Publié par : quebecsocialiste | 13 juin 2013

Syrie : la dangereuse hypocrisie impérialiste

Par Gabriel Proulx, coporte-parole du PCQ :

La nouvelle est devenue officielle cette semaine : en Syrie, un pays où une guerre impérialiste par procuration terroriste est menée depuis plus de deux ans contre le gouvernement de cet État souverain, l’Armée arabe syrienne (AAS, les forces armées régulières de l’État syrien), aidée des miliciens du mouvement de résistance libanais Hezbollah (allié militaire et idéologique contre la machine de guerre coloniale israélienne), a libéré la ville stratégique de Qousseir.

Ceci constitue une victoire stratégique et symbolique importante pour les forces loyales à la souveraineté de l’État syrien et une défaite écrasante pour les mercenaires terroristes islamistes coupeurs de têtes, affiliés à Al-Qaïda (le support financier de ses actions meurtrières en Syrie provient de la monarchie arabe du Qatar) et à l’autoproclamée « Armée syrienne libre » (ASL, force mercenaire « rebelle » financée et armée par les principaux États membres de l’OTAN, Israël et l’Arabie Saoudite).

La place centrale de Qousseir, après sa libération par l’Armée arabe syrienne

Une victoire stratégique d’abord, puisque la route principale entre Damas et les côtes syriennes est maintenant ouverte, après plus d’un an de blocage par les terroristes, qui avaient déjà fait fuir la grande majorité de la population civile de Qousseir, après leurs exactions contre les populations de confession chrétienne et chiite. Cela veut dire un approvisionnement plus facile pour le gouvernement syrien et plus compliqué pour les mercenaires dépendants de l’aide militaire de leurs sponsors étrangers. Suite à cette victoire, au moment d’écrire ces lignes, l’AAS reprend le contrôle des villages au nord de Qousseir, un par un, profitant de l’effondrement stratégique et moral des mercenaires terroristes en déroute. Le dernier village officiellement repris aux mercenaires est celui de Boueida al-Charqiya, ce qui veut dire que toute la campagne environnante de Qousseir est maintenant libre des terroristes étrangers.

Inspirés, les kurdes ont repris les armes contre les islamistes totalitaires qui occupent une partie du territoire du Kurdistan syrien, dans le nord-est du pays. Des combats ont également éclaté à Alep, toujours entre miliciens kurdes et terroristes étrangers, dont beaucoup sont supportés par l’ennemi juré du peuple kurde, le gouvernement de la Turquie.

Une victoire symbolique ensuite, étant donné l’importance conférée à l’occupation de cette ville par les groupes terroristes. Les chancelleries de la France, du Qatar, de la Turquie, de la Grande-Bretagne, de l’Arabie Saoudite, d’Israël et des États-Unis, les principaux sponsors des terroristes, s’en trouvent humiliées. Leurs réactions sur la scène internationale parlent d’elles-mêmes.

Sur le front du Conseil des « droits de l’Homme », à Genève, les occidentaux ont fait voter une résolution condamnant « l’intervention de “combattants étrangers ” aux côtés des forces de Damas à Qousseir », une référence à peine voilée au Hezbollah. Le niveau d’hypocrisie de la « diplomatie » occidentale atteint ici des sommets, connaissant le support indéfectible d’une bonne partie des membres de l’OTAN envers les mercenaires étrangers qui sévissent actuellement contre l’État syrien et sa population. Combien d’armes, combien d’argent de nos impôts, les pays occidentaux impliqués en Syrie ont-ils déjà envoyé à leurs mercenaires en Syrie pour supporter leurs sombres lubies néocolonialistes ? Il est maintenant de notoriété publique que les terroristes impliqués contre le gouvernement syrien sont en grande majorité des étrangers. Ils viennent principalement de la Libye « nouvellement démocratisée par les bombes humanitaires occidentales », de l’Arabie Saoudite et de la Tunisie. Des milliers sont ensuite issus des différentes branches d’Al-Qaïda au Yémen, en Tchétchénie, en Irak, au Soudan ou viennent d’aussi loin que la région du Xinjiang chinois, où Al-Qaïda recrute dans la population ouïghour musulmane.

Ceci est sans parler des islamistes venus accomplir leur « saint djihad » depuis l’Europe, où les autorités occidentales, habituellement si rapides à enfermer ces mêmes islamistes, quand ceux-ci projettent d’aller combattre les forces yankees en Irak par exemple, laissent leurs citoyens extrémistes aller tuer des civils syriens en toute connaissance des faits depuis deux ans. Une fois de plus, quand on considère les causes officielles des opérations militaires françaises au Mali, pour soi-disant combattre la « menace islamiste à nos portes », l’hypocrisie est à son paroxysme.

« Le représentant de la délégation syrienne à Genève a dénoncé une “parodie”. “Le bourreau pleure et c’est une victime”, a-t-il dit. » (Citation retrouvée dans la couverture de la réunion par plusieurs médias, dont euronews, lien que vous pouvez consulter pour une vidéo où vous pouvez voir le tableau affichant les résultats du vote, contre lequel seul le Venezuela s’est opposé, en plus de quelques abstentions, cette assemblée tournante étant presque exclusivement composée d’alliés de Washington).

Une petite partie de la population civile de la ville de Qousseir, qui avait massivement fui la ville des semaines plus tôt, en plus d’une majorité de résidents qui avaient été expulsés par les terroristes anti-gouvernementaux, a commencé à revenir du Liban, où la population s’est réfugiée, pour retourner chez eux et constater les dégâts. Les pillages de leurs maisons par les mercenaires, puis les bombardements de la récente bataille, font que beaucoup de maisons et de logements ont été détruits. Ces faits contredisent la version occidentale des événements, où à un moment donné, certains sont allés jusqu’à prétendre que l’armée syrienne avait massacré plus de civils à Qousseir qu’il n’y avait d’habitants dans cette ville avant le début des troubles. Même les images filmées par les mercenaires, seules diffusées par la grande majorité des médias occidentaux, ne peuvent montrer la moindre trace de vie civile dans les rues de Qousseir, devenue ville fantôme parce que vidée de sa population civile, bien avant le début de la bataille.

Voici, à ce sujet, une citation d’un article du site Al-Manar, la chaîne d’information du mouvement libanais Hezbollah : « A chaque fois qu’ils [les soldats Syriens] ont progressé dans la ville, il n’y avait pas de civils, ni dans les maisons, ni dans les rues ou les quartiers qu’ils ont pris aux rebelles, ce qui amène l’armée à supposer et à conclure qu’il ne reste plus de civils. Notez qu’Abdallah, quelque soit son vrai nom, le journaliste citoyen/militant a annoncé sur al Jazeera que 40 000 civils sur place allaient être massacrés. Sur la BBC, le général Idriss a déploré que 50.000 civils dans Qusayr allaient être passés au fil de l’épée par le Hezbollah, mais personne ne lui a objecté le fait que la population entière de Qusayr se situe entre 30 000 et 40 000 personnes au plus, et que nous savons que la majorité d’entre eux sont partis avant l’offensive, et l’année dernière quand les rebelles ont pris la ville et que plusieurs milliers, 5.000 au total environ, ont quitté la ville au début de l’offensive (ainsi que l’a signalé un organisme de l’ONU qui a rendu visite à ces familles déplacées non loin de là), alors comment peut-il y avoir de 40 à 50 000 personnes dans la ville comme le prétend l’opposition ? Ce sont ces chiffres [ceux de l’opposition] que la BBC a choisi de citer dans son reportage en ligne ! »

Les grands médias français, impliqués dans le conflit à un tel point que plusieurs d’entre eux pourraient facilement être accusés d’assistance au terrorisme, affirment exactement le contraire des experts de l’ONU, en allant affirmer dans leurs articles biaisés, que « le régime » utilise des armes chimiques… sur les quartiers résidentiels de sa propre capitale, en parlant de « quelques morts ». Pour citer approximativement Bachar Al-Assad en entrevue, « les armes chimiques sont des armes de destruction massives et pourtant ils affirment que j’en ai utilisé sur des zones civiles un jour et qu’il y a eu une vingtaine de morts, alors devrons-nous les croire quand ils diront qu’une bombe nucléaire a explosé en banlieue de Damas et qu’il n’y a eu que 15 à 16 morts ? ». Heureusement que le ridicule, lui, ne tue pas, contrairement aux voitures piégées des petits amis des journaleux propagandistes, comme ceux du journal bourgeois français « Le Monde ».

Après ce triste spectacle, ce fut au tour de l’Union Européenne de se couvrir de honte, en adoptant la levée officielle de l’interdiction des exportations d’armes à destination des « rebelles syriens ». Étant déjà connu que la France, la Grande-Bretagne et la Croatie contournaient l’embargo européen assez ouvertement depuis longtemps déjà, cette mesure n’a qu’un caractère symbolique, en rendant officiel ce qui était déjà officieux. Les conséquences n’ont pas tardé, la première étant le retrait par l’Autriche de tout son contingent de supervision du cessez-le-feu entre la Syrie et Israël sur la région du Golan. L’Autriche avait au préalable sonné l’alarme sur le fait que les groupes terroristes menaçaient déjà suffisamment ses casques bleus sans avoir besoin d’armes européennes. Après le retrait des casques bleus autrichiens, il ne reste plus que les deux contingents réduits de l’Inde et des Philippines. La Russie a proposé d’envoyer ses propres casques bleus remplacer l’absence remarquée des autrichiens, mais les occidentaux semblent pour le moment hostiles à cette idée. C’est comme s’ils mettaient tranquillement en place les ingrédients nécessaires à une invasion de la Syrie par l’armée de l’apartheid sioniste israélien…

Il ne faudrait pas oublier qu’au milieu de toutes ces menaces contre la paix mondiale et la sécurité d’États souverains, le Canada a imposé un nouveau train de sanctions unilatérales totalement injustifiées contre l’Iran. Tout envoi d’argent ou de quelconques ressources commerciales ou industrielles « non humanitaires » vers l’Iran pourraient bientôt devenir un acte illégal au Canada. On atteint les pires niveaux de restrictions du blocus yankee contre Cuba. De la même manière, ces nouvelles sanctions unilatérales canadiennes contre un autre État souverain membre de l’ONU, sont complètement illégales selon le droit international. Le Canada de Stephen Harper continue sur son chemin de plus en plus voyou et rétrograde en matière de relations internationales. Il est à noter que ceci intervient après la rupture complète par le Canada, de ses relations diplomatiques avec l’Iran. Enfin, nous sommes en droit de nous demander si les « bombes humanitaires » larguées par le Canada sur la Libye sont aussi « humanitaires » ailleurs dans le monde, toujours selon les inconséquents leaders absolutistes du Canada…

Comment réagirait le Canada, au juste, si la Russie ou la Chine décidaient, par exemple, de lui appliquer un embargo commercial complet ? Impossible que cela puisse « soutenir la population contre le régime » ici, alors la même logique devrait être valable pour l’Iran, sauf que voilà, le véritable problème, c’est que John Baird se contrefiche du sort de la population iranienne comme de sa première chemise. Il ne fait que ce que le lobby sioniste lui commande de faire. La « diplomatie » canadienne, sous John Baird et les conservateurs, se limite à des missions de valets serviles, rien de plus.

Il semble être minuit moins une pour la paix mondiale, ne manquant plus qu’une étincelle au mauvais endroit pour provoquer des conséquences catastrophiques pour l’Humanité. Pourtant, notre « presse libre » autoproclamée traite ces événements tantôt comme des faits divers, tantôt en « cheerleaders » convaincues de la justification morale ou « démocratique » des boucheries que nos impôts financent à l’étranger. Les propagandistes complices s’attendent-ils vraiment à être épargnés lorsque les vrais criminels et les vrais terroristes seront jugés ?

Enfin, la plus récente affiche de propagande diffusée par le gouvernement syrien de Bachar Al-Assad, laisse entendre qu’une fois les terroristes définitivement écrasés et la Syrie reconstruite, l’Armée arabe syrienne se vengera des monarchies du golfe qui ont financé les mercenaires terroristes à coups de milliards (en plus de permettre la libre circulation de leurs citoyens lourdement armés vers la Syrie). Le nouveau slogan syrien dit, une fois traduit de l’arabe au français : « L’Armée syrienne relève le défi… Nous allons venir » et les gratte-ciels représentent clairement les capitales des émirats arabes comme le Qatar.

Une fois de plus, il semble malheureusement que ma devise internationaliste soit au goût du jour : Un monde forgé dans le sang et les conquêtes ne peut que mener à plus de guerres.

Cet article est dédié aux civils morts dans la région de Qousseir, dont la journaliste syrienne Yara Abbas, lâchement assassinée il y a quelques jours par un tir de sniper terroriste, alors qu’elle rapportait les développements à Qousseir avec son équipe, tous bien identifiés comme équipe journalistique, avec le mot « PRESS » bien écrit en grosses lettres sur leurs gilets. On attend encore les condamnations de la « presse libre » autoproclamée, sans doute trop occupée à promouvoir « l’idéal démocratique » de ses amis terroristes takfiris, cette idéologie sectaire moyenâgeuse similaire au wahhabisme appliqué en Arabie Saoudite et au Qatar, ces « régimes amis amoureux de la liberté » totalitaires que personne dans la « presse libre » n’ose critiquer.

Publié par : quebecsocialiste | 15 mai 2013

Le PCQ condamne les bombardements israéliens en Syrie

Par Gabriel Proulx, coporte-parole du PCQ :

Le Parti communiste du Québec (PCQ) tient à condamner énergiquement les récents bombardements israéliens en Syrie. Cette opération militaire meurtrière, qui a causé la mort de 42 militaires syriens, sans aucune provocation syrienne ayant pu justifier pareil acte de guerre, constitue une violation flagrante du droit international, au moment même où l’armée syrienne venait de reprendre beaucoup de terrain sur les terroristes de l’ASL et du Front Al-Nosra (branche d’Al-Qaïda).

Il est intéressant de constater que l’apartheid sioniste d’Israël, qui se dit sans cesse menacé par « les terroristes islamistes autour de lui », en est maintenant rendu à intervenir lui-même publiquement pour essayer de sortir du pétrin les terroristes islamistes étrangers à l’œuvre en Syrie. Des porte-paroles de ces terroristes, qui sont en fait des mercenaires supportés par l’OTAN et les monarchies arabes, ont publiquement remercié l’armée israélienne pour son appui à leur « cause » venu sous la forme de bombardements qui ont violé l’espace aérien de deux États souverains, la Syrie et le Liban.

À l’heure où la diplomatie étasunienne semble reculer sur ses exigences antérieures pour autoriser des pourparlers de paix, devant une position russe qui n’a pas bougé d’un iota dans sa défense de la souveraineté de la Syrie, nous sommes en droit de nous poser des questions sur les motivations véritables de ce raid aérien sioniste en Syrie. Se pourrait-il, devant les révélations onusiennes sur l’usage d’armes chimiques par les terroristes mercenaires de l’OTAN (ce qui a rendu caduc l’argument propagandiste occidental sur les armes chimiques de l’armée syrienne), que les États-Unis, en donnant leur feu vert à cette attaque israélienne (un acte de terrorisme étatique), en seraient rendus à jouer leurs dernières cartes en Syrie ?

Tout ce que nous pouvons espérer, c’est que la diplomatie russe réussisse enfin à faire entendre raison à l’empire yankee et à ses valets terroristes des monarchies arabes. Placés devant l’évidence de la défaite de leurs mercenaires terroristes en Syrie, les impérialistes n’auront plus d’autre choix que celui de s’asseoir à la table des négociations, pour mettre fin au bain de sang qu’ils ont causé en Syrie. Les menaces et les agressions chroniques de l’armée de l’apartheid sioniste, de plus en plus isolé dans le monde, n’y changeront rien du tout.

Le peuple syrien souffre depuis beaucoup trop longtemps à cause des terroristes que nos gouvernements financent pour semer le chaos en Syrie, alors que nos mêmes gouvernements sont en guerre contre des terroristes identiques en Afghanistan et au Mali. Dans chaque cas, qu’il combatte ou qu’il supporte le terrorisme islamiste, l’Occident clame toujours que c’est « au nom de la démocratie » qu’il massacre des milliers d’innocents à l’étranger. Il est grand temps de mettre fin à ce cercle de la terreur.

Un monde forgé dans le sang et les conquêtes ne peut que mener à plus de guerres.

Par Gabriel Proulx, coporte-parole du PCQ :

Lors de la manifestation organisée à l’occasion de la fête internationale des travailleurs par l’organisme Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC, d’inspiration anarchiste) à Montréal, la police a effectuée pas moins de 447 arrestations contre des opposants pacifiques au système capitaliste, qui fait toujours des ravages parmi les peuples.

Le Parti communiste du Québec (PCQ) condamne fermement ces arrestations arbitraires, qui représentent un cas flagrant de répression politique. Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) perpétue ainsi son bilan sombre en matière de répression des « marginaux » de la société, en utilisant la technique illégale de la « souricière » pour arrêter massivement des centaines de citoyens, qu’ils soient manifestants ou passants qui se trouvaient au mauvais endroit, au mauvais moment.

Officiellement, ils ont encore déclaré une manifestation « illégale » au nom du règlement P-6 illégitime, voté il y a près d’un an par une administration municipale qui a depuis démissionné à la suite de l’étalement au grand jour d’un scandale de corruption généralisée, il faut le rappeler. Officieusement, nous assistons à de la répression politique à visage découvert, pour protéger les intérêts des riches et des puissants à la tête du système d’exploitation capitaliste néolibéral.

Le PCQ continuera d’exiger une commission sur la brutalité policière et le profilage politique, tant que ces pratiques répandues et bien documentées seront traitées avec indifférence par la classe politique actuellement au pouvoir, quand nous n’assistons pas carrément aux applaudissements cyniques de ces actes fascistes par les organes de propagande de la classe bourgeoise.

L’hypocrisie de la « presse libre » autoproclamée

Au moment où l’organisation Reporters sans frontières (RSF), financée par la CIA, dévoile son nouveau « classement mondial de la liberté de presse », dans lequel les États capitalistes occidentaux ont toujours de bonnes notes, force est de constater que cet organisme douteux ne considère pas la concentration élevée des médias entre les mains d’une poignée de riches familles issues de l’oligarchie (les clans Desmarais et Péladeau au Québec) comme une « contrainte à la liberté de presse ». L’autoproclamée « presse libre » capitaliste, bien concentrée sous les ordres de ses maîtres bourgeois, continue d’encourager la répression politique chez elle, tout en condamnant, à tort ou à raison, le même phénomène dans les pays qui ne sont pas soumis aux puissances impérialistes de l’OTAN.

Honte à ces hypocrites mercenaires de la presse bourgeoise de masse, qui ont encore une fois excusé la répression politique, qui a cette fois-ci pris la forme de l’arrestation arbitraire de 447 personnes lors d’une manifestation du 1er mai, à Montréal.

Par Gabriel Proulx,
Coporte-parole du Parti communiste du Québec (PCQ)

Cette semaine, nous avons appris que le propriétaire de Quebecor Média, Pierre-Karl Péladeau (PKP pour faire plus court), se serait porté volontaire pour « servir » le Québec en demandant d’être nommé au poste de président du conseil d’administration d’Hydro-Québec, le fleuron économique national du Québec, propriété de l’État et du peuple québécois. Le gouvernement du Parti Québécois (PQ) de Pauline Marois a immédiatement donné le poste à ce patron de la plus importante compagnie de concentration de médias au Québec.

Étant donné que la polémique est maintenant lancée sur ce qui pourrait se cacher derrière cette nomination (ou demande de nomination) de « PKP », une analyse du parcours de ce riche homme d’affaire s’impose.

Pierre-Karl Péladeau est propriétaire de Quebecor, une compagnie privée de concentration de médias sensationnalistes dont la branche anglophone, Sun Media, est propriétaire des médias et journaux « Sun », de loin les plus racistes, colonialistes et francophobes de tout le Canada anglais. C’est un membre influent du haut patronat, qui cache à peine son penchant fédéraliste, que le gouvernement Marois vient de nommer à la tête du fleuron de l’économie québécoise, qui appartient au public, au peuple du Québec.

PKP et ses « journaux » (torchons de scabs) poussent depuis des années pour privatiser tout ce qui a de la valeur au Québec, y compris notre irremplaçable hydro-Québec. Je vois déjà les amis de PKP au conseil du patronat et à l’Institut économique de Montréal (dont la ligne politique libertarienne anti-québécoise est retransmise dans chaque publication dont PKP est propriétaire héréditaire), se lécher les babines. Les ennemis du peuple québécois, M. Le Hir, sont très, très heureux de cette nomination offerte sur un plateau d’argent par le gouvernement Marois.

PKP n’est pas seulement propriétaire des médias les plus racistes et les plus à droite du Canada contre le peuple québécois, il n’est pas seulement l’instigateur d’une ligne éditoriale mur à mur en faveur de la privatisation de tout qui a de la valeur entre les mains du peuple québécois, PKP est également l’un des principaux responsables de la montée de la CAQ de Legault-Sirois. Ses médias propagandistes ont travaillé fort pour convaincre les québécois que la carcasse rapiécée de l’ADQ, c’était du sérieux.

Les médias de ce « cher » PKP ont également tout fait en leur pouvoir pour torpiller le Bloc Québécois, depuis plusieurs élections. Aux dernières élections, c’était le grand amour pour la CAQ et la haine crachée à longueur de pages contre Marois « la casserole anarchiste au carré rouge intimidateur et blablabla ». Pas seulement dans La Presse, non, c’était pareil dans les médias de Quebecor. Martineau et Duhaime, pour ne nommer que ces deux clowns, sont des mercenaires payés par Quebecor pour répandre leur venin contre le Québec, en passant.

Plus de 90% de la presse au Québec est entre les mains de deux familles, Desmarais et Péladeau. Aucun n’est du côté du peuple québécois ou de son indépendance. Ce sont des médias de propagande fédéraliste de droite et rien d’autre.

L’agence QMI, ce fut à l’origine une création de PKP pour contourner les lois québécoises anti-scabs dans ses lock-out. C’est une boîte de briseurs de grèves, de mercenaires sans scrupules. Aucun journaliste sérieux n’y travaille. Il n’y a rien d’admirable à ce que PKP soit salué par sa propre boîte de mercenaires de salon.

PKP est en plus un gestionnaire pourri et hypocrite, qui n’a jamais travaillé de sa vie, a hérité tout son empire de papa Péladeau (qui doit se retourner dans sa tombe). Pourri parce qu’il est incapable de régler des conflits de travail dans ses entreprises autrement qu’en déclarant des lock-out (ça va être beau chez Hydro ça). Hypocrite parce qu’il est en faveur de la privatisation mur à mur au Québec, mais est incapable de se lancer dans un projet d’une quelconque envergure sans l’apport financier massif du gouvernement du Québec, avec l’argent des contribuables québécois, pour lesquels PKP représente tout sauf un allié. Écoutez le point de presse d’Amir Khadir à ce sujet, qui a raison à 100%.

Voilà, c’est dit. Les faits parlent d’eux-mêmes. PKP à la tête du CA d’Hydro-Québec, c’est une mauvaise nouvelle. J’ai franchement peur pour les possibles milliers de travailleurs québécois qui vont perdre leur emploi du jour au lendemain à cause de cet ennemi du peuple québécois. Le renard est entré dans le poulailler, comme on dit, sauf que c’est le « gardien » désigné qui lui a offert les clés.

Pour finir, voici une réponse à la question qui est sur plusieurs lèvres depuis le début de cette affaire : Pourquoi la CAQ et les libéraux ne condamnent pas cette nomination d’un magnat de la presse, faite sans aucune autre démarche pour trouver un remplaçant réellement qualifié pour le poste ?

Essentiellement pour deux raisons. La première est que la CAQ doit son existence même à la campagne de propagande gratuite faite en sa faveur par l’empire Quebecor et que les libéraux, même s’ils auraient sans doute préféré quelqu’un de chez Power Corp, seraient mal avisés de condamner la nomination du patron d’un empire médiatique qui a été de leur bord tout au long du printemps érable. La deuxième est plus simple : s’en prendre à la nomination de PKP, c’est s’exposer à une campagne médiatique négative dans les torchons démagogiques de Quebecor. Les fédéralistes et surtout la CAQ, qui a besoin de l’aide de Quebecor pour exister, ne feront rien pour aller se mettre dans cette mauvaise posture. Les serviteurs bourgeois laissent le chemin libre à un membre de la haute bourgeoisie, capable de détruire leurs carrières par la force de son empire médiatique surdimensionné, tout simplement.

Publié par : quebecsocialiste | 23 avril 2013

Boston et la valeur de la vie humaine

Par Gabriel Proulx,
Coporte-parole du Parti communiste du Québec (PCQ)

Le monde entier est maintenant au courant de la tragédie causée par deux bombes lors du marathon de Boston, lundi le 15 avril dernier. Les médias en ont abondamment parlé et nous croyons, au PCQ, qu’il est important de faire le point sur certains principes fondamentaux en lien avec la couverture médiatique de ce triste événement.

Tout d’abord, au nom du comité central du Parti communiste du Québec (PCQ), je souhaiterais faire part de nos condoléances aux familles des trois victimes, dont un enfant de 8 ans…

Maintenant, bien que nous éprouvions de la tristesse pour toute perte humaine de nature violente, ce qui devrait être normal pour tout bon humaniste, on ne pourrait faire autrement que de trouver également bizarre la réaction des grands médias. Comment ne pas penser, après visionnement de ce triste spectacle, que pour les grands médias occidentaux, la vie humaine n’a pas la même valeur partout ?

55 personnes, tous des civils, meurent dans un attentat en Irak, le même jour. Cet événement d’une extrême violence n’a eu droit qu’à une note de bas de page dans les médias occidentaux. Toujours le même lundi, 15 avril 2013, un attentat a eu lieu en Syrie, où 15 civils ont trouvé la mort. Cette fois-ci, pas la moindre mention dans les médias occidentaux. Il faut dire que pendant que l’empire clame qu’il est attaqué, il serait mal vu, dans les grands médias qui lui sont soumis, de se soucier des victimes civiles causées par les terroristes financés par le même empire.

Après les deux explosions à Boston, un véritable cirque médiatique s’est installé en Occident. On aurait cru assister à une sorte de compétition pour trouver qui allait se lamenter le plus fort pour l’empire, qui allait pousser le discours le plus cliché, ou qui allait affirmer le plus souvent « ce n’est pas comme ça qu’on fait avancer sa cause ».

Parlant de « cause », il est important de souligner que cela fait plus d’une semaine que ces attentats ont eu lieu et toujours pas le moindre signe d’une cause revendiquée, que ce soit par les deux suspects, les frères Tsarnaev, ou par une quelconque organisation terroriste qui les aurait hypothétiquement soutenu dans leurs actions. Pourquoi continuer de parler de « cause des terroristes », si aucune cause n’a encore été amenée sur la table à ce jour ? Le besoin de sensationnalisme, sans aucun doute. C’est une autre preuve de l’état de décrépitude avancé des grands médias capitalistes, qui favorisent la quantité plutôt que la qualité, dans leur traitement de « l’information ». Pour autant que l’on sache, cela ne pourrait être que l’œuvre sadique de deux individus voulant semer le chaos, par trouble psychologique.

Aussi, nous nous sommes fait inonder par cette morale selon laquelle « pousser une cause avec la violence, c’est mal ». Le PCQ est parfaitement d’accord avec cette affirmation, en ce jeune 21e siècle. Le problème avec la « presse libre » capitaliste autoproclamée, ici, c’est l’extraordinaire hypocrisie démontrée par son usage intensif de cette morale. Ainsi, l’invasion de l’Irak (principal acte responsable des violences actuelles dans ce pays), la guerre de Libye, l’agression coloniale de la Côte d’Ivoire, les charniers oubliés de Colombie et le financement d’organisations terroristes pour renverser le gouvernement en Syrie, tout cela n’aurait rien à voir avec « faire avancer sa cause par la violence », c’est bien ça ?

Encore une fois, le message de propagande diffusé par les grands médias capitalistes à la suite des événements de Boston est incroyable par son niveau de cynisme : « faire la guerre à des nations étrangères qui ne nous ont rien fait, ce n’est pas violent et en plus, les morts en Occident, surtout aux États-Unis, ont plus de valeur que les morts à Bagdad ou à Damas ».

Il faut toujours observer les grands médias avec un regard critique. Vous vous apercevrez assez vite qu’ils cherchent à instaurer un climat de paranoïa fondé sur des cas isolés et des hypothèses sans fondements. Aux États-Unis, certains médias sont allés jusqu’à appeler la population à faire du profilage ethnique et religieux. Tout cela n’est propice qu’au renforcement de l’état policier. Cela n’a rien à voir avec du journalisme honnête. C’est de la propagande, de la récupération politique de bas étages.

Les représentants des grands médias capitalistes diraient que ce texte manque de compassion envers les familles des victimes, ou qu’il transpire « l’antiaméricanisme primaire » ou « le support au terrorisme ». Pourtant, nous n’avons manqué de respect envers les victimes à aucun moment, nous n’avons jamais fait preuve de racisme envers le peuple des États-Unis et nous condamnons le terrorisme sous toutes ses formes. Ce sont réellement les grands médias de la « presse libre » autoproclamée, qui manquent profondément de respect envers les victimes de la cause impérialiste, poussée par une violence inouïe, violence terroriste qui est applaudie par les grands médias capitalistes lorsque cela fait l’affaire de leurs maîtres.

Honte à ces démagogues, qui ne peuvent reconnaître que la vie humaine possède la même valeur partout.

Publié par : quebecsocialiste | 20 mars 2013

Irak : Dix ans déjà…

Irak : Dix ans

-par Georges Stanechy

« Partout, dès les quais du port jusqu’au village le plus reculé, dans les rues et au prétoire, l’offense régnait impunie, la misère, la délation, l’humiliation, le mensonge arrogant, le sadisme à peine déguisé. Un peuple et sa culture, objets des pires manœuvres. » – Jean-François Lyotard (*)

Dix ans…

Le 20 mars 2003 débutait la destruction et l’invasion de l’Irak.

Il n’y aura pas de commémoration. Encore moins : débats et remises en cause.

Nos médias, politiciens, si friands d’anniversaires, s’efforceront à la discrétion. Eux dont l’obsession du culte des « souvenirs », encensant autosatisfaction, mégalomanie, ou abrutissement, n’a d’égale que celle de l’oubli des faits pouvant ternir leur « Bonne Conscience ».

C’est ainsi que l’on forge des sociétés amnésiques, analphabètes de l’Histoire, de l’évolution de notre planète. De ses peuples, nations, rapports de force, déclins et renaissances. Qui, un jour, inévitablement, se trouvent, hébétées, tétanisées, écrasées, face à l’irruption impitoyable de ce qu’elles souhaitaient oublier, cacher, nier.

Silence. Dans les rangs des oligarques occidentaux. Alignés sur les injonctions de leur suzerain.

Le plus éclatant exemple venant de Grande-Bretagne. Par instruction écrite adressée aux membres du gouvernement, le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, modèle de cynisme contemporain, vient d’imposer l’obligation de ne pas mentionner la guerre d’Irak, à l’occasion de ces dix ans (1) : « Don’t mention the Iraq War… »

Ce fut, il est vrai, une des plus abjectes folies de violence collectives commises par les nomenklaturas occidentales. Car, malgré une colossale propagande, les opinions publiques étaient contre ce délire sanguinaire et colonial. Le peuple britannique, un de ceux qui se sont le plus mobilisés contre cette guerre, dont il savait les prétextes non fondés, illégaux et mensongers, dans des manifestations groupant des millions de personnes.

Illustrant, ainsi, le complet mépris des castes au pouvoir, sous couvert du soutien de parlements fantoches, à l’égard de la majorité de leurs concitoyens exprimant la volonté d’œuvrer pour un monde de paix.

Steve Bell rappelle cette hystérie criminelle et impunie dans une cinglante caricature, tournant en dérision posture et propos de Tony Blair, premier ministre de l’époque. Chef de la majorité « Travailliste », similaire aux PS français, espagnol, italien, belge, etc. Artisan zélé, vibrionnant, obsédé, de l’engagement des armes britanniques aux ordres du clan Bush.

Il y représente le lion britannique, symbole du Royaume Uni, avec le visage de Blair, la crinière carbonisée, sa superbe cabossée, au point d’être réduit en rat. Dans un paysage de désolation où s’accumulent, à l’infini, linceuls et pierres tombales. Affirmant, obstiné et fier de lui, la conviction inébranlable de son génie incompris (2) : « Cela fait longtemps que j’ai renoncé à convaincre l’opinion qu’envahir l’Irak était la bonne décision »

Nous ne devons pas l’oublier, même si les médias de la désinformation nous y forcent : ce furent des centaines de milliers de morts, de blessés, de traumatisés, sous des prétextes délirants. Nous le savions. Dès le commencement. A présent, nous en reconnaissons publiquement la réalité, objectivement, placidement, froidement. Tout n’était que tromperie, fabulation : armes de destruction massives inexistantes, armes chimiques introuvables.

Dernier artifice rhétorique, avant l’oubli, restait à prétendre qu’il s’agissait de renverser « un affreux dictateur qui tirait sur son peuple ». Fumeuse, abyssale hypocrisie tendant à imposer comme “norme” l’écrasement d’un peuple sous les bombes de l’Occident pour le délivrer de la dictature, en interaction avec la pulvérisation de toutes les infrastructures civiles. Exceptées, pétrolières et gazières, évidemment…

Tout en chérissant, protégeant, soutenant, les pires despotismes qui nourrissent ses insatiables spoliations, corruptions, superprofits mirifiques, enrichissements personnels météoriques : moyenâgeuses pétromonarchies du Golfe ou d’Arabie, « régimes parlementaires » mafieux aux élections truquées d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie.

Toutefois, l’Irak réduit en cendres, occupé, pillé, la saignée fut jugée insuffisante. Dès la fin de l’invasion, les occupants lui inoculèrent la « guerre civile ». Méticuleusement organisée, financée, armée, pour en prolonger l’égorgement, l’épuisement, la mise à mort, l’agonie. Une moyenne de 3000 morts par mois (3).

Des milliers de torturés pour laminer toute velléité de révolte devant l’horreur de l’occupation, l’immensité des destructions et des pillages. L’information sur la pratique à grande échelle de la torture en Irak, son organisation et sa gestion quasi-« industrielle » par les envahisseurs, commence à émerger malgré la censure. Du côté américain, planificateur de l’horrible. (4)

Mais, aussi, chez les britanniques dont beaucoup n’admettent pas, qu’au XXI° siècle, leurs soldats se livrent à des actes d’une telle barbarie. Ici ou là, apparaissent des « commissions d’enquête » officielles ou parlementaires, dont on sait qu’elles sont trop souvent destinées à enterrer les affaires compromettantes pour les gouvernants.

A l’exemple d’un autre courageux et lucide caricaturiste, Leon Kuhn, qui détourne, rétablit ou décode, le sens de la médaille accordée aux militaires de son pays revenant de leur séjour en Irak : « War on Terrorism – Expeditionary Medal – Iraq ». La gravure en relief montrant un militaire frappant à coups redoublés avec son poing ganté (gant généralement plombé) un prisonnier Irakien immobilisé dans un filet.

Avec en légende, une citation de Phil Shiner dénonçant la torture « systématique » des prisonniers Irakiens par l’armée britannique. N’hésitant pas à employer l’expression « pratiques d’Etat » [State practices] !… Combien redoutable pour nos nomenklaturas qui, un jour inéluctablement, auront à rendre compte : gouvernants, parlements et médias.

Rappelons que ce juriste londonien se consacre à la défense, qu’il estime n’être qu’à ses débuts, des droits des victimes de « la politique étrangère et de l’armée britanniques » [British foreign policy and military action] (5).

Irak… Société détruite, Etat détruit : le Chaos.

But ultime. « Mission accomplie ».

Effroyable décennie pour une nation, un peuple, à qui étaient promis les bienfaits paradisiaques de « La Démocratie »… C’est devant les morts, les êtres brisés, les générations saccagées, de l’Irak, qu’en ce jour nous nous devons de nous incliner.

Dernier hommage, que je souhaite rendre en cette sinistre et silencieuse commémoration.

À un homme, intègre, généreux, déterminé, qui a voulu laisser parler sa conscience, prévenir que tout n’était que mensonge dans le déclenchement de cette guerre. Dire la vérité lui a coûté la vie, quatre mois après le début de l’invasion, le 17 juillet 2003 : David Christopher Kelly. Il avait 59 ans.

Incroyable, mais vrai. Les oligarques de l’Occident n’honorent pas leurs « dissidents » ! Ni Prix Nobel, ni généreuses récompenses, ni luxueuses sinécures, ni distinctions cinématographiques, littéraires, académiques, médiatiques ou autres. S’ils ne peuvent les réduire au silence …

Ils les exécutent.

Avec une « discrétion », ou une mise en scène, plus ou moins réussies…

Membre éminent du Ministère de la Défense britannique, c’était un des experts internationaux les plus qualifiés en guerre biologique et en armes de destruction massive. Il avait été détaché comme inspecteur de l’ONU en Irak, où il avait participé à 37 missions.

Ses constats, analyses, recherches, avaient forgé une évidence : il n’y avait en Irak aucune arme de destruction massive, nucléaire, chimique ou bactériologique.

Il l’avait écrit, l’avait exposé, auprès des organismes et départements spécialisés. Ne pouvant admettre que les « politiques » exigent, des responsables du renseignement et des experts en armement non conventionnel, des contrevérités, ordonnent de procéder à des falsifications de documents. Pour justifier une guerre qui allait entraîner morts et dévastations, aussi atroces qu’incalculables. Non seulement lors de l’invasion, mais encore davantage lors de l’occupation de l’Irak.

David Kelly commençait à faire circuler l’information, face au matraquage de la propagande étatique. La partager et la soutenir en dehors du « secret défense ». Auprès de certains journalistes spécialisés, notamment. La Commission des affaires étrangères de la Chambre des Communes (équivalent de l’Assemblée Nationale) l’avait convoqué (cf. photo), cherchant plus à le mettre en difficulté qu’à écouter ses arguments. Il s’était engagé à donner le détail de ses certitudes et informations, lors des séances ultérieures.

Ses prochaines auditions, du fait de son niveau d’expertise et de connaissance sur ce dossier, allaient être “dévastatrices” pour les thèses officielles…

Trop.

Il a été retrouvé « suicidé ».

Près de chez lui, sur un chemin de promenade où il avait l’habitude de marcher pour se détendre. Version officielle : il se serait tailladé le poignet gauche, mais les secouristes n’ont trouvé aucun signe d’hémorragie, ni traces de sang sur le sol ; et, aurait avalé des barbituriques, mais aucune dose mortelle ne fut prouvée…

Contradictions et bousculades habituelles du cirque de la désinformation, avec en tête de liste : investigation policière bâclée, simulacre de commission d’enquête (la guignolesque “Commission Hutton”) pour disculper au plus vite le gouvernement Blair. Tout a été fait pour conclure, dans la précipitation, à un « suicide » auquel personne n’a cru : famille, proches, collègues et collaborateurs.

David Kelly, considéré comme une solide et brillante personnalité, au parcours professionnel irréprochable, plein d’humour, était tout à la joie de la préparation du mariage de sa fille. Débordant de projets, rien ne prédisposait à une telle « sortie »… Au-delà de son entourage, de nombreux spécialistes du monde médical et des milieux proches du dossier avaient compris qu’il s’agissait d’une élimination.

