Publié par : quebecsocialiste | 18 décembre 2009

Victoria : les jeunes années d’une génocidaire

Queen Victoria 1887.jpg
 
(Elle brûle en enfer)
 
 Ça y est, mon pire cauchemar sur le plan culturel s’est réalisé : Un film faisant l’éloge de la reine Victoria va être distribué au Québec, de mon vivant. Attendez, il y a pire : c’est un monarchiste fini québécois qui a réalisé ce navet en devenir : Jean-Marc Vallée, plus connu pour son film « C.R.A.Z.Y. » … Il faut en effet être soit fou, soit volontairement malhonnête pour tenter de vendre cette… cette « chose » au peuple québécois sans même aborder le fait que cette vieille monarque a été, de son temps, un véritable bourreau pour le peuple québécois, ainsi que pour tous les peuples qui ont eu le malheur d’être occupés et colonisés par l’empire britannique, entre autres puissances impérialistes.
 
En entrevue, Vallée ne se gêne pas pour nous étendre sa vision loufoque de la monarque : « Victoria avait une attitude rock, les Britanniques ont ça dans l’âme. À l’époque, elle se disait elle-même moderne en reniant Mozart, Beethoven, Schubert et les autres. » Il renchérit, sur ses goûts musicaux : « Elle riait de ceux qui n’aimaient pas cela; elle était baveuse pour une petite fille de 18 ans. » C’est fou, même au plan culturel, je n’ai que du mépris pour cette intolérante baveuse de bas étages. Pour le reste, dire que la reine Victoria était une « rebelle » équivaut à une insulte à la mémoire de tous ceux qui se sont bravement opposés à son règne à travers l’empire. Quel était donc le sort réservé à ceux qui se rebellaient contre la « reine rebelle » (comme Vallée l’appelle amicalement)? Ils se retrouvaient au bout d’une corde, les pieds dans le vent. Il n’y rien de « rebelle » ou de « romantique » là-dedans, « Mister Vallée ».
 
Pour parler du film, qui se passe précisément à l’époque de la révolte des patriotes, n’attendez pas de condamnation des actes de l’empire. Vallée, en bon petit monarchiste, en est incapable. Si je fais confiance aux critiques et à la bande annonce, « Victoria : les jeunes années d’une reine » se concentre sur deux aspects de ses premières années de règne, qui vit pourtant la production du rapport Durham, dont l’esprit nous condamnait à l’esclavage et l’application complète aurait rendue impossible la production de son fameux C.R.A.Z.Y. (la culture québécoise aurait dû cesser d’exister) : Premièrement, il y a l’idée selon laquelle sa désignation comme monarque de l’empire par son oncle, Guillaume IV, la faisait se sentir « prisonnière » et « malheureuse ». Dans cette première moitié du film, toujours selon les critiques, on se concentre sur sa relation difficile avec sa mère, la duchesse de Kent, qui aurait aimé se retrouver sur le trône à la place de sa fille. Le deuxième aspect, qui se matérialise dans la deuxième moitié du film, est la romance entre Victoria et son cousin, le prince Albert (frère du monaque Léopold 1er de Belgique). Non content de nous présenter sans honte un film faisant l’éloge de notre bourreau historique, qui fait partie du « top 20 » des pires génocidaires de l’histoire, et de la présenter comme une pauvre petite martyre lors de la tentative d’assassinat à son endroit en 1840 (qui est, toujours selon la critique, non conforme à l’histoire) Vallée vient aussi glorifier l’inceste à grands coups de romance « cul-cul ». Pour ce qui est des faits historiques découlant de cette « romance », il faut savoir que Victoria a poussé sa relation incestueuse jusqu’à pondre neuf enfants à son cousin, des enfants qui auront divers problèmes de santé, dont trois qui sont nés avec le gêne de l’hémophilie. Un autre fait important sur la reine Victoria dont il ne sera pas fait mention dans ce film : lors de la guerre de sécession des États-Unis, elle a pris position en faveur des sudistes et de l’esclavage. Une « reine rebelle » ce monstre? C’est ça ouais…
 
