Publié par : quebecsocialiste | 8 novembre 2009

La visite de la monarchie

Mardi le 10 novembre prochain, le prince Charles et sa duchesse de femme iront se pavaner (brièvement) à Montréal. Que dire de plus… “qu’il aille se faire fo*tre” me semble être le complément adéquat. Même si je ne pourrai malheureusement pas être du comité d’accueil organisé par le Réseau de Résistance du Québécois (RRQ) et la SSJB, gracieuseté de mes études, j’aimerais manifester mon support à leur acte de résistance pacifique. C’est dire comment, même embryonnaire, notre état est déjà plus évolué que le pouvoir anglo-saxon de Londres ou d’Ottawa. Notre jour viendra, c’est inéluctable. D’ici là, nous devons continuer le combat! Aussi, pour les petits opportunistes du camp fédéraliste (de la trahison), je rappellerai que peu importe le nombre de participants à cette protestation, les loyalistes purs et durs sont une minorité bien négligeable au Québec, car même Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, a affirmé qu’il n’avait “pas de temps à perdre avec la visite du prince Charles”. C’est dire si cette visite du monarque, sans la moindre célébration de marque (c’est dire s’ils ont peur de réveiller le Québec qui dort), est extrêmement impopulaire, tout comme le système de monarchie constitutionnelle en général est clairement rejeté par environ 80% de la population québécoise. Au fond, c’est bien qu’il se pointe, ce vieux fou, même discrètement : ça nous rappelle où se trouve le véritable pouvoir de cette farce de “démocratie” qu’est la fédération canadienne illégitime!

Vive le Québec libre et socialiste! Nous vaincrons!

Publié par : quebecsocialiste | 6 novembre 2009

Citation sur la cause internationaliste

“Nous ne sommes rien sur terre si nous ne sommes d’abord les esclaves d’une cause, de la cause des peuples, la cause de la justice et de la liberté.”

Frantz Fanon

Publié par : quebecsocialiste | 2 novembre 2009

La démocratie: le déguisement le plus en vue pour l’halloween

Hier soir, alors que les enfants se promenaient déguisés en petits démons, en clowns et en super héros (et leurs ennemis), ainsi qu’en tout un tas d’autres personnages et créatures de toutes sortes, eh bien… Je profitais de cette fête que j’adore. Ce matin du 1er novembre par contre, j’ai réalisé quelque chose : La démocratie ne mériterait-elle pas, elle aussi, d’être désignée comme étant un costume de choix et ce, 365 jours par année?

Allons! Il faut avouer que c’est assez évident ces temps-ci. Il est vrai que le déguisement “démocrate” est bien entretenu en occident depuis longtemps, mais il faut avouer qu’on commence à en voir les coutures un peu partout. L’accomplissement du projet exclusivement bourgeois de fédération européenne, promesses électorales pleines d’espoir devenues mensonges en moins d’un an aux USA et le pathétique cynisme dans lequel s’est embourbée la fédération (illégitime) canadienne à tous les nivaux sont autant de défauts aujourd’hui facilement visibles dans le costume de “démocratie occidentale”, ce vieil habit qui ressemble de plus en plus à un épouvantail. Dire que cette créature est censée ressembler à la femme de la statue de la liberté…

Pour d’autres par contre, le “costume” est tellement mal ficelé que ça en serait risible si ce n’était du fait que des prolétaires doivent vivre à l’intérieur. On n’a qu’à penser à l’Afghanistan, ce protectorat néo-colonial où nous serions censés porter secours à la veuve et à l’orphelin, comme dans une histoire de chevalerie du Moyen-âge. La réalité est malheureusement bien différente, car Hamid Karzaï, après avoir été dénoncé pour les fraudes électorales massives dont il s’est rendu coupable lors des “élections” d’août dernier sous le nez de ses protecteurs impérialistes occidentaux… se prépare aujourd’hui à être carrément couronné, faute d’opposant au deuxième tour, alors qu’il y en avait plus de quarante (40) lors du premier tour frauduleux. Tout simplement scandaleux! Le fait que des soldats québécois aient dû donner leur vie pour protéger ce dictateur et baron de l’opium est déjà une tragédie en soi pour nous, alors imaginez ce que doivent endurer quotidiennement les citoyens afghans pauvres qui sont pris dans cette guerre d’usure sans fin…

Un autre déguisement médiocre est celui d’Israël. Après le rapport Goldstone, supervisé et signé par le juriste sud-africain juif du même nom, dire qu’Israël ressemblerait, même vaguement, à “un état démocrate en quête de paix” ne serait qu’une farce des plus cruelles envers le peuple palestinien qui n’en finit plus de souffrir en silence, Israël leur appliquant aujourd’hui un embargo sur l’eau. Ce dernier “fait d’arme” seul suffit à discréditer ce petit régime militaire d’une élite sioniste arrogante ayant perdu tout sens de réalité, en plus d’être très mauvais dans leur rôle de “victimes”, ce qui n’empêche par leurs lobbys de faire la pluie et le beau temps dans toutes les chancelleries occidentales, plus particulièrement celles de Washington et d’Ottawa. Pourtant, il y a soixante ans que ça dure! Voilà ce qu’on appelle un épouvantail usé.

“Selon un récent rapport d’Amnesty International, Israël refuse aux palestiniens le droit à l’eau potable pendant que les colons juifs jouissent de pelouses vertes et de piscines en abondance.”

Les colons juifs, illégaux selon le droit international, vivent comme des européens en plein désert pendant que la population occupée de la Palestine, que l’on déguise de force en “agresseurs barbares”, ne peuvent qu’espérer un peu de charité de la part de la supposée “communauté internationale”, un autre beau subterfuge permanent utilisé à outrance par les oligarchies à travers le monde.

Parlant d’halloween sans fin, la mascarade de Barack Obama et de son équipe, un sombre mélange de rebuts de l’ère Bush et des “démocrates conservateurs” d’Hillary Clinton, dure depuis un an déjà. C’est quand même quelque chose, la présidence de la première puissance mondiale sous “administration démocrate” : Tant de mains tendues et de discours creux, en passant par des silences gênants sur des fraudes électorales évidentes à l’étranger (Afghanistan, Gabon et Tunisie), la poursuite du blocus cubain malgré l’opposition du monde entier (à l’exception d’Israël et de… Palau) et la poursuite de l’injustice à l’endroit des cinq héros cubains, la guerre toujours plus meurtrière en Afghanistan et… la capitulation devant Israël! Rien de très impressionnant disons…

Pour finir, un autre groupe qui se voit costumer de force par notre omnisciente “presse libre”, qui n’a rien trouvé à redire, derrière son déguisement “neutre”, pour toutes les supercheries énumérées plus haut, ce sont les vrais démocraties émergentes d’Amérique du Sud, qui se font affubler de “mains de fer” sans aucune raison autre que leur incompatibilité avec l’idéologie néo-libérale dominante des médias atlantistes à la solde de la grande bourgeoisie, qui est en fait la grande distributrice de costumes et de mensonges à travers le monde.

Sale constat n’est-ce pas? C’est pour cette raison qu’il faut laisser les plus jeunes s’amuser dans leurs plus beaux costumes, tant qu’ils le peuvent encore, tout en leur apprenant, petit à petit, les notions de solidarité et d’entraide dont ils auront besoin plus tard, car c’est bien eux qui nous aideront à faire tomber les masques du capitalisme et à rendre ce monde meilleur pour les travailleurs du présent, mais surtout pour ceux des générations futures.

(Le capitalisme sous son vrai jour)

Publié par : quebecsocialiste | 31 octobre 2009

Les “alliés” et la réécriture de l’histoire

On se rappellera toujours de cette image historique marquant la fin de la 2e Guerre Mondiale en Europe et par le fait même, la chute des nazis par l’effort acharné des peuples de l’URSS. Malheureusement, les racailles fascistes de la nouvelle extrême droite en Europe et en Amérique du Nord tentent de l’effacer de la mémoire collective, afin de se débarrasser de ce souvenir, gênant pour la propagande arrogante de l’occident capitaliste. Pourtant, les preuves sont là et ne manquent pas. Il est bon, par exemple, de se rappeler que ce sont les soviétiques qui ont en premier découvert et mis à jour les camps d’extermination nazis. De l’autre côté, il est incroyable de constater les “efforts” de malhonnêteté intellectuelle fournis par l’occident afin d’enterrer ses propres démons, à l’heure où l’on n’a de cesse de s’en prendre au rôle historique de l’armée Rouge dans la débâcle du 3e Reich. Comme exemples, il est important de souligner l’accord de Munich (qui céda la Tchécoslovaquie indépendante à Hitler), le réarmement d’une Allemagne agressive sous le regard nonchalant de l’Ouest (qui souhaitait bien voir tout cet arsenal être utiliser pour écraser l’URSS) ou encore, le caractère profondément antisémite du gouvernement canadien de l’homme qui figure aujourd’hui honteusement sur les billets canadiens de 50$ (qui refusait même l’entrée aux enfants juifs), en plus des camps de concentration pour les citoyens d’origine nippone au Canada et aux États-Unis. Dire qu’aujourd’hui, l’Europe tente de mettre le communisme (qui n’a jamais été appliqué, pas plus en Europe qu’en URSS) sur un pied d’égalité avec le nazisme, facilitant ainsi la criminalisation des partis communistes dans l’entité illégitime, alors que le nazisme lui-même est florissant dans les pays baltes, mais aussi en Europe de l’est en général. Dégoûtant! C’est le capitalisme qui devrait être placé sur un pied d’égalité avec son ancien allié nazi! Pour finir, il serait important de souligner l’histoire des soldats soviétique de Brest-Litovsk, qui résistèrent héroïquement jusqu’à la fin sur leur petite base frontalière pendant un mois à l’assaut de la Wehrmacht, sans vivres ni support extérieur. Ces héros méritent bien plus que de se faire cracher dessus par des intellectuels de salons occidentaux hypocrites et minables! Il y aura toujours une limite à diaboliser l’armée Rouge toute entière pour les crimes de Staline!  Sur ce rappel, je vous laisse sur ce texte de Nestor Nunez, paru sur Le Grand Soir :

 Un voile opportuniste glissé sur l’histoire de la seconde guerre mondial

par Nestor Nunez

Hiver 1941. Contre-offensive soviétique

Certaines condamnations ne sont pas ingénues, et encore moins sincères. Tenter de présenter, soixante dix ans après, l’Union Soviétique, aujourd’hui disparue, comme la responsable du déclenchement de la seconde guerre mondiale obéit à des intérêts malsains mais elle n’a rien d’original. L’idée avait déjà été lancée en 1939, au moment où les nazis avaient fait irruption en Pologne, ce qui avait marqué le début de la pire conflagration de l’histoire de l’humanité.

Le prétexte avancé par les occidentaux pour lancer cette absurdité a été l’accord de non-agression signé entre Berlin et Moscou, que le gouvernement de Joseph Stalin avait accepté, au vu de l’invasion allemande en Pologne, afin de gagner du temps avant l’attaque des troupes fascistes, considérée comme inévitable, et qui, du reste, était considérée comme souhaitable par les grandes puissances capitalistes.

Ces historiens « innovateurs » et « honnêtes » ne semblent pas être au courant des erreurs graves et répétées commises par Washington, la Grande Bretagne et la France en ce qui concernait le réarmement allemand durant les années qui ont précédé la guerre. Ces pays y ont même contribué en leur fournissant des biens et des technologies.

Ces « illustres académiciens » n’ont pas non plus analysé la prétendue « neutralité » occidentale proclamée lorsque les phalangistes, appuyés directement par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, ont mené la guerre et vaincu les forces de la République Espagnole, ou encore lorsque Rome a envahi l’Ethiopie.

Ils ne tiennent pas non plus compte de l’accord pris entre Paris, Londres et Berlin qui accordait à Hitler les territoires spoliés de la chécoslovaquie. Le calcul des pays capitalistes de l’époque, c’était qu’en étant complaisants avec le nazisme, ils le poussaient vers l’est, c’est à dire vers l’Union Soviétique.

Mais le guignol germain caressait des plans de conquête mondiale qui dépassaient l’imagination de ceux qui l’avaient poussé jusqu’au dernier moment.

Même au milieu de la débâcle, lorsque l’invasion nazie de l’Union Soviétique avait déjà commencé et que la coalition internationale antifasciste était formée, les alliés occidentaux des États-Unis et de la Grande Bretagne ont retardé le plus possible l’ouverture d’un deuxième front européen en espérant que les allemands et les soviétiques finissent par s’exterminer mutuellement.

Ce n’est qu’après les victoires retentissantes remportées par l’Armée Rouge à Stalingrad, sur l’arc de Kursk et sur d’autres fronts que, par peur d’une irruption des troupes soviétiques à l’ouest, ils se sont décidés à lancer l’attaque alliée qui, du reste, avait d’abord été programmée par les côtes des Balkans et non pas par celles de la France, avec pour objectif unique d’intercepter les « russes » sur leurs frontières.

S’il est absolument vrai qu’il y a eu un courage, un dévouement et un immense esprit de sacrifice chez tous ceux qui ont lutté honnêtement contre la peste nazie, il est également impossible de taire l’énorme héroïsme massif de tous les soviétiques qui ont dû payer le prix de 29 millions de vies pour parvenir à rompre la colonne vertébrales de la machine de guerre hitlérienne, fer de lance contre le fantôme du communisme.

Il est important que la vérité soit connue de tous, et en particulier des jeunes générations. Les « révisionnistes du passé », manipulateurs d’extrême droite, tentent de semer la confusion et le mensonge, avec l’hypocrite espérance que les vrais gagnants de l’histoire sont ceux qui l’écrivent.

Néstor Núñez

Article original
Humos oportunistas sobre la II Guerra Mundial

Source

Deux affiches de l’époque, l’une occidentale et l’autre soviétique (il y en bien plus encore de ceux-là), qui prouvent bel et bien que l’armée Rouge combattait les nazis pour la liberté des peuples en Europe lors de la seconde guerre mondiale.

Publié par : quebecsocialiste | 28 octobre 2009

Loi 104: Québec insulté par la couronne et sa cour

(On en rirait se ce n’était pas aussi pathétique…)

 Comme vous le savez tous, le Québec s’est encore fait refuser le droit à la défense de sa culture par une bande de juges déguisés en père Noël. Des clowns qui, sous le couvert de la justice, servent en fait les intérêts néo-coloniaux du Canada et de “sa majesté”. Ce sera dans ces moments que les commentaires de Pierre Falardeau nous manqueront. Heureusement, Québec Solidaire est là pour défendre le français au Québec, pendant que PQ dort toujours au gaz:

Loi 104 : Québec Solidaire est outré par la décision de la cour suprême

Le 22 octobre 2009

 Montréal, le 22 octobre – En réaction à la décision unanime de la Cour suprême de déclarer inconstitutionnels les articles de la loi 101 interdisant aux parents de recourir aux écoles privées non-subventionnées de langue anglaise pour permettre à leurs enfants d’accéder au système scolaire anglais subventionné, la présidente et porte-parole de Québec solidaire Françoise David s’est dite « outrée par cette décision qui légalise une pratique douteuse et crée une brèche supplémentaire dans la législation visant à protéger la langue française au Québec. L’école publique francophone est un instrument essentiel au rayonnement de notre culture : il est de notre devoir de la protéger. » Rappelons que les changements à la loi 101 invalidés par la Cour suprême avaient été adoptés à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 2002.

Afin de corriger la situation, Françoise David estime en outre que « le gouvernement Charest a le devoir de trouver les moyens législatifs ou juridiques pour colmater cette brèche ouverte. La primauté du français au Québec n’est pas négociable, n’en déplaise à la Cour suprême. »

Publié par : quebecsocialiste | 24 octobre 2009

La bourgeoisie à la défense de Bush (et bilan de la manif de Montréal)

Comme vous le savez probablement tous, Bush était de passage à Montréal, jeudi dernier, à l’invitation de notre bourgeoisie “canadian” locale. Il n’est donc pas surprenant de voir les agents de cette bourgeoisie défendre bec et ongle ce criminel de guerre international. Sur le front médiatique, le plus pathétique aura été, comme toujours, Richard Martineau, qui avait cet éclair de génie à faire remarquer sur les manifestants qui s’étaient rassemblés en nombre (parmi lesquels ont pouvait remarquer Armand Vaillancourt et Amir Khadir, de Québec Solidaire, entre autres)  pour faire connaître leur opposition à la venue de cette crapule sur notre territoire, sous la pluie et un froid digne de l’hiver :

 La visite de George W. Bush à Montréal suscite de vives réactions.

Pendant ce temps, Obama envoie 13 000 soldats supplémentaires en Afghanistan sans être embêté.

Pire, il a reçu le Prix Nobel de la Paix!!!!