Une avalanche de témoignages, difficilement étouffée par les médias : experts médicaux (6) contredisant les conclusions de l’enquête officielle, députés (7) évoquant ouvertement son assassinat, membres des services de renseignement britanniques (8) confirmant cette « exécution » pour marquer colère et indignation face à une telle imposture politicienne.

L’assassinat de David Kelly, victime “collatérale” de l’invasion de l’Irak, est emblématique de la profonde décomposition et de l’hyperviolence du système politique dans nos pays dits « démocratiques ». Dès lors que les intérêts des oligarchies bellicistes et coloniales sont en jeu. “Raison d’Etat”, invoquera-t-on…

Fortes de leur impunité, imperturbables, nos nomenklaturas n’en poursuivent pas moins leur obsession criminelle, fanatique, hallucinée, corruptrice, de la destruction et du pillage des peuples et nations. Les uns après les autres. Au gré de leurs délires prédateurs et impératifs du moment…

Mensonges, contrevérités, intoxications, désinformations, affabulations, continuent de plus belle. Diaboliser, susciter les peurs dans les pulsions paranoïaques, enflammer la détestation pour la transformer en haine, afin de justifier guerres, atrocités et prédations.

Tels des cafards, insensibles avec leurs cousins scorpions aux radiations atomiques dit-on, les officines chargés de véhiculer cette propagande mortifère, travesties en agences de presse “fiables” par nos médias qui en font leurs “sources” (9), se multipliant, pullulant, grouillant…

Georges STANECHY

http://stanechy.over-blog.com/article-irak-dix-ans-116027806…

(*) Jean-François Lyotard, Signé Malraux – Biographie, Grasset, 1996, p. 154.

1. Nick Hopkins, Don’t mention the Iraq War – William Hague tells cabinet (William Hague demande au gouvernement de ne pas mentionner la guerre d’Irak), vendredi 1er mars 2013, The Guardian, http://www.guardian.co.uk/politics/2013/feb/28/dont-discuss-…

2. Steve Bell on the 10th anniversary of the Iraq war – cartoon, The Guardian, 27 février 2013, http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cartoon/2013/feb/27/…

3. Patrick Cockburn, How the World Forgot About Iraq, CounterPunch, 4 mars 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/03/04/how-the-world-forgot-…

4. Mahmood, O’Kane, Madlena, T. Smith, Revealed : Pentagon’s link to Iraqi torture centres – General David Petraeus et ‘dirty wars’ veteran behind commando units implicated in detainee abuse, [Révélation : les centres de torture en Irak sont une émanation du Pentagone – Le général David Petraeus et un vétéran des ‘sales guerres’ seraient les commanditaires des unités de commando impliquées dans les tortures de prisonniers] The Guardian, mercredi 6 mars 2013, http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/06/pentagon-iraqi-t…

5. Phil Shiner : ‘We torture people, yet no one admits it’, James Hanning meets Phil Shiner, The Independent, dimanche 2 août 2009, http://www.independent.co.uk/news/people/profiles/phil-shine…

6. David Halpin, Stephen Frost & Searle Sennett, Our doubts about Dr Kelly’s suicide, The Guardian, mardi 27 janvier 2004, http://www.guardian.co.uk/theguardian/2004/jan/27/guardianle…

7. Fiona Barton, Iraq whistleblower Dr Kelly WAS murdered to silence him – says MP (Un Député affirme que le Dr Kelly a été assassiné pour avoir dénoncé les mensonges du dossier irakien), 29 octobre 2007, Daily Mail, http://www.dailymail.co.uk/news/article-488662/Iraq-whistleb…

8. Simon Aronowitz, Kelly was Murdered’ Says UK Intelligence Insider, 23 février 2004, http://www.prisonplanet.com/022304kellywasmurdered.html

9. Le plus comique dans ce genre d’arnaque de la désinformation, si le contexte n’était pas aussi cruel, est le fameux Observatoire des Droits de l’Homme en Syrie (OSDH), domicilié à Londres, référence absolue des médias occidentaux. Voici l’évaluation du ministère des affaires étrangères Russe (RIA Novosti – 25 février 2012) :

« Selon les informations dont nous disposons, le personnel de l’Observatoire ne comprend que deux personnes : le directeur et son secrétaire-interprète. L’établissement est dirigé par un certain Rami Abdel Rahmane qui ne possède ni de formation journalistique ou juridique ni même d’instruction secondaire. Dans une interview accordée aux médias en novembre dernier, il a fait savoir qu’il résidait en permanence à Londres, était citoyen britannique et exerçait un métier d’entrepreneur (propriétaire d’un snack-bar) [en fait : un Kebab…] »

Ou encore, celle d’Alain Chouet, ancien responsable de la DGSE et spécialiste du Moyen-Orient :

« … L’OSDH fonctionne sur fonds saoudiens et qataris… » (Marianne – 20 juillet 2012).

Etc.

Source

Publié par : quebecsocialiste | 7 mars 2013

Hommage à Hugo Chavez (1954-2013)

(1954-2013)

Gabriel Proulx, au nom du Comité Central du Parti communiste du Québec

Cette semaine, mardi le 5 mars 2013, un grand camarade nous a quitté en la personne du président vénézuélien Hugo Chavez Frias. Il nous a quitté après une longue lutte de deux ans contre le cancer. C’est avec une grande tristesse que le PCQ souhaite exprimer ses condoléances à la famille d’Hugo Chavez, ainsi qu’au peuple endeuillé du Venezuela.

La vie d’Hugo Chavez en fut une de courage et de lutte acharnée pour les droits des pauvres et des opprimés au Venezuela, ainsi que dans le reste du monde. Ses programmes sociaux, comme les missions bolivariennes, ont éradiqué le fléau de l’analphabétisme parmi la population. Des soins de santé gratuits et universels sont aujourd’hui disponibles pour chaque vénézuélien, peu importe sa situation économique ou sociale.

Comment oublier la solidarité internationaliste du gouvernement d’Hugo Chavez pour les démunis du monde entier, comme par exemple, lorsqu’il répondu positivement à une initiative de distribution d’huile de chauffage gratuite pour 500 000 étasuniens dans le besoin, alors que les grandes pétrolières privées multimilliardaires des États-Unis ont toujours refusé une telle solidarité pour leur propre peuple.

Arrivé au pouvoir par les urnes en 1999, Hugo Chavez a toujours accordé une grande importance à la démocratie, se soumettant à une quinzaine de reprises, depuis sa première élection, au verdict populaire par les urnes, pour être toujours certain de l’appui du peuple du Venezuela à ses démarches pour améliorer le pays. Aucun chef d’État actuel dans le monde ne pouvait se vanter d’être aussi démocratiquement légitime qu’Hugo Chavez, un exemple à suivre dans ce domaine, tel que reconnu par la totalité des observateurs neutres du processus électoral bolivarien au Venezuela.

Hugo Chavez a redonné à son peuple la fierté d’être vénézuélien, en libérant son pays du joug impérialiste des États-Unis et en tissant des alliances internationalistes et anticolonialistes à travers le monde. En Amérique latine, il a contribué à fonder l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), organisation régionale de coopération solidaire entre nations latino-américaines.

Hugo Chavez a vécu sa vie humblement. Il n’a jamais cherché à abuser de ses pouvoirs pour s’enrichir ou pour voler son peuple. Il a défendu la justice, la liberté et les droits des pauvres jusqu’à la toute fin, allant jusqu’à hypothéquer sa propre santé à la tâche.

Enfin, sa plus grande réussite aura sans doute été l’acceptation par le peuple vénézuélien du projet pour un socialisme du XXIème siècle. Le cancer a peut-être emporté Chavez, héros moderne de la lutte contre la pauvreté, mais son idéal pour un monde plus juste et l’esprit de la révolution populaire qu’il a enclenché, eux, sont immortels, et semblent avoir été bien transmis au peuple du Venezuela, prêt à continuer la révolution sans lui, mais uni vers un même but. Comme ont dit dans les rues de Caracas et partout ailleurs au Venezuela depuis le départ de Chavez pour Cuba, dans une ultime tentative pour vaincre sa maladie : « Nous sommes la révolution »

Encore une fois, au nom du Comité Central du Parti communiste du Québec, toutes nos condoléances vont à la famille d’Hugo Chavez, ainsi qu’au peuple du Venezuela. Longue vie à la révolution bolivarienne.

Hasta la victoria siempre, Comandante. Merci et bon repos en paix.

mercenaires et terroristes islamistes syriens et étrangers en Syrie

Par Gabriel Proulx,
Coporte-parole du Parti communiste du Québec (PCQ)

Une certaine gauche bien pensante a critiqué dernièrement les positions des partis communistes, à travers le monde, qui comme nous, dénonçaient l’intervention colonialiste de l’armée française au Mali.

Ces gens semblent croire qu’en condamnant ce qui est visiblement une opération de sécurisation de ressources naturelles stratégiques pour les multinationales françaises (comme l’uranium), nous nous retrouverions associés aux terroristes islamistes. Ce jugement est faux et tient de la mauvaise fois.

Voici un petit historique des relations entre les communistes et les terroristes islamistes, mercenaires de l’impérialisme occidental, tantôt appelés « combattants de la liberté », tantôt « ennemis à abattre par tout les moyens », selon les besoins de la propagande du jour, mais qui d’aucune manière ne sauraient être associés à la lutte pour le progrès social :

Parlons en premier lieu d’Al-Qaïda elle-même.  À la base, il s’agit d’une création de la CIA étasunienne pour combattre ses ennemis dans le monde arabo-musulman. Les États-Unis, à travers la CIA, ont donné au moins 3 milliards de dollars au riche saoudien Oussama Ben Laden, au début des années ’80, pour former ses mercenaires d’Al-Qaïda à tuer des Russes et des laïcs en Afghanistan.

Rappelons que le gouvernement socialiste d’Afghanistan, à l’époque, avait instauré l’égalité hommes-femmes et la séparation entre la religion et l’État, entre autres mesures progressistes. Étant toujours obsédés par l’idée d’infliger aux soviétiques « leur Vietnam », les stratèges de la CIA avaient décidé de financer, d’armer, et d’encadrer la rébellion islamiste contre les progrès en Afghanistan.

À cette époque, l’opération de la CIA en Afghanistan faisait d’une pierre deux coups : elle faisait perdre une fortune à l’URSS en la forçant sur le chemin de l’occupation prolongée de l’Afghanistan pour protéger son régime allié, d’une part, tout en donnant en même temps un prétexte aux puissants Frères Musulmans d’Égypte pour s’attaquer à toutes sortes de cibles laïque ou de gauche à travers le monde arabo-musulman, sans se soucier un seul instant de leurs « frères » palestiniens opprimés, pourtant sous leur nez, dans l’État voisin, l’apartheid sioniste.

Ces manœuvres ont toujours été réalisées en tandem avec le « plus grand allié de Washington au Moyen-Orient », si on fait abstraction d’Israel, soit l’Arabie Saoudite, une monarchie absolue, un régime moyenâgeux opposé à toute trace de démocratie ou de liberté religieuse dans la région. C’est en Arabie Saoudite qu’est pratiquée la forme la plus réactionnaire et obscurantiste de l’islam : le wahhabisme. L’Arabie Saoudite a depuis été rejointe par une petite monarchie wahhabite voisine, le Qatar, dans l’appui financier massif au terrorisme islamiste pour avancer leurs agendas économiques et politiques criminels.

Nous avons tous pu constater, plus récemment, comment les forces de l’OTAN se servent toujours de ses liens avec le terrorisme islamiste pour atteindre ses buts impérialistes :

Il y a deux ans de cela, débutait la « révolution libyenne », en fait une opération de grande envergure de l’OTAN pour se débarrasser du gouvernement de Mouammar Khadafi, devenu source de problèmes en Afrique. Les puissances de l’OTAN, en alliance avec les monarchies wahhabites du Golfe, ont envoyé des milliers de mercenaires armés semer le chaos en Libye, en partant du fief islamiste de Benghazi, grande ville de l’est de la Libye.

L’OTAN a dans les faits armé des forces liées à Al-Qaïda pour prendre le contrôle du pays, larguant des bombes incendiaires contre l’armée libyenne qui lui barrait la route. La Libye, autrefois la nation la plus prospère d’Afrique, avec un indice de développement humain (IDH) comparable celui de l’occident, est aujourd’hui un pays misérable, gracieuseté de la civilisation barbare occidentale et de ses alliés des monarchies totalitaires du Golfe.

terroristes islamistes au Mali, qui étaient alliés à la France et à l’OTAN en Libye

L’hypocrisie française :

La France se bat aujourd’hui contre des islamistes armés des mêmes armes larguées par elle-même, durant l’été 2011, aux terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), pour les aider dans leur attaque de la capitale libyenne, Tripoli, par le sud-ouest. L’OTAN a récompensé le chef d’Al-Qaïda en Libye, Abdelhakim Belhadj, en le nommant gouverneur militaire de la région de Tripoli. Ce même individu, réputé pour ses activités terroristes internationales, a depuis ce temps servi en tant que commandant de l’autoproclamée « Armée Syrienne Libre » (ASL), l’armée des contras mercenaires de l’OTAN et du Qatar en Syrie.

L’Occident supporte également, avec l’argent de nos taxes, les terroristes islamistes des mouvances salafistes et wahhabites en Syrie (qui font exploser des voitures dans des quartiers civils de Damas aux heures de pointe). Les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et le Canada, entres autres États impérialistes occidentaux impliqué en Syrie, envoient de l’argent et des armes à leurs mercenaires islamistes pour déstabiliser les gouvernements qui ne leur plaisent pas. En faisant ainsi, les stratèges occidentaux ont marqué une cible de djihad pour les islamistes qui participaient précédemment aux troubles au Yémen ou en Somalie, par exemple.

Au Mali, la France et ses défenseurs parlent de « protéger les peuples contre la menace du terrorisme islamiste mondial » pour tenter de justifier son intervention armée unilatérale, en violation totale du droit international. Une certaine gauche voit dans la dénonciation de cette intervention illégale, une défense du terrorisme islamiste.

Ce serait oublier que la France a elle-même armé exactement ces mêmes terroristes en Libye, quand ils lui servaient de « combattants de la liberté » dans ce pays aujourd’hui dévasté et asservi aux multinationales occidentales. Ce serait oublier que les politiques colonialistes de la France en « françafrique » contribuent à appauvrir les peuples et à garder solidement en place des dictatures criminelles. Ce serait enfin oublier que le colonialisme occidental fonctionne main dans la main avec le terrorisme islamiste, pour avancer son agenda rétrograde dans le monde arabo-musulman.

Suite à cette agression armée, qui aurait fait des dizaines de victimes civiles sous les bombes de la France au Nord du Mali, sans parler des exactions commises par l’armée malienne défendue par l’armée française, certaines rumeurs circulent, voulant que l’Algérie soit la prochaine sur la liste du « printemps arabe » fabriqué en Occident et au Qatar. Le ministre des affaires étrangères du royaume du Qatar aurait lui-même proféré de telles menaces à son homologue algérien, en raison du refus par le gouvernement algérien de couper ses relations diplomatiques avec la Syrie, comme l’exigent les monarchies arabes, dont le Qatar.

Si les islamistes, qu’ils soient d’Al-Qaïda, des monarchies arabes ou des Frères musulmans, sont une menace pour les peuples du monde arabo-musulman, leur unique utilité en occident est de faire peur aux populations pour que nous acceptions sans réagir, la montagne de lois liberticides, voir fascistes, que « nos » gouvernements essayent de nous imposer depuis maintenant plus de dix ans.

Affirmer le contraire, c’est insulter l’intelligence de ses interlocuteurs.

Publié par : quebecsocialiste | 6 février 2013

70e anniversaire de la victoire de Stalingrad

Le centre-ville de Stalingrad après sa libération, photo prise le 2 février 1943.