Certains aveugles défendront futilement Vallée en prétendant que « The Young Victoria » (titre anglais original) n’est qu’une autre production hollywoodienne sans âme et sans valeur historique. C’est un fait. Par contre, pourquoi cela rendrait Jean-Marc Vallée moins complice de cette horreur? Il dit lui-même, dans son entrevue au journal Voir, qu’il a jouit des « moyens d’être créatif ». La critique du journal Voir, en passant, a été beaucoup plus enthousiaste que les autres, celle de La Presse jugeant la deuxième moitié « romantique » bien tiède. De plus, sur la gauche et ceux qui souhaitent la disparition de cet anachronisme qu’est la monarchie, Vallée y va de ces mots : « je trouve qu’ils (la famille royale parasitaire) font du bien. Ils font rêver, bien sûr, mais surtout, ils mettent leur vie au service de plusieurs causes. Ils ont beau nager dans le fric (des fonds publics) et vivre dans des châteaux, je ne voudrais pas être à leur place (…) Évidemment, l’aile gauche, qui est antimonarchiste et veut se débarrasser de cette institution-là (antidémocratique), n’a rien voulu savoir du film. Comme il présente un beau portrait de la reine Victoria (génocidaire) et sa romance avec Albert, la gauche l’a forcément mal pris. » Pas juste la gauche Jean-Marc, pas juste la gauche… À part du Québec, où ton film sera détesté par au moins 70% de la population, soit ceux qui veulent « se débarrasser de cette institution-là », va donc vanter la reine en Inde, devant des gens qui connaissent l’histoire de leur pays. La fameuse « époque victorienne » de prospérité pour la Grande-Bretagne a été le fruit du pillage des ressources de l’Inde et des autres colonies. En Tasmanie, la population aborigène a été carrément exterminé. En Australie aussi, c’était loin d’être rose pour les premiers occupants. Vallée, qui semble pratiquement vénérer la reine et la famille royale, devrait s’informer un peu mieux sur l’histoire et sur le monde qui l’entoure, au lieu de se laisser charmer par des histoires déconnectées de cours royale et de monarques, qui vivaient dans le luxe pendant que le peuple crevait de faim.
 
Pourquoi pas un film plein d’éloges sur Staline, ou sur Mussolini tant qu’à y être? « Mussolini : les années rebelles du père du fascisme » Ça sonne bien, non? Silvio Berlusconi serait tellement heureux de voir son idole se battre et participer à des duels au grand écran qu’il en oublierait peut-être qu’il s’est fait casser la gueule.
 
Au final, je dirai que Jean-Marc Vallée a beau avoir réalisé « C.R.A.Z.Y. », ça n’enlève rien au fait que « The Young Victoria » est une insulte non seulement envers le peuple québécois, dont il est issu, mais aussi une insulte pour tous les peuples qui ont subi l’oppression des puissances coloniales et impérialistes. L’opinion sur ce film d’un « gauchiste » antimonarchiste, indépendantiste et opposant de l’impérialisme : Alexandrina Victoria of Hanover ne mérite en aucun cas un film faisant son éloge. En fait, il aurait été bénéfique pour l’humanité qu’elle ne voit jamais le jour. Rien qu’à voir la façon dont il est annoncé, je donne à ce film la côte de ZÉRO étoiles et j’appelle tous les québécois et toutes les québécoises à boycotter ce film royaliste de mauvais goût! Aidons à faire de ce film un navet et donnons ainsi une bonne leçon à Jean-Marc Vallée pour nous avoir tous insulté!
 
Pour le lien vers l’interminable article du journal Voir que je cite plus haut, qui nous en apprends encore plus, par son enthousiasme, sur le royalisme vulgaire dont fait preuve Jean-Marc Vallée, cliquez ici.
Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :