Publié par : quebecsocialiste | 19 août 2009

Martineau, l’histoire et l’hypocrisie

Ahhhh… J’aime l’histoire! Une source inépuisable de conseils sur ce qu’il ne faut pas faire, ou au contraire, sur ce qui devrait se répéter de nos jours afin d’améliorer le monde. Vous êtes-vous déjà mis à feuilleter un livre traitant d’une période marquante de l’histoire avant de vous demander: « Et si? » « Et si Staline n’avait jamais pris le pouvoir? » « Et si les alliés avaient perdu la première guerre mondiale, le nazisme aurait-il vu le jour du côté des vaincus? » « Et si Israël avait été placé sur un territoire qui n’était pas déjà occupé, cet état vivrait il en paix? Le monde arabe serait-il en paix et libéré des monarchies religieuses archaïques, si le joug de l’oppression étrangère ne pesait pas en permanence sur eux? » « Et si le Che avait triomphé en Bolivie, l’impérialisme occidental se serait-il effondré comme un château de cartes? » « Et si? »…

En tout cas, une chose semble évidente à la lecture du torchon du jour (19 août 2009) de Richard Martineau: Il aurait bien aimé que le mouvement de Mai 68 ne voit jamais le jour! En effet, comme c’est le cas à chaque fois qu’il manque d’idée pour ses chroniques nauséabondes dans le Journal des Scabs De Montréal, Martineau s’en est pris aujourd’hui aux « méchants hippies ». Comment s’y est-il pris, pour cette énième attaque? En nous citant des extraits soigneusement sélectionnés d’un livre, écrit par Virginie Linhart, qui « donne la parole » à une poignée de femmes qui auraient préféré être élevées à l’époque du « bon vieux temps ». Avant de commencer la citation des opinions de ces femmes, dont une en particulier paraît névrosée (même si aucune n’est nommée, ce qui n’aide vraiment pas dans le département de la crédibilité), j’aimerais souligner le ridicule de l’esprit même de cette chronique: L’opinion personnelle d’une personne qui recueille les opinions personnelles d’une poignée d’autres personnes pensant comme elle, serait censée complètement discréditer un évènement historique de la trempe de Mai 68, qui a fait évoluer la pensée du prolétariat au point de faire s’effondrer l’influence de l’église catholique sur le prolétariat occidental? Parlant de cette époque sombre, que sommes-nous censés comprendre dans le « raisonnement » de Martineau, qui est laïc à l’extrême? Serait-ce parce qu’il est frustré par le fait historique indéniable que c’est la gauche, qu’il déteste à en être obsédé, qui a fait tomber le dogme étouffant de l’église (une autre chose qu’il est fier de détester) sur notre territoire, ou bien est-ce qu’en fait, en crachant ainsi sur la mémoire de la « révolution des moeurs » et les gens nostalgiques de cette époque, il nous montre son vrai visage: Au fond, mis à part son mépris pour la religion, il aurait peut-être bien aimé vivre, en vendu du système qu’il est, à cette belle époque où « la masse ignorante » prenait son trou et où les « forces de l’ordre » matraquaient les travailleurs qui avaient le « culot » de demander assez d’argent pour nourrir leurs familles. Ceci étant dit, commençons, commentaires constants à l’appui:

« Mes souvenirs les plus marquants restent attachés à la liberté sexuelle, confie une femme. Tout le monde à poil tout le temps, on ne fermait pas la porte des toilettes. Ça me rendait mal à l’aise. » … Que voulez vous? C’est dans notre nature tout ça…

« Les enfants faisaient tout ce qui leur plaisait: on mangeait ce qu’on voulait quand on voulait, on ne nous disait jamais d’aller nous coucher. On vivait dans un capharnaüm épouvantable. » … En quoi est-ce différent des enfants d’aujourd’hui!?

« Résultat: aujourd’hui, je suis une maniaque du rangement. Je n’arrive pas à m’endormir si la vaisselle n’est pas faite… » C’est son droit, mais si ce trait de personnalité la rend malheureuse (c’est assez flou dans la citation), il existe de l’aide pour ça.

« Mes parents ne s’occupaient jamais de nous, dit une autre femme. Il n’y avait pas de jouets à la maison, pas de règles, aucune autorité parentale. Je me rends compte aujourd’hui que ça m’a terriblement manqué. » C’est bien triste tout ça, mais je cherche encore la partie censée « prouver » que le « Flower Power » a été nocif pour l’humanité…

« On se couchait tard, les amis de mes parents dormaient sur des matelas par terre. Pour eux, c’était la liberté, mais moi, ça m’angoissait. On errait de pièce en pièce pendant que les adultes discutaient de politique et se faisaient un trip. » … Des gens qui dorment sur des matelas par terre et discutent de politique… Le mal incarné quoi.