Le 2 février dernier, cela faisait 70 ans depuis la victoire de l’Armée Rouge contre les forces fascistes menées par les allemands à Stalingrad, un 2 février 1943. L’une des grandes défaites militaires de l’Allemagne nazie, cette bataille historique marqua un tournant stratégique dans la deuxième Guerre Mondiale. Six mois, environ 1 millions de morts et une grande ville industrielle réduite à un champ de ruines gelées. Ce fut la bataille la plus sanglante de l’histoire. Elle se termina par l’encerclement et la capture de la 6e armée allemande, avec son maréchal, Friedrich Paulus. Tout cela à cause de la mégalomanie suprématiste raciste d’un homme et de ses folles idées de conquête mondiale, Adolph Hitler.

Déterminés à écraser toute trace de communisme dans le monde et à réduire les « sous-hommes » slaves en esclavage, les leaders fascistes envoient plus de 5,4 millions d’hommes à l’assaut de l’URSS, dans la nuit du 22 juin 1941. C’est à ce moment que le destin de l’Humanité s’est joué.

L’armée fasciste du front sud, composée principalement d’allemands, mais également de fascistes italiens, roumains, hongrois et croates, attaque la ville de Stalingrad en juillet 1942. Un siège terrible, parsemé de bombardements massifs et de batailles de rue sanglantes, marquera cette bataille, surtout reconnue pour la contribution des tireurs d’élites, dont le héros soviétique Vassili Grigorievitch Zaïtsev. Contre l’avis de ses généraux, Hitler fait de la prise de Stalingrad un objectif prioritaire, y envoyant toujours plus d’hommes et de ressources, laissant à l’armée roumaine la charge de protéger les flancs de sa propre armée.

La défaite de Stalingrad représenta un désastre pour le moral aussi bien de l’armée allemande que de ses alliés fascistes. Après Stalingrad, les gouvernements roumains, hongrois et finlandais, ainsi que certains cercles dirigeants italiens, commencent à prendre contact avec les gouvernements alliés et préparent leur désengagement du conflit. Diplomatiquement, le 3e Reich se trouvera de plus en plus isolé après sa défaite à Stalingrad.

Troupes soviétiques pendant l’encerclement de la 6e armée allemande

Le deux poids deux mesures honteux des médias et politiciens occidentaux

Malgré l’importance incontestable de cette bataille dans la chute de l’Allemagne nazie et de ses alliés fascistes européens, l’occident pratique la politique du silence et de l’oubli volontaire sur la bataille de Stalingrad. Dans l’optique de la propagande impérialiste occidentale, il n’est pas bien vu de reconnaître pleinement la contribution soviétique (la plus lourde de la guerre, avec ses 20 millions de morts) dans la défaite du nazisme.

Cette situation est franchement révoltante, étant donné que les gouvernements occidentaux commémorent à chaque année les morts parmi les leurs, mais refusent ce même devoir de mémoire pour ceux qui ont également combattu les nazis sur le front de l’est. C’est vraiment triste. D’une certaine manière, le silence occidental injuste sur les victoires soviétiques sur le fascisme, constitue une forme de négationnisme historique.

Nous communistes, n’oublions pas. Samedi le 2 février dernier marquait le 70e anniversaire de la victoire contre le fascisme à Stalingrad (aujourd’hui Volgograd). Nous nous en souviendrons toujours, c’est un devoir de mémoire des plus élémentaires.

En mai prochain, ce sera également le 68e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie.

C’est en commémorant l’histoire que nous honorons la mémoire des justes et avertissons les générations futures sur les erreurs à ne pas répéter.

-Gabriel Proulx

Publié par : quebecsocialiste | 31 janvier 2013

NON à la campagne militaire française au Mali !

Par Gabriel Proulx,
Coporte-parole du Parti communiste du Québec,
Au nom du Comité Exécutif Central du PCQ

Le Parti communiste du Québec (PCQ) souhaite faire part de son opposition à la présente campagne militaire de la France au Mali, pour diverses raisons.

Tout d’abord, cette intervention est profondément hypocrite et découle directement d’actions passées et présentes menées par la France et ses alliés impérialistes de l’OTAN.

Au passé, c’est d’abord la guerre criminelle de l’OTAN en Libye, qui causa la destruction du gouvernement et des forces armées de cet État africain souverain, et qui amena une bonne partie de cet armement entre les mains des rebelles indépendantistes touaregs du Mouvement National pour la libération de l’Azawad (MNLA) d’un côté, ainsi qu’entre les mains d’Al-Quaëda au Maghreb Islamique (AQMI) de l’autre.

La guerre impitoyable et illégale, basée sur des mensonges, qui a été mené contre la Libye en 2011 a semé le chaos dans la région, un fait que les responsables français refusent de reconnaître. Aussi, le fait que l’OTAN ait laissé la branche libyenne d’Al-Quaëda prendre le contrôle de la « nouvelle armée libyenne » (en réalité un ramassis de miliciens islamistes fanatiques armés par les monarchies totalitaires du Golfe) et ait nommé Abdelhakim Belhadj, chef historique d’Al-Quaëda en Libye, au poste de gouverneur militaire de la région de Tripoli (la capitale libyenne), n’a surement pas contribué à la paix et à la stabilité dans la région.

Au présent, il y a également un autre problème, soit le fait que la France et ses alliés combattent au Mali les mêmes forces terroristes islamistes et réactionnaires qu’elle et ses alliés colonialistes supportent, aussi bien diplomatiquement, financièrement et militairement, en Syrie, dans le seul but d’y détruire l’État souverain en place. Si la France veut pouvoir afficher la moindre crédibilité pour lutter contre le terrorisme islamiste, elle devrait commencer par arrêter d’utiliser ce même terrorisme islamiste dans son projet de destruction et d’asservissement de la Syrie.

Il y a aussi des mensonges médiatiques importants sur le Mali. Par exemple, il est complètement faux d’affirmer que le Mali est une démocratie. Le présent gouvernement malien est directement issu d’un coup d’état militaire. Ce n’est pas rien. Il en va de même pour la plupart des États de la « Françafrique », des anciennes colonies françaises, qui vont envoyer des hommes pour supporter l’effort de guerre français au Mali. On n’a qu’à penser à l’actuel président de la CEDEAO, Alassane Ouattara, qui est issu en Côte d’Ivoire d’un coup d’état sanglant orchestré directement par la France, en 2011.

Il ne faudrait pas non plus oublier que la France n’intervient pas innocemment au Mali. Le capitalisme français y a des intérêts importants, comme des exploitations de pétrole, de gaz naturel, d’or et d’uranium. La compagnie française Areva, qui fait dans le nucléaire et l’exploitation d’uranium, est souvent nommée.

Enfin, d’un point de vue moral et historique, il y a également le fait que la France devrait arrêter d’intervenir ainsi dans ses anciennes colonies. Le discours de « la mission civilisatrice de l’homme blanc en Afrique » ressuscité par l’ancien gouvernement de Nicholas Sarkozy, ça ne passe plus depuis longtemps. Que ce soit au Mali, en Côte d’Ivoire, au Gabon ou au Burkina Faso, les politiques néo-colonialistes de la France ne font qu’apporter autoritarisme, faim et souffrance aux populations locales. En 2013, le colonialisme n’a plus sa place ailleurs que dans les poubelles de l’histoire.

Le Conseil Exécutif Central du PCQ voudrait également profiter de ce communiqué pour condamner la décision du gouvernement fédéral canadien, toujours sans consultation aucune, d’envoyer un avion de transport militaire participer à une mission de ravitaillement au Mali. Il faudrait également souligner, sur ce point, la couverture médiatique canadienne de cet événement, qui ne laisse aucune place à la critique de cette mission militaire. Encore une fois, la « presse libre » occidentale autoproclamée fait dans la propagande et le sensationnalisme, plutôt que dans l’information de la population.

Le Parti communiste du Québec souhaite bon courage à la population malienne, surtout au nord, en cette période d’opérations militaires impérialistes sur son territoire.

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