Publié par : quebecsocialiste | 8 mars 2010

Amérique latine : désinformation des grands médias sur toute la ligne

Nous avons appris récemment qu’en décembre dernier, une fosse commune contenant les corps de plus de 2000 opposants politiques au régime en place en Colombie a été découverte par un groupe de parlementaires britanniques et de militants des droits humains près du village de La Macarena (Colombie). On parle de la plus grande fosse commune de l’histoire récente de l’Amérique latine, une découverte macabre qui doit impérativement être communiquée au monde afin de le mettre au courant des atrocités commises par le régime de Bogota, un état militaire brutal, aujourd’hui dirigé par le narco-trafiquant Alvaro Uribe, un valet de Washington qui n’a que le mot «terroriste» en bouche. Eh bien, sachez que pas un article, pas un reportage, pas un mot n’a été dit ou écrit dans les «mass médias» occidentaux sur cette affaire. Aujourd’hui comme jamais, il semblerait que l’auto-proclamée «presse libre» a l’indignation sélective en fonction du pays, ou plutôt de l’orientation géopolitique de l’état concerné.

Là où l’hypocrisie frappe particulièrement fort, c’est quand il s’agit de Cuba et du Venezuela, ces éternelles «bêtes noires», qui ne peuvent éternuer sans que les vierges offensées des grands médias privés ne crient au scandale et au «despotisme de la main de fer gauchiste», ou au contraire, durant la crise du coup d’état militaire de l’oligarchie au Honduras, officiellement l’année dernière, mais qui continue toujours de faire des morts parmi les opposants, bien que ces derniers ne soient jamais passés près de recevoir la compassion que les médias réservent habituellement à des mercenaires politiques comme la «blogueuse» Yoani Sanchez, qui crache jour et nuit sur Cuba et son système politique, alors qu’elle y vit aisément sans travailler et sans être embêtée par les «monstres» qu’elle dénonce sans le moindre argument à l’appui, tout en profitant des services gratuits de l’île socialiste. De la compassion, les grands médias privés occidentaux en tout autant à des putshistes avoués, comme les faux journalistes de RCTV, au Venezuela.

À l’évidence, un mercenaire cubain qui se lamente vaut plus aux yeux des médias capitalistes que les plus de 100 morts parmi les opposants politiques honduriens depuis juin dernier. Aux yeux des médias capitalistes, un mercenaire cubain, déguisé en prisonnier politique malgré qu’il se soit retrouvé là pour des crimes communs comme l’escroquerie, qui se suicide en prison, vaut tous les hommages et une exploitation médiatique vulgaire comme seuls nos grands médias privés savent le faire, alors que les milliers de morts dans les rangs de l’opposition pacifique au gouvernement fasciste colombien ne méritent même pas un mot dans ces mêmes médias hypocrites. Lorsque j’ai écrit un commentaire sur le forum de Radio-Canada leur demandant, bien poliment et selon les règles, sur un article portant sur l’Amérique latine, pourquoi ils ne parlaient pas de cette découverte importante en Colombie, ils ont préféré me censurer au lieu de me répondre ou de laisser les autres lecteurs de leur site en prendre compte. «Et vive la presse libre»…

Là où je veux en venir, en marge des événements de Colombie, c’est la mort du prisonnier cubain Orlando Zapata Tamayo, qui a défrayé les manchettes occidentales il y a environ 2 semaines. Mise à part leur éternelle et hautement hypocrite «consternation», les «mass médias» n’ont aucunement parlé des motifs derrière la grève de la faim mortelle de Zapata. Entre autres choses, ce prisonnier de droit commun, ce criminel reconnu coupable d’escroquerie et d’agression (entre autres crimes) ne demandait rien de moins qu’un téléphone cellulaire, la télévision et une cuisine avec accès à de la nourriture à laquelle un prisonnier ordinaire de n’importe quelle prison du monde ne pourrait que rêver. C’est suite à ces demandes d’accommodements déraisonnables que les mercenaires de «l’opposition cubaine», payés à même les coffres de Washington, ont convaincu Zapata d’entamer une grève de la faim, ce qui lui permettrait de devenir un «martyr» de l’opposition, qui ne s’est pas gênée pour ensuite exploiter sa mort programmée bien au-delà des limites de l’indécence. Son cerveau lavé par les mercenaires de la maison blanche, tel les jeunes iraniens convaincus par le régime théocratique d’aller se «battre», parfois presque à mains nues, contre les tanks de Saddam durant la guerre Iran-Irak, Zapata trouva ainsi un «sens» à sa vie en se laissant mourir de faim pour une bande de mercenaires, traîtres à leur patrie, qui n’attendaient que cette mort inutile pour lancer une nouvelle campagne anti-Cuba dans les médias occidentaux…

Et comme d’habitude, les médias occidentaux firent leurs choux gras de cette occasion de «Cuba bashing» sans trop se poser de question, puisqu’après tout, ce n’est pas la conscience journalistique, mais bien leurs patrons bourgeois, qui donnent les ordres et dictent la ligne éditoriale.

Pour d’autres articles sur le sujet :

Cliquez ici pour un article d’Yvette Guevara paru en français sur Le Grand Soir;

Cliquez ici pour un autre article de Le Grand Soir, une lettre ouverte au journal de droite français Le Monde, qui compare la situation dans les prisons cubaines à celle des prisons françaises et états-uniennes;

Cliquez ici pour un article du Monde diplomatique;

Cliquez ici, finalement, pour un article de Salim Lamrani.

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