« Maintenant que j’ai des enfants, je suis tout le contraire de mes parents : j’organise des activités pour mes enfants. La politique m’emmerde. Et je suis obsédée par l’idée que les enfants ne doivent pas être mêlés aux problèmes, aux états d’âme et à l’intimité des adultes. » Le cynisme envers la politique est donc encouragé dans ce livre… Martineau peut bien avoir aimé ce bouquin…

« La liberté du couple et des moeurs, c’était infernal, lance une troisième femme. Quoi qu’en disent les révolutionnaires, c’est quand même positif, les règles, pour maintenir le cadre familial ! Mon père présentait ses copines à ma mère, ma mère était avec deux hommes à la fois… J’ai encore dans la tête des bruits amoureux que je n’aurais jamais dû entendre et je me vois en train de chercher le sommeil en mettant ma tête sous l’oreiller… » Oh franchement! Entendre ses parents faire l’amour la nuit, ça a bien dû arriver au moins une fois à n’importe qui. Cet extrait est en tout point complètement inutile.

Sur ce, Martineau conclu avec cet « excusatum » d’une arrogance et d’un ridicule consommé:

« Hier, j’écrivais que le chroniqueur Daniel Audet n’était plus au Conseil du patronat. Erreur: il y est toujours.

Imaginez… Un représentant des patrons qui ose prendre position sur des sujets d’actualité. Quel scandale ! »

Le fait est que « l’opinion » de ce petit mal poli à cravate qu’est Daniel Audet ne consiste qu’à insulter gratuitement ceux qui ne pensent pas comme lui. Le fait qu’il soit premier vice-président au conseil du patronat n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour certains. De toute manière, il serait temps que Martineau se réveille: Lui-même représente la bourgeoisie non seulement en faisant preuve d’un mépris à peine caché pour le peuple, ses représentants et ses revendications, mais également parce qu’il est en quelque sorte la tête d’affiche du JDM et de tout ce qu’il représente au nom de son patron et maître, j’ai nommé Pierre-Karl Péladeau. En plus de lui, les lecteurs ont droit aux fabulations « lucides » de Joseph Facal, qui prône « l’indépendance » du Québec à la manière des bourgeois, par les bourgeois et pour les bourgeois. En gros, cela signifie que le peuple québécois serait toujours dépendant des autres et que nos ressources naturelles continueront de s’envoler à rabais pour le profit exclusif des multinationales étrangères, en plus de la perte collective d’Hydro Québec, qui passerait aux mains de ces mêmes intérêts privés qui se fichent de ce que le peuple peut bien penser, toujours selon le manifeste lunatique de Lucien Bouchard et cie. Pour finir, alors que nous avions auparavant droit aux chroniques fastidieuses de Nathaly Elgrably, rédigées à l’Institut Économique De Montréal, voilà que les lecteurs du JDM doivent se taper les textes arrogants de Daniel Audet, qui représente le conseil du patronat. Nul besoin d’en rajouter, ce journal au grand complet représente les patrons! À part le temps, maintenant lointain, où Jacques Lanctôt y tenait une chronique, je n’ai pas souvenir d’avoir vu un représentant des classes populaires tenir une chronique dans ce journal à potins. Au lieu d’une opinion différente sur l’actualité, on nous servait aujourd’hui l’opinion de Julie Snyder, la femme fatiguante du patron, sur la rivalité Canadiens-Nordiques! Ça fait 15 ans qu’ils ont déménagé, 15 ans! Et Martineau s’en prend, dans la même édition, aux nostalgique de Mai 68…

Une dernière note pour conclure: Martineau s’est plaint dernièrement d’être la cible de « censure » de la part de la communauté noire de Montréal-Nord. Ce serait en lien avec sa position indéfendable dans le dossier de la mort de Freddy Villanueva, ce qui lui a valu la pancarte dont l’image est parue un peu plus bas sur ce site, simple geste d’un citoyen ordinaire exprimant son opinion avec les moyens du bord, alors que Martineau fait la même chose cinq jours par semaine avec l’aide d’un mass média. Cette simple expression d’une opinion opposée à Martineau en public a valu une pluie d’insultes et de commentaires racistes sur le blogue de Martineau, blogue où des commentaires haineux en violation flagrante des règles du blogue peuvent passer sans problème la « modération » en autant qu’ils soient en accord avec l’opinion du prophète Martineau. En connaissant la manière qu’a Martineau d’attaquer personnellement (et de manière aussi mesquine que gratuite) les gens qui ne partagent pas SON opinion sur le monde, ne serait-il pas plus que légitime de dire que Martineau pratique une forme de censure à l’encontre de ses opposants? À quand une chronique sur ce qu’aurait l’air le monde aujourd’hui si le mouvement de protestation de Mai 68 n’aurait jamais vu le jour? Aurions-nous seulement encore le droit de vote? « Et si« … Je crois sincèrement que Martineau ne s’est jamais posé cette question, trop occupé qu’il est à cracher sur des braves gens qui usent justement du même droit à la liberté d’expression qu’il voudrait garder pour lui tout seul.

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