Nos amis les pacifistes auraient-ils l’indignation sélective?

Serait-il plus difficile de critiquer un Président Noir?

Même en ignorant le fait qu’il fasse référence de manière assez flagrante à la couleur de peau d’Obama pour prouver son point (c’est lui qui aurait du “passer au bat” au dernier bye-bye), ce commentaire paru sur son blogue reste assez débile et relativiste par dessus le marché. Les manifestants auraient-ils dû se rendre à une manifestation anti-Bush avec des pancartes et des slogans anti-Obama pour faire plaisir à la mascotte de Quebecor!? Où serait la logique dans tout ça!?

Bon, pour la forme, j’ai tout de même mis sur la table mes critiques de l’administration Obama jusqu’à maintenant, toujours sur le blogue de Martineau :

J’étais de cette manif, dans le froid, le vent et la pluie… et j’en suis fier. Le Canada a perdu toute sa crédibilité sur le plan international À CAUSE des guerres et du copinage moyen-âgeux entre les conservateurs “canadians” et des “républicains” U.S. qui n’ont de républicain que le nom (je doute que les crackpots aujourd’hui à la tête de ce parti auraient supporté les républicains espagnols contre le fascisme de Franco, qui est finalement resté au pouvoir jusqu’à sa mort en 1980, une véritable honte pour l’occident). La mollesse du gouvernement fédéral, entretenue par la partisanerie crasse de ce gouvernement carrément perdu dans le champs (de pétrole), n’est qu’une raison de plus pour justifier l’indépendance du Québec.

Ceci étant dit, je condamne tout autant Obama pour sa gestion catastrophique du dossier de l’Afghanistan, ainsi que pour son soutien continu à Israël alors même que ce pays croule aujourd’hui sous des preuves de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, dans un rapport signé par un juif en plus, ce qui rend caduque toute tentative de qualifier le rapport Goldstone “d’antisémite”.

Je condamne également l’administration Obama pour les sept bases militaires U.S. supplémentaires installées en Colombie (le pays possédant, de loin, la pire fiche de toute l’Amérique en matière de droits humains), pour son incroyable lenteur à condamner le putsh militaire au Honduras et enfin, pour son absence totale de réaction devant les fraudes massives qui ont menées Ali Bongo, fils du plus ancien dictateur d’Afrique (Omar Bongo), au pouvoir au Gabon.

Quant à son prix Nobel de la “paix” pour 2-3 beaux discours, ça prouve que ce prix n’a plus aucune valeur aujourd’hui. Le seul avantage est que maintenant, il a une patate chaude entre les mains pour ses prochains plans en Afghanistan.

En passant, j’aimerais rappeler que le secrétaire à la défense de Bush, Robert Gates, est le même sous l’administration Obama. Pas de changement de ce côté. 

Lorsque j’ai abordé la question de la perte de valeur du prix Nobel, j’aurais également pu ajouter que : Concernant le prix Nobel de la paix, son obtention par Woodrow Wilson (et son fameux “Red Scare” paranoïaque, qui envoya des milliers de communistes et de syndicalistes en prison pour avoir OSÉ demander assez d’argent pour au moins nourrir leurs familles) (voir le film “Modern times” de Charlie Chaplin) et Shimon Peres (surnommé “le boucher” pour les massacres commis au Liban par son gouvernement) est autant une farce que pour Kissinger (et son implication bien connue dans la guerre du Viet-Nam et le coup d’état de Pinochet au Chili).

Le bilan de la manif :

(Les membres des ”forces de l’ordre” de l’oligarchie, pris en flagrant déli de paresse au travail, pendant qu’un criminel de guerre reconnu se faufilait derrière eux… à moins qu’ils ne protègent cet assassin bien-sûr, ce qui constiturait une trahison à leur serment à la population)

Sur le terrain, c’est sans surprise que les hommes et les femmes à matraques du pouvoir ne se sont pas gênés pour nous exposer leurs sales têtes pendant que l’ordure en question faisait tranquillement son discours de va-t’en-guerre minable derrière eux, pissant ainsi sur la mémoire de John Lennon. Il est à noter qu’au début de la manifestation, ils ont “bravement écarté” la “menace” que constituait un groupe de vieilles dames en train de chanter pour la paix, avant d’arrêter, devant la caméra de Radio-Canada (c’est passé en direct à la télévision), un homme parce qu’il discutait avec les policiers au lieu de s’enlever de là. À la fin du rassemblement, alors que nous n’étions qu’une poignée à rester sur place, les policiers se sont mis, sans la moindre raison apparente ou marque d’hostilité de notre part, à nous crier des “MOVE” en frappant leurs bâtons de répression sur leurs boucliers. Ils ont avancé jusqu’à nous pousser de l’autre côté de la rue. En passant les “boys”, “Move”, c’est un mot anglais… et on est à Montréal ici, la métropole du Québec, donc c’est en français que ça se passe! Avec votre attitude agressive, je crois que les anglophones présents à la manif auraient aussi bien compris le message avec “BOUGE” sortant de vos grandes gueules, assez silencieuses quand on vous faisait remarquer que vous protégiez un assassin (donc un criminel) et que vous trahissiez ainsi le peuple. Trahison!

Au final, j’ai passé une bonne journée dans la métropole, malgré la pluie et le vent, féroce par moments. Étant un éternel amoureux de l’hiver, j’étais bien content de pouvoir admirer la première neige (fondante) de la saison, à l’heure du souper, après mon passage à la bibliothèque nationale. Parlant de neige, je me demande s’il y en aura assez pour faire des boules lorsque le prince Charles se pointera en novembre…

Publié par : quebecsocialiste | 21 octobre 2009

L’Europe et ses médias, ou les gardiens de la bourgeoisie

Le futur “duce” de la fédération Européenne? On ne peut qu’espérer que non…

 Un article paru sur Le Grand Soir qui démontre de façon flagrante l’agenda des mass médias en Europe. Ces mêmes sophistes de salon à la sauce RSF de l’élite “intellectuelle” médiatique, qui lancent des véritables concerts de condamnations et de lamentations lorsque le Venezuela cherche à faire respecter ses lois en donnant les ondes ( “appartenant” à des droitistes au permis expiré ) à des organisations populaires et communautaires qui n’ont pas les moyens de se payer des stations de radio pour livrer leur message, n’hésitent pas à s’en prendre à l’essence même de la démocratie lorsque les intérêts personnels et idéologiques de leurs patrons se retrouvent sous les projecteurs de l’actualité, une actualité toujours aussi truquée par cette “presse libre” privée (dire ça à voix haute, ça fait réaliser à quel point la bourgeoisie nous prend pour des cons). Le texte est assez long, j’en convient, mais ça se lit tout seul, je vous l’assure :

Traité de Lisbonne : le soulagement des fulminants

Laurent Daure

Le biais des médias en faveur de l’Union européenne n’est plus à prouver (1). Le second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne nous a donné une nouvelle occasion de constater l’unanimisme habituel. Les commentateurs dissimulent à peine le soulagement que leur procure le « oui » irlandais obtenu de façon on ne peut plus discutable. Deux sujets majeurs – intimement liés – font consensus dans la quasi-totalité des médias : le libéralisme et la construction européenne. Ils nous sont toujours présentés comme allant de soi. Pourquoi sommes-nous ainsi privés d’un débat public digne de ce nom ? Les taux d’abstention aux élections européennes (2) et les doutes quant aux vertus démocratiques de l’UE n’ont jamais été aussi forts, au nom de quel intérêt supérieur les médias refusent-ils aux citoyens le pluralisme dont ils font grand cas lorsque celui-ci ne les engage à rien ?

Quel que soit le texte institutionnel du moment, les dirigeants européens sont assurés d’obtenir le concours actif des médias pour en faire la promotion ; ceux-ci sont d’ailleurs les auxiliaires les plus affairés lorsqu’il s’agit de chanter les louanges de « Cette Union européenne qu’a priori tout le monde souhaite (3) », selon l’expression de Sylvie Pierre-Brossolette du Point. L’UE « doit achever son aboutissement (4) » d’après le rédacteur en chef adjoint de France Info, Bernard Thomasson. « On est en manque d’Europe (5) » claironne Christophe Barbier, « L’Europe est notre avenir (6) » tranche Edwy Plenel. Bref, les médias pratiquent le principe tautologique selon lequel « il faut plus d’Europe parce qu’il faut plus d’Europe » et nous sommes priés de ne pas en douter.

« Faire revoter les Irlandais ? » – Aucune objection.

Chacun put vérifier de nouveau la parfaite harmonie médiatique à l’occasion de ce que Laurent Delahousse a appelé un « référendum de rattrapage (7) ». Le 2 octobre, le traité de Lisbonne – reformulation délibérément confuse (8) du traité constitutionnel européen rejeté par les Français et les Néerlandais en 2005 – a été adopté en Irlande par 67,1 % des voix. Le peuple irlandais avait été contraint de se prononcer une seconde fois sur le même texte bien qu’il l’eût rejeté le 12 juin 2008 (53,4 %), cette première réponse n’étant manifestement pas la bonne. Si dans les autres pays les gouvernements ont contourné leur peuple en ratifiant le traité par voie parlementaire, un tel stratagème n’était pas légalement possible en Irlande. Au Figaro, on s’était réjoui de cette limitation de la souveraineté des peuples : « Heureusement, l’Irlande est le seul pays dont la Constitution l’oblige à soumettre tout traité au vote populaire. (9) » L’organisation d’un second référendum ne posa aucun problème aux commentateurs pourtant habituellement pressés de se scandaliser avec force grandiloquence dès que la « démocratie » est menacée quelque part dans le monde. Mais après tout pourquoi contester ce qui allait être, cette fois-ci, c’était sûr, « L’ultime vote des Irlandais sur le traité de Lisbonne (10) » ?

Dès l’annonce du « non » irlandais en 2008, les journalistes relativisèrent en chœur la portée de ce verdict populaire. Puisque « Le scénario du pire [était] arrivé en Irlande » (Le Figaro, le 14 juin) et que « 862 415 personnes [avaient] scellé le sort d’un projet conçu pour près de 500 millions d’Européens » (Libération, le 14 juin), « Il [allait] falloir dédramatiser le non irlandais » (Le Figaro, le 14 juin). Avec une logique toute personnelle, Dominique Reynié affirma alors : « Quiconque tient au respect des souverainetés nationales doit souhaiter que le processus de ratification aille jusqu’à son terme pour ne pas léser les États qui n’ont pas encore décidé (11). » Aucun de nos éditorialistes d’élite ne propose de revoter lorsque le résultat lui convient. Sur la base de quel raisonnement ne pourrions-nous pas revoter sur le traité de Maastricht, par exemple ? Et pourquoi ne pas organiser une « belle » en Irlande ? Non, nous ne sommes autorisés à changer d’avis que dans un seul sens, celui que les médias dominants approuvent.

Après le « désastre » de juin 2008, certains commentateurs finirent même par oublier que les Irlandais avaient déjà voté. Ainsi, Jean-Claude Casanova, le co-animateur de l’émission « La rumeur du Monde » sur France Culture déclara lors d’un « débat » (les présents étaient d’accord sur tout) précédant les élections européennes : « le projet européen n’est pas clair, aujourd’hui on ne sait pas sur quelles institutions européennes nous allons nous trouver puisque les Irlandais ne se sont pas encore prononcés [sur le Traité de Lisbonne] (12) ». Personne ne le reprit dans le studio, ni Jean-Marie Colombani, ni les deux invités, Brice Teinturier (directeur de l’unité Stratégie d’Opinion, TNS Sofres) et Gérard Courtois (directeur éditorial au Monde), tous partisans du « oui », bien sûr.

La minimisation systématique de la valeur du « non » irlandais instaura un climat médiatique favorable à la tenue d’un nouveau référendum. Lorsque celui-ci arriva, les vieux réflexes revinrent aisément et l’on s’assit une fois encore sur le pluralisme.

Les médias révisent leurs classiques

À chaque étape de la construction européenne les médias déploient leur dispositif d’approbation béate des « avancées » institutionnelles. Ainsi, avant l’annonce du résultat du re-référendum irlandais, la machine se mit en branle, assez tardivement cette fois-ci (13) (le 2 octobre, le jour même du scrutin), comme s’il convenait de ne pas trop prendre le temps de rappeler l’épisode de 2008. Alors les journalistes se mirent à radoter leurs vieux standards. Le sort du traité de Lisbonne, ce petit texte anodin « destiné à améliorer le fonctionnement de l’Union européenne (14) », était une nouvelle fois suspendu au bon vouloir de ces « ingrats d’Irlandais (15) ». Le 2 octobre, La Croix attendait « pour savoir si 0,9 % de la population de l’UE enterrera[it], à elle seule, le traité de Lisbonne » ; Le Monde regrettait comme en 2008 que « la petite Irlande, 4,4 millions d’habitants, tien[ne] dans ses mains, pour une bonne part, le destin institutionnel de 500 millions d’Européens. » Pour les prescripteurs d’opinion, l’Union européenne est d’ores et déjà souveraine et le « petit poisson irlandais » (Libération, le 2 octobre) ne devrait pas avoir voix au chapitre sur un projet aussi impérieux. C’est ainsi qu’ils piétinent sans aucun scrupule la souveraineté populaire et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le zèle oui-ouiste des médias se remarque aisément au vocabulaire employé, à la tournure des phrases, au ton. Lorsque l’on affirme que « Dublin bloque un traité censé mieux faire fonctionner l’Europe » (France Info, le 2 octobre), que l’Irlande est « responsable de la paralysie » (lemonde.fr, le 3 octobre) ou que « Demain soir, la porte irlandaise pourrait bien s’ouvrir » (La Croix, le 2 octobre), on sous-entend que le traité de Lisbonne est une bonne chose, que l’UE l’est aussi et qu’aucune personne raisonnable ne saurait s’y opposer. De même, en mettant en « une » des titres comme « L’Europe attend l’Irlande » (Libération, le 2 octobre) ou « L’Europe attend le “oui” irlandais » (La Croix le 2 octobre), les rédactions semblent exprimer leur propre impatience et utilisent le terme « Europe » d’une façon ambiguë (16). En effet, que désigne-t-il ici sinon les partisans du traité de Lisbonne et plus largement ceux de l’Union européenne ?

Les mots choisis pour parler des défenseurs du « oui » possèdent toujours une connotation positive (17) alors que les nonistes, quels qu’ils soient, se retrouvent rapidement affublés des habituels anathèmes : « nationalistes », « populistes », « égoïstes », adeptes du « repli sur soi », etc. Ces méthodes grossières de dénigrement se pratiquent aussi par l’image. Le reportage que TF1 a consacré au référendum irlandais dans son journal de 20H du 2 octobre est « exemplaire » à cet égard. Le bref sujet arrivant en quatorzième position nous montre deux jolies jeunes filles distribuant des tracts en guise de partisans du « oui » alors que le visage du « non » est celui d’une dame moins avenante, à moitié hystérique, éructant contre l’avortement. Et quand les journalistes envisagent une deuxième victoire du « non », c’est toujours pour nous prédire un malheur : cela « discréditerait l’UE sur la scène internationale » (La Croix, le 2 octobre), cela « plongerait l’Europe dans une grande incertitude » (France Info, le 2 octobre), « l’UE resterait figée dans le traité de Nice » (Le Figaro, le 2 octobre), ce qui « empêche[rait] d’avoir une vraie impulsion politique » et provoquerait « une difficulté à avancer » (Le Parisien, le 2 octobre). Et comme « une gouvernance de l’Union plus efficace serait nécessaire » (La Croix, le 2 octobre), « Si le “oui” l’emporte [...], tous les espoirs sont permis » (Le Figaro, le 2 octobre). Dans l’esprit des partisans du « oui », c’est assez simple : le traité de Lisbonne et plus largement la construction européenne sont né-ce-ssai-res, ils ne sont donc pas négociables. Tout discours alternatif est censuré ou discrédité. Les médias cherchent sans cesse à donner l’impression que l’UE fait consensus tout en oubliant de préciser que s’il y a consensus, c’est entre les gouvernements des pays européens et pas entre les peuples et leur gouvernement respectif.

