusillades – si bien que ma génération comprend très bien que nous avons le droit de défendre Cuba contre tous ces crimes. Ainsi, ce n’est pas seulement le gouvernement cubain, mais toute la société qui comprend notre cause. Et personne à Cuba ne serait d’accord pour rétablir des relations normales avec un pays qui maintient cinq de ses fils en prison pour avoir défendu leur patrie.

BBC∕traduit de l’espagnol par Gloria González Justo

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