Le service après-vente du traité de Lisbonne continue

On distingue plusieurs constantes dans le traitement médiatique des aventures rocambolesques du traité de Lisbonne. L’une des plus évidentes est la façon dont les journalistes n’ont cessé de minorer la portée constitutionnelle du texte. Le 17 juin 2008, Le Monde nous avait invités – apparemment sans ironie – à considérer que « La modestie du traité correspond[ait] à l’état d’esprit des élites européennes ». Les expressions « mini-traité » et « traité simplifié » furent largement utilisées sans que la pertinence de telles appellations ait été examinée. Valéry Giscard d’Estaing, l’architecte en chef du traité constitutionnel, n’a-t-il pas répété une nouvelle fois que « Les changements apportés par le traité de Lisbonne sont mot à mot ceux qu’apportait la constitution européenne (19) » ? Le 2 octobre on se plut à rappeler qu’il s’agissait simplement d’un « traité censé mieux faire fonctionner l’Europe à vingt-sept » (France Info) ; dans Le Monde, il était tout aussi modestement « destiné à améliorer le fonctionnement de l’Union européenne » ; pour Libération, il « vise à rationaliser le fonctionnement de l’UE ». Bref, il est bien inoffensif, ce « mini-traité », qui pourrait en vouloir à un texte aussi humble ? Parfois les journalistes donnent quelques précisions sur les changements qu’il apporterait (un président du Conseil européen, un haut représentant des Affaires étrangères de l’UE, le passage au vote à la majorité qualifiée pour certains domaines) mais ils occultent systématiquement sa portée constitutionnelle – pourtant indéniable – et l’ampleur des transferts de souveraineté qu’il instaurerait. Pourquoi les médias ne font-ils pas plus d’efforts pour nous expliquer tout ce que le traité de Lisbonne implique ? Craindraient-ils que leur fameuse « pédagogie » ne soit pas toujours opportune ? À vrai dire il est très probable que la plupart des journalistes ne se soient guère renseignés sur ce traité « extrêmement technique et totalement illisible pour le commun des mortels » (Le Monde, le 6 octobre 2009) ou sur sa version antérieure ; ils répètent grosso modo ce qu’en disent ses partisans et endossent ainsi le rôle d’attachés de presse permanents de la construction européenne.

À lire le Monde, on a l’impression d’avoir affaire à un porte-parole de la Commission européenne : « Depuis le premier vote, les Irlandais ont obtenu du Conseil européen des “garanties” sur les sujets qui avaient le plus alimenté leurs inquiétudes ». Ou à un tract en faveur du « oui » : « Comme en 2008, [les] adversaires [du traité de Lisbonne] sont insaisissables, éclatés en une myriade de groupes aux revendications idéologiques parfois contradictoires. (20) » À La Croix (le 2 octobre), on y va franco dans le parti-pris : « Cette fois, les partisans du “oui” ont réfuté inlassablement les faux arguments des nonistes. » Dans Le Parisien (le 2 octobre), un court article intitulé « Oui ou non, ce qui change » liste les avantages et inconvénients des deux issues possibles au second vote irlandais : en cas de « non », aucun avantage, que des inconvénients ; en cas de « oui », c’est l’inverse ! (21) Toutefois, la palme de la sophistication revient haut la main à Sébastien Maillard de La Croix : « bien qu’ils le taisent davantage, l’échec du traité de Lisbonne ne déplairait pas aux plus fédéralistes, pour qui ce texte affaiblit les rouages communautaires originaux au profit des gouvernements nationaux » (le 2 octobre). Avec ce raisonnement tortueux – et absolument pas étayé –, le journaliste nous invite à imaginer que même parmi les européistes les plus passionnés certains voudraient du mal au pauvre petit traité de Lisbonne, ce texte à qui décidément « Rien n’aura été épargné » (lemonde.fr, le 3 octobre).

La « saine peur » de la crise

Les sondages annonçaient une très probable victoire du « oui ». Alors comment expliquer le revirement du peuple irlandais ? Le 2 octobre, les analyses des commentateurs convergeaient franchement : « La crise, meilleure alliée du traité de Lisbonne en Irlande » (Le Monde) ; « La crise pousse les Irlandais à soutenir le traité de Lisbonne » (La Tribune) ; « Pour les Irlandais, touchés de plein fouet par la crise, l’UE est désormais un secours » (Libération) ; « La crise, c’est sans doute la vraie clef de ce scrutin » (France Info), etc. Bref, « La crise économique a changé la donne » (La Tribune). Les Irlandais allaient donc voter « oui » par peur de la crise, craignant de se retrouver isolés et vulnérables, mis au ban de l’UE. On ne s’interrogea surtout pas sur la façon dont cette peur avait été alimentée par les partisans du traité de Lisbonne, médias en tête. En 2008, les commentateurs autorisés avaient fulminé (22) contre ce que Alain Duhamel avait appelé avec mesure le « despotisme irlandais ». Le même éditorialiste s’était emporté avec d’autres contre « la mécanique infernale des référendums, ces machines à faire répondre non aux questions qui ne sont pas posées (23) ». Comme lors du référendum français de 2005 où les fulminants avaient accusé les Français d’avoir voté « non » seulement pour sanctionner le gouvernement et le président Chirac, ils affirmèrent que les Irlandais avaient sombré dans « l’irrationnel absolu, l’obscurantisme populiste (24) » (Franz-Olivier Giesbert) et que « Les partisans du “non” [avaient] menti de manière éhontée et [avaient] manié les peurs (25) » (Christophe Barbier). Bref, les Irlandais avaient été aveuglés par la peur et s’étaient prononcés eux aussi contre leur gouvernement et pas sur le texte. Ce postulat gratuit relève de la méthode désormais bien rodée qui permet de relativiser le poids d’une sanction populaire quand celle-ci ne convient pas aux puissants. Le Monde du 2 octobre avait son analyse toute prête en cas de deuxième « non ». Sa secrète crainte ? Que « le référendum ne serve de défouloir contre ces ” élites” soupçonnées de connivence. »

En 2009, tous les commentateurs se sont donc retrouvés pour dire que les électeurs allaient probablement voter « oui » par peur des conséquences de la crise, une raison qui a certes compté mais qui, chacun en conviendra, n’a aucun rapport avec le traité de Lisbonne. Ainsi, lorsque la réponse est « oui », les journalistes ne déplorent pas que les électeurs ne se soient pas prononcés directement sur le texte. Il s’agit là d’un cas patent de malhonnêteté intellectuelle. Cette absence de cohérence dans l’argumentation est un symptôme de la nonchalance intellectuelle qui règne dans le milieu journalistique. Les médias dominants se prennent un peu plus les pieds dans leurs contradictions lorsqu’ils accordent implicitement aux partisans du « oui » le droit d’utiliser la peur de la crise pour parvenir à leurs fins. La peur est une aubaine lorsqu’elle avantage le camp qui a leur préférence. Certains journalistes se sont même laissés aller à se réjouir à demi-mot de la déchéance du « tigre celtique » dont ils célébraient la réussite économique quelques années avant : « La récession […] est venue rappeler aux Irlandais les avantages de faire partie de l’Europe » (La Tribune, le 2 octobre) ; « En 2008, [l’Irlande] se glorifiait encore de son surnom de “tigre celtique” » (Libération, le 2 octobre) ; « En 2008, le Tigre celtique montrait les crocs après une croissance effrénée […] et s’est offert un baroud d’honneur face à un traité européen mal compris, parce que mal expliqué [et encore un appel à la « pédagogie »…] » (La Croix, le 2 octobre) ; « En 2008, les Irlandais se croyaient invulnérables. Aujourd’hui, ils font profil bas. Et ils voient dans l’Union, à qui ils ont dû leur décollage, une bouée de sauvetage » (Le Monde, le 2 octobre). Eric Albert de La Tribune pense pour sa part que « La crise économique a fait réfléchir les Irlandais », autre façon de dire que ces derniers n’avaient pas réfléchi en 2008. Heureusement que la crise leur a mis du plomb dans la tête ! Dans la catégorie « jubilation revancharde », le premier prix revient à Dominique Quinio de La Croix ; dans son éditorial en « une » de l’édition du 2 octobre, on pouvait lire : « la crise financière a frappé de plein fouet une Irlande triomphante, oublieuse de ce qu’elle devait à l’Europe » et « L’adage selon lequel l’Union fait la force fonctionne mieux dans les moments de désarroi que lorsque le succès vous grise et vous pousse à l’égoïsme. » La peur serait donc bonne conseillère…

Dans les médias dominants, aucun commentateur n’envisagea une possible responsabilité de l’Union européenne dans la crise. La dérégulation de la finance et la suppression de toute restriction aux mouvements de capitaux, prônées ardemment à Bruxelles, ont pourtant favorisé l’extension de la crise en Europe. Quel économiste en disconviendrait ? (26) Mais les journalistes, droits dans leurs bottes en caoutchouc, préfèrent dire que « Les Irlandais comptent désormais sur l’Europe pour les sortir de la récession » (Le Parisien, le 2 octobre) ou que « L’Europe semble redevenue ce symbole de solidarité qu’elle était dans les années 70-80 » (France Info, le 2 octobre). Quoi qu’elle fasse, l’Union européenne trouvera l’absolution auprès des médias.

Et le soulagement vint…

Lors de l’annonce du résultat définitif, dans l’après-midi du 3 octobre, les médias peinèrent à dissimuler le soulagement qu’ils partageaient avec les dirigeants européens. Pour eux aussi c’était la fin d’un « calvaire » (La Tribune, le 5 octobre), ils n’auraient plus à revenir sur ce qui dans leur esprit n’avait jamais réellement fait débat. Le dimanche 4 octobre, les titres des articles consacrés au « oui » irlandais étaient sans ambiguïté quant à « l’engagement européen » des journalistes : « L’Europe de nouveau sur les rails » (Le Journal du dimanche), « Le oui irlandais soulage l’Europe [encore une fois, ce sont les partisans du traité de Lisbonne qui sont soulagés et pas « l’Europe »] » (Le Parisien). Le Journal du Dimanche fourmillait d’expressions enthousiastes : « UN OUI franc et massif. Un an et demi après avoir rejeté le traité de Lisbonne, les Irlandais l’ont finalement plébiscité ce week-end. Les résultats du référendum organisé vendredi et publiés hier – plus de 67 % de oui ! – dépassent les prévisions les plus optimistes [optimistes pour qui ?] » ; « avec ce oui irlandais, c’est toute l’Europe qui a poussé un ouf de soulagement » ; « le train européen est de nouveau sur les rails ». Le 5 octobre, Jean Quatremer, débordant de joie, se surpassa dans les colonnes de Libération : « Ce n’est pas une approbation, c’est un plébiscite » ; « Il faut remonter au référendum sur Maastricht, en juin 1992, pour retrouver une telle mobilisation et un tel enthousiasme proeuropéen » ; « En comparaison, le scrutin du 12 juin 2008 fait pâle figure ». Deux jours plus tôt (le 3 octobre) il s’était déjà étendu dans son blog (27) sur sa conception toute particulière de la souveraineté populaire et de la démocratie : « Ce résultat positif souligne à quel point le référendum est un instrument inadapté pour adopter un traité européen, fruit d’un complexe compromis entre 27 Etats membres, forcément insatisfaisant et incompréhensible pour les non-initiés. D’où la tentation naturelle pour les citoyens de ne pas répondre à la question posée. L’Irlande ne fait pas exception : on peut douter que la connaissance du traité de Lisbonne ait fait un bond dans la population. En revanche, grâce à la crise économique, si l’on ose dire, les Irlandais qui l’avaient oublié durant les années d’expansion économique, ont pu apprécier le bouclier qu’offrait l’Union ».

Avant l’annonce du résultat, un article sur le site Internet du Monde avait été titré « La presse européenne croit dans la victoire du “oui” en Irlande » (lemonde.fr, le 2 octobre). Il n’était pas évident d’interpréter le sens du verbe « croire » ici. L’utilisation d’une citation pour un titre permet aux journalistes de s’associer discrètement à la célébration : « “C’est un grand jour pour l’Europe” » (lemonde.fr, le 3 octobre). L’euphorie fut bien évidemment partagée par La Tribune, on put lire en « une » : « un pas décisif vient d’être franchi » (le 5 octobre). Mais le plus savoureux résidait dans l’article de Florence Autret. Elle affirma sans trace apparente d’ironie qu’ « Après le « oui » massif des Irlandais, tous les citoyens européens [avaient], directement ou non, approuvé le traité de Lisbonne. » Une phrase si outrée et à vrai dire si fausse qu’il convient de la relire plusieurs fois pour s’assurer qu’on l’a bien comprise. Un tel degré de rouerie intellectuelle dépasse l’entendement. Ce numéro de La Tribune réservait encore quelques pépites. Dans son édito, après un « ouf » d’usage (« En tant qu’Européen, on peut éprouver du soulagement après la ratification du traité de Lisbonne par les Irlandais »), Sophie Gherardi déclara que « l’Europe [était un] vaste projet historique incapable de s’imposer comme une évidence auprès de ses peuples. » Par ces propos elle résumait parfaitement la tâche que se sont assignés les médias dominants : imposer l’Union européenne comme une évidence.

Dans son édition du 5 octobre, Le Figaro sut lui aussi cacher sa joie. Après un titre quelque peu convenu en « une » (« Le oui irlandais relance l’Europe »), on pouvait lire « Cette fois, c’est oui ! Et un oui fulgurant ». La victoire du « oui » était analysée ainsi : « Mieux renseignés, les Irlandais ont été beaucoup moins sensibles aux slogans chocs du camp du non. » Le Monde, clément, pardonnait les errements passés des Irlandais : « Comme le dit le dicton, il n’y a que les gens d’esprit qui savent changer d’avis » (le 6 octobre). Mais ce concert de soulagements était déjà obscurci par l’émergence d’un nouvel « obstacle » à la ratification du traité de Lisbonne : le président de la République tchèque, « l’europhobe » Vaclav Klaus.

« Vaclav Klaus, seul contre l’Europe »

Les festivités du « oui » irlandais n’ont pas duré longtemps. Les médias dominants lancèrent immédiatement une campagne de dénigrement en bonne et due forme sur le président tchèque, « dernier obstacle à la ratification [du traité de Lisbonne] » (La Tribune, le 5 octobre), et sur le président polonais Lech Kaczynski dans une moindre mesure. Les « présidents europhobes », comme les a appelés Jean Quatremer (Libération, le 5 octobre) ; une expression conçue pour attirer la sympathie, assurément. Le Parisien regretta que « [La] République tchèque et la Pologne freinent encore » et que « Ces deux pays traînent des pieds » (le 4 octobre). Le Journal du Dimanche, craignant « Les Tchèques en embuscade », constatait qu’il « [restait] tout de même à passer l’obstacle tchèque » et à se défendre contre une «  entreprise de “sabordage” » ; conclusion de l’état des lieux : « L’affaire pourrait même tourner au cauchemar pour l’Union européenne » (le 4 octobre). Jean Quatremer, dans un article titré sobrement « Dublin, obstacle en moins », essaya de nous rassurer en disant : « A Prague, on ne veut pas croire à ce scénario catastrophe » (le 5 octobre). Dans La Tribune on s’efforça de faire passer un message clair. En « une » : « Le président tchèque, seul contre le traité de Lisbonne », puis dans un édito : « Vaclav Klaus, seul contre l’Europe » (le 5 octobre). Avant l’annonce du résultat du référendum, La Croix avait déjà donné le ton : « Les dirigeants européens ont ménagé la souveraineté irlandaise [sic], mais ils devraient traiter autrement avec leur imprévisible homologue tchèque » (le 2 octobre).

Au Figaro, comme « l’Europe ne peut plus se permettre de couper les cheveux en quatre », on s’indigna avec grandiloquence : « le président tchèque […] voudrait prendre en otage le traité », «  De telles manœuvres sont indignes [aussi indignes que l’annulation du résultat de trois référendums ?] », « La vigueur du oui irlandais devrait, logiquement, balayer les derniers obstacles à l’entrée en application du traité de Lisbonne. La résistance d’un homme, aussi déterminé soit-il, ne peut faire obstacle à la volonté maintenant exprimée de 500 millions d’Européens [oui, vous avez bien lu : « la volonté maintenant exprimée de 500 millions d’Européens] » (le 5 octobre). Le même jour, dans La Tribune, on brossa un portait assez peu flatteur du président tchèque : « viscéralement eurosceptique », Vaclav Klaus « semble plus isolé que jamais » ; il fallait donc attendre qu’il « tranche le dilemme de son suicide politique » ; méfiance, son « parcours […] est un concentré de contradictions et de revirements aussi étrange que le personnage » ; s’il n’obtempérait pas, « Ses amitiés russes, son passé trouble sous l’ère communiste et sa volonté d’isoler son pays deviendraient trop voyants » et « Son refus de signer serait une nouvelle étape dans le délitement de la vie politique d’un pays [la République tchèque] ». Dans son édito, Sophie Gherardi mit les bouchées doubles : « L’avenir institutionnel de l’UE est suspendu à ce presque septuagénaire, économiste de profession et provocateur par goût. L’Europe, il n’y croit pas et il n’aime pas. Et quand Vaclav Klaus n’aime pas, il est capable d’aller très loin. Jusqu’à détruire son propre pays, par exemple [ne voyez là aucune exagération]. » Et elle concluait en pronostiquant : « Une pression phénoménale va s’exercer sur lui. » Pression à laquelle elle participait déjà volontiers, rejoignant en cela la cohorte fanfaronnante des oui-ouistes.

Les médias et l’Union européenne

Il faudra bien un jour s’interroger sérieusement sur le soutien indéfectible que la plupart des médias accordent à l’Union européenne. Les textes dont ils assurent inlassablement la promotion sont presque secondaires, c’est plutôt le processus de construction européenne lui-même qu’ils excluent du débat public. Les médias devraient favoriser le contrôle démocratique des institutions politiques et non pas leur servir de verrou. Pourquoi recourent-ils à une rhétorique indigente dès qu’il s’agit de promouvoir « l’idée européenne » ? Est-on encore en droit de douter que l’UE n’est pas un éden démocratique ? Comme sur bien d’autres sujets, les médias ne cessent de faillir à leur devoir de pluralisme dans l’information. La condescendance des propos que Sylvie Pierre-Brossolette impose aux auditeurs du service public de l’information n’est pas défendable : « Cette Union Européenne qu’a priori tout le monde souhaite, c’est bien et puis il faut faire un contrepoids aux États-Unis, construire un monde multipolaire, puis quand il s’agit de se mettre dans des règlements, des contraintes et tout ça, et puis les gens sont moins chauds, et puis il y a un petit réflexe identitaire, crise mondiale, on reste chez soi ; bon, le grand large, c’est dangereux. C’est absurde car l’Europe pourrait être là pour nous protéger. (29) » Cette sentence méprisante de Christophe Barbier ne l’est pas davantage : « La Constitution était trop ambitieuse pour le niveau de maturité des peuples. (30) »

Le modèle économique des médias dominants les assujettit aux priorités de grandes puissances privées qui les possèdent ou les influencent fortement. Et si les propriétaires des médias ont un intérêt économique à ce que la construction européenne se poursuive, via l’adoption du traité de Lisbonne, par exemple, comment pourraient-ils permettre à des journalistes – leurs employés – de la critiquer ? Les voix dissidentes sont mécaniquement écartées et ne peuvent s’exprimer qu’à la marge. Ainsi, cogestionnaires du pouvoir, ces médias contribuent à la corruption de la démocratie.

Laurent Dauré

Notes

(1) Pour un rappel de leur comportement lors du référendum français de 2005, voir le livre de Henri Maler et Antoine Schwartz (pour Acrimed), Médias en campagne : retours sur le référendum de 2005, Syllepse, 2005.

(2) En juin 2009, le taux d’abstention moyen dans les pays de l’UE fut de 57,2 %. En France il atteignit le chiffre record de 59,4 %. Au lieu de s’interroger sur la signification d’une telle abstention, les médias préférèrent s’extasier sur la « performance » de la liste Europe Écologie et sur les déboires du MoDem.

(3) « Le duel Libération-Le Point », France Info, le 13 juin 2008.

(4) France Info, le 26 mai 2009.

(5) Émission « C dans l’air », « L’Irlande torpille l’Europe », France 5, le 13 juin 2008.

(6) « Le duel du week-end », France Info, le 21 juin 2008.

(7) Journal de 20H, France 2, le 2 octobre 2009.

(8) Pour mesurer le caractère délibéré du maquillage, voir l’article co-écrit par Dominique Guillemin et l’auteur, « Traité européen : Que s’est-il passé ? Du référendum de 2005 à la ratification de 2008 », mis en ligne le 18 février 2008 : (->www.legrandsoir.info/Traite-europeen-Que-s-est-il-passe-Du-referendum-de-2005-a-la.html].

(9) Pierre Rousselin, éditorial, Le Figaro, le 14-15 juin 2008.

(10) Laurence Jousserandot, France Info, le 2 octobre 2009.

(11) « Traité de Lisbonne : il est juste de poursuivre la ratification », Le Figaro, le 20 juin 2008.

(12) France Culture, le 25 avril 2009.

(13) Le Journal du Dimanche du 27 septembre, par exemple, ne disait pas un mot du second référendum irlandais. Le seul « événement » que la rubrique intitulée « À suivre cette semaine » mentionnait pour le vendredi 2 octobre était la présence de Michelle Obama à Copenhague « pour soutenir la candidature de Chicago dans l’attribution des Jeux olympiques de 2018 ».

(14) Le Monde, le 1er octobre 2009.

(15) Pour se faire une idée de l’infantilisation et de la culpabilisation que pratiquèrent les journalistes français à l’égard des électeurs irlandais, voir l’article de Denis Perais et Mathias Reymond, « Traité de Lisbonne : ces Irlandais d’où vient tout le mal », mis en ligne le 23 juin 2008 : www.acrimed.org/article2922.html.

(16) On remarquera à ce sujet que les journalistes – comme les dirigeants politiques – utilisent presque toujours le mot « Europe » pour parler en fait de l’Union européenne. C’est assez habile car il est moins commode de critiquer publiquement cette dernière quand on la pare du nom plus noble d’« Europe ».

(17) Il est assez cocasse de voir Libération (le 2 octobre) citer favorablement un évêque irlandais – Noel Treanor – pour montrer que même l’Église catholique approuve le traité de Lisbonne. Devant le Parlement irlandais, celui-ci avait dit : « le traité de Lisbonne n’altère pas la position légale sur l’avortement en Irlande. Un catholique peut, sans réserve et en bonne conscience, voter oui ».

(18) Pour constater l’application des médias dominants à exercer cette fonction, voir l’article de Denis Perais, «  Le service après vente du Traité européen de Lisbonne », mis en ligne le 2 janvier 2008 : www.acrimed.org/article2798.html?debut_mmrub=0#nh8.

(19) Le « 7/10 », France Inter, le 5 octobre 2009. De tels propos ne suscitèrent aucun commentaire indigné chez Nicolas Demorand ou Bernard Guetta (il est vrai que ce dernier se dispute la place de meilleur oui-ouiste avec son collègue de Libération, Jean Quatremer).

(20) « La crise, meilleure alliée du traité de Lisbonne en Irlande », Le Monde, le 2 octobre 2009.

(21) Sur France Info (le 2 octobre) Mireille Lemaresquier fait mieux : elle n’envisage que les conséquences du « oui ». Elle dira bien « en cas de “oui” » mais pas « en cas de “non” ».

(22) Pour un aperçu, voir l’article de Denis Perais et Mathias Reymond, « Traité de Lisbonne : ces Irlandais d’où vient tout le mal », mis en ligne le 23 juin 2008 : www.acrimed.org/article2922.html.

(23) Libération, le 12 juin 2008.

(24) RTL, le 14 juin 2008.

(25) Émission « C dans l’air », « L’Irlande torpille l’Europe », France 5, le 13 juin 2008.

(26) Pour en savoir plus sur la doctrine économique de l’Union européenne, voir le remarquable livre de Jacques Sapir, La fin de l’eurolibéralisme, Seuil, 2006.

(27) Attention ! Oui-ouisme de compétition. Réservé aux nerfs solides : www.bruxelles.blogs.liberation.fr.

(28) Pour une histoire de la construction européenne, voir l’excellent petit livre de François Denord et Antoine Schwartz, L’Europe sociale n’aura pas lieu, Raisons d’Agir, 2009.

(29) « Le duel Libération-Le Point », France Info, le 13 juin 2008.

(30) Émission « C dans l’air », « L’Irlande torpille l’Europe », France 5, le 13 juin 2008.

Source

Publié par : quebecsocialiste | 18 octobre 2009

Bush à Montréal: Lettre ouverte à la Chambre de commerece de Montréal

Une initiative de plusieurs pacifistes québécois et des Artistes pour la Paix:

Monsieur Rémi Racine
Président du conseil de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
Bureau 6000
380, rue Saint-Antoine ouest,
Montréal (Québec. H2Y 3X7
 
Monsieur,
 
Je suis consterné(e) d’apprendre que vous avez invité l’ancien président des États-Unis, George W. Bush, à venir s’adresser à vos membres le 22 octobre prochain à un coût de 400 $ le couvert. Vous et vos membres devez vivre sur une autre planète! Le monde entier a poussé un soupir de soulagement lorsque ce bouffon incompétent a pris sa retraite. Vous n’avez aucun respect pour les milliers de Québécois qui ont bravé un froid intense au cours de l’hiver 2003 pour manifester dans les rues de Montréal contre les velléités de guerre de George W. Bush en Iraq. Qui plus est, votre invitation constitue un affront pour les 75 % de Québécois qui sont sans équivoque contre les agressions des États-Unis ou du Canada en Iraq et en Afghanistan, comme en témoignent constamment les sondages. Si la justice existait vraiment sur cette planète, George W. Bush serait jugé devant le tribunal international de La Haye pour crimes contre l’humanité. Selon les historiens, il s’agit du pire président que les États-Unis n’aient jamais eu. Les Américains avaient honte de lui tant au pays qu’à l’étranger. Voici 10 bonnes raisons pour lesquelles George W. Bush est une persona non grata au Canada : 
 
 

  1. George W. Bush a volé les élections à deux reprises en faisant compter les votes par des supporters fidèles à sa cause et par des entreprises utilisant des machines à voter qui n’ont pas pu faire l’objet de vérifications. 
  2. George W. Bush a trahi la confiance du public par sa mauvaise gestion stupide et arrogante qui a ruiné les citoyens américains pour des générations à venir.
  3. Il a augmenté la dette publique d’une somme record de 1,3 billion de dollars en réduisant les impôts des 1 % des personnes les plus riches, en accroissant les dépenses militaires et en coupant les services offerts aux personnes les plus vulnérables.
  4. Lui et son administration ont à plusieurs reprises trompé la nation afin de déclencher une guerre sous de faux prétextes, guerre qui a coûté la vie à des milliers d’Américains, ainsi qu’à des centaines de milliers de civils en Iraq et en Afghanistan.
  5. George W. Bush a violé traité sur traité que ce soit concernant l’environnement, la torture ou les ententes internationales, entachant ainsi la bonne réputation des États-Unis et faisant de ce pays un « État voyou » ne possédant aucune autorité morale.
  6. Il a continué de défier ouvertement des lois fédérales explicites en autorisant l’installation de dispositifs d’écoute sans mandat, comme si les organes législatifs et judiciaires du gouvernement n’avaient rien à voir avec l’exercice de son pouvoir.
  7. George W. Bush et son administration ont sans arrêt éliminé les règlements régissant les grandes entreprises et les banques, ce qui a permis à ces dernières de détruire les intérêts des employés, des consommateurs et de l’environnement, entraînant finalement un effondrement financier. Encore une fois, ce sont les contribuables qui ont fait les frais du sauvetage des entreprises.   
  8. George W. Bush et ses alliés au Congrès ont prodigué aux sociétés pharmaceutiques et aux compagnies d’assurance des centaines de milliards de dollars en nouvelles dépenses gouvernementales pour un programme qui a beaucoup plus profité à ces entreprises qu’aux personnes âgées et malades qu’il était supposé aider. Le nombre d’Américains qui souffrent et qui meurent sans pouvoir se payer les soins dont ils ont besoin est ahurissant. Plus de 46 millions d’Américains n’ont pas accès à des soins de santé.
  9. George W. Bush et son administration n’ont pas tenu compte des avertissements qui leur ont été fournis concernant la protection des citoyens de la Nouvelle-Orléans. Cet État est devenu un véritable Klondike qui profite plus aux grandes entreprises qu’aux victimes de la catastrophe, tout comme c’est scandaleusement le cas en Iraq.
  10. George W. Bush et ses alliés du monde des affaires ont manipulé les médias tant au pays qu’à l’étranger, trompant le public et trahissant ainsi la démocratie qu’ils prétendent défendre. 
 
Croyez-vous que ce fou qui a endommagé la planète et ruiné les gens devrait être invité à donner une conférence? Vous devriez avoir honte de perpétuer le mythe que la main  invisible du marché règlera tout. Vous ne payez pas votre juste part d’impôts, vous détournez vos bénéfices dans des paradis fiscaux, vous voulez privatiser Hydro-Québec et nos institutions publiques pour votre propre compte, vous utilisez nos ressources publiques sans payer de redevances et vous refusez que le gouvernement édicte des règlements et effectue des dépenses, sauf si c’est pour offrir une « assistance sociale » et des subventions aux entreprises privées. Votre propre cupidité détruira le capitalisme de l’intérieur.

 

Vous devriez vraiment avoir honte de vous-mêmes. 


Je vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations. 

Publié par : quebecsocialiste | 15 octobre 2009

Du changement pour le Japon

Le nouveau gouvernement du Japon, issu du Parti démocrate de Yukio Hatoyama (sur la photo en bas), qui a mis fin à plus d’un demi-siècle de suprématie du Parti libéral (qui est en fait l’équivalent d’un parti conservateur), est sur le point d’opérer ce qui pourrait bien être une révolution en matière de relations internationales pour le Japon. Article du Réseau Voltaire:

Hatoyama remet en question les traités militaires secrets nippo-US

Rompant avec cinquante ans de politique du Parti libéral, le nouveau gouvernement japonais, formé par le Parti démocrate, entend rééquilibrer les relations de l’archipel avec les États-Unis.

Conscient qu’une telle évolution n’est possible qu’avec un fort soutien populaire, le Premier ministre Yukio Hatoyama a décidé de révéler l’existence de liens de subordination.

Lors d’une conférence de presse, il a annoncé la création d’une commission d’enquête chargée de vérifier s’il existe ou non des traités secrets liant Tokyo à Washington. Les quinze enquêteurs devront publier ces textes s’ils existent ainsi que les documents expliquant dans quel contexte ils ont été signés. Pour ce faire, il sont autorisés à fouiller dans toutes les archives, y compris celles de l’ambassade du Japon à Washington.

Il existerait au moins quatre traités secrets. Ils porteraient sur :
- l’assistance logistique du Japon aux États-Unis en cas de guerre cotnre la Corée ;
- les conditions de bail et de restitution des bases militaires US ;
- l’usage de la base d’Okinawa par les forces nucléaires US ;
- le transit d’armes nucléaires US par le Japon.

Il semble que, en violation de la Constitution nippone et à l’insu de la population, ces traités secrets aient permis au Pentagone d’utiliser depuis 1960 l’espace aérien et maritime japonais pour ses bombardiers stratégiques et ses sous-marins lanceurs d’engins nucléaires.

La Commission devra examiner plus de 3 600 dossiers et rendre ses conclusions pour la fin novembre.

Source

Publié par : quebecsocialiste | 14 octobre 2009

Des nouvelles de l’Europe…

Pour une majorité écrasante d’européens, si on se fit aux taux de participations médiocres des dernières élections européennes, l’UE est tout sauf légitime. Le traité de Lisbonne n’est rien de plus qu’une déclaration néolibérale de suppression de la souveraineté des états membres plus faibles au profit (économique, diplomatique et militaire) des puissances européennes dominantes (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, Italie, et Suède). L’avis des peuples constituant cette fédération a, comme pour le Canada, peu d’importance. On n’a qu’à se rappeler que sur les 27 états membres, 3 seulement ont été “consultés”, soit la France, les Pays-Bas et l’Irlande, et que si les irlandais ont “accepté” après un deuxième référendum en un an sous la pression du chantage économique (l’UE ayant conditionné l’aide au pays durement touché par la crise à l’acceptation du traité), les français et les néerlandais avaient clairement rejeté le traité par référendum. Ces peuples ont par la suite été trahis par leurs “représentants” respectifs lors de votes aux parlements qui ont carrément ignoré le verdict populaire. On peut ainsi se rappeler cette citation de Nicholas Sarkozy: “Les français n’ont pas le droit de dire Non.”

Quant à la démocratie en Europe, si l’adhésion éventuelle de la Turquie pose effectivement un assez gros problème, il est à noter que les pays baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie) ne sont pas des démocraties, pas plus que la Croatie. L’Espagne est une monarchie constitutionnelle où le roi, un héritage de la dictature de Franco, a encore le dernier mot sur plusieurs dossiers, le chef d’état italien, Silvio Berlusconi, est un admirateur de Benito Mussolini (la présente ministre italienne du tourisme, Michela Vittoria Brambilla, a été filmée en flagrant délit effectuant un salut fasciste), la Pologne est un cas douteux, la Slovaquie a fait interdire certains groupes d’opposition de gauche et la République Tchèque affiche la pire fiche de l’Europe en matière de droits humains (bien pire que plusieurs pays du tiers-monde).

Dans ces conditions, l’Union Européenne ne peut être qualifiée comme étant “démocratique”, encore moins légitime.

Pendant ce temps, dans notre fédération à nous, la politique canadienne continue de s’enliser dans le déni du progrès et l’enfermement sur soi-même, dans le cynisme presque total de la population…

Vivement l’indépendance!